Temps de la Septuagésime
(De la Septuagésime au Mercredi des Cendres)
Exposé dogmatique :
Après l’accueil enthousiaste fait au Verbe incarné dont la gloire divine rayonne jusque dans son humanité, l’Église nous introduit soudain dans le profondeurs ténébreuses de la déchéance humaine – Comme au Cycle de Noël, elle reprend l’étude de l’Ancien Testament pour nous montrer toutes les grandes figures qui ont annoncé l’œuvre rédemptrice du Christ et dont l’histoire , figurative de celle de Jésus, est bien de nature à nous préparer à la grande fête de Pâques, où nous célébrons son triomphe. « Interrogez les Écritures, disait Notre-Seigneur, elles vous parlent de moi » ; lex gravida Christo, l’ancienne Loi est toute remplie de la préoccupation du Messie, car tout chez le peuple de Dieu prédisait et annonçait Jésus, le Sauveur de son peuple. L’Ancien Testament est comme un évangile anticipé qui éclaire, d’une lumière singulière, l’histoire du Sauveur. Aussi l’Église aime-t-elle, dans sa liturgie, à établir un parallèle entre les premières et les dernières pages de la Bible. Ce parallélisme, qui se trouve en maintes pages du Missel, apparaît d’une manière particulièrement saillante pendant toute la Septuagésime, pendant le Carême, le Samedi Saint, et aux premiers dimanches après la Pentecôte. Le Missel Quotidien ne manquera pas de rapprocher des textes du Missel ceux de l’Ancien Testament, qui, donnés le même jour au Bréviaire, sont susceptibles de les faire mieux comprendre et d’en montrer toute la portée. Le tableau, que nous expliquerons en détail aux dimanches qui y correspondent, permet de voir la succession des lectures de l’office divin au Temps de la Septuagésime et du Carême ; il montre dans quel sens on devrait étudier les messes de ce Temps pour mieux en pénétrer le sens.
DIMANCHE BREVIAIRE TEXTES DES MESSES
Septuagésime Histoire d’Adam. Jésus le nouvel Adam.
Sexagésime Histoire de Noé. Jésus le vrai Noé.
Quinquagésime Histoire d’Abraham. Jésus le vrai Abraham.
1er Dimanche (La pensée du Carême absorbe celle d'Isaac)
de Carême. Jésus au désert.
2e Dimanche Histoire de Jacob. Jésus le vrai Jacob.
de Carême.
3e Dimanche Histoire de Joseph. Jésus le vrai Joseph.
de Carême.
4e Dimanche Histoire de Moïse. Jésus le vrai Moïse.
de Carême.
Le temps de la Septuagésime
- Louis Mc Duff
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Le temps de la Septuagésime
Ce qui suit a été extrait d'un Missel Quotidien et Vespéral de Dom Gaspar Lefebvre, 1951 :
- Louis Mc Duff
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Re: Le temps de la Septuagésime
Demain: Le dimanche de la Septuagésime.
Jésus répare le mal causé par Adam, il est pour l’Église le véritable Noé, c’est-à-dire le fondateur d’un peuple nouveau ; il est, plus qu’Abraham, le chef du peuple que Dieu s’est choisi pour être son peuple ; il est , mieux encore que Jacob, le protégé et le béni de Dieu ; plus que Joseph il rendit le bien pour le mal et si, Moïse put délivrer son peuple de la captivité et le nourrir de la manne du désert, il n’était en cela que la figure du Christ, Sauveur de son peuple et lui-même vrai pain descendu du ciel. Fusionner de la sorte l’histoire du peuple de Dieu avec celle de Jésus et de l’Église, c’est entrer dans la mentalité qui a présidé à la composition du Missel Romain, et en nous aidant à le mieux comprendre, nous faire participer d’une façon plus profonde au mystère pascal qu’Israël a annoncé et que Jésus-Christ a réalisé.
Pendant ce Temps de la Septuagésime, l’Église s’arrête spécialement aux trois premières figures que nous avons désignées dans le tableau ci-dessus. Nous y voyons la chute d’Adam (péché originel) et ses conséquences funestes : Septuagésime ; la malice des hommes (péchés actuels) : Sexagésime ; et enfin le sacrifice d’Abraham et celui de Melchisédech : Quinquagésime, qui présagent le sacrifice que Dieu exigea de son propre Fils pour l’expiation des péchés de tout le genre humain. Cette affirmation du dogme du péché originel et le tableau de ses lamentables suites font ressortir en Jésus son rôle glorieux de Sauveur.
L’évangile des ouvriers de la vigne (Dimanche de la Septuagésime) et celui du semeur (Dimanche de la Sexagésime) nous rappellent que la Rédemption s’étend à tous les hommes, Juifs et Gentils, et la guérison de l’aveugle de Jéricho, qui suit l’annonce de la Passion, symbolise la lumière du salut que la croix nous a value. ((Dimanche de la Quinquagésime). Les épîtres de S. Paul viennent à leur tour durant ces trois dimanches nous rappeler que l’Église doit à cette époque achever l’œuvre du Sauveur en entrant courageusement dans l’ascèse pacificatrice de la pénitence.
Re: Le temps de la Septuagésime
PAX ET BONUM
Cher Louis,
Très bon travail sur le temps de la Septuagésime, j'espère que vous allez, si vous le pouvez naturellement, nous entretenir de ces choses si essentielles pour l'âme, tout au long du Carême qui vient.
merci
Cher Louis,
Très bon travail sur le temps de la Septuagésime, j'espère que vous allez, si vous le pouvez naturellement, nous entretenir de ces choses si essentielles pour l'âme, tout au long du Carême qui vient.
merci
- Louis Mc Duff
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Re: Le temps de la Septuagésime
Ce qui précède a été extrait d'un Missel Quotidien et Vespéral de Dom Gaspar Lefebvre, 1951.
Dimanche de la Septuagésime
Le rapprochement des textes du Bréviaire en cette semaine avec ceux de la messe d’aujourd’hui en éclaire singulièrement le sens et la portée.
Pendant toute cette semaine, les leçons et les répons de l’office de nuit sont tirés du livre de la Genèse et racontent la création du monde et celle de l’homme, la chute de nos premiers parents et la promesse du Rédempteur, puis le meurtre d’Abel et les générations d’Adam jusqu’à Noé – « Au commencement, dit le Livre Saint, Dieu créa le ciel et la terre, et formant l’homme sur la terre, il le mit dans un jardin de délices pour le lui faire cultiver ». Le Christ a dit par ailleurs, remarque S. Grégoire, que le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui loue des ouvriers pour cultiver sa vigne. « Or qui peut être plus justement représenté par le père de famille que notre Créateur, lequel régit par sa providence ceux qu’il a créés, et possède ses élus dans ce monde comme un maître ses serviteurs dans sa maison ? » La vigne qu’il cultive , c’est son Église. Tous ceux qui, dans la droiture de leur foi, se sont appliqués à faire le bien et ont exhorté les autres à le faire, sont les ouvriers de cette vigne. Ceux de la première heure, ainsi que ceux de la troisième, de la sixième et de la neuvième, désignent l’ancien peuple hébreu, qui, depuis le commencement du monde, s’efforce, en la personne de ses Saints, de servir Dieu avec une foi droite : il n’a pour ainsi dire pas cessé de travailler à la culture de la vigne. Mais à la onzième heure les Gentils sont appelés, et c’est à eux que s’adressent ces paroles : Pourquoi êtes-vous ici tout le jour sans rien faire ? » (3e nocturne de matines). Tous les hommes sont donc appelés à travailler dans la vigne du Seigneur, c’est-à-dire se sancti-fier et à sanctifier le prochain, et à glorifier Dieu par là même puisque la sanctification consiste à ne chercher qu’en Lui notre bonheur suprême.
Mais Adam a failli à la tâche. « Parce que tu as mangé du fruit dont je t’avais défendu de manger, lui dit Dieu, maudite sera la terre et c’est à force de labeurs que tu en tireras ta nourriture. Elle ne produira que des épines et des chardons. C’est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu as été tiré ». « Exilé de l’Éden après sa faute, explique S. Augustin, le premier homme enchaîna à la peine de mort et à la réprobation tous ses descendants, déchus en sa personne comme dans leur souche. Toute la masse du genre humain condamnée était donc plongée dans le malheur, ou plutôt se voyait entraînée et précipitée de maux en maux » (2e nocturne). – Les textes de la messe sont remplis des mêmes pensées. « Les douleurs de la mort m’ont environné », dit l’introït. « C’est très justement, ajoute l’oraison, que nous sommes affligés pour nos péchés ». Dans l’épître, la vie chrétienne est présentée par S. Paul comme une arène où, pour remporter la couronne, il faut se donner de la peine et lutter. Le denier de la vie éternelle, dit aussi l’évangile, n’est donné qu’à ceux qui travaillent dans la vigne de Dieu et, depuis le péché, ce travail est pénible et ardu.
La messe de la Septuagésime, étudiée en fonction de la chute d’Adam, nous met dans la mentalité voulue pour commencer cette nouvelle période de l’année liturgique et pour nous faire comprendre les grandeurs du mystère pascal auquel elle doit nous faire préparer – On saisit mieux dès maintenant tout ce que Pâques représente et tout ce que l’Église entendra nous rappeler quand elle va nous dire que « Dieu qui créa l’homme d’une manière admirable, l’a racheté d’une manière plus admirable encore (Oraison après la 1ère prophétie du Samedi Saint.) », et que « l’acte de la création du monde au commencement ne surpasse pas en excellence l’immolation du Christ, notre Pâque, dans la plénitude des temps (Oraison après la 1ère prophétie du Samedi Saint.) ».
Le prochain texte : celui sur le Dimanche de la Sexagésime.
- Louis Mc Duff
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Re: Le temps de la Septuagésime
Chère Gabrielle,
Si Dieu le veut et avec son aide, je vais continuer ce travail dominical sur le Temps de la Septuagésime et ensuite sur le Temps du Carême.
A ces notes explicatives extraites d'un Missel Quotidien et Vespéral de Dom Gaspar Lefebvre (1951), je vais reproduire aussi le Sermon Dominical pour les mêmes dimanches avec les explications tirées de la Chaîne d’Or de S. Thomas d’Aquin.
Je vais créer un « fil » pour chacun des Temps de cette 2e Partie de l’année ecclésiastique, qui se trouve à être le Cycle de Pâques. Ainsi, pour le « fil » du Temps de la Septuagésime, il y aura 3 sermons ; pour le « fil » de Temps du Carême, il y aura 5 sermons, en incluant celui du mercredi des Cendres ; etc. …
Normalement, je vais essayer de reproduire dans le forum le sermon de la semaine, en commençant la veille du dimanche le sermon du lendemain et en échelonnant la publication sur 7 jours, pour suivre le judicieux et avisé conseil de notre cher Abbé Zins.
Aujourd’hui, 7 février, je suis un peu en retard, pour le premier sermon, celui du dimanche de la Septuagésime, qu’exceptionnellement je vais publier sur 3 jours... Merci de votre compréhension, chers amis de la Vérité.
Bonne lecture et que Dieu vous bénisse.
Si Dieu le veut et avec son aide, je vais continuer ce travail dominical sur le Temps de la Septuagésime et ensuite sur le Temps du Carême.
A ces notes explicatives extraites d'un Missel Quotidien et Vespéral de Dom Gaspar Lefebvre (1951), je vais reproduire aussi le Sermon Dominical pour les mêmes dimanches avec les explications tirées de la Chaîne d’Or de S. Thomas d’Aquin.
Je vais créer un « fil » pour chacun des Temps de cette 2e Partie de l’année ecclésiastique, qui se trouve à être le Cycle de Pâques. Ainsi, pour le « fil » du Temps de la Septuagésime, il y aura 3 sermons ; pour le « fil » de Temps du Carême, il y aura 5 sermons, en incluant celui du mercredi des Cendres ; etc. …
Normalement, je vais essayer de reproduire dans le forum le sermon de la semaine, en commençant la veille du dimanche le sermon du lendemain et en échelonnant la publication sur 7 jours, pour suivre le judicieux et avisé conseil de notre cher Abbé Zins.
Aujourd’hui, 7 février, je suis un peu en retard, pour le premier sermon, celui du dimanche de la Septuagésime, qu’exceptionnellement je vais publier sur 3 jours... Merci de votre compréhension, chers amis de la Vérité.
Bonne lecture et que Dieu vous bénisse.
- Louis Mc Duff
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Re: Le temps de la Septuagésime
Ce qui suit a été extrait d'un Missel Quotidien et Vespéral de Dom Gaspar Lefebvre, 1951 :
Dimanche de la Sexagésime
L’Église nous apprend à célébrer le mystère pascal en nous faisant lire les pages des deux Testaments (Oraison après la 7e prophétie du Samedi Saint.)
Pendant toute la semaine, le Bréviaire parle de Noé. Dieu voyant que la malice des hommes était grande sur la terre, dit à Noé : « J’exterminerai l’homme que j’ai créé. Fais-toi une arche de bois résineux. J’établirai mon alliance avec toi et tu entreras dans l’arche ». Et la pluie tomba alors sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits ; l’arche flottait sur les eaux qui s’élevèrent au-dessus des montagnes jusqu’à les recouvrir toutes. Tous les hommes périrent à l’exception de Noé et des siens qui avaient trouvé un abri. Dieu se souvint alors de Noé et la pluie cessa. Après quelque temps, Noé ouvrit la fenêtre d l’arche et il lâcha une colombe qui revint avec une branche d’olivier tout fraîche ; Noé comprit que les eaux ne couvrait plus la terre. Et Dieu lui dit : « Sors de l’arche, et multiplie-toi sur la terre ». Et Noé éleva un autel et il offrit à Dieu un sacrifice d’agréable odeur. Et l’arc-en-ciel apparut comme un signe de réconciliation entre Dieu et les hommes.
Ce récit se rapporte au mystère pascal puisque l’Église en fait la lecture commentée par une très belle oraison, le Samedi Saint (3e prophétie). Et voici comment elle l’applique elle-même dans la liturgie à Notre-Seigneur et à son Église. « La juste colère du Créateur submergea le monde coupable dans les eaux vengeresses du déluge. Noé seul fut sauvé dans l’arche ; puis l’admirable puissance de l’amour lava l’univers dans le Sang (Hymne des matines de la fête du Précieux-Sang) ». C’est le bois de l’arche qui sauva le genre humain et c’est celui de la croix qui à son tour sauve le monde ; « seule, dit l’Église en parlant de la croix, tu as été trouvée digne d’être pour le monde naufragé l’arche qui l’achemine vers le port (Hymne Pange lingua de l’Adoration de la Croix, le Vendredi Saint) ». La porte ouverte sur le côté de l’arche et par où entrèrent ceux qui, représentant l’Église devaient échapper au déluge, nous est présentée par la liturgie comme une figure du mystère de la rédemption, parce que du côté ouvert de Jésus sortirent su sang et de l’eau, symboles des sacrements du Baptême et de l’Eucharistie qui sauvent nos âmes (7e leçon de matines de la fête du Précieux-Sang). « O Dieu, qui en lavant dans les eaux les crimes du monde coupable, fîtes voir dans les ondes même du déluge une image de la régénération où l’opération mystérieuse et sanctifiante d’un seul et même élément devait marquer la fin du vice et l’aurore de la vertu, jetez les yeux sur la face de votre Église et multipliez en elle votre œuvre de régénération , en ouvrant par toute la terre la fontaine baptismal qui doit renouveler les nations (Bénédiction des Fonts Baptismaux le Samedi Saint) ». Au temps de Noé, dit S. Pierre, huit personnes seulement furent sauvées à travers les eaux : symbole du baptême qui nous sauve tous maintenant (Épître du vendredi de Pâques) ». – Et lorsque l’Évêque bénit le Jeudi Saint l’huile qui vient de l’olivier et qui servira pour les Sacrements, il dit : « Lorsque les crimes du monde eurent été expiés par le déluge, une colombe vint annoncer la paix rendue à la terre, par le rameau d’olivier qu’elle portait, symbole des faveurs que nous réservait l’avenir. Cette figure se réalise de nos jours où l’onction de l’huile, après que les eaux du baptême ont effacé tous nos péchés, vient donner à nos visages beauté et sérénité ».
Mais où Noé est surtout le symbole du Christ, c’est dans la mission que Dieu lui a donnée d’être « le père de toute une postérité (Dimanche de la Septuagésime, 6e leçon de matines) ». Noé fut en effet le second père du genre humain, et il est le symbole de la vie renaissante. « Le rameau d’olivier, dit la liturgie, figure par sa frondaison l’heureuse fécondité que Dieu a accordée à Noé en sortant de l’arche (Bénédiction des Rameaux); et l’arche est appelée par S. Ambroise, dans l’office de ce jour, « seminarium », c’est-à-dire l’endroit qui contient la semence de vie qui doit remplir le monde. – Or, bien plus encore que Noé, le Christ, second Adam, peupla le monde d’une postérité innombrable d’âmes croyantes et fidèles à Dieu. Et c’est pourquoi l’oraison qui suit la 2e prophétie consacrée à Noé le Samedi Saint demande au Seigneur de réaliser ses desseins éternels en accomplissant dans la paix l’œuvre du salut de l’humanité : « puisse le monde expérimenter et voir le redressement de ce qui était tombé, le renouvellement de ce qui avait vieilli, et toutes choses rétablies dans leur intégrité première par celui-là même par qui elles avaient commencé d’exister ». « Par les néophytes de l’Église , dit la liturgie pascale (car c’est à Pâques qu’on baptisait), la terre est renouvelée et cette terre ainsi renouvelée germinat resurgentes, produit des ressuscités » (Lundi de Pâques, matines du Bréviaire monastique) .
Au commencement, c’est par le Verbe, c’est-à-dire par sa parole, que Dieu fit le monde (Dernier Évangile). Et c’est par la prédication de son Évangile que Jésus, Verbe de Dieu, vint régénérer les hommes. « Nous avons été régénérés, dit S. Pierre, par une semence incorruptible, par la parole de Dieu qui vit et demeure éternellement. Et cette parole est celle dont la bonne nouvelle (c’est-à-dire l’Évangile) nous a été annoncée ( I S. Pierre I, 23 et 25) » - On voit tout le relief que prend, à la lumière de ces grandes pensées, la parabole du semeur qui est l’évangile de ce dimanche. Si au temps de Noé les hommes périrent, c’est, dit S. Paul à cause de leur incrédulité, tandis que par sa foi Noé construisit l’arche et fut sauvé ; pareillement ceux-là seuls qui croient à la parole de Jésus et qui la « gardent » seront sauvés (Hébreux 11, 7 et 10,39). Et S. Paul raconte dans l’épître d’aujourd’hui tout ce qu’il a fait pour porter aux nations la foi dans la parole de Dieu. Il est le prédicateur par excellence, le « ministre du Christ », celui que Dieu a choisi pour révéler à tous les peuples la bonne nouvelle du Verbe Incarné. « Qui me donnera, dit S. Jean Chrysostome, d’aller prêt du tombeau de Paul pour baiser la poussière de ces membres dans lesquels l’Apôtre complétait par ses souffrances la passion du Christ, portait les stigmates du Sauveur, répandait partout comme une semence la prédication de l’Évangile ? [Dans l’octave des SS. Apôtres Pierre et Paul (4 juillet)] » L’Église de Rome réalise ce désir pour ses enfants en faisant en ce jour la station à la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs.
- Louis Mc Duff
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- Inscription : dim. 10 déc. 2006 1:00
Re: Le temps de la Septuagésime
Ci-après suivra l'explication du dimanche de la Quinquagésime.
Demain sera publié l'Évangile de ce dimanche ainsi que le début des commentaires de la Chaîne d'Or...
Demain sera publié l'Évangile de ce dimanche ainsi que le début des commentaires de la Chaîne d'Or...
Dimanche de la Quinquagésime
De même que les trois premières prophéties du Samedi Saint avec leurs oraisons sont consacrées à Adam, à Noé et à Abraham, de même que le Bréviaire et le Missel, durant les trois semaines du Temps de la Septuagésime, se préoccupent de ces patriarches que l’Église appelle respectivement le « père du genre humain », le « père de la postérité » et le « père des croyants ». Adam, Noé et Abraham sont des figures du Christ dans le mystère pascal; nous l’avons montré au dimanche de la Septuagésime et au dimanche de la Sexagésime pour les deux premiers; montrons-le aujourd’hui pour Abraham.
Voulant se former un peuple qui fût à lui, au milieu des nations idolâtres, Dieu se choisit un chef pour ce peuple et il l’appela du nom d’Abraham, qui signifie père d’une multitude de nations. « Il le tira d’Ur en Chaldée pour le conduire dans la terre qu’il lui avait promise et le garda dans toutes ses pérégrinations ». – C’est par la foi, dit l’épître aux Hébreux, qu’Abraham, lors de l’appel de Dieu, obéit en partant pour le pays qu’il devait recevoir en héritage; et il partit, confiant, sans savoir où il allait. C’est par sa foi qu’il obtint la terre de Chanaan où il vécut plus de vingt-cinq ans comme un étranger. C’est par sa foi qu’il devint dans sa vieillesse père d’Isaac et qu’il n’hésita pas à en faire le sacrifice, à la demande de Dieu, bien que ce fût le fils unique en qui reposait tout son espoir de voir se réaliser les promesses divines d’une postérité innombrable (Hébreux 11, 12). Il se disait que Dieu était assez puissant pour ressusciter son fils d’entre les morts. Aussi le recouvra-t-il en figure (Sacramentaire gallican).
De fait Isaac figura le Christ lorsqu’il fut choisi « pour être la très glorieuse victime de son Père »; lorsqu’il porta le fagot sur lequel on allait l’immoler, comme Jésus porta la croix sur laquelle il mérita la gloire par sa passion; et surtout lorsque, délivré miraculeusement de la mort, il fut en quelque sorte rendu à la vie pour annoncer que Jésus, après avoir été mis à mort, ressusciterait. C’est ainsi que, par sa foi, Abraham, qui croyait sans hésiter ce qui allait arriver, contempla de loin le triomphe de Jésus sur la croix et s’en réjouit. Et c’est alors que Dieu lui confirma ses promesses : « Parce que tu ne m’as pas refusé ton fils unique, je te bénirai, je te donnerai une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel et comme le sable du bord de la mer (3e prophétie du Samedi Saint). Ces promesses, c’est Jésus qui les réalisa par sa passion.
« Le Christ, dit S. Paul, nous a rachetés en étant pendu au bois afin que la bénédiction donnée à Abraham fut communiquée aux Gentils par le Christ Jésus, pour que nous recevions par la foi la promesse de l’Esprit », c’est-à-dire l’Esprit d’adoption qui nous avait été promis (3e semaine après l’Épiphanie, 2e férie). Et c’est pour ce motif que l’oraison qui suit la lecture sur Abraham le Samedi Saint dit que Dieu, « Père souverain des croyants, répandant largement la grâce de l’adoption, multiplie sur la terre les fils de la promesse et que, par le mystère pascal, il fait d’Abraham son serviteur le père de toutes les nations ». C’est en effet par le baptême (qui se donnait autrefois à Pâques et à la Pentecôte) que, devenus enfants d’Abraham, nous entrons dans l’héritage qui avait été promis à nos Pères, et qui est l’Église, ou la Jérusalem céleste, symbolisée par la terre promise.
La foi en Jésus mort et ressuscité, qui mérita à Abraham de devenir le Père de toutes les nations et qui nous permet à tous de devenir ses enfants, fait l’objet de l’évangile. Le Christ y annonce sa passion et son triomphe et rend la vue à un aveugle en lui disant : C’est ta foi qui t’as sauvé. « Cet aveugle, commente S. Grégoire, recouvra la vue sous les yeux des apôtres pour que le spectacle des œuvres divines affermit la foi de ceux qui ne pouvaient encore saisir l’annonce d’un mystère céleste. Car il fallait qu’en le voyant mourir plus tard de la manière qu’il avait annoncée, ils ne doutassent point qu’il devait aussi ressusciter (2e nocturne) ».
L’épître, à son tour, met en pleine valeur la foi d’Abraham : une foi toute animée par la charité, comme doit l’être la nôtre; une foi qui s’exécute par amour pour Dieu, confiante en ses promesses, même quand elle ne comprend pas les secrets desseins de Dieu. Ce n’est pas en étant fils d’Abraham par la chair que l’homme est sauvé, mais en l’étant par une foi semblable à celle d’Abraham. « Dans le Christ Jésus, écrit S. Paul, ni la circoncision (Juifs), ni l’incirconcision (Gentils ) ne servent de rien, mais la foi qui agit par la charité (3e semaine après l’Épiphanie, 3e férie).
En ce dimanche et les deux jours suivants, on fait une adoration solennelle du T.S. Sacrement, en expiation des excès qui se commettent pendant ces trois jours.
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