Entérinements d’abus, et rejet de l’antique discipline :
Rohbacher a écrit :
« Le Pape saint Gélase et l’Église romaine avaient rangé parmi les écrits apocryphes ou sans autorité par eux-mêmes les canons dits des Apôtres, dont l’Occident ne connaissait que cinquante ; le concile ou conciliabule in Trullo les déclare authentiques et obligatoires, non seulement les cinquante premiers, mais encore les trente-cinq qui suivent dans la collection des Grecs, parmi lesquels il y en a deux, le quarante-cinquième et le quarante-sixième, qui enseignent ouvertement l’hérésie des rebaptisants, savoir, que le baptême donné par les hérétiques et les impies est nul.
Mais ce que le conciliabule a le plus à cœur, c’est le cinquième canon, qui dit que « l’évêque, le prêtre, le diacre ne rejette point sa femme sous prétexte de religion ; s’il la rejette, qu’il soit excommunié ; s’il persiste, qu’il soit déposé ».
C.à.d. l’évêque, le prêtre, le diacre ne doivent point abandonner les femmes qu’ils ont eues avant leur ordination, mais avoir soin de leur conduite et de leur subsistance.
Tel est le sens que donne à ces paroles le Pape saint Grégoire le Grand dans la lettre où il rappelle, non seulement aux évêques, mais à tous ceux qui étaient dans les ordres sacrés, qu’ils devaient garder la continence perpétuelle, et que, pour la garder plus facilement, ils feraient bien, à l’exemple de saint Augustin, de se séparer d’habitation de toute femme, en particulier de leurs épouses, s’ils en avaient.
Le conciliabule in Trullo y donne un sens bien différent ; car il fait dire aux apôtres que les évêques, les prêtres, les diacres ne doivent point refuser de vivre maritalement avec leurs femmes, que, s’ils s’y refusent, ils doivent être excommuniés, et, que s’ils persistent dans leur refus, ils doivent être déposés.
Doctrine étrange, où, pour consacrer l’incontinence de leur clergé, les Grecs oublient l’enseignement de leurs Pères.