SWS, Livre V, II, C3, A, §189, traduit par le chartreux a écrit :
Section 189. Le Christ, chef naturel et surnaturel de toutes les créatures.
I. Par sa génération humaine, le Christ est semblable aux descendants d'Adam ; il est membre de la grande "assemblée" humaine (Héb 2:12 et suiv.) et occupe une certaine place dans l'univers créé. Mais, par sa personnalité divine, il est "l'image et la ressemblance" de Dieu à un degré inégalé par les hommes ou les anges. De plus, les hommes et les anges, comme toutes choses, ont été créées "en" Lui, c'est-à-dire par Lui et pour Lui. Il est donc "le premier-né de toute créature… le chef du corps de l’Église" (Col. 1:15-18 ; cf. notre §183.III.3 plus haut). Sa supériorité vient de son appartenance à un ordre plus élevé que ses frères ; il est donc par rapport à eux comme l'homme par rapport aux règnes animal et végétal, et pas seulement comme un roi par rapport à ses sujets.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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SWS, Livre V, II, C3, A, §189, traduit par le chartreux a écrit :
II. Le rôle pratique de la souveraineté du Christ n'est pas seulement de placer l'univers entier, et surtout l'humanité, sous un roi divin : c'est aussi l'intention de Dieu et du Christ que l'Incarnation établisse entre le premier-né et ses frères une affinité réelle, le Christ devenant ainsi le chef de la grande famille humaine, et celle-ci acquérant ainsi un titre à participer aux privilèges surnaturels de son chef. "Mais, lorsque fut venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, assujetti à la loi, 5 pour qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, pour que nous reçussions l’adoption des fils" (Gal. 4:4-5 ; cf. Rom. 8:29).
Quand le Verbe s'est uni à l'humanité dans le sein de la vierge, toute l'humanité est devenu comme un membre de sa famille ; tous les hommes ont reçu une affinité avec l'homme-dieu et un partage de ses privilèges : "Nous sommes les membres de son corps, formés de sa chair et de ses os" (Éph. 5:30). Les Pères s'attardent souvent sur l'idée que quand le Christ a pris chair, il a "épousé" non seulement l'Église, mais même l'humanité entière. Cf. S. Augustin, In Joan., ar. I, ch. 2; S. Grégoire le Grand, Hom. xxxvii in Ezechielem ; S. Léon le Grand, Sermo xvi. in Nativ.; S. Cyril d'Alexandrie, Comm. in Joan., i. 14, etc.
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SWS, Livre V, II, C3, A, §189, traduit par le chartreux a écrit :
III. Le terme de "Tête" ou "Chef", si fréquemment donné par S. Paul au Christ, n'est à proprement parler qu'une métaphore ; mais, comme le nom de Christ, il n'est pas dépourvu de toute signification dogmatique. L'Apôtre le relie à la divinité de NS ; les Pères et les théologiens à la plénitude de sainteté et de grâce, dont il est la source. Le Christ est Tête à la fois au sens physique et moral ; chef de la famille humaine, tête du corps mystique qu'est l'Église. Les deux sens sont mentionnés par S. Paul :
Éph. 1:3-23 a écrit : Dieu (...) qui nous a bénis dans le Christ de toutes sortes de bénédictions spirituelles, (...) Il nous a rendus agréables (ἐχαρίτωσεν) à ses yeux en son Fils bien-aimé (...) pour nous faire connaître le mystère de sa volonté (...) de réunir toutes choses dans le Christ, soit celles qui sont dans le ciel, soit celles qui sont sur la terre, en lui-même. (...) sa force et de sa puissance (...) Il l’a déployée dans le Christ, en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les cieux, 21 au-dessus de toute principauté, et de toute puissance, et de toute vertu, et de toute domination (...) Il a mis toutes choses sous ses pieds, et il l’a donné pour chef à toute l’Église, 23 qui est son corps, et la plénitude de celui qui accomplit toutes choses en tous.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §189, traduit par le chartreux a écrit :
Éph. 2:5-6 a écrit : lorsque nous étions morts par nos péchés, nous a rendu la vie dans le Christ (par la grâce duquel vous avez été sauvés), 6 et avec lui il nous a ressuscités et nous a fait asseoir dans les cieux, en (ἐν) Jésus-ChristCf. aussi Éph. 2:19-21; 22 et suiv. ; Col. 1:13-20, 23, 24 ; 2:8-10, 18, 19 ; 1 Cor. 12:12.Éph. 4:15-16 a écrit : mais que, pratiquant la vérité dans la charité, nous croissions à tout égard en celui qui (εἰς αὐτὸν) est le chef, le Christ. 16 C’est de lui que le corps entier, bien harmonisé et bien assemblé, par toutes les jointures qui s’assistent mutuellement, suivant une opération bien mesurée pour chaque membre, tire son accroissement et s’édifie (lui-même) dans la charité.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §189, traduit par le chartreux a écrit :
L'homme Jésus-Christ est chef de l'humanité, non pas en raison de quelque perfection accidentelle ou institution par un autre, mais en vertu de la perfection substantielle qu'il reçoit du Verbe ; de même que dans un corps physique, la tête est le siège de la raison et la partie la plus noble du corps. La souveraineté du Christ étant fondée sur son excellence surnaturelle, il est donc notre tête "super-substantielle", à qui reviennent tous les rôles et fonctions d'une tête naturelle à un degré éminent. Toute dignité, tout pouvoir de gouverner, d'influencer et d'unifier les autres membres du corps qui appartient à une tête naturelle, appartient aussi au Christ tête de l'humanité. Son principe divin agit sur tous les hommes, et particulièrement les membres de l'église, d'une manière plus parfaite que l'âme humaine n'agit sur le corps. "Toute la plénitude de la divinité habite corporellement en lui, 10 et vous avez tout pleinement (êtes remplis) en lui, qui est le chef de toute principauté et de toute puissance." (Col. 2:9-10 ; cf. Éph. 1:22, 23).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §189, traduit par le chartreux a écrit :
IV. Adam, premier chef de l'humanité sur cette terre, était une figure du Christ dans la mesure ou il fut le principe de la vie naturelle, et était censé transmettre la vie surnaturelle ; il agissait à cet égard en tant que représentant de l'humanité entière. Mais, tandis qu'Adam est un chef terrestre, animal, et coupable, le Christ est un chef céleste, spirituel et sans tâche. Adam est le principe de l'unité matérielle de l'humanité, le Christ est à un bien plus haut degré le principe de l'unité spirituelle.
Adam fut un intermédiaire précaire pour la transmission de la vie surnaturelle ; le Christ est un médiateur essentiel et immuable. Ainsi, le Christ non seulement suppléé aux déficiences du première chef, mais complète et perfectionne la souveraineté. Et Adam fut en quelque sorte la racine matérielle de la race qui devait être incorporée et amenée à la perfection par le Christ, son vrai principe et son vrai but final (τέλος). Cf. 1 Cor. 15:45 et suiv. ; Pierre le Lombard, 3, dist. 13; S. Thomas IIIa, q. 8.
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SWS, Livre V, II, C3, A, §190, traduit par le chartreux a écrit :
Section 190. Christ, médiateur par son origine et substantiel entre l'homme et Dieu.
I. La souveraineté du Christ apparaît dans sa lumière la plus vive, dans son office de médiateur entre Dieu et l'homme. Cet office présuppose que la personne qui fait médiation se tient au milieu entre deux parties ou personnes. Quand les deux parties sont de rang différents, comme c'est manifestement le cas pour Dieu est l'homme, l'intermédiaire doit être au-dessus de la partie la plus basse et en dessous de la plus élevée. Tel est le cas pour le "seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus-Christ" (1 Tim. 2:5), en raison de constitution propre : en tant qu'homme véritable, il est en dessous de Dieu ; en tant que le "l’homme Jésus-Christ", il est au-dessus de toutes les créatures.
Comme Dieu, il est une personne distincte de la personne du Père ; comme homme, il représente une personne virtuellement distincte du Verbe. Le médiateur doit par ailleurs être lié aux deux parties. L'homme Jésus-Christ est consubstantiel et à l'homme et à Dieu ; de par son humanité, il est chef de la race humaine ; par sa divinité, il est le Fils unique du Père et lui est égal. "Le Christ est le chef de tout homme (...) et Dieu est le chef du Christ" (1 Cor. 11:3). Son caractère de médiateur n'a donc rien d'accidentel ou de délégué ; il découle naturellement de sa constitution personnelle, qui fait aussi de lui le seul, l'universel et le parfait, médiateur entre l'homme et Dieu.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §190, traduit par le chartreux a écrit :
II. L'humanité du Christ est le principium quo operandi de sa fonction de médiateur, mais cette dernière tient pourtant son efficacité de la dignité de la personne agissante, c'est-à-dire de la nature divine. Le premier rôle de cette médiation est, comme chacun sait, de remettre les péchés et d'accorder la grâce, pour restaurer l'amitié entre Dieu et l'homme. Cet objectif est atteint par l'adoration de valeur infinie, qui est offerte à Dieu dans et par le Christ. Le Christ est cependant médiateur à la fois du côté de Dieu et du côté de l'homme : il révèle à l'homme des vérités et des commandements divins, et distribue des dons divins de grâce, et règne sur le monde. S. Paul résume cette médiation bilatérale par les paroles, "Considérez l'apôtre et le pontife (pontificem ; ἀρχιερέα) de la foi que nous professons, Jésus" (Héb. 3:1). Jésus est à la fois l'Apôtre que Dieu nous envoie, et le Pontife qui nous amène à Dieu.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, A, §190, traduit par le chartreux a écrit :
III. L'existence même du Christ est déjà une médiation, un lien entre le Créateur et ses créatures. En unissant notre humanité à sa divinité, il nous a reliés à Dieu. Il est de Dieu et en Dieu, mais aussi de nous et en nous. En Lui nous connaissons, aimons et adorons Dieu ; mais d'un autre côté Dieu verse ses dons surnaturels dans le chef de notre race, qui de là passent de la Tête aux membres. Une union substantielle (ou encore physique, comme diraient les Pères) est alors réalisée entre les hommes et Dieu. "Afin que tous soient un, comme vous, Père, êtes en moi, et moi en vous (...) Et la gloire que vous m’avez donnée, je la leur ai donnée, afin qu’ils soient un, comme nous sommes un, nous aussi." (Jean 17:21-22). Cf. S. Thomas, IIIa, q. 26.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C3, B, §191, traduit par le chartreux a écrit :
B. Attributs surnaturels de l'humanité du Christ.
Section 191. La Gratia unionis est le fondement de tous les autres privilèges.
I. Tout privilège surnaturel accordé à une créature a nécessairement son fondement dans une déification, c'est-à-dire une union avec, et une assimilation à, Dieu (cf. 2 Pierre 1:4). La grâce sanctifiante en général, et particulièrement la grâce d'union (gratia unionis), consiste en une participation à l'être divin. Mais cette grâce sanctifiante n'est qu'une union et assimilation accidentelle, tandis que la gratia unionis, autrement dit l'onction et l'imprégnation de la nature humaine par la substance divine, doit être considérée comme une déification substantielle, de même qu'un être n'est pas humain seulement par son corps, mais est humain substantiellement en vertu de l'infusion de son corps par l'âme. Cet "être divin" (θεωθεῖσα) de l'humanité du Christ ne la fait pas "être Dieu", mais plutôt "être de Dieu" ; c'est une participation à la vie divine et à l'être du Verbe.
Les Pères parlent d'être (esse) spirituel, céleste, "pneumatique", analogue à l'être d'un ordre plus élevé, composé d'un corps et d'une âme. Cela inclut une participation substantielle à la gloire et la puissance propres à la divinité ou à l'esprit divin. La gloire et la puissance de l'esprit divin se distinguent de celle des esprits créés par la Sainteté absolue de leur possesseur. C'est pour cela que toute participation, union ou assimilation à la gloire divine, est considérée comme une consécration ou sanctification : la déification de l'humanité du Christ en particulier est appelée sanctification substantielle. Cette formule exprime la nature, le fondement et les effets de cette déification.
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