C'est pourquoi les saints Apôtres, venant au secours de notre faiblesse, statuèrent, dès le commencement du
christianisme, que la solennité de la Pâque serait précédée d'un jeûne universel ; et l'on détermina, tout naturellement
pour cette carrière de pénitence le nombre de quarante jours, que l'exemple du Sauveur lui-même avait
marqué. L'institution apostolique du Carême nous est attestée par saint Jérôme, saint Léon le Grand, saint Cyrille
d'Alexandrie, saint Isidore de Séville, etc., bien qu'il y ait eu à l'origine des variétés assez considérables dans la
manière d'appliquer cette loi.
On a vu déjà, dans le Temps de la Septuagésime, que les Orientaux commencent leur Carême long-temps
avant les Latins, parce que leur coutume étant de ne pas jeûner les samedis, ni même les jeudis en certains lieux,
ils sont contraints, pour former le nombre de quarante jours, à ouvrir la carrière de la pénitence dès le lundi qui,
chez nous, précède le dimanche de Sexagésime. Ces sortes d'exception sont du nombre de celles qui confirment
la règle. Nous avons fait voir aussi comment l'Église latine, qui , encore au VIè siècle, ne jeûnait que trente-six jours
sur les six semaines du Carême, le jeûne du dimanche ayant été de tout temps prohibé dans l'Église, à cru
devoir ajouter postérieurement les quatre derniers jours de la semaine de Quinquagésime, afin de former rigoureusement
le nombre de quarante jours de jeûne.
La matière du Carême ayant été traitée souvent et avec abondance, nous sommes contraint d'abréger considérablement
les détails dans l'exposé historique que nous faisons ici, afin de ne pas dépasser les proportions de cet
ouvrage ; nous ferons en sorte cependant de ne rien omettre d'essentiel. Puissions-nous réussir à faire comprendre
aux fidèles l'importance et la gravité de cette sainte institution, qui est destinée à remplir une si grande
part dans l'oeuvre du salut de chacun de nous !
À SUIVRE...