LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

Bonum est ; c'est le vrai bonheur ici-bas, comme au ciel le souverain bonheur sera de contempler Jésus sans nuage et sans
voile, de le posséder sans crainte de jamais le perdre.

Bonum est ; c'est la source de tous les biens ; car l'Apôtre l'a dit : Omnia habemus in Christo.

Bonum est : oui, près de Jésus les craintes se dissipent, les fardeaux s'allègent, les douleurs se consolent ; en Jésus nous
trouvons un appui solide, un refuge assuré, une amitié véritable ; par lui la vertu se fortifie, la sainteté grandit, le ciel se gagne.


Allons souvent nous agenouiller aux pieds de Jésus ; donnons-nous davantage à l'Eucharistie : nos yeux pour la contempler,
notre langue pour la consacrer et la chanter ; nos mains pour la répandre, nos genoux pour l'adorer, nos pieds pour la porter,
notre cœur surtout pour l'aimer.


On suggérait à un mourant cet acte d'amour qui fut jadis
la devise de saint Augustin : " Mon Dieu, je vous aime ; Mon
Dieu, faites que je vous aime de plus en plus. "
Le mourant
répondit : " ce n'est pas assez ; il faudrait aimer Dieu avec
son cœur à lui. "


Si du moins nous pouvions tous aimer Dieu avec le cœur de saint Joseph !


***

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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

Mais aimer Dieu c'est aimer le prochain. Et le prochain, pour nous prêtres, ce sont les âmes confiées à nos soins, ce sont nos brebis. Nous devons toujours être heureux de leur dire : Carissimi nobis facti estis. . . Vos enim estis gloria nostra et gaudium. (Thess. 2, 8) ; de leur prouver la sincérité de notre charité en réalisant coûte que coûte la devise de saint Paul : Omnia omnibus ; en aimant ce peuple à qui Dieu nous a unis par les liens sacrés d'une alliance spirituelle, en l'aimant d'un amour tout surnaturel, désintéressé et généreux jusqu'au sacrifice de ce qui nous est le plus cher.


Notre devoir comme pasteurs d'âmes est d'aimer Notre-Seigneur plus que les simples fidèles. Nous nous rappelons la question de Notre Sauveur à Pierre : Diligis me plus his ? M'aimez-vous plus que ceux-là ? Etiam, Domine, Oui, Seigneur.


Jésus aurait bien pu lui dire alors : si tu m'aimes plus que
les autres, tu te mortifieras davantage, tu jeûneras, tu coucheras
sur la dure, tu prieras de longues heures, etc. Mais non, il se
contente de lui recommander son troupeau : Pasce. Puisque
tu m'aimes plus que les autres, aie soin des miens ; il invite Pierre
aux travaux du zèle, aux œuvres de zèle, au martyre du
zèle ; il veut le passionner pour ses intérêts, le tourmenter du
besoin de lui donner des âmes et d'apaiser sa soif de salut. Et
à cet appel divin, Pierre répondait toujours : etiam, Domine.
Oui, Seigneur. "



Et cette même question Jésus nous l'a faite et nous y avons
fait la même réponse ; nous avons promis que c'est de ce
travail du salut des âmes que nous voulions vivre, de ce
tourment que nous voulions mourir.



Nous savons que la charité est toujours le plus puissant moyen
de faire du bien aux hommes, même de les attirer, de les gagner
à Dieu ; elle est une clef d'or qui ouvre toutes les portes des
âmes.



Et ces âmes, nous les aimons parce que nous aimons Dieu ; nous nous
sommes donnés à Dieu pour les sauver ; nous savons que Jésus-Christ
les a rachetées au prix de son sang, Empti enim estis pretio magno.
Et ces âmes, le Rédempteur nous les a confiées
et, " aux yeux de Dieu, dit saint Bernard une âme vaut plus
que l'univers entier."
totus iste mundus ad unius animœ pretium
œstimari non potest.
Aussi, d'après saint Jean Chrysostome,
celui qui sauve une seule âme se rend plus agréable au Seigneur
que celui qui répand tous ses biens en aumônes.



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

Jésus nous a appelés au sacerdoce et placés dans son sanctuaire pour y briller et répandre sur le monde et sur les âmes les vivifiantes clartés de la vérité et y faire rayonner les exemples d'une vie sainte. Tous les jours, dans la récitation de l'Office divin, l'Eglise met sur nos lèvres ces paroles:

" Os, lingua, mens, sensus, vigor, Confessionem personent. "

Ces paroles nous rappellent l'obligation où nous sommes de confesser Jésus-Christ de bouche, d'esprit, de cœur par chacun des actes de notre vie, par l'édification de nos exemples.


Montrons-nous donc toujours fidèles à notre vocation sublime
et remplissons aussi parfaitement que possible cette glorieuse
obligation. Que chacun de nous soit une lampe ardente et luisante
qui dissipe les ténèbres des esprits et fasse fondre la glace
des cœurs. Brillons par la pratique de toutes les vertus qui font
les saints prêtres ; brûlons de la charité et du zèle qui font les vrai
prêtres, les convertisseurs d'âmes et les sauveurs. Que
les hommes voient nos œuvres bonnes, ut videant opéra vestra hona,
non pour qu'ils nous en estiment personnellement davantage en nous
en attribuant la moindre gloire, mais pour qu'ils
conçoivent une plus haute estime du sacerdoce, pour qu'ils
acceptent avec plaisir les enseignements de ses ministres et se
laissent docilement conduire par eux dans la voie du salut, et
qu'ainsi nous obtenions pour Jésus, notre divin Sauveur, la
gloire qu'il attend de ses enfants de la terre, la gloire d'être connu,
respecté, obéi, adoré, aimé, et servi par eux tous et glorificent
Patrem vestrum qui est in caelis.


Et si nous nous donnons de tout cœur au salut des âmes, si nous pratiquons la charité envers elles, quelle récompense nous
attend ? Le Ciel ! Il est impossible qu'un prêtre fasse une mauvaise mort lorsque, pendant sa vie, il a de tout cœur consacré
ses travaux au salut des âmes. C'est le Prophète qui nous le dit : " Si tu as employé ta vie à secourir une âme dans ses besoins,
si tu l'as consolée dans ses afflictions, le Seigneur, au milieu des ténèbres de la mort temporelle, te remplira de lumières et
te délivrera de la mort éternelle. "
C'est ce que disait saint Augustin : animam salvasti, animant tuam praedestinasti. Et,
avant lui, l'Apôtre saint Jacques avait dit : Qui converti fecerit multitudinem peccatorum.


***


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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

Dans ses catéchismes le saint Curé d'Ars aime à revenir sur
ces vertus théologales. " Oh ! disait-il, si nous nous pénétrions
bien de ces paroles : je crois fermement que vous êtes présent
partout, que vous me voyez, que je suis sous vos yeux, qu'un jour
je vous verrai clairement moi-même et que je jouirai de tous
les biens que vous m'avez promis. . . Mon Dieu, j'espère que vous me
récompenserez de tout ce que j'aurai fait pour vous
plaire. . . Mon Dieu, je vous aime, j'ai un cœur pour vous
aimer ; Oh ! comment ces actes suffiraient à tout ! "


Et il ajoutait : " Les trois actes de foi, d'espérance et de
charité renferment tout le bonheur de l'homme sur la terre. "


" Par la foi, nous croyons ce que Dieu nous a promis ; nous
croyons que nous le verrons un jour, que nous le posséderons,
que nous serons éternellement avec lui dans le ciel.

Par l'espérance nous attendons l'effet de ces promesses, nous
espérons que nous serons récompensés de toutes nos bonnes
actions, de toutes nos bonnes pensées, de tous nos bons désirs.


Mais l'amour, c'est bien mieux encore ? Au ciel, la foi et l'espérance n'existeront plus. Mais l'amour ! Oh ! nous en serons enivrés. Nous serons noyés, perdus dans cet océan de l'amour divin, anéantis dans cette immense charité du cœur de Jésus. Aussi la charité est un avant-goût du ciel, si nous savions la comprendre, la sentir, la goûter, Oh! que nous serions heureux! "

Et quand il parlait ainsi, nous dit son historien, on voyait
passer dans ses yeux des éclairs d'un bonheur que ne saurait
donner l'aspect des choses créées.

Prions saint Joseph de nous obtenir la grâce de pratiquer ces
trois vertus qui doivent être les guides de notre vie et qui ont
rendu si heureux ce grand Saint.



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

CHAPITRE XI - Saint Joseph, modèle d'humilité


Se connaître soi-même et par là arriver au mépris de soi et à l'amour de Dieu : Noverim te, noverim me, ut amem te et contemnam me, voilà toute l'humilité.

" L'humilité, dit sainte Thérèse, c'est la vérité ", c'est-à-dire
la vérité sur nous-même, confessée, acceptée et aimée, c'est
la connaissance de notre propre abjection qui nous fait absolument
dépendants de Dieu, nous range à notre place et nous y retient,
soit dans l'ordre de la nature, soit dans l'ordre de la grâce.


L'humilité est avec la charité la plus nécessaire de toutes les vertus. Sans elle l'édifice de notre piété serait bâti sur le sable. " L'humilité et la charité, dit saint François de Sales, sont les maîtresses poutres. Toutes les autres vertus y sont attachées ; l'une est la plus basse, l'autre est la plus haute. La conservation de tout l'édifice dépend du fondement et du toit. Ce sont les mères aux vertus ; elles les suivent comme les petits poussins font leurs mères poules. "

C'est saint Augustin qui le premier s'est servi de cette comparaison : " Vous voulez être grand, dit-il, commencez par vous
abaisser. Vous avez dessein d'élever votre construction d'une hauteur exceptionnelle, préoccupez-vous d'abord de la fondation
qui est l'humilité. "


Ce grand Docteur de l'Eglise parle de l'humilité en termes si nobles qu'il semble lui donner la première place parmi les vertus
chrétiennes. Ecrivant à Dioscore, il lui dit : " Comme on demandait à l'illustre orateur de Rome quelle était à son avis la
première règle qu'il faille observer dans l'art oratoire, il répondit que c'est le débit, et en second lieu, le débit, et en troisième lieu,
toujours le débit. De même si vous me demandez quelle est la première vertu du chrétien, je vous répondrai : l'humilité.
Et la seconde ? l'humilité. Et la troisième ? l'humilité. Si vous poussez plus loin vos questions, à chacune d'elles je ferai toujours
la même réponse. "


" Il faut, dit encore saint Augustin, que l'humilité précède
accompagne et suive tout ce que nous faisons de bien ; car dès
le moment que l'orgueil s'y mêle, il nous en arrache tout le mérite
des mains. "



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

Saint Grégoire et saint Bernard disent que celui qui fait une
ample provision de vertus et qui n'a point celle de l'humilité
fait comme s'il portait de la poussière au vent ; le moindre
souffle suffira pour tout dissiper.


Tous les maîtres de la vie spirituelle sont d'accord pour assigner à l'humilité une place à part parmi les vertus chrétiennes.
On pourrait résumer leur enseignement à cet égard dans cette double affirmation de Bossuet : " L'amour de Dieu fait naître
toutes les vertus et pour les faire subsister éternellement, il leur donne pour fondement l'humilité. . . C'est en l'humilité
que consiste la souveraine perfection du christianisme. "


***

Cette précieuse vertu d'humilité apparaît et brille dans toutes
les circonstances de la vie de saint Joseph.

Ce grand Saint était de descendance royale. C'est l'Evangile
lui-même qui nous le dit. Or, jamais on le vit se prévaloir de
la noblesse de son origine. La Providence l'avait fait naître
dans l'obscurité, il ne fit rien pour en sortir ; c'est dans un
atelier que ce descendant des plus illustres rois de sa nation voulut
s'enfermer, c'est par le travail manuel qu'il voulut gagner le pain
de chaque jour.


Dans sa modeste maison une ambassade céleste vient lui con-
fier une mission près de laquelle palissent toutes les royautés
terrestres ; il est devenu le gardien de la Vierge prédestinée
et le Père adoptif du Fils de Dieu fait Homme, de celui que le
monde avait attendu pendant des siècles et à qui seul, comme
dit Bossuet, appartient la gloire, la majesté, l'indépendance.
Saint Joseph ne change pas sa manière de vivre. C'est la nuit
que l'Ange du Seigneur est venu à lui ; le lendemain matin il
reprend, comme la veille, son métier de simple artisan.


Saint Joseph connaissait le secret du Ciel. L'Ange du Seigneur
le lui avait révélé : " Joseph, Fils de David, ne crains pas de
prendre avec toi Marie, ton Epouse, car ce qui est né en elle
vient du Saint-Esprit. Elle enfantera un Fils à qui tu donneras
le nom de Jésus ; car il sauvera son peuple de ses péchés. "


A Bethléem, il a entendu les anges chanter autour du berceau
de son divin Enfant : " Gloire à Dieu au plus haut des cieux
et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. "


Il a vu les Rois Mages, guidés vers la crèche par une étoile miraculeuse, venir adorer ce
nouveau Roi des Juifs et féliciter avec transport le Père putatif.de cet Enfant qu'ils reconnaissaient
pour leur Dieu.



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Message par InHocSignoVinces »

Ce pauvre charpentier en savait plus que tous les docteurs d'Israël, plus que les prophètes, plus que les patriarches. Il savait que les temps étaient accomplis, que le Messie tant attendu était en ce monde ; il savait que la Vierge libératrice était Marie, son Epouse ; il savait que le Sauveur d'Israël, le Rédempteur du genre humain était l'Enfant confié à sa garde.

Quelle considération de la part de ses contemporains la divulgation de ces secrets lui eût attirée ! Comme tous les Juifs dans
l'attente du Messie l'auraient alors entouré d'égards et d'honneurs ! Mais il ne dit rien, absolument rien, de tous les mystères
dont il a eu connaissance, et cela, non pas durant quelques mois, mais pendant toute sa vie. Aussi nous voyons dans l'Evangile
que quand Jésus, à l'âge de trente ans, entra dans sa vie publique, tous encore le croyaient simplement fils de Joseph,
le charpentier.


Joseph a vécu dans la société de l' Enfant-Dieu et il a pratiqué
par anticipation avec une fidélité parfaite la grande leçon que
Jésus devait donner plus tard : " Apprenez de moi que je suis
doux et humble de coeur."


Oui, voilà ce que saint Joseph apprit à l'école du Sauveur.
Il pouvait attirer sur lui-même tous les regards, en déclarant
au peuple juif que le Messie avait daigné le choisir pour Père
adoptif ; il pouvait divulguer le mystère de l'Incarnation et,
en glorifiant sa sainte Epouse, devenir lui-même l'objet de
l'admiration universelle. Il pouvait au jour de la Présentation,
manifester les grandes œuvres que le Tout-Puissant venait
d'accomplir et auxquelles il prenait une part importante ;
il pouvait, au jour où il retrouva Jésus dans le temple au milieu
des docteurs, se proclamer le Père nourricier, le gardien de cet enfant
mystérieux dont les réponses avaient ravi l'assemblée. Jamais
saint Joseph ne consentit à arrêter sur sa propre personne une
gloire qu'il voulait tout entière pour Dieu seul. Son partage
à lui, c'est l'oubli, c'est l'obscurité, c'est le mépris, ce sont les rebuts.
Voilà comment il pratiquait l'humilité.



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

Et cette humilité de saint Joseph n'était pas cette fausse humilité dont parle sainte Thérèse et qui consiste à ne pas reconnaître les grâces que Dieu nous fait.

Il savait parfaitement à quel degré de gloire et d'honneur il avait été élevé ; il n'ignorait pas que Dieu l'avait choisi parmi
les hommes pour l'élever aux charges les plus éminentes. Il savait que sa noblesse était la plus glorieuse du monde, qu'il
était l'Epoux vierge de la Vierge Mère du Sauveur, qu'il avait eu l'honneur de recevoir dans ses bras le Messie naissant
dans l'étable de Bethléem, qu'il avait été choisi préférablement à tous les hommes pour le gouvernement de la Sagesse
incarnée ; que les anges s'adressaient immédiatement à lui, lorsqu'il était question de pourvoir à la sûreté de Jésus.


Il savait tout cela ; il n'en tira jamais aucun sujet de vanité ; au contraire, il en prit toujours occasion de se confondre, se réputant indigne de telles faveurs et il reportait toute la gloire à celui de la main duquel il les avait reçues. Il sut toujours distinguer ce qui était de lui de ce qui était de Dieu, et, de son cœur parfaitement humble, s'élevait à chaque instant vers le ciel un hymne de reconnaissance, d'humilité et d'amour : " A Dieu seul, au Roi immortel des siècles, honneur, gloire et bénédiction."

Admirable a donc été l'humilité de saint Joseph ; mais nous
ne devons pas nous en étonner. Il avait sans cesse Marie qui
lui donnait l'exemple ; mieux encore, il avait Jésus, Roi de
gloire, qui avait quitté les splendeurs du ciel pour venir vivre
une vie mortelle dans la plus humble des conditions.

Marie, son Epouse, Jésus dont il était le Père nourricier, il les aimait ;
or, quand on aime quelqu'un n'est-ce pas un bonheur de chercher
à lui ressembler ? Le bonheur de Joseph c'était de ressembler à
Marie, de ressembler à Jésus. Voilà le secret de son incomparable humilité.



***


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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

Prenons saint Joseph pour modèle afin de pouvoir aussi imiter
Jésus qui a dit : " Apprenez de moi que je suis doux et humble
de cœur. "


Du reste chacun de nous n'a qu'à se regarder pour se sentir obligé de penser et de dire : je ne suis rien et je ne puis rien en dehors de Dieu. Notre-Seigneur dit un jour à sainte Catherine de Sienne : " Sais-tu qui je suis et qui tu es ? Je suis celui qui est et tu es celle qui n'est pas."


Hier nous n'étions pas ; demain nous ne serons plus ; nous sommes un atome qui voltige entre un berceau et une tombe.
Et les qualités dont nous nous glorifions viennent de Dieu ; elles ne sont qu'un vêtement jeté par lui sur les épaules d'un
mendiant : Quid habes quod non accepisti ? Si autem accepisti, quid gloriaris quasi non acceperis ? (I Cor. IV, 7.)
Ne regarderions-nous pas comme un insensé le mendiant qui s'enorgueillirait d'un habit brodé d'or dont on l'aurait vêtu
et qu'on pourrait lui enlever à tout instant ? " Il ne faut, dit Bourdaloue, qu'un regard sur nous-mêmes pour découvrir le
fond de notre misère et c'est dans ce fonds de misère que nous trouverons la perle précieuse qui est l'humilité. "


Il est donc sage de pratiquer l'humilité qui attire sur nous
les regards miséricordieux du Seigneur et sa divine grâce.
" Prenez-y bien garde, dit saint Augustin, du haut du ciel, Dieu
a sans cesse les yeux fixés sur nous ; si vous cherchez à vous
élever, il s'éloigne de vous ; si vous vous abaissez, il approche
de vous: Altus est Deus ; erigis te et fugit a te ; humilias te,
et descendit ad te.



Le Seigneur s'unit volontiers aux humbles et les enrichit de
ses grâces ; quant aux orgueilleux, il s'en éloigne et il les fuit
comme un objet d'horreur. Dieu écoute la prière des humbles,
mais il repousse la prière des orgueilleux : Deus resistit superbis ;
il semble même ne pas les connaître, ne pas les entendre quand
ils prient : Excelsus Dominus et humilia respicit et alta a longe
cognoscit.
(Ps. CXXXVII.)


L'orgueilleux est en un mot en abomination à Dieu et aux hommes :
Odibilis coram Deo et hominibus superbia. (Eccl. x, 7)



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Re: LA DEVOTION A SAINT JOSEPH

Message par InHocSignoVinces »

De nos jours se manifeste, chez un trop grand nombre,
le dégoût des humbles devoirs qui leur sont imposés,
de la vie obscure tracée devant eux par le doigt divin.
Un trop grand nombre aspirent à briser le cercle où la
Providence a renfermé leur existence, non pour obéir à
cette vocation irrésistible, composée de nobles attraits,
qui pousse certains esprits d'élite en avant, mais parce
qu'on recule devant l'humilité de la vie, parce qu'on
recherche le bruit, l'éclat, les misérables satisfactions de
l'orgueil. Depuis le jeune artisan qui rougit du métier
de son père jusqu'à l'homme instruit qui a soif d'ambitions
et de pouvoir, chacun veut sortir de son état, de sa condition
providentielle, et se montrer aux regards du monde autre
qu'il n'est en réalité.


En face de ce mal trop répandu de nos jours que l'exemple
de saint Joseph parle haut à la conscience. Comme il nous
apprend, avec l'éloquence des faits, la folie et le néant des plus
ardentes convoitises de l'homme ! Qu'importe le bruit que nous
aurons fait ici-bas, les traces plus ou moins profondes que nous
y aurons laissées de notre passage d'un jour, la vie présente,
pour celui qui la juge des hauteurs de la foi et de la raison ne
saurait avoir qu'un but : la soumission aux lois éternelles. Nous
devons regarder la terre non comme la patrie, mais comme
l'arène où l'homme, ce soldat du devoir, conquiert au prix de
son sang ses immortelles destinées. Voilà dans son idéal la vie
présente et voilà dans sa réalité la vie de saint Joseph.


***

Nécessaire aux simples fidèles, l'humilité est souverainement
nécessaire au prêtre. La sainteté de son sacerdoce ne l'oblige-t-elle
pas à posséder toutes les vertus à un degré plus éminent ? Puis la
surabondance des grâces qu'il reçoit ne lui fait-elle pas un devoir
plus urgent de s'humilier devant Dieu ? Tanto quisque débet esse
humilior quanto est sublimior,
dit saint Bernard.
" L'humilité, dit saint Laurent Justinien, est par excellence l'ornement
du prêtre, humîlitas est sacerdotum gemma. "
Alcuin
pense de même quand il dit : In summo honore summa sit tibi humilitas.
Le divin Maître avait dit avant eux : Qui major
est in vobis, fiât sicut minor.
(Luc, XXII, 26.)


Le prêtre du reste ne peut réfléchir et se considérer sérieusement lui-même
sans voir la disproportion qui existe entre cette pauvre petite personnalité
humaine et les sublimes fonctions qui lui sont confiées. Qui est-il pour avoir
le droit d'exiger le respect de tous les fidèles, de parler avec autorité du haut de
la chaire, de remettre les péchés au tribunal de la pénitence,
de se pencher sur l'autel et d'obliger Dieu à tomber du Ciel dans ses mains
tremblantes d'émotion et d'amour ? Comme tout cela fait ressortir à ses yeux
sa faiblesse et son infirmité personnelles.


Que de fois le prêtre, en face des grandeurs de son sacerdoce, ne se sent pas,
pour ainsi dire, écrasé sous le poids de sa gloire ! Et alors il doit éprouver le
besoin de se réfugier dans l'humilité comme dans un port secourable, pour
éviter la confusion et peut-être le découragement prêt à envahir son âme.
Comme la Très Sainte Vierge confondue à la pensée de cette maternité
divine avec laquelle son sacerdoce a tant d'affinités, le prêtre
doit reconnaître en toute humilité, publier même dans le ravissement
de son cœur, que Dieu a fait de lui de grandes choses,
des choses admirables : fecit mihi magna qui potens est ; mais
au lieu de s'élever , " mon âme, doit-il s'écrier, glorifie le Seigneur,
Magnificat anima mea Dominum. "



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