Sermon du Vénérable Louis de Grenade pour le dimanche de Quasimodo.

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Laetitia
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Sermon du Vénérable Louis de Grenade pour le dimanche de Quasimodo.

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Ier SERMON POUR LE DIMANCHE DE QUASIMODO.


Explication de l'Évangile. - De nos deux résurrections, et de leur cause, qui est la résurrection de Jésus-Christ Notre Seigneur. - Signes de notre résurrection spirituelle.

Christus traditus est propter peccata nostra, et resurrexit propter justificationem nostram.
Le Christ a été livré à la mort pour nos péchés, et il est ressuscité pour notre justification.
Rom. IV, 25.

Pour une âme aimant par-dessus tout Jésus-Christ notre Seigneur, et plaçant en lui seul toutes ses espérances et tous ses trésors, il n'est pas de solennité plus grande, pas de jour plus fortuné, plus heureux, que celui qui rappelle la résurrection du Seigneur. Car celui qui a réglé sa vie de telle sorte qu'il ne cherche rien que le Christ, parce qu'il croit que le Christ lui suffit pleinement; que peut-il apprendre avec plus de plaisir, sinon que le Christ est ressuscité en triomphant de la mort, qu'il vit et qu'il règne à toujours? Qu'il vit, dis-je, non-seulement pour soi, mais encore pour conduire tous ses membres, les protéger, les presser contre son sein et les animer de son Esprit. Si le saint patriarche Jacob, en apprenant que le fils, qu'il avait pleuré, vivait et tenait le premier rang en Egypte ; si ce saint patriarche, réconcilié avec la vie, fut tout-à-coup ranimé, et s'écria : « Il me suffit, si mon fils vit encore ; » quels doivent être, je vous le demande, les sentiments de l'âme fidèle, de cette âme qui tout entière dépend du Christ, quand elle apprend qu'il vit et qu'il règne celui qui seul lui suffit pleinement, celui qui est sa consolation dans la tristesse, dans les tentations son appui, dans la faim sa nourriture, dans la soif son breuvage, dans la maladie sa santé, dans la pauvreté son trésor, dans la faiblesse sa force, dans les périls son refuge, et, suivant le Prophète, dans les ténèbres son flambeau ; enfin, dans toutes les circonstances, un remède salutaire et une ressource ?

Si Joseph seul suffit au bonheur de son père, lui qui devait bientôt mourir, à combien plus forte raison doit suffire à mon bonheur celui qui vivra éternellement, et à qui a été donné tout pouvoir dans le ciel et sur la terre ? Qui se passionnera pour mon salut, plus que celui qui m'a aimé à ce point ? Qui me protégera plus efficacement que celui qui a reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre ? Quand donc j'apprends qu'il vit, est-ce que mon âme ne se ranime pas avec lui ? Est-ce que, quoique placé au milieu de la mort, je ne me consolerai point par cette seule nouvelle et par cette espérance ? Au moyen de cette foi, le saint homme Job, assis sur son fumier, se consolait de ses malheurs : « Je crois, disait-il, que mon Rédempteur est vivant, » Job. xix, 25 ; tant qu'il vit, fussé-je aux portes de la mort, je ne pourrai mourir.

Vous tous donc, mes frères, qui, à la pensée de la résurrection du Sauveur, sentez dans vos cœurs ces mouvements, ayez bon courage. Car c'est l'indice le plus significatif de l'amour divin. Mais pour que nous puissions entrer en participation de ces sentiments et de cette joie, implorons d'une voix-suppliante l'assistance céleste par l'intercession de la très-sainte Vierge. Ave, Maria.
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Laetitia
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Très-chers frères, le saint évangile de ce jour contient une éclatante manifestation de la résurrection du Sauveur ; tous les disciples y prennent part. « Sur le soir du même jour, dit saint Jean (c'est-à-dire le dimanche qui suivait le jour du sabbat), les portes du lieu où étaient assemblés les disciples étant fermées par crainte des Juifs, Jésus vint, se tint au milieu d'eux, et leur dit : La paix soit avec vous, » Joan. xx, 19. Puis, pour que leurs esprits incertains ne doutassent point de sa résurrection, il leur montra ses mains et son côté, afin qu'aux signes, qui avaient glorieusement stigmatisé ce corps sacré, ils reconnussent que ce même corps, qui avait été attaché à la croix, et enfermé dans le tombeau, était revenu à la vie. Ici les saints Pères examinent pourquoi le Seigneur voulut conserver les traces d'une passion ignominieuse, sur son corps qui, après la résurrection, était resplendissant de gloire. Il y en a bien des causes ; la principale paraît être celle qu'indique saint Ambroise. Si le Seigneur, dit-il, voulut conserver les stigmates de ses blessures, et les porter au ciel, c'est afin de les offrir pour nous, et pour prix de notre affranchissement. C'est en ce sens que l'Apôtre a dit : « Jésus-Christ, assis à la droite de Dieu, intercède pour nous. » Rom. VIII, 34. Car par cette sainte humanité présentée aux yeux de son Père, par ces blessures sacrées reçues pour lui obéir et le glorifier, il plaide notre cause auprès de lui.

Dans cette œuvre de tendresse et de grâce, le Seigneur semble avoir imité la prévoyance de la nature. En effet, près du cour, qui est l'organe le plus chaud de tous les animaux, la nature a placé le poumon, espèce de soufflet, d'éventail qui tempère cette chaleur, et l'empêche d'être excessive. Quelque chose d'analogue se trouve dans le cœur de Dieu. Car les crimes innombrables des hommes allument chaque jour dans ce cœur le feu de l'indignation. De là vient que le Seigneur lui-même dit par la bouche du Prophète : « Dans ma fureur j'ai allumé un feu qui brûlera jusqu'au fond des enfers. » Deut. XXXII, 22. Si, selon l’Ecclésiastique, « le feu s'embrase dans la forêt, à proportion de ce qu'il y a de bois, » Eccli. XXVIII, 12, quel ne sera pas le feu de la fureur divine, qui a pour aliments les péchés de tout le genre humain ? Il est constant que chacun d'eux est comme un morceau de bois, qui ajoute à l'ardeur de la colère divine. Quel feu brûle donc dans ce saint cœur, par l'accumulation de tant de morceaux de bois ! Cet immense foyer, notre avocat, se tenant auprès de son Père, le rafraîchit jusqu'à un certain point, le tempère par la rosée précieuse de son sang et par le spectacle de ses blessures.

C'est lui qui est ce magnifique arc-en-ciel, à l'aspect duquel le Père irrité réprime sa colère, et s'abstient d'engloutir le monde dans un nouveau déluge pour ses forfaits continuels. Genes. IX, 13 et seq. Ce n'est pas, en effet, l'arc formé par la splendeur des rayons du soleil, et répercuté par la nuée humide, qui retient la colère du Seigneur indigné ; c'est celui qui, attaché à la croix, et coloré de sang, a apaisé la colère du Père et l'a rendu propice aux hommes. A ce titre, l'Apôtre l'appelle propitiateur, ou, suivant une autre leçon, propitiatoire pour nos péchés ; ce qui est figuré par le propitiatoire de la loi. Si le monde n'avait pas auprès du Père ce propitiatoire, tant d'attentats s'y commettent, que je ne doute pas qu'il n'eût été déjà englouti mille fois sous les eaux avec tout le genre humain, ou qu'il n'eût été détruit par une conflagration universelle.

Aujourd'hui, en effet, sous la grâce, combien les péchés sont plus graves qu'au temps du déluge ! Alors la puissance du démon n'avait pas été ébranlée par le Christ, les portes du royaume céleste n'étaient pas ouvertes, la loi divine n'était pas gravée sur des tables, les sacrements de la nouvelle loi n'étaient pas institués, le Saint-Esprit n'était pas descendu du ciel, il n'y avait pas tous ces exemples du Christ, des martyrs, des confesseurs, pour porter les hommes à la piété et à la justice; et, ce qui dépasse tout le reste, un Dieu attaché à la croix n'avait pas montré son immense amour pour les hommes, sa haine immense du péché.

Dans ce siècle grossier et voisin de l'origine du monde, les hommes n'avaient rien de tel ; et nous, nous avons tout cela en abondance. N'est-ce pas le comble de l'indignité, qu'ayant reçu à profusion tant de secours pour bien vivre, nous ne soyons en rien meilleurs que les hommes d'alors ? Car nous ne péchons pas moins qu'eux par la lasciveté du regard, par la pétulance de la langue, par l'envie, la rapacité, l'avarice, la colère, l'impudicité, ne profitant pas plus de tous ces stimulants à la justice, que si nous n'en avions aucun. Ne devions-nous donc pas depuis longtemps être tous anéantis par un nouveau cataclysme, si nous n'avions pas auprès du Père ce puissant protecteur, en considération duquel il attend notre pénitence ? Mais poursuivons.
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Laetitia
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Dès que le Seigneur eut montré à ses disciples ses stigmates, c'est-à-dire, les signes indubitables de sa résurrection, il leur dit une seconde fois : « La paix soit avec vous. Comme mon Père m'a envoyé, de même aussi je vous envoie. » Joan. XX, 21. C'est-à-dire, je vous envoie avec la même charité, la même autorité ; je vous envoie pour la même fonction et la même dignité ; je vous fais entrer en participation de mon honneur et de ma mission. Avec la même charité avec laquelle m'a envoyé mon Père, qui a aimé le monde jusqu'à donner son Fils unique, moi aussi je vous envoie pour le salut du monde. L'autorité, la puissance que m'a conférée mon Père pour chasser les démons, guérir les maladies, rappeler à la vie les morts, enfin pour commander à toutes les lois de la nature, et, ce qui est plus grand, pour remettre les péchés, je vous les donne également. Car « les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, etc. » Ibid.

La fonction, la mission à moi confiée par mon Père, je vous la délègue également. Il m'a créé prêtre et pontife, il m'a envoyé aux nations comme apôtre et ambassadeur. Moi aussi, prêtre je vous ordonne prêtres, pontife je vous crée pontifes, et vous envoie en ma place au monde comme apôtres et ambassadeurs, afin que vous puissiez dire vraiment : « Nous sommes ambassadeurs de Jésus-Christ, et Dieu lui-même parle par notre bouche. » II Cor. V, 20. « Allez donc instruire tous les peuples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; leur apprenant à observer tout ce que je vous ai recommandé, » Matth. ultim. , de peur que, se contentant de la gloire du baptême et de la foi, ils ne se promettent le salut sans l'obéissance aux divins préceptes. Le bienfait de ma passion et de ma croix doit être, non une occasion d'inertie, mais un stimulant à la vertu et au travail.

Mais comme une fonction si éminente ne peut être convenablement conférée sans le souffle de Dieu et la présence de sa force, « recevez donc le Saint-Esprit, » Joan. XX, qui vous enseignera tout, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Et, joignant à ces paroles un rit nouveau, « il souffla sur eux. » Ibid. Quel est donc ce mystère ? Car l'éternelle Sagesse ne fait rien sans motif. Par ce signe visible, elle dénotait la grâce invisible de l'Esprit divin, qu'elle leur conféra alors. En effet, de même que les sacrements de la nouvelle loi signifient au dehors ce qu'ils opèrent au dedans ( car le baptême, en lavant le corps extérieurement, opère l’ablution intérieure de l'âme ; et l’Eucharistie, en nourrissant le corps, munit l'âme d'une vertu céleste ) ; de même lorsque Jésus par son souffle donna aux disciples le divin Esprit qui était dans son cœur, ce souffle communiqué signifiait la communication intérieure de ce divin Esprit auquel il les faisait participer.
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En cette circonstance éclatent la bonté et la sagesse de Dieu : sa bonté, en ce qu'il appela ses disciples à partager avec lui une fonction si sublime; sa sagesse, en ce que, leur communiquant sa mission, il leur communiqua aussi son Esprit. Car à ceux que Dieu a choisis pour une fonction quelconque, il confère les dons nécessaires pour la remplir dans toute sa plénitude. De même donc qu'autrefois, lorsqu'il eut choisi soixante-dix vieillards pour conduire son peuple (de peur que Moïse seul ne fût accablé d'un si lourd fardeau ), il souffla sur eux le même Esprit que sur Moïse ; de même, s'étant associé ses disciples pour les travaux apostoliques, il leur communiqua son Esprit, afin qu'éclairés par l'Esprit divin, ils opérassent des œuvres divines, et devinssent des hommes divins.

En outre, cette insufflation du Seigneur représente admirablement la dignité que par son incarnation il ajoute à notre nature. Autrefois, lorsque Dieu eut formé du limon de la terre le corps de l'homme, il répandit sur lui un souffle de vie, et l'homme devint vivant et animé. Gen. II, 7. Maintenant il souffle encore sur l'homme ; et celui que, par un souffle, il avait autrefois changé de poussière en homme, il le change en quelque sorte d'homme en Dieu par un nouveau souffle. Là le limon devient homme, ici l'homme s'élève jusqu'à Dieu. Qui a en soi l'Esprit de Dieu, est Dieu jusqu'à un certain point, d'où on peut conclure combien nous sommes plus redevables au Rédempteur qu'au Créateur ; puisqu'au Créateur nous devons d'être hommes, tandis qu'au Rédempteur nous devons de participer à la nature divine. II Petr. 1, 4. Car ce don a été conféré, non-seulement aux apôtres, mais aussi à tous les justes en la personne des apôtres, puisque « si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Jésus-Christ, il n'est pas à lui. » Si quis non habet Spiritum Christi, hic non est ejus. Rom. VIII, 9.

Vient ensuite une autre partie de l’Évangile du jour, relative à la seconde apparition du Seigneur, apparition qui imposa silence à l'incrédulité de Thomas. Cette partie, si le Seigneur daigne nous inspirer, nous la traiterons avec quelques développements dans la solennité consacrée à cet apôtre. Passons maintenant aux paroles que j'ai prises pour texte.
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EXPLICATION DU TEXTE.

I.


« Jésus-Christ a été livré à la mort pour nos péchés, et il est ressuscité, etc. » Rom. IV, 25. En ces jours, l’Église étant occupée à célébrer le mystère de la résurrection du Seigneur, il ne sera pas hors de propos d'expliquer la vertu et l'efficacité de ce même mystère, et de dévoiler ce que nous a apporté le Seigneur par sa résurrection. Les paroles de l'Apôtre, qui précèdent, l'exposent en peu de mots : l’Apôtre y parle d'abord de la mort du Christ, puis de la vertu et de la puissance de sa résurrection. C'est de quoi nous allons traiter.

Commençons par la mort. Par elle, Jésus-Christ notre Seigneur a effacé le péché, et, du même coup, a anéanti les maux, suites du péché. Par sa mort, en effet, il a détruit notre mort et celui qui avait l'empire de la mort; il a affranchi ceux que le démon tenait captifs dans son empire, et nous a transférés avec soi dans son propre royaume. Jacob l'a autrefois prophétisé de notre Sauveur en la personne de Juda, lorsqu'il a dit : « Vous vous êtes reposé dans votre force, comme un lion, comme une lionne. » Genes. XLIX, 9. Pourquoi comme un lion, comme une lionne ? Parce que le Seigneur, endormi dans le repos et le sommeil de la mort, montra en lui la puissance du lion, lorsqu'il détruisit l'empire de Satan, et enchaîna cet homicide, ce tyran insatiable. C'est ce qui est figuré dans le fort Samson qui en tua plus en mourant, qu'il n'en avait tué pendant sa vie. Judic. XVI, 30. 8

Cette victoire est ainsi célébrée, sous le voile de la fable, par Eusèbe Emissène : « La fable, bien qu'elle n'ait pas la force de la vérité, a cependant sa raison d'être, qui est de servir à la manifestation de la vérité. La tradition païenne rapporte qu'un individu avait acquis, dans les exercices de la lutte, un tel genre de puissance et de force que, toutes les fois qu'il succombait sous le choc de son antagoniste, il retrouvait de nouvelles forces en touchant la terre, et se relevait contre son ennemi avec une supériorité toujours croissante. Son humiliation devenait ainsi l'occasion de son triomphe; sa faiblesse faisait en quelque sorte sa force ; sa chute lui donnait la palme; la ruine lui donnait la victoire. Ce mythe, il me semble, s'adapterait mieux à l'athlète céleste qui lutta contre Jacob, Gen. XXXI, 24 et seq. , à Celui qui luttant, sur l'arène du monde, contre l'ennemi du genre humain, se laissa vaincre pour se relever plus glorieusement, et succomba pour élever tous les hommes; car, renversé, il abattit son adversaire ; accablé, il l'écrasa ; terrassé, il redressa l'homme défaillant; mourant, il vainquit la mort, et ressuscitant, nous rendit la vie. » Hom. 8 de Pasch.
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Le même décrit encore ainsi cette victoire : « Tendresse merveilleuse et ineffable de notre Dieu ! La mort avait fait irruption dans le paradis, mais la vie a triomphe de l'enfer. En revêtant notre mortalité, Dieu a vaincu la loi de la mort, accomplissant ces paroles du Prophète : « Ô mort, je serai ta mort. » Ose. XII, 14. La terrible mort, qui se réjouissait de l'avoir terrassé comme homme, recula tout-à-coup devant sa proie ; elle fut enchaînée dans son propre empire par celui qu'elle croyait son débiteur, condamnée par son justiciable, subjuguée par son captif. Alors la perdition, enlacée et enchaînée dans ses filets, fut supplantée, quand elle trompait ; étouffée, quand elle tuait; absorbée, quand elle dévorait. Cependant le Seigneur, revenant le troisième jour, rapporta avec lui aux vivants les fruits de sa courte pérégrination ; et, afin que personne ne doutât qu'il sortait des enfers, il amena avec lui des témoins qui publiaient son triomphe sur la mort. » Hom. 6. Ces paroles exposent le fruit de la mort du Seigneur ; ce fruit, c'est notre vie, notre salut, notre résurrection.

Mais comment peut être vraie l'assertion de l'Apôtre, que Jésus-Christ est ressuscité pour notre justification ? Car puisque le Sauveur nous a pleinement mérité par ses douleurs la grâce de la justification, et qu'il ne pouvait plus rien mériter par sa résurrection, n'étant plus voyageur, et manquant ainsi d'une des conditions du mérite, comment peut-il être vrai que sa résurrection a été la cause de notre justification ? Le sens de ce passage, difficile pour les simples, se déduit facilement d'un autre passage de l'Apôtre. Écrivant aux Corinthiens, et discutant contre ceux qui niaient la résurrection des corps, il ajoute, entre autres arguments : « S'il n'y a pas de résurrection pour les morts, Jésus-Christ n'est donc pas ressuscité ; votre foi est donc vaine, et vous êtes encore dans vos péchés.» I Cor. XV, 13 et seq. Pourquoi cela ? parce que la rémission des péchés, la grâce de la justification, et les dons du Saint-Esprit devaient être, suivant la promesse du Seigneur, accordés aux fidèles après la résurrection de Jésus-Christ notre Seigneur ; afin que, ce que le Christ mourant avait mérité pour nous, il nous le départit en ressuscitant d'entre les morts. Saint Jean l'atteste nettement, quand il dit : « Le Saint-Esprit n'avait pas encore été donné, parce que Jésus n'était pas encore glorifié. » Joan. VII, 39. Il devait donc être honoré d'abord par la gloire de la résurrection ; puis, le Saint-Esprit, par l'intermédiaire duquel sont données et la justification et la rémission des péchés, devait être répandu dans les cœurs des fidèles.

De là vient que le même jour où le Seigneur ressuscita d'entre les morts, comme nous l'apprenons du présent évangile, il conféra à ses disciples le Saint-Esprit, et le pouvoir de remettre les péchés ; puis, après son ascension, il envoya au monde le même Esprit. Ainsi ce qu'en mourant sur la croix il a mérité pour nous, il nous l'accorde en ressuscitant. De là résulte clairement que la résurrection du Christ est non-seulement la cause exemplaire, mais aussi la cause efficiente de notre justification et de notre résurrection. Par sa résurrection il a figuré la nôtre ; et, ressuscité d'entre les morts, il nous a envoyé du ciel le Saint-Esprit, par lequel, au moyen de la grâce de la justification, nous sommes délivrés de la mort du péché.
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Ôtez sa résurrection : vous n'avez rien à espérer d'un mort. Aussi, tant que les apôtres ne crurent pas à la résurrection du Christ, ils perdirent tout espoir de salut et de rédemption. Ces paroles de deux disciples en apportent une preuve : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël. » Luc. XXIV, 21. C'est comme s'ils avaient dit : Tant qu'il vivait, nous nous promettions tout ce qu'avaient annoncé du Messie les divins oracles ; mais aujourd'hui qu'il a quitté la vie, qu'espérer d'un mort ? Quelque puissants qu'aient été pendant leur vie et Jules César et Alexandre le-Grand ; dès qu'ils furent morts, il n'y avait plus rien à en craindre ou à en espérer. Voilà pourquoi la mort du Christ anéantit l'espérance des apôtres, tandis que sa résurrection fit revivre cette espérance. Car ce qu'ils espéraient d'abord, ils l'espérèrent bien davantage, lorsque la résurrection du Seigneur vint leur prouver qu'il n'y avait rien d'impossible à Celui qui manifestait sa divinité en ressuscitant. Quel autre argument, en effet, convainquit Thomas, quand il dit : Mon Seigneur et mon Dieu ?

Aussi les apôtres, ayant appris par leur propre expérience de quel poids était la croyance à la résurrection pour inculquer la foi au Christ, s'appliquaient-ils de tout leur pouvoir à graver cette croyance dans les cœurs. Saint Luc dit : « Les apôtres rendaient témoignage avec une grande force de la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ.» Act. IV, 33. Et quand il fut question d'élire pour apôtre Mathias en remplacement du traître Judas, ils dirent : « Il faut qu'entre ceux qui ont été en notre compagnie, pendant tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, à partir de son baptême jusqu'au jour où il nous a quittés pour monter au ciel, on en choisisse un qui soit, comme nous, témoin de sa résurrection. » Act. 1, 21 et 22.

Et saint Paul, quel dogme de notre foi inculquait-il plus fréquemment ? Sur lequel insistait-il avec plus de vivacité ? Quand Festus, gouverneur de Judée, voulut donner au roi Agrippa une idée de la doctrine chrétienne, il dit que Paul « agitait certaines questions sur la superstition des Juifs, et sur un certain Jésus mort, que Paul soutenait être vivant. » Act. XXV, 19. De tout cela il résulte que le but principal de la prédication apostolique était d'établir la résurrection du Christ. Car les Juifs avaient appris de la loi et des prophètes que d'immenses bienfaits seraient accordés aux hommes par le Christ, en qui toutes les nations de la terre devaient être bénies ; mais, le voyant crucifié, mort et enseveli, que pouvaient-ils attendre d'une telle faiblesse ? Qu'espérer d'un mort ? Voilà pourquoi les apôtres mettaient tout en œuvre pour établir la résurrection du Christ, afin de faire espérer du Seigneur vivant les bienfaits promis, et de prouver par l'argument de cette résurrection qu'il n'y avait rien qu'il ne pût accorder. Il est donc constant, comme nous l'avons dit, que la résurrection du Christ est la cause de notre salut et de notre résurrection.
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Laetitia
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II.

Quelle résurrection ? – La résurrection de tout l'homme, c'est-à-dire, des deux parties qui le composent, la résurrection de l'âme et du corps : de l'âme en cette vie, du corps en l'autre vie. De cette dernière l'apôtre saint Pierre a dit : « Béni soit Dieu qui, selon la grandeur de sa miséricorde, nous a régénérés par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts, pour nous donner une vive espérance, et pour nous conduire à cet héritage incorruptible, qui ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni se flétrir, qui vous est réservé dans les cieux ; à vous que la vertu de Dieu garde par la foi, pour vous faire jouir du salut, qui est tout prêt pour être découvert à la fin des temps. » I Petr. 1, 3, 5.

Il est donc clair que, par son unique résurrection, Jésus-Christ notre Seigneur a opéré notre double résurrection. Toutefois il est bon d'observer que la première de nos deux résurrections est cause de la seconde. La première, en effet, étant accomplie par l'opération du Saint-Esprit habitant en nous, il convient que cet Esprit divin honore le temple qu'il s'est destiné, et qu'il ne souffre pas que ce corps, qu'il a consacré en s'y établissant, demeure dans une corruption perpétuelle. Aussi saint Paul dit-il : « Si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts, habite en vous ; celui qui a ressuscité Jésus-Christ, donnera aussi la vie à vos corps mortels, à cause de son Esprit qui réside en vous. » Si Spiritus ejus qui suscitavit Christum a mortuis, habitat in vobis ; qui suscitavit illum a mortuis, vivificabit et mortalia corpora vestru propter inhabitantem Spiritum ejus in vobis. Rom. VIII, 11. Car ce que cet Esprit, résidant d'une manière particulière dans Jésus-Christ, a opéré sur le corps de Jésus-Christ, en le ressuscitant; il l'effectuera sur les autres corps, dans les âmes desquels il a habité. De la même cause doit sortir le même effet.

Dans cette résurrection des corps brillent éminemment non seulement la toute-puissance de Dieu, mais aussi la bonté et la sagesse de Celui qui daigne honorer si merveilleusement les corps de ses élus. A cette occasion, saint Cyprien s'écrie : « Combien admirable est votre science, ô mon Dieu ! Elle est infiniment au-dessus de nous, et nous ne pouvons y atteindre. Quelle est la profondeur de votre sagesse, à vous qui avez tiré le monde, non d'une matière préexistante, mais l'avez fait sortir de votre seule parole. Dans l'échelle des créatures, aux unes vous avez accordé une vie temporelle, une éternelle vie aux autres ; changeant et renouvelant certaines existences par des moyens merveilleux ; assignant à la vie des êtres privés de raison, des bornes qu'ils ne peuvent franchir. A l'homme, qui tient du ciel et de la terre, et qui, à l'extérieur, est couvert d'une enveloppe de peau et de chair, vous avez assigné un temps après lequel il rend à la terre ce qu'il a pris à la terre, pendant que l'esprit, dont la nature n'admet pas l'outrage de la dissolution, retourne à sa source immatérielle. Le corps, la chair, faits pour être la pâture des vers et de la corruption, ne pouvaient, en vertu de leur nature, jouir du privilège de l'immortalité. L'homme ne pouvait exiger du Créateur ce qui n'était pas dû à la nature humaine. Mais vous, Dieu très-bon, voulant spontanément accorder à l’âme des dons gratuits, vous avez décrété dans votre clémence que, des services rendus à l'âme par le corps pendant leur union, celui-ci retirerait un avantage ; qu'ayant été l'instrument, le compagnon des travaux, il serait, pour prix de ses services, réuni à sa bien-aimée compagne, et reviendrait pudique et pacifique, sans rapporter avec lui aucun foyer de rébellion qui pût désormais troubler le repos intérieur. Par votre ordre donc, la terre devient chair ; expulsée autrefois de la maison, elle est de nouveau mariée à l'homme, mais elle n'est plus esclave, elle est libre (1). Les deux natures habitent ensemble en harmonie ; les luttes intestines, que les passions soulevaient, sont assoupies. Mon Seigneur et mon Dieu, qui pourrait assez considérer vos œuvres ? Qui peut transformer l'argile en chair ? Qui peut former un homme ? Qui peut y mettre une âme? Qui peut rendre la vie ? Qui peut donner l'éternité ? Qui peut y ajouter le bonheur ? Vers ce but s'agite et se fatigue la nature humaine ; il a toujours été l'espoir des fidèles. Vous, Seigneur, vous commandez à la mort, vous anéantissez la corruption, quand le malade se laisse guérir par vous. Vous avez goûté la mort pour les enfants des hommes, afin que ceux qui meurent avec vous, participent à votre vie, et que ceux qui ont connu comme vous la tribulation, soient consolés. » Serm. De Resurrect.

(1) Allusion à Agar. Du reste, ce sermon ne se trouve pas dans les œuvres de saint Cyprien.
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Message par Laetitia »

Mais pour arriver à cette glorieuse résurrection, il est nécessaire d'avoir passé par la première. Saint Jean l'atteste en ces termes dans l’Apocalypse : « Heureux et saint, qui a part à la première résurrection ; la seconde mort n'a pas de prise sur ces hommes-là. » A poc. XX, 6. Il appelle première résurrection celle des âmes, et seconde, celle des corps, laquelle aura lieu lorsque le Christ « transformera notre corps, tout vil qu'il est, pour le rendre conforme à son corps glorieux. » Phil. II, 21. « Heureux donc et saint, qui a part à la première résurrection ; » saint, à cause de la première, à laquelle il est déjà arrivé par la rénovation de son âme; heureux, à cause de la seconde, qu'il attend joyeusement dans le renouvellement de son corps. Heureux donc, et vraiment heureux, qui a part à cette première résurrection ; parce que par elle il arrivera à la seconde. Pourquoi l'Apôtre des Gentils, le grand Paul « regardait-il toutes choses comme des ordures, et même désirait-il participer aux souffrances de Jésus-Christ, et être rendu conforme à sa mort ? » Pourquoi ? Il donne aussitôt la cause : « Pour parvenir à la résurrection d'entre les morts : » Si quo modo occurram ad resurrectionem quæ est ex mortuis. Phil. III, 8, 10 et 11.

Noble trafic, en effet, que de mépriser ce qui vous abaisse et vous souille, afin de gagner Jésus-Christ ; de semer un corps mortel, bestial, ignoble, pour qu'il surgisse un corps immortel, spirituel, glorieux ; de mourir au monde, afin de pouvoir dire : « Jésus-Christ est ma vie, et la mort m'est un gain. » Phil. 1, 21. Hommes cupides, qui vous évertuez autour du lucre, que ne cherchez-vous le véritable gain ? Que ne méprisez-vous des choses viles, que dis-je ? pernicieuses, des ordures, pour gagner le Christ ? Je le vois, vous faites plus de cas de votre argent que de ce pain, venu du ciel, et qui donne la vie au monde. Plût à Dieu que l'avare s'estimât lui-même plus que son argent, et que par amour de cet argent il ne mît pas en vente son âme !

C'est pour de tels hommes qu'a lieu la seconde mort : la seconde, dis-je ; car la première, celle du corps seul, est commune à tous ; la seconde, celle des corps et des âmes, est particulière aux damnés, et cette mort ne finit pas. Car ils ont beau désirer le néant, il fuit loin d'eux. Cette seconde mort n'est donc pas pour ceux qui prennent part à la résurrection première. Retenez cela, mes frères ; que ce soit de votre part l'objet d'une sérieuse attention. Car tous nous désirons être affranchis de cette seconde mort; tous nous désirons la seconde résurrection des corps, c'est à-dire, la vie, la félicité éternelles. Sachez donc que personne n'a part à la seconde résurrection, sans avoir passé par la première. Examinez si cette première résurrection des âmes a été votre partage, c'est-à-dire, « si vous êtes morts au monde, et si votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. » Col. III, 3. S'il en est ainsi, tant mieux, car le bienheureux Jean vous appelle heureux et saints, et vous pouvez être tranquilles sur la seconde résurrection. Dans le cas contraire, nul doute qu'à s'en tenir au jugement actuel de Dieu, vous ne soyez exclus de cette immense félicité.
(à suivre)
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Laetitia
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Re: Sermon de Saint Louis de Grenade pour le dimanche de Quasimodo.

Message par Laetitia »

III.


Mais vous direz : Puisque personne ne peut savoir avec certitude, s'il est ressuscité ainsi avec le Christ, y a-t-il quelques signes auxquels on puisse le conjecturer ? Car cette connaissance, même imparfaite, peut apporter une grande consolation aux cœurs des justes. — Ces signes existent; ils sont très-évidents, mais nous n'en considérerons ici que trois. — Voyez donc d'abord si votre âme a acquis l'impassibilité qu'avait le Christ, quand il fut ressuscité d'entre les morts. Car, avant la gloire de la résurrection, son corps était exposé à tous les outrages. Ainsi, il a pu être battu de verges, couronné d'épines, percé de clous. Depuis le triomphe de sa résurrection, rien de tel ne peut l'atteindre, quand mille piques se dresseraient contre lui. Autrefois passible, il est maintenant impassible. Le Christ, ressuscité d'entre les morts, ne meurt plus ; la mort n'a plus de prise sur lui. De même l'âme qui n'est pas encore spirituellement ressuscitée avec le Christ, et qui est encore gisante dans la mort du péché, est tellement exposée à tous les traits, à toutes les tentations du démon et du monde, qu'il n'est pas de chose, quelque petite qu'elle soit, qui ne puisse l'atteindre et la blesser dangereusement. Toute occasion de pécher, toute injure reçue, même la plus légère ; toute perte, même la plus insignifiante, d'honneur ou de richesse ; toute forme agréable aperçue, ne fût-ce qu'en passant, est assez et trop pour porter une blessure mortelle à cette âme faible, ou, au moins, pour la troubler gravement. Car, privée de la vertu de la grâce divine, elle est impuissante contre tous ces maux. Mais quand, sortie de la mort du péché, elle s'est élevée à la vie spirituelle, qu'elle s'est fortifiée de la vertu divine et des dons célestes, elle devient tout-à-fait impénétrable, invincible, impassible comme le corps du Seigneur ressuscité. Saint Jean l'a dit : « Quiconque est né de Dieu, ne pèche point; la naissance qu'il a reçue de Dieu le conserve pur, » Qui natus est ex Deo non peccat; generatio enim Dei conservat illum, I Joan. V, 18 ; parce que le souffle du divin Esprit, qui nous communique la parenté divine, munit et consolide si bien l'âme de l'homme, qu'à moins qu'il ne veuille périr de propos délibéré, aucune force extérieure n'est en état de triompher de lui. « Même la moindre grâce, dit saint Thomas, peut vaincre et bannir de l'âme tout péché. » A ce signe, chacun pourra donc, en connaissance de cause, prononcer sur sa résurrection.

Qu'il considère donc, lui qui autrefois, pour la cause la plus futile, était prêt à tomber dans toutes les hontes du péché, s'il est maintenant tellement affermi que rien, ni crainte, ni convoitise, ni pertes, ne saurait l'entraîner à offenser Dieu ; car c'est là l'indice le plus sûr d'impassibilité, et par suite, de résurrection spirituelle. Bien que l'homme ne doive pas trop penser à ces terribles épreuves, de peur de tomber dans le piège de la tentation, quiconque cependant se sent l'âme assez bien affermie pour pouvoir dire avec l’Apôtre : « Qui nous séparera de l'amour de Jésus-Christ ? sera-ce l'affliction, ou les angoisses, ou la persécution, ou la faim, ou les périls, etc., » Rom. VIII, 35, celui-là porte en lui le témoignage ou la preuve de cette résurrection. S'il ne l'a pas encore, qu'il commence à l'avoir, et qu'il soit fermement résolu à tout endurer, plutôt que de commettre une transgression capitale. C'est là le premier signe de la résurrection spirituelle.
(à suivre)
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