Se passer des sacrements : le pas le plus difficile à passer de peur de se tromper...

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Abbé Zins
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Re: Se passer des sacrements : le pas le plus difficile à passer de peur de se tromper...

Message par Abbé Zins »

Doumé a écrit : lun. 17 avr. 2023 22:42
Merci pour votre patience et pédagogie, monsieur l'abbé,

Sans doute voulez-vous me faire comprendre que les erreurs sournoises des abbé cités, au départ de l'angle d'un à deux degrés, les a amenés trop loin pour dialoguer avec leurs opposants tant les années ont du obscurcir leur discernement ? Sachez que je n'aurai pas d'état d'âme à prendre des distances si je suis convaincu de suivre la Vérité que vous démontrez ; mais c'est un pas tellement important que j'ai besoin que vous me rappeliez certains éléments afin de bien les ancrer.

J'ai simplement de la peine à voir la majorité des personnes, là et ailleurs, préférer faire semblant, comme vous l'expliquez dans votre sermon, plutôt que d'agir simplement dans la volonté de Dieu. J'espère évidemment qu'il y a d'autres clercs comme vous, et plus de fidèles qu'il n'y paraît, dans le monde entier. Ma naïveté naturelle a du mal à comprendre ce peu de désir général de la Vérité.

Quelles seront les réactions des fidèles après le décès du desservant ?
C'est un sujet tabou, mais j'ai pris le risque d'en parler à la famille la plus impliquée avec qui j'ai vraiment sympathisé. Ils m'ont dit que le groupe restera sur place, à priori pour la majorité, et tous diront le rosaire et diverses dévotions, plus de la catéchèse probablement enseignée par les deux frères qui sont avec l'abbé depuis des années.

Lorsqu'ils sont en déplacement au loin un dimanche, ils restent dans leur résidence à prier et lire leur missel, à ce que je sais. Ceci dit, certains ont déménagé dans d'autres régions et rejoint, par exemple (de ce qu'on m'a dit) l'abbé Grossin sans soucis des divergences... Je crois que pour beaucoup, comme ce fut pour moi, seule la validité est importante, le reste n'étant pas compris en profondeur ou sous estimé. Je ne suis pas certain que l'abbé aborde les questions de licéité et de juridiction lorsqu'il enseigne le catéchisme auquel je n'assiste pas pour diverses raisons indépendantes de ma volonté.

A propos des divergences, je ne sais ce qu'en pense ou dit l'abbé. Certains viennent puis partent ou repartent vers l'IMBC, ou ailleurs ; d'autres ne restent pas. La chapelle est beaucoup plus petite que celle de l'abbé Belmont.

Ce que vous rapportez là :
Doumé a écrit :“le groupe restera sur place, à priori pour la majorité”,
est en contraste avec ce que vous avez constaté :
Doumé a écrit :“pour beaucoup, comme ce fut pour moi, seule la validité est importante, le reste n'étant pas compris en profondeur ou sous estimé”,
et encore :
Doumé a écrit :“certains ont déménagé dans d'autres régions et rejoint, par exemple l'abbé Grossin sans soucis des divergences”,
Doumé a écrit :“La plupart des fidèles, dans ces diverses chapelles, ne voudront jamais croire vos démonstrations, preuves Bibliques à l'appui : c'est trop exigeant, donc faux pour eux”.


Certes, la première affirmation que vous rapportez concerne le présent et la personne de leur abbé, tandis que ma question porte sur le futur. Toutefois, ce que vous avez constaté donne clairement à entendre les dispositions de la plupart, concernant l’attitude pratique qui devrait logiquement en découler.

Quant à ceux allant chez l’abbé B., outre les dissolvants de la fermeté qu’impliquent certains points de “La Thèse”, divers affligeants précédents portent à prévoir que leur attitude future sera sans doute moins affermie encore. Tant les va-et-vient de certains entre sa chapelle et celles rattachées à la lignée thuciste, que celui où il s’est laissé entraîner, par un laïc assidu chez lui, d’être aller faire confirmer plusieurs des siens par un évêque sacré certes sous Pie XII mais adhérant à V2 et aux intrus.

Pour le petit nombre de ceux qui
Doumé a écrit :“diront le rosaire et diverses dévotions, plus de la catéchèse probablement enseignée par les deux frères”,
cela se rapproche de ce à quoi l’affligeante et éprouvante crise apocalyptique actuelle réduit ceux qui s’appliquent à regarder la réalité en face et a en accepter les terribles conséquences pratiques.


Reste, pour eux comme pour l’abbé, l’adhésion, au moins au for externe, à la “fou-thèse” guérardienne.

A ce sujet, voyez d’abord ceci : Trois hérésies du p. Guérard des Lauriers.

Si les abbés S. Et B. ont rejeté publiquement la 3e, ils ne l’ont pas fait pour les deux autres.

Voyez ensuite ce survol de ma réfutation en 44 points des aberrations, contradictions objectives internes, et oppositions à la doctrine de l’Eglise de la “fou-thèse”:


; ;


Objectives contradictions internes, dont un “pape sans autorité”, ayant accepté son élection mais pas comme il faut et pourtant “légitimement élu” ; “pape materialiter sans autorité” mais pouvant nommer validement des cardinaux (même publiquement hérétiques, apostats) ; “pape materialiter sans autorité” mais possédant le charisme d’infaillibilité s’il l’exerce comme il faut, etc, etc...

Vous m’avez demandé :
Doumé a écrit :“Avez-vous tenté de dialoguer avec eux ? J'imagine que oui.”
Ma réfutation écrite en 44 points leur a été expédiée, comme aux autres principaux “guérardiens”, dès sa publication.

L’unique réponse a été un silence absolu, et ce depuis, à présent plus de 18 ans.
Doumé
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Message par Doumé »

Bonjour M. L'abbé,

Je n'ai personnellement jamais " accroché " à cette fou-thèse tellement contradictoire et si tirée par les cheveux qu'on s'y laisse bien moins prendre que pour les notions de validité, licéité, ou juridiction. Par contre, je n'avais pas cru me rendre complice, sans le savoir, d'une hérésie, pensant que cela n'engageait
pas obligatoirement les fidèles. Il faut dire que l'abbé Seuillot n'en parle jamais, en tout cas depuis l'été 2021 où j'ai joint sa chapelle. J'ai pris conscience de cette concession, ou complicité, en écoutant vos vidéos.

Le cheval de bataille de l'abbé Seuillot concerne plutôt les sacres sauvages de 88, comme il les appelle, sans pour autant conclure que, Mgr Lefebvre s'étant exclu ipso facto de l'Église avec ces sacres, ses prêtres devenaient orphelins d'évêque, à moins d'en trouver un autre ; et ne pouvaient donc plus administrer les sacrements, si j'ai bien compris maintenant la notion de juridiction. Peut-être l'abbé se justifie-t-il avec la fameuse thèse de l'abbé Guérard Des Lauriers, en se rattachant à un Pape materialiter ou formaliter exerçant une juridiction universelle implicite ? Ce n'est qu'une supposition d'un novice essayant de comprendre.

Ceci dit, comment se fait-il que l'abbé Lafitte, parmi d'autres n'adhérant pas à la thèse, ait accepté l'ambiguïté des sacres de 88 ? Pour rester prêtre ? Son excellente formation aurait du lui enjoindre de faire comme vous, non ? De même pour ceux ordonnés par ces quatre nouveaux évêques... Il me semble qu'il y a au moins deux raisons inavouées, si je peux donner mon avis :
- L'humiliation de se retrouver sur le carreau comme simple consacré ne pouvant administrer les sacrements.
- Le fait de ne pas admettre que le monde se retrouve sans Messes durant un temps indéterminé laissant le champ libre à Satan ; bien que les hommes aient vécu ainsi jusqu'à l'avènement de notre Seigneur, sans compter certains chrétiens par la suite...

Car c'est bien là où nous en sommes, monsieur l'abbé ? Y a-t-il encore des Messes licites célébrées dans le monde ? Il faut reconnaître que c'est effrayant à admettre, d'où la résistance à votre lucidité de la plupart des fidèles restants, bien que la responsabilité provienne d'abord des clercs ne réagissant pas comme vous.

D'ailleurs, combien restent-ils de clercs et de fidèles lucides en France et dans le monde ?...
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Abbé Zins
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Re: Se passer des sacrements : le pas le plus difficile à passer de peur de se tromper...

Message par Abbé Zins »

Doumé a écrit : mar. 18 avr. 2023 19:32 Bonjour M. L'abbé,

Je n'ai personnellement jamais " accroché " à cette fou-thèse tellement contradictoire et si tirée par les cheveux qu'on s'y laisse bien moins prendre que pour les notions de validité, licéité, ou juridiction. Par contre, je n'avais pas cru me rendre complice, sans le savoir, d'une hérésie, pensant que cela n'engageait
pas obligatoirement les fidèles. Il faut dire que l'abbé Seuillot n'en parle jamais, en tout cas depuis l'été 2021 où j'ai joint sa chapelle. J'ai pris conscience de cette concession, ou complicité, en écoutant vos vidéos.

Le cheval de bataille de l'abbé Seuillot concerne plutôt les sacres sauvages de 88, comme il les appelle, sans pour autant conclure que, Mgr Lefebvre s'étant exclu ipso facto de l'Église avec ces sacres, ses prêtres devenaient orphelins d'évêque, à moins d'en trouver un autre ; et ne pouvaient donc plus administrer les sacrements, si j'ai bien compris maintenant la notion de juridiction. Peut-être l'abbé se justifie-t-il avec la fameuse thèse de l'abbé Guérard Des Lauriers, en se rattachant à un Pape materialiter ou formaliter exerçant une juridiction universelle implicite ? Ce n'est qu'une supposition d'un novice essayant de comprendre.

Ceci dit, comment se fait-il que l'abbé Lafitte, parmi d'autres n'adhérant pas à la thèse, ait accepté l'ambiguïté des sacres de 88 ? Pour rester prêtre ? Son excellente formation aurait du lui enjoindre de faire comme vous, non ? De même pour ceux ordonnés par ces quatre nouveaux évêques... Il me semble qu'il y a au moins deux raisons inavouées, si je peux donner mon avis :
- L'humiliation de se retrouver sur le carreau comme simple consacré ne pouvant administrer les sacrements.
- Le fait de ne pas admettre que le monde se retrouve sans Messes durant un temps indéterminé laissant le champ libre à Satan ; bien que les hommes aient vécu ainsi jusqu'à l'avènement de notre Seigneur, sans compter certains chrétiens par la suite...

Car c'est bien là où nous en sommes, monsieur l'abbé ? Y a-t-il encore des Messes licites célébrées dans le monde ? Il faut reconnaître que c'est effrayant à admettre, d'où la résistance à votre lucidité de la plupart des fidèles restants, bien que la responsabilité provienne d'abord des clercs ne réagissant pas comme vous.

D'ailleurs, combien restent-ils de clercs et de fidèles lucides en France et dans le monde ?...

La crise apocalyptique présente rend tout plus difficile.

Elle est tellement atypique et anormale, donc hors des normes, qu’elle déroute quasi tout le monde.

Les lois ordinaires étant établies pour les cas habituels et communs, il n’en est pas moins vrai que, comme le dit un adage, l’exception n’infirme pas la règle mais la confirme.

Ce qui revient à dire : la loi restant la norme pour tous les cas ordinaires et normaux ; il peut en exister des exceptions pour des cas anormaux, hors normes, extra-ordinaires, impliquant une impossibilité exceptionnelle d’appliquer à la lettre les dispositions légales, sans toutefois les remettre en cause pour les cas normaux.

Ce qui rend la crise présente à la fois déroutante et fort dangereuse, est que ce qui, en des temps normaux et ordinaires, est exceptionnel, est devenu, en cette période apocalyptique, le quotidien et l’habituel.

Ce qui oblige à remonter aux principes les plus élevés, à la hiérarchie des lois et des autorités, à l’esprit des lois et l’intention du législateur. C’est ce qui a été évoqué en la vidéo 47. : En quoi consiste l'épikie ?





Il importe en de telles circonstances atypiques à la fois de bien connaître les lois et prescriptions ordinaires, de les respecter et appliquer autant que faire ce peut, d’être imprégner de leur esprit et d’agir en son optique quand il est impossible d’en pratiquer la lettre.

Par exemple : le 3e Commandement de Dieu : Tu sanctifieras le Jour du Seigneur, est éclairé par le précepte de l’Eglise sur l’obligation d’assister à la Sainte Messe. Une grave grippe vous empêchant d’y aller, reste à sanctifier ce jour autant que votre état présent le permet.

Hiérarchie des lois : fuir la faute grave de la communicatio in sacris cum acatholicis est au-dessus et prime le précepte dominical ou pascal, comme le démontre si bien l’exemple de Saint Herménégilde et le commentaire qu’en fait le Pape Saint Grégoire le Grand.

(A suivre.)
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Abbé Zins
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Re: Se passer des sacrements : le pas le plus difficile à passer de peur de se tromper...

Message par Abbé Zins »


Dans le contexte hors norme rappelé précédemment, il y a deux écueils à éviter.

D’abord, celui de prétendre s’en tenir à la seule lettre de la législation comme s’il n’y avait pas une crise inouïe et comme si les intrus étaient les autorités légitimes,

et à l’inverse, surtout avec l’habitude de devoir vivre habituellement en un contexte exceptionnel, en arriver à ne plus tenir compte des lois qui peuvent encore être respectées à la lettre,

ou, en ayant perdu le sens de l’anormalité de la situation présente, à n’avoir plus à l’esprit les sages normes canoniques, dont il faut s’appliquer à se rapprocher le plus possible, autant que les circonstances anormales nous le permettent.

Précisions capitales qui me permettent d’en arriver à vous expliquer diverses confusions qui demeurent en votre esprit, en vue de vous aider à en sortir.


Pour ce qui est des cas des abbés S. et B., ce n’est ni la question de leur ordination, ni le fait de ne plus déprendre directement d’un supérieur à cause des circonstances exceptionnelles qui ne va pas, mais une partie de leur doctrine,

spécialement leur adhésion à la “fou-thèse” et aux oppositions à la doctrine de l’Eglise et à la logique qu’elle contient, surtout en des erreurs déjà anathématisées par la Sainte Eglise.


Ainsi, à la fois l’Eglise Catholique a reconnu la validité des rites sacramentaux des hérétiques schismatiques orientaux, auto-proclamés “orthodoxes”, et interdit sub gravi la communicatio in sacris avec eux, a fortiori pour des ordinations et des sacres, comme cela est rappelé et démontré en la vidéo 40 :


(A suivre.)
Doumé
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Re: Se passer des sacrements : le pas le plus difficile à passer de peur de se tromper...

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Merci monsieur l'abbé,

Je prends le temps d'étudier tout cela afin d'y voir complètement clair. Merci de nous donner charitablement de votre temps.

Dieu vous bénisse !
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Abbé Zins
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Re: Se passer des sacrements : le pas le plus difficile à passer de peur de se tromper...

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De multiples exemples historiques se rapportant aux temps de persécutions ou de chutes d’une partie de la hiérarchie d’un pays, comme sous la révolution en France ou celle des communistes en Chine, montrent clairement ce qui suit.

Quand un évêque ou plusieurs tombent publiquement dans l’hérésie et le schisme ou sont envoyés en exil ou inaccessibles, cela ne fait pas perdre pour autant leur juridiction ordinaire aux prêtres fidèles la possédant, notamment les curés, et entraîne des suppléances pour les prêtres obligés de se cacher, ou réduits à exercer où ils le peuvent le ministère en faveur des catholiques restés fidèles.

Ainsi, par exemple, bien que la Messe ne puisse être célébrée selon les normes canoniques qu’en une église publique, et seulement avec une permission spéciale en des oratoires privés comme ceux des châteaux, les Apôtres eux-mêmes en étaient réduits à célébrer dans les allées ou pièces souterraines des Catacombes, qui étaient des cimetières, ou dans des maisons privées, comme Saint Pierre à Rome, chez le sénateur Saint Pudens, père des Saintes Pudentienne et Praxède, et de Saint Timothée devenu Prêtre, leur maison étant devenue l’église ou titre du (Bon) Pasteur.

Pareillement, le futur Saint Curé d’Ars a fait sa première communion en une grange, des mains d’un Prêtre proscrit, dont l’Evêque était en exil, prenant ainsi le risque d’être pris, mis en prison, et exécuté, comme tant d’autres l’ont été alors.

Il en a été de même au tout début de la résistance traditionnelle. Un relatif petit nombre de prêtres âgés, soit curés d’une paroisse pour la plupart, soit aumônier ou autre, avec juridiction ordinaire attachée à leur office ou déléguée, ont compris que la pseudo réforme liturgique, catéchétique, etc, allait contre des points de doctrine et de moral, qu’ils ne pouvaient pas obéir aux injonctions de leurs évêques sans trahir toute leur formation, la doctrine, la liturgie, les lois de la Sainte Eglise et de Dieu, et ils ont commencé à résister d’abord passivement, en continuant à enseigner et faire comme ils l’avaient fait jusqu’ici avec les bénédictions des Papes et Evêques légitimes.

Certains ont été comme cassés ensuite par les pressions, menaces, incompréhensions de leur entourage, destitution, extérieurement légale en apparence, de leur poste. D’autres ont pu tenir sur place avec le soutien de leurs paroissiens et de nombreux fidèles désemparés qui les recherchaient à cause de leur fidélité, et la tolérance de leur évêque.

Certains ont pris une “retraite” anticipée et continué à célébrer seul en privé, en une chapelle latérale discrète à une heure matinale, d’autres en leur chambre.

C’est grâce à plusieurs d’entre eux que, ma famille et moi-même, avons pu tenir.


Or, au départ, ils ne savaient pas vraiment ce qui se passait. L’idée que leur évêque et celui qu’ils tenaient avec tous pour “le pape” aient pu être un intrus illégitimement élu ou avoir perdu leur autorité, ne leur venait encore pas même à l’esprit.

Ils étaient pris de court, stupéfaits, suffoqués par la marche de la révolution à l’intérieur des structures ecclésiastiques, qu’ils n’auraient pas même imaginée possible. Ils constataient les ordres mauvais, comprenaient en conscience ne pas pouvoir y obtempérer sans pécher, et s’en tenaient donc simplement à continuer comme avant.

Ce n’est que peu à peu que chacun, d’abord isolé, commença à constater qu’il n’était pas le seul à tenir bon. De même, se posant des questions sur les causes, ils se demandaient ce qu’il fallait penser des bruits qui couraient, disant “le pape” drogué, aux mains d’une maffia lui forçant la main, ou trafiquant les documents officiels ?

L’horrible réalité était si difficile à d’abord seulement imaginer possible, puis à constater, saisir, mieux comprendre, admettre.

L’immense majorité des anciens confrères suivant ; sans parler de ceux ardents à tout envoyer promener ou casser.

Ce que certains, avec le recul, une fois avertis par les plus clairvoyants, bénéficiant de leurs démonstrations longuement et douloureusement élaborées, imaginent à tort comme ayant pu alors être “évident” et allant de soi.

Il faut vraiment ne pas avoir vécu en direct de tels bouleversements extérieurs et intérieurs pour l’imaginer.


(A suivre.)
Doumé
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Re: Se passer des sacrements : le pas le plus difficile à passer de peur de se tromper...

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Je suis en train d'écouter vos vidéos sur "l'indéfectibilité et visibilité de l’Eglise Militante au temps de la grande Apostasie" qui confirment bien ce que vous écrivez... Beaucoup de "catholiques non pratiquants" ne réalisent pas du tout ce qui s'est passé. Heureusement que beaucoup de grâces sont données pour ceux qui cherchent, les âmes de bonne volonté.
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Abbé Zins
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Message par Abbé Zins »


Néanmoins, autre chose est la surprise générale et l’erreur commune de ces tout débuts, autre chose le refus toujours plus explicitement coupable de remonter aux causes ayant produit cette révolution, avant d’en arriver à une erreur entretenue, en raison d’intérêts réels ou apparents à court terme.

Certes, P 6 et les rédacteurs de V 2 ont, comme tous les hérétiques, manié d’habiles ambiguïtés, faisant d’abord 5 pas en avant puis 3 en arrière et recommençant, ou, comme le Pape Saint Pie X l’avait dénoncé contre les modernistes en son encyclique Pascendi, mêlant leurs insinuations hétérodoxes et hérétiques au milieu de paragraphes au sens orthodoxe, faisant lire de longs textes aux pères du concile, puis les transformant au dernier moment, y ajoutant ou soustrayant.

Pourtant, même après l’arrivée de KW, habile tout d’abord pour pratiquer la méthode communiste de la main tendue et les mirages des faux espoirs en vue de désarmer la résistance et de la mieux tromper, mais ayant assez vite jeté le masque avec sa pseudo “encyclique” redemptor hominis bourrée d’énormités contraires à la Foi, puis posé de publics actes d’apostasie en des “forêts sacrés” du Togo et d’ailleurs, reçu devant tous le signe d’initiation shivaïte sur le front, s’étant incliné devant des “réincarnations vivantes de bouddha”, prêté une église pour des rites idolâtriques, organisé “le panthéon d’Assise”, après un nouveau sursaut dans le bon sens le jour de Pâques 1986 : “possible que nous soyons obligés de croire que ce pape n’est pas pape”, le quasi seul évêque à avoir résisté publiquement, s’est à nouveau laissé prendre après tout cela au piège renouvelé de la main tendue.

(A suivre.)
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Cette résistance et attitude, certes hésitante, louvoyante, contradictoire, contrastée entre de la fermeté devant des menaces et des pertes de constance devant mains tendues et faux espoirs entretenus, dénoncée publiquement en ma brochure de 1983 comme due au fait qu’elle était basée davantage sur de l’illusoire diplomatie humaine et naturelle, - cherchant à gagner du temps, espérant un “successeur” de P6 moins avancé ou revenant sagement en arrière, ne mesurant dès lors pas toute la gravité de l’abomination dans le lieu saint -, plutôt que sur une surnaturelle confession publique de la Foi propre à mériter l’intervention divine, n’avait toutefois rien à voir, contrairement à l’injuste parallèle fait vu de loin par certains, avec l’approbation entière de V2 par Thuc, ses 2 interventions hyper progressistes durant le conciliabule, son discours sur l’inculturation rituelle par la suite, son départ à la “retraite”, ses concélébrations de la synaxe avec l’intrus mitré de Toulon, ses “ordinations” et “sacres” pour toutes sortes de sectaires moyennant des arrangements simoniaques.

C’est donc à fort juste titre que les abbés S. et B., tout en continuant à approuver et tenir publiquement “la fou-thèse”, firent connaître leur désapprobation du “sacre secret” du P. Guérard par Ngo Dinh Thuc, dans le couloir étriqué de son F1, sans cérémoniaire, sans autres témoins que ceux qui avaient arrangé l’affaire (Heller et Hiller) qui n’y connaissaient rien en la matière ; mettant en avant notamment l’absence de mandat pontifical.

Ce qu’ils ont ensuite pareillement appliqué aux sacres de 1988. Argument qui aurait certes été déterminant et suffisant, s’il y avait eu alors un Pape légitime ou des circonstances permettant d’espérer que cela puisse être le cas à court terme, et non pas des intrus modernistes solidement implantés avec des apparences de légalité gobées par le très grand nombre, et de surcroîts de nouveaux rites invalides.

En ce danger extrême, au contraire, des sacres par un évêque catholique étaient hautement souhaitables et de soi nécessaires, à condition de pouvoir justement supposer qu’un Pontife légitime les auraient jugés en ce cas nécessaires et approuvés.

Mais, en cherchant à forcer la main aux intrus pour un accord extérieur, en ayant signé pour cela une allégeance, avant de la reprendre une fois le piège touché du doigt, avoir prétendu pouvoir les faire tout en continuant malgré tout à proclamer “légitimes” les intrus, à mettre en avant des motifs en opposition directe à la constitution divine de l’Eglise, avant d’en mettre un pour le sacre à Campos ayant été expressément condamné par le Pape Pie VI comme hérétique, à l’encontre de Fébronius, c’était saborder cet acte qui aurait pu être salvifique.

Moi-même, après en avoir montré publiquement la nécessité en soi dès la fin de ma brochure de 1983, avais souligné publiquement, en m’appuyant sur de précises remarques de Don Gréa, la seule façon de les justifier en dénonçant publiquement les intrus pour ce qu’ils sont, d’abord en un tract de 1987 distribué aux sorties de la Messe à Saint-Nicolas-du-Ch. et à Port-Marly, puis à nouveau dans le n° 12 de ma revue STP et dans le supplément qui s’y trouvait inséré, expédié le 12 juin 1988.

Et même, sur la demande expresse d’un prêtre, en allant le porter au séminaire même avant les sacres, et en ayant pu faire passer les articles à Mgr de Castro Mayer par l’abbé Riffan.

Le bruit a couru ensuite que Mgr Castro Mayer avait été entendu dire dans le couloir du séminaire qu’il faudrait faire publiquement une déclaration de l’usurpation des intrus avant les sacres.

La Divine Providence n’a pas permis que cela se fasse.

(A suivre.)
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Après ce rappel de circonstances historiques si tragiques, qui n’était pas en mon intention au départ, mais qui est un témoignage vécu en direct propre à mieux faire comprendre le ressenti du moment et aussi à montrer que ce n’est point de gaieté de coeur que nous en sommes arrivés là où nous nous trouvons, arrivons-en à des rappels de base qui paraissent méconnus à beaucoup, voire au plus grand nombre.

Vous-même avez mentionné d’abord justement ceci :
Doumé a écrit :“la juridiction et la licéité, éléments moins faciles à résumer et comprendre que la validité sacramentelle. En gros, vous démontrez, comme les abbés Belmont ou Seuillot, que les sacres de 88 ne sont pas licites à cause de l'ambiguïté des positions de Mgr Lefebvre ; vos explications ont achevé de me faire comprendre pourquoi”,
mais montrez ensuite une confusion en votre esprit, puisque vous ajoutez ceci :
Doumé a écrit :“cela veut donc dire que les abbés Rioult, Grossin, etc... ne sont pas prêtres, c'est cela ?”.



Pour ce qui est des Sacrements, de leurs effets et de leurs fruits, trois éléments sont à distinguer :

la validité, la licéité, leur effet fructueux ou infructueux.

Les Sacrements sont des signes sensibles qui opèrent, en soi (pas toujours en fait), la grâce qu’ils signifient.

La validité de l’effet sacramentel peut résulter soit “ex opere operato”, soit “ex opere operentis”, soit en partie des deux, pour leur effet fructueux.


L’effet “ex opere operato”, est celui qui est produit par le fait même de l’administration du sacrement.

Par exemple, pour le Baptême, l’effacement de la tâche originelle est produite “ex opere operato” ; la rémission des peines dues aux péchés commis auparavant l’est de soi aussi sauf si un obex ou obstacle à la grâce l’empêche, jusqu’à ce que cet obstacle (mauvaise disposition intérieure, absence de regret des fautes commises) soit levé “ex opere operentis” par les dispositions requises en celui le recevant ; de soi aussi, il incorpore à la Sainte Eglise Catholique, sauf s’il est reçu dans le schisme en le sachant.

Des enfants validement baptisés dans le schisme sans en avoir conscience, sont donc de soi incorporés à l’Eglise Catholique, et s’ils meurent ainsi et en état de grâce sont sauvés.

Pour le sacrement de l’ordre, l’effet “ex opere operato” est le pouvoir sacramentel lié au sacerdoce, bien que l’exercice licite de ce pouvoir (et pour l’absolution son exercice valide) nécessite la juridiction, ou une véritable suppléance.


La licéité ou l’illicéité est le caractère moral ou immoral de l’administration ou de la réception d’un sacrement ; les conditions requises qui font qu’il est moralement permis ou interdit de l’administrer ou recevoir.

Par exemple, il n’est pas licite de les recevoir d’hérétiques ou schismatiques publics, connus comme tels. Ce qui est matière grave.

L’effet fructueux ou infructueux, voire peccamineux, résulte de la validité et de la licéité, ou de l’invalidité et l’illicéité, consistant à recevoir effectivement ou pas le fruit de la grâce, accordée ou pas par Dieu.

Les sacrements sont, en effet, les canaux ordinaires de la grâce divine.

Dieu S’est comme engagé à opérer toujours, quand les conditions pour la validité sont réunies : matière valide, forme ou rite valide, intention requise exprimée dans le rituel accompli, les effets “ex opere operato”.

Par exemple : un prêtre validement ordonné (même si illicitement), même alors en état de péché mortel, même schismatique (et de soi coupable en célébrant ainsi) consacrant selon un rite valide, Notre Sauveur descend dans l’hostie et Se livre en ses mains, comme Il a accepté le baiser de Judas et S’est laissé saisir et meurtrir par Ses ennemis lors de Sa Passion ;

quelqu’un recevant en état de péché mortel une hostie validement consacrée, reçoit Notre Seigneur en elle, tout en accomplissant un sacrilège en le faisant, et en ajoutant ce péché grave supplémentaire à son état déjà digne de damnation : contexte en lequel Saint Augustin dit que le poculum ou panem, de soi salutaire, se transforme en venenum, comme pour Judas (Jn. 13,27).

Dieu lisant dans les coeurs et les intentions les plus intimes accorde ou pas, selon les dispositions intérieures de celui recevant le sacrement, le fruit de Sa grâce, en partie aussi selon le degré de ferveur et les dispositions plus ou moins parfaites de celui qui communie ou se confesse.

Un prêtre ayant juridiction ordinaire, trompé par un pénitent cachant volontairement un péché grave par honte de l’accuser, peut croire donner une absolution valide en prononçant la formule requise ; mais Dieu, Lui, qu’on ne saurait tromper, refuse alors Son pardon, et tient cette âme coupable en outre d’une confession sacrilège.

De soi, un prêtre sans juridiction, ni ordinaire, ni déléguée, ni suppléée, comme par exemple un schismatique, absout invalidement.

Dieu, toutefois, qui lit dans les coeurs et les intentions, peut accorder malgré tout Sa grâce à une âme bien disposée et de bonne foi, comme Il peut aussi l’accorder, et Dieu merci, l’accorde aussi maintes et maintes fois en dehors des canaux ordinaires de la grâce.

Par contre, comme nous ne pouvons lire dans les coeurs et les intentions d’autrui, nous devons nous en tenir au for externe, et aux données de soi objectives concernant ces trois éléments : la validité, la licéité, l’effet fructueux ou infructueux.


Appliquons cela à votre supposition, dès lors démontrée fausse :
Doumé a écrit :“cela veut donc dire que les abbés Rioult, Grossin, etc... ne sont pas prêtres, c'est cela ?”
Précisément, non : un rite valide ayant été employé par un ministre valide, l’ordination a été valide, même si de fait gravement illicite, en raison des sacres illicites préalables.


Alors, si l’effet valide est produit, pas de problème ?

Si, puisque l’administrer ou le recevoir illicitement en le sachant est une faute, comme évoqué plus haut ; la communicatio in sacris cum acatholicis étant de soi une matière grave.

De plus, un acte générateur fait lors d’une union adultère a produit son effet naturel ; pourtant un enfant ainsi né est de soi illégitime, adultérin, bâtard.

Un criminel employant un moyen efficace de tuer (couteau, fusil, etc) et s’en servant pour tuer, a certes produit un effet efficace, mais de soi criminel et digne de damnation devant Dieu.

Saint Jean Chrysostome compare en l’une de ses homélies les mauvais prêtres à l’eau baptismale qui est consacrée par une bénédiction, laquelle en coulant sur le front lors d’un baptême régénère une âme, mais s’écoule ensuite dans le bassin de réception, et de là, dans le cloaque.

Il a aussi prononcé ces terribles paroles : « Le plus grand nombre de prêtres se damnent.» (1).

Notons qu’il a dit ; de prêtres, non de prêtres catholiques. A son époque, IVe S., le nombre de prêtres hérétiques ou schismatiques étaient déjà légion.


(1) Non temerè dico, sed ut affectus sum ac sentio ; non arbitror inter sacerdotes multos esse qui salvi fiant, sed multos plures qui pereant. (In Act. ; cité par Saint Léonard de Port-Maurice, en son sermon sur le petit nombre relatif des élus.)
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