Saint François d'Assise et son Tiers-Ordre

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Alexandre
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Saint François d'Assise et son Tiers-Ordre

#1 Message par Alexandre » lun. 04 oct. 2021 8:43

En ce 4 octobre 2021, jour de la fête séraphique du saint Patriarche d'Assise, saint François, voici ce que disent les nocturnes à Mâtines, sur 'le plus beau des saints":
Né en 1182, mort en 1226. Canonisé en 1228, fête immédiate.

(Leçons des Matines (avant 1960)
Quatrième leçon. François naquit à Assise en Ombrie, et suivit l’exemple de son père, en se livrant au commerce, dès sa jeunesse. Un jour qu’un pauvre lui demanda l’aumône pour l’amour de Jésus-Christ, François, contre son habitude, le repoussa d’abord, mais troublé aussitôt de ce refus, il lui accorda plus qu’il n’avait coutume de donner, et, le jour même promit à Dieu de ne jamais refuser son aumône à quiconque la lui demanderait. Quelque temps après il tomba gravement malade, et à peine fut-il guéri qu’il commença à se livrer très ardemment aux offices de la charité, et fit de tels progrès dans cette vertu qu’épris de la perfection évangélique il distribuait aux pauvres tout ce qu’il possédait. Son père ne put souffrir une telle conduite, aussi l’obligea-t-il, par devant l’Évêque d’Assise, à renoncer à tous les biens patrimoniaux. François abandonna tout et jusqu’à ses habits, disant que désormais il aurait un motif de plus de répéter : Notre Père, qui êtes aux cieux.
Cinquième leçon. Ayant entendu lire cette parole de l’Évangile : « Ne possédez ni or, ni argent, ni aucune monnaie dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures, » François se proposa de la prendre pour règle de vie. Quittant donc ses chaussures, se contentant d’une seule tunique, et s’associant douze compagnons, il institua l’Ordre des Mineurs. En l’année mil deux cent neuf, il se rendit à Rome, pour que le Saint-Siège confirmât la règle de son Ordre. Sa demande fut d’abord rejetée par le souverain Pontife Innocent III. Mais ayant vu en songe, pendant la nuit, celui qu’il avait repoussé, soutenir sur ses épaules la basilique de Latran chancelante, le Pape, troublé par cette vision, fit rechercher François, le reçut avec bonté et confirma sa règle. Le saint fondateur envoya donc ses frères prêcher l’Évangile dans tout l’univers ; et lui-même, ambitionnant la gloire du martyre, fit voile pour la Syrie, où il fut reçu par le Soudan avec toutes sortes d’égards. N’obtenant pas le résultat qu’il désirait, il revint en Italie.
Sixième leçon. Après avoir construit quantité de maisons de son institut, François se retira dans la solitude, sur le mont Alverne. Ayant commencé là un jeûne de quarante jours, en l’honneur de l’Archange saint Michel, il advint qu’en la fête de l’Exaltation de la sainte Croix, un Séraphin lui apparut, portant entre ses ailes l’image du Crucifié. Ce Séraphin imprima sur les mains, les pieds et le côté de François, les stigmates des clous. Saint Bonaventure affirme dans ses lettres avoir entendu le Pape Alexandre IV déclarer, dans un sermon, qu’il avait vu les stigmates. Ces témoignages de l’amour de Jésus-Christ excitèrent l’admiration de tous. Enfin, deux ans après, se sentant gravement malade, François voulut qu’on le transportât dans l’église de Sainte-Marie-des-Anges, afin de rendre, son dernier souffle là même où Dieu lui avait accordé la vie de la grâce. En ce lieu, il exhorta ses frères à conserver très fidèlement la pauvreté, la patience et la foi de la sainte Église romaine. Pendant qu’il récitait le Psaume : « De ma voix, j’ai crié vers le Seigneur, » étant arrivé à ce verset : « Des justes m’attendent jusqu’à ce que vous m’exauciez, » il rendit son âme à Dieu. C’était le quatrième jour des nones d’octobre. De nombreux miracles l’ayant illustré, Grégoire IX l’inscrivit au catalogue des Saints.

Il y a 800 ans cette année que saint François donnait la forme définitive du Tiers-Ordre Franciscain.

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Alexandre
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Re: Saint François d'Assise et son Tiers-Ordre

#2 Message par Alexandre » lun. 04 oct. 2021 8:58

Tiré du "Manuel de Persévérance" d'après saint Alphonse de Ligori:

"4 octobre, saint François d'Assise, le Tiers-Ordre de saint François:

Saint François a fondé le tiers-Ordre pour combattre l'esprit du monde et lui opposer l'esprit de pénitence. C'est comme une extension de la vie religieuse en faveur des gens du monde. Les Tertiaires sont unis par un lien de fraternité au grand Ordre séraphique des Franciscains. Ils doivent donc se considérer comme séparés du grand nombre des chrétiens vulgaires, et comme faisant partie du petit nombre de ceux qui suivent la voie étroite, mais sûre. Ils se distinguent par leur fidélité aux devoirs religieux, leur éloignement des fêtes mondaines et une plus fréquente réception des sacrements. Le Saint Siège a enrichi le Tiers-Ordre des plus précieuses indulgences; et le Pape Léon XIII l'a instamment recommandé en ces derniers temps.

"Grand saint François, faites que nous soyons tous de vos disciples dans le mépris du monde et l'amour du bon Dieu."

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Re: Saint François d'Assise et son Tiers-Ordre

#3 Message par Alexandre » lun. 04 oct. 2021 9:12

En l'honneur de saint François, ce jour, voici un texte de saint Bonaventure, sur l'esprit évangélique, la parfaite pauvreté .

Tiré des Opuscules Mystiques de saint Bonaventure:


CHAPITRE III DE LA PARFAITE PAUVRETE [112a] 1. La vertu de pauvreté est même tellement nécessaire à l'intégrité de la perfection que sans elle, nul ne peut être parfait comme l'atteste le Seigneur qui dit dans l'Evangile : Si tu veux être parfait, va et vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres (Mt 19, 21) 35. Puisque [112b] le sommet de la perfection évangélique se trouve dans l'excellence de la pauvreté, qu il ne croie donc pas avoir atteint la cime de la perfection, celui qui n'est pas encore devenu un parfait imitateur de la perfection évangélique. C'est ce que dit Hugues de Saint-Victor : "Quelque perfection qui se puisse trouver dans les religieux, on ne saurait la prendre pour l'intégrité [113a] de la perfection sans l'amour de la pauvreté" Il y a deux réalités qui doivent pousser tout religieux et même tout homme, à l'amour de la pauvreté. La première est l'exemple divin, irrépréhensible ; la deuxième est la promesse divine, inestimable. - Je te le dis donc, servante du Christ, ce qui doit d'abord te pousser à la pauvreté, c'est l'amour et l'exemple de notre Seigneur Jésus-Christ. Il fut en effet pauvre dans sa naissance, pauvre dans son genre de vie, pauvre dans sa mort. 3. Vois quel exemple de pauvreté il te laisse. À son exemple, deviens amie de la pauvreté. Notre Seigneur Jésus Christ a été pauvre dans sa naissance : il n'a eu ni logement, ni vêtement, ni aliment ; il a eu pour logement une étable, pour vêtement un vil chiffon, pour aliment du lait virginal. L'Apôtre Paul considérant cette pauvreté, soupire et s'écrie : Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ qui, de riche qu'il était, s'est fait pauvre pour nous afin de nous enrichir de sa pauvreté (2Co 8,9). Et saint Bernard ajoute : "Au ciel, il avait à sa disposition l'éternelle affluence de tous les biens, mais parmi ces biens ne se trouvait pas la pauvreté. Par contre sur la terre, celle-ci abondait et surabondait, mais l'homme n'en savait pas le prix. Aussi le fils de Dieu qui la désirait descendit pour en faire le choix et ainsi nous la rendre précieuse par l'estime qu'il en montrait" Le Seigneur Jésus Christ nous a même fourni un exemple de pauvreté en vivant dans le monde. Écoute, vierge bienheureuse, écoutez, vous toutes, qui avez fait profession de pauvreté, combien le Fils de Dieu, le roi des Anges fut pauvre, lorsqu il vécut dans le monde.

Il fut si pauvre que, bien des fois, il ne put trouver de logement et qu'il dut, bien souvent, dormir avec ses disciples hors de la ville et hors des habitations, à la campagne. Voilà pourquoi [113b] saint Marc nous dit : Après les avoir regardés, comme c'était déjà le soir, il sortit vers Béthanie avec les douze (Mc 11,11). À propos de ce passage la Glose précise : "Ayant regardé si quelqu'un allait lui offrir l'hospitalité car il était si pauvre et si peu adulé que, dans toute la ville, il n'avait pas trouvé de logement" 38. Matthieu ajoute : Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids, le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer sa tête (Mt 8,20]. 5. Non seulement le Seigneur des anges a été pauvre en naissant, non seulement il a été pauvre en vivant, mais afin de nous enflammer d'amour pour la pauvreté, il a été très pauvre en mourant. Ô vous tous, qui avez voué la pauvreté, prenez garde et voyez (Lam 1,12) combien ce riche Roi des cieux s'est, pour nous, fait pauvre au mo- ment de sa mort! Il a été, en effet, dépouillé et privé de tout ce qu'il possédait. Il a, dis-je, été dépouillé de ses vêtements, lorsqu'ils partagèrent ses vêtements et tirèrent au sort son vêtement (Mt 27,35 ; Ps 21,19). Il a même été dépouillé de son corps et de son âme, lorsque son âme a été arrachée à son corps par la souffrance d'une mort des plus atroces. Il a été dépouillé aussi de sa gloire divine puisqu'ils ne l'ont pas glorifié comme Dieu (Rm 1,21) mais traité comme un malfaiteur ainsi que s'en plaint Job au chapitre 19 : Ils m'ont dépouillé de ma gloire (Jb 19,9).
À propos des exemples d'une telle pauvreté, saint Bernard dit : Voyez le Christ pauvre, né sans abri, gisant dans une crèche entre le bœuf et l'âne, enveloppé dans un vil chiffon, fuyant en Égypte, assis sur un âne, et pendant nu sur le gibet" Quel est donc le Chrétien assez misérable, le religieux assez désespéré et obtus qui aime encore la richesse, qui a la pauvreté en horreur, alors qu'il voit et entend le Dieu des dieux, le Seigneur du monde, le Roi du ciel, le Fils unique de Dieu supporter les privations d'une si grande pauvreté? Comme le dit saint Bernard : [114a] "C'est vraiment un grand excès, un excès bien trop grand, qu'un vil ver de terre veuille être riche quand, pour lui, le Dieu de majesté, le Seigneur Sabaoth a voulu se faire pauvre" 40. Que le païen qui vit sans Dieu, cherche les richesses ; que le juif qui a reçu les promesses terrestres, cherche les richesses 41 ; mais toi, vierge du Christ, servante du Seigneur, dans quel esprit chercherais-tu les richesses alors que tu as voué la pauvreté, alors que tu vis parmi les pauvres de Jésus-Christ, alors que tu veux être la fille de notre Père, le pauvre François, alors que tu as promis d'être l'imitatrice de notre mère, la pauvre Claire? Mère très chère, mon avarice et la tienne sont, au plus haut point, couvertes de confusion : alors que nous avons fait profession de pauvreté, nous changeons celle-ci en avarice, nous recherchons ce qui nous est défendu, nous recherchons ce que la règle nous interdit, alors même que le Fils de Dieu s ' est fait pauvre pour nous (2Co 8,9). 7. Je sais, et puisse-t-il en être ainsi, que plus vous aimerez avec ferveur la pauvreté que vous avez promise, que plus vous serez de parfaites imitatrices de la pauvreté évangélique, plus vous vous trouverez dans l'abondance de tous les biens, temporels et spirituels.
Mais si vous vous retournez vers le contraire, si vous méprisez la pauvreté promise, vous manquerez de tous les biens, temporels et spirituels. Voici ce que dit la Mère pauvre de Jésus le pauvre : Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides (Lc 1,53). C'est ce qu'atteste encore le saint prophète : "Les riches sont dénués, affamés ; qui cherche le Seigneur ne manque d'aucun bien. (Ps 33,11). N'auriez-vous pas entendu le Seigneur Jésus dire à ses apôtres dans l'évangile de Matthieu : Ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu'allons-nous manger? Qu'allons-nous boire? Votre Père, en effet, sait ce qui vous est nécessaire (Mt 6,31). Écoute à nouveau ce qu'il leur dit dans l'évangile de Luc : Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni besace ni chaussures, avez-vous manqué de quelque chose? De rien, lui répondirent-ils (Lc 22,35). Si donc parmi les juifs durs et incrédules, le Seigneur nourrissait ses disciples sans qu'ils aient à s'en inquiéter, quoi d'étonnant à ce que, parmi les peuples chrétiens et fidèles, il nourrisse les Frères Mineurs profès d'une si parfaite pauvreté, quoi d'étonnant qu'il nourrisse les Sœurs Pauvres, imitatrices de la pauvreté évangélique : De toute votre inquiétude déchargez-vous sur lui, [114b] car il a soin de vous (1P 5,7).
8. Puisque la sollicitude de Dieu le Père à notre égard est si grande, puisqu'il prend si grand soin de nous, il semble étonnant que ces choses temporelles, rares et périssables nous préoccupent autant. À cela, je ne vois pas d ' autre raison que la mère de notre honte et de notre damnation : l'avarice ; je ne trouve pas d'autre explication que celle-ci : nos affections se sont tellement éloignées de Dieu notre salut (cf. Dt 32,15) ; il n y a pas d'autre cause que celleci : l'ardeur de la divine charité s'est refroidie (cf. Mt 24,12) et comme congelée en nous. Certes, si nous étions bien fervents, nous suivrions le Christ nu 43. En effet, les hommes ont l'habitude d'enlever leurs vêtements et de se mettre à nu lorsqu ils ont bien chaud. C'est donc un signe de notre grande froideur que d'attirer ainsi à nous, tous ces biens temporels.

Ô mon Dieu, comment pouvons-nous être si durs avec le Christ qui a laissé sa terre, le ciel, sa parenté, les anges, et la maison de son Père (Gn 12,1), le sein du Père, et s'est fait, pour nous, pauvre, abject et méprisé. Et nous, nous ne voulons pas, pour lui, délaisser un monde misérable et fétide. De corps nous avons certes quitté le monde, mais hélas, tout notre cœur, tout notre esprit, tout notre désir sont occupés, absorbés par le mon- de! 9. O Bienheureuse servante de Dieu, souviens-toi de la pauvreté de notre pauvre Seigneur Jésus-Christ, imprime sur ton cœur la pauvreté de François ton Père pauvre, souviens-toi de la pauvreté de Claire ta mère, adhère à la pauvreté de toute ton ardeur et de tous tes efforts, embrasse dame pauvreté et pour le nom du Seigneur ne veuille aimer rien d'autre sous le ciel que la pauvreté, ni l honneur, ni d autres choses temporelles, ni les richesses ; mais prends soin d'observer fermement la sainte pauvreté que tu as promise. Avoir des richesses et les aimer n apporte rien ; les aimer et n'en pas avoir c'est dangereux ; les avoir et ne pas les aimer c'est laborieux. Donc, ne pas avoir de richesses et ne pas les aimer est utile, sûr, délectable et c est un acte de vertu parfaite. Et voilà pourquoi, au sujet de la pauvreté 44, le conseil et l'exemple de Dieu doivent pousser tout chrétien à l amour de la pauvreté. Ô bienheureuse pauvreté, [115a] qui rend celui qui t'aime, si aimable à Dieu et tellement en sécurité dans le monde! Saint Grégoire nous dit en effet : "Celui qui n'est attaché à rien en ce monde, ne craint rien de ce monde"

45. On lit, dans la Vie des Pères, qu'un frère pauvre avait seulement une natte. Pour la nuit, il en étendait la moitié sous lui et se couvrait de l'autre moitié. Un jour où il faisait vraiment froid, le Père du monastère qui était sorti la nuit, l'entendit dire : "Je te rends grâce Seigneur : combien de riches sont en prison et assis sur du fer, ou liés par des chaînes de fer, ou bien ont les pieds entravés dans du bois! Moi, au contraire, je suis comme un empereur, j'étends mes pieds à mon aise et je me promène où je veux" 46. Voici donc pour le premièrement savoir l'exemple de la pauvreté. 10. Ce qui, en second lieu, doit t'enflammer d'amour pour la pauvreté, c'est la promesse divine qui est inestimable. Ô toi, qui es riche envers tous (Rm 10,12), Ô bon Seigneur Jésus, [115b] quelle bouche peut dignement exprimer, quel cœur percevoir, quelle main écrire cette gloire céleste que tu as promis de donner à tes pauvres? En effet, par leur pauvreté volontaire, ils méritent de se tenir en présence de la gloire du Créateur 47, d'entrer dans les puissances du Seigneur (Ps 70,16), dans cette tente éternelle, dans les demeures de lumières, de devenir les citoyens de cette cité dont Dieu est le fondateur et l'artisan. De ta bouche bénie, tu leur en as fait la promesse en disant : Bienheureux les pauvres car le royaume des cieux est à eux (Mt 5,3). Le royaume des cieux, Seigneur Jésus, n'est rien d'autre que toi-même, qui es le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (1Tm 6, 15). Tu te donneras toi-même à eux comme récompense, salaire et joie. Eux-mêmes jouiront de toi, trouveront leur joie en toi et se rassasieront de toi. Les pauvres mangeront, ils seront rassasiés et ils loueront le Seigneur ceux qui le cherchent. Que vive leur cœur à jamais! Amen (Ps 21,27)

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