PRÉFACE
DE LA PREMIERE ÉDITION.
Les nombreuses recherches auxquelles je me suis
livré pour composer la Vie nouvelle du vénérable
Curé d'Ars m'ont mis à même de recueillir des documents
bien précieux sur sainte Philomène, sa
bien-aimée Protectrice. Les plus importants et les
plus authentiques nous viennent des divers lieux
de pèlerinage où la Sainte est le plus honorée :
d'Ars, Fourvières, Saint-Gervais, à Paris, Sempigny,
près de Noyon, de Thivet; d'autres lieux enfin, qu'il
serait trop long de mentionner, m'ont fourni des
matériaux que la piété des fidèles et le zèle éclairé
d'éminents prélats se faisaient un devoir d'enregistrer
depuis des années. Je ne me suis point seulement
arrêté aux sanctuaires élevés en France à la
mémoire de sainte Philomène, j'ai été assez heureux
dans mes investigations pour trouver de nouveaux
détails qui ont échappé aux écrivains qui
ont parlé de Mugnano, où reposent les reliques de
la Vierge-Martyre.
Ainsi donc, les faits si nombreux et en même
temps si variés dont se compose mon ouvrage,
viennent tous de sources sûres.
Je n'ai pas brodé ces faits, comme on le fait dans
les romans soi-disant pieux, parce qu'ils m'ont
fourni une assez abondante matière. Des faits, des
détails, voilà, au jugement de Monseigneur d'Orléans,
ce qu'il faut pour les histoires des Saints.
Ce grand Evêque ajoute : « Je demande des détails,
je les demande vrais, non pas arbitraires et
inventés, comme dans les romans, où les détails
abondent, mais sortent tous de l'imagination du
romancier. Car un genre nouveau et bien étrange
a paru de nos jours; sur le motif spécieux de faire
agréer aux gens du monde la vie des Saints, quelques
personnes ont pensé qu'il fallait l'écrire à la
façon des romans, sous une forme dramatique avec
de longs dialogues. Cette méthode, qui expose perpétuellement
l'écrivain à prêter au Saint des sentiments
qu'il n'a jamais, eus, des paroles qu'il n'a jamais
dites, et à se substituer sans cesse à lui, est
tout simplement détestable, et serait, si elle prévalait,
un fléau. » (Lettre de Monseigneur l'Évèque
d'Orléans à M. l'abbé Bougaud, sur la deuxième
édition de son Histoire de sainte Chantal.)
Il n'est personne qui ne souscrive à cette observation
si sage et si prudente de Monseigneur d'Orléans;
et il faut convenir que l'écrivain qui respecte son
lecteur, qui travaille à défendre la vérité, à instruire
et à édifier, tout en présentant son sujet sous
une forme agréable, se gardera bien de mêler des
fables à l'histoire des Saints.
J'ai disposé cet ouvrage de manière qu'il fût
à la portée et à l'usage de tout le monde ; enfants,
jeunes gens, époux, veufs, vieillards, prêtres, religieux
et religieuses, tous, j'en ai la confiance, y
puiseront des motifs d'une dévotion particulière envers
la bien-aimée sainte Philomène, et par suite
le moyen d'obtenir du Ciel de grandes faveurs par
sa puissante entremise. C'est afin d'atteindre le
même but que j'ai préparé le Mois de sainte Philomène
en exemples, ouvrage qui est le complément
de celui-ci, et où les fidèles trouveront des prières
et des pratiques de dévotion envers la Sainte.
Puisse cette Vie très-complète de sainte Philomène
contribuer un peu à rendre plus populaire
encore le nom béni du saint Curé d'Ars, Jean Vianney,
dont la dévotion à cette Sainte fut incomparable ;
puisse-t-elle par là même servir à hâter la béatification
de ce grand Serviteur de Dieu.
Tel qu'il est, j'ose l'offrir en hommage aux Associés
du Rosaire vivant dont sainte Philomène est la
grande protectrice.
Je l'offre enfin et tout spécialement à vous-même,
cher lecteur ! Qui que vous soyez, si vous le lisez et
le propagez sous les auspices du vénérable Curé
d'Ars, vous recevrez de sainte Philomène et du saint
Curé, deux âmes si bien unies, si bien faites pour
s'aimer d'une charité divine, pour vous et pour vos
amis, des faveurs bien précieuses.
Vous surtout, aimable jeunesse, enfants chrétiens,
lisez mon petit livre, et accordez-moi une part, si
faible qu'elle puisse être, dans vos prières. Le Ciel
aime et exauce surtout les prières des enfants, et la
vertu de ces prières est inexprimable.
A SUIVRE...