SWS, Livre V, II, C3, B, §194, traduit par le chartreux a écrit :
C'est que la plénitude de grâce (gratia consummata) est possédée par l'âme du Christ en vertu de son union substantielle avec Le Verbe ; sa sainteté n'est rien d'autre que la sainteté d'une Personne divine en sa nature humaine. L'amour de soi, le plus naturel de tous les penchants, est amour de Dieu dans l'âme de Christ — c'est l'amour du Verbe pour Lui-même. Et comme toute sainteté et toute perfection morale se ramène à l'amour de Dieu, il découle que la sainteté du Christ ne dépend pas d'actes libres qu'il accomplirait, mais lui est aussi naturel et nécessaire que de s'aimer lui-même. Tous les actes saints accomplis par son âme ne sont que des manifestations de l'amour tout naturel que Dieu le Fils porte à Dieu le Père.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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SWS, Livre V, II, C3, B, §194, traduit par le chartreux a écrit :
II. La sainteté du Christ est très visible dans son absence de péchés et son impeccabilité. Il est "pontife, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs" (Héb. 7:26 ; cf. 9:14 et 4:15). Il est le "fruit saint" né de l'Esprit Saint (Luc 1:35). La sainte Écriture affirme à plusieurs reprises que le Christ est sans péché, mais ne dit expressément nulle part qu'il est impeccable, c'est-à-dire incapable de pécher. La tradition n'a qu'une voix sur ce point cependant ; le sixième concile général (troisième de Constantinople) a défini que la volonté humaine du Christ ne peut jamais s'opposer à sa volonté divine. Le Christ ne peut pas pécher parce qu'il est Dieu. Tous ses actes sont les actes d'une personne divine.
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SWS, Livre V, II, C3, B, §194, traduit par le chartreux a écrit :
Le Verbe contrôle tous les mouvements de l'âme humaine du Christ ; permettre un péché serait comme en commettre un. De plus, l'âme du Christ n'a pas de "soi" indépendant ; elle ne peut agir en dehors de Dieu, ce qui est la première condition de tout péché. Il lui manque aussi la forme fondamentale de tout péché, savoir l'amour de soi opposé à l'amour de Dieu, par ce que, comme dit plus haut, chez le Christ, l'amour de soi est amour de Dieu. Ces considérations démontrent que l'impeccabilité du Christ est d'ordre métaphysique, et donc plus parfaite que l'impossibilité physique de pécher donnée par la vision béatifique, ou l'impossibilité morale de pécher accordée dans cette vie aux saints "confirmés dans la grâce". L'impeccabilité du Christ est fondée sur l'union hypostatique, mais devient effective par la plénitude de la grâce.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, B, §194, traduit par le chartreux a écrit :
III. Comme le Christ ne peut pas commettre de péché, il ne peut pas non plus être tenté de l'intérieur. Quand l'Écriture parle de tentations du Christ, il s'agit soit d'une action de pratiquer une vertu déterminée, la patience par exemple, ou bien d'un défi de pécher qui lui était lancé, et qui était une tentation seulement dans l'intention de celui qui tentait.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §194, traduit par le chartreux a écrit :
IV. La perfection de la volonté humaine du Christ est bien résumée par sa conformité à la volonté de Dieu : le Christ veut tout ce que Dieu veut, veut tout ce que Dieu veut qu'il veuille, et il les veut par ce que telle est la volonté de Dieu : "je fais toujours ce qui lui est agréable." (Jean 8:29). Ainsi, la volonté du Christ est matériellement et formellement conforme à celle de Dieu. Cette conformité vient du fait que les deux volontés appartiennent à une même Personne qui dirige sa volonté humaine par sa volonté divine. Son amour de Soi par exemple, est un amour de la Personne divine et une complaisance dans toutes les dispositions de la volonté divine. La volonté du Verbe est conforme à celle du Père par identité ; tandis que la volonté humaine du Fils de Dieu est conforme à la même par soumission filiale. Cf. S. Bonaventure, 3, dist. 17, a. 1, q. 3.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §194, traduit par le chartreux a écrit :
V. La sainteté du Christ exclut non seulement tout péché actuel, mais même toute imperfection morale, toute tâche morale. Cela seul aurait suffi à le préserver de toute contamination par le péché originel, même s'il n'en avait pas été exempté par son origine surnaturelle. Dans le sens de l'Église, l'exclusion du péché originel comprend l'exclusion de toutes ses conséquences néfastes, la possession de la justice originelle, et particulièrement la non-sujétion à la loi de concupiscence (fomes peccati). Cf. S. Thomas, IIIa, q. 15.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §195, traduit par le chartreux a écrit :
Section 195. Libre arbitre du Christ.
I. La sainteté qui exclut toute possibilité de pécher, n'empêche pas l'exercice de la liberté morale chez le Christ. Le pouvoir de pécher, d'accomplir des actions imparfaites, n'est pas un composant essentiel de la notion de libre arbitre. La volonté est d'autant plus libre qu'elle est attachée à ce qui est moralement bon.
Cet exercice du libre arbitre chez le Christ est pourtant essentiellement différent de celui des créatures sur la terre (in statu viae). Les créatures usent de leur libre arbitre pour acquérir, par un choix indépendant, cette stabilité dans la sainteté qu'elles ne possèdent pas naturellement : une union aimante avec Dieu est le fruit et la récompense de leurs efforts. Tandis que le Christ qui est par sa constitution uni à Dieu dès l'origine, ne peut exercer son libre arbitre que pour manifester ad extra, son union parfaite à Dieu. Ses actions produisent la glorification de Dieu et la rémission des péchés du monde. La récompense de ces actions consiste en deux choses, l'acquisition finale de la gloire extérieure et du règne qui étaient temporairement suspendus pendant sa vie terrestre, ainsi que la réunion de l'humanité à Dieu.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §195, traduit par le chartreux a écrit :
La volonté humaine du Christ a donc ceci en commun avec la divine que sa perfection morale est indépendante de l'exercice de la liberté. Les deux volontés sont semblables encore en ce que leur perfection morale, bien que n'étant pas librement acquise, leur appartient en propre, et les honore bien plus que les créatures ne sont honorées par leur perfection librement acquise. La valeur morale d'un acte se mesure en effet à la bonté de la fin : un acte accompli en connaissance et avec complaisance vers une fin bonne est un acte bon, qu'il soit libre ou pas. En termes techniques, la liberté essentielle confère une valeur morale aux actes de la volonté, même si cette dernière n'a pas le pouvoir de choisir entre agir et ne pas agir.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §195, traduit par le chartreux a écrit :
II. La différence essentielle entre le libre arbitre du Christ et celui des simples créatures n'empêche pas sa capacité d'accomplir des actes méritoires. Le concile de Trente (session 6, ch. 7) définit que le Christ a " mérité " notre justification. Mais l'idée de mérite exige que l'action méritoire ait son origine dans un choix libre de l'agent, et qu'elle soit voulue pour le bien de celui qui donne la récompense. La contrainte externe comme la nécessité interne sont incompatibles avec la notion de mérite. Que le Christ soit libre de toute contrainte externe ou nécessité interne est pleinement affirmé dans la sainte Écriture :
Cf. Isaïe 53:7 et Héb. 12:2.Jean 10:15-18 a écrit : (...) Je donne ma vie pour mes brebis. (...) 17 C’est pour cela que le Père m’aime, parce que je donne ma vie pour la reprendre de nouveau. 18 Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §195, traduit par le chartreux a écrit :
III. Nous avons maintenant à expliquer, le moins imparfaitement possible, comment la liberté qui apparaît dans les actions méritoires du Christ est compatible avec sa sainteté. En conséquence de la vision béatifique, l'amour de Dieu chez le Christ n'est pas libre, mais lui est naturel. Il semblerait donc à première vue que toutes les actions qu'il accomplit pour l'amour de Dieu ne sont pas libres non plus, mais sont des conséquences nécessaires et naturelles de son amour de Dieu. Par ailleurs, son impeccabilité paraît impliquer une nécessité intrinsèque d'accomplir au moins tous les commandements divins. Et enfin, la conformité parfaite de sa volonté humaine à la divine semble lui interdire jusqu'aux actions bonnes qui ne sont pas commandées par Dieu.
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