par Abbé Zins » mer. 27 janv. 2016 14:27
Le conférencier que vous mentionnez ne parle que peu de Léon XIII, affirme beaucoup plus qu’il ne démontre, et plus il avance en sa conférence, plus il laisse entrevoir des confusions en son esprit, des approximations en ses propos, du relativisme en ses consignes pratiques. Le thème principal de sa conférence concernant les compromissions avec les intrus modernistes. Il s’y montre encore très marqué, imbu et dépendant du relativisme doctrinal des lefebvristes. Passons.
Quant au fond, à défaut de pouvoir écrire un livre à ce sujet, il faut s’en tenir ici à quelques lignes directrices de réflexions.
Concernant d’abord le Pape Léon XIII. A la suite de ses prédécesseurs, il a clairement condamné tant la franc-maçonnerie que “l’apostasie légalisée de la société” et le “droit nouveau” qu’elle distille en prétendant entre autres que l’autorité émane du peuple seul et sa volonté de s’émanciper tant des Commandements de Dieu que de la loi naturelle et de tout “reconstruire” selon ses utopies. Il a magistralement exposé la doctrine de l’Eglise tant en matières philosophiques que théologiques et morales, et distingué ce qui doit l’être dans la ligne thomiste dont il a assuré la résurgence.
Sa volonté était donc de maintenir l’ordre de la Chrétienté là où il régnait encore, et de le rétablir là où il avait été renversé.
En ce rapport de force entre la Vérité et l’erreur, la moralité et la licence immorale, l’ordre Chrétien et le désordre se voulant “révolutionnaire” et anti-Chrétien, entre la Pax Christiana et la violence du nihilisme, de l’anarchie, de différentes formes de totalitarismes émergeant de plus en plus, en un temps ou une heure où, le mystère d’iniquité étant en une phase de temporaire triomphe, la puissance, la force et la séduction du mal prenait de plus en plus le dessus politiquement et socialement, restait à s’évertuer à déterminer les moyens les plus efficaces ou les moins inefficaces de le contenir et de l’endiguer le plus longtemps possible avant le débordement final.
Fallait-il pour cela opposer à la violence armée et sanguinaire la force armée ? Cela avait été fait à plusieurs reprises, avec des résultats tantôt positifs, tantôt négatifs. Fallait-il chercher à favoriser une forme de gouvernement plutôt qu’une autre ? Surtout en une période où un grand nombre de princes avaient soit opté pour la révolte protestante, soit favorisé en sous-mains la Révolution, comme encore tout dernièrement alors la maison de Savoie régnant sur le Piémont ? D’autant encore que le retour même des Bourbon puis des Orléans n’avait guère amené d’améliorations, notamment en raison de la compromission de plusieurs d’entre eux avec les faux principes dits révolutionnaires et ceux les véhiculant.
Fallait-il, une fois que s’était imposée l’apparente forme démocratique dirigée en sous-mains par une ploutocratie hypocrite, incliner les Catholiques à n’y prendre aucune part ? Cela avait été tenté en Italie, où dès lors, en bien des lieux à écrasante majorité catholique, des minorités anti-chrétiennes avaient investi les postes d’autorité civile après avoir été élues par les leurs. D’où les hésitations à voir se renouveler notamment en France des effets semblables. La “chambre monarchiste” d’après 1870, qui avait notamment fait et réalisé le voeu de monument national en l’honneur du Sacré-Coeur par la construction et dédicace de la Basilique de Montmartre, pouvait donner l’espoir de parvenir à ramener l’ordre Chrétien et Catholique par la voix des urnes.
Tout ce contexte montre qu’il est bien délicat de prétendre juger après coup de ce qui aurait alors le mieux ou le moins mal convenu en pratique.
Il reste par contre fort juste et pertinent de s’appliquer à distinguer, comme cherche à le faire M. de la Viguerie, la forme démocratique en soi et antique d’avec celle que la révolution a prétendu imposer depuis comme unique forme acceptable ; cachant mal sa volonté de neutraliser le Christianisme par sa pseudo-“neutralité”, d'imposer socialement l'athéisme “légalisé” sous le terme de “laïcité”.
Le conférencier que vous mentionnez ne parle que peu de Léon XIII, affirme beaucoup plus qu’il ne démontre, et plus il avance en sa conférence, plus il laisse entrevoir des confusions en son esprit, des approximations en ses propos, du relativisme en ses consignes pratiques. Le thème principal de sa conférence concernant les compromissions avec les intrus modernistes. Il s’y montre encore très marqué, imbu et dépendant du relativisme doctrinal des [i]lefebvristes[/i]. Passons.
Quant au fond, à défaut de pouvoir écrire un livre à ce sujet, il faut s’en tenir ici à quelques lignes directrices de réflexions.
Concernant d’abord le Pape Léon XIII. A la suite de ses prédécesseurs, il a clairement condamné tant la franc-maçonnerie que [i]“l’apostasie légalisée de la société”[/i] et le [i]“droit nouveau”[/i] qu’elle distille en prétendant entre autres que l’autorité émane du peuple seul et sa volonté de s’émanciper tant des Commandements de Dieu que de la loi naturelle et de tout “reconstruire” selon ses utopies. Il a magistralement exposé la doctrine de l’Eglise tant en matières philosophiques que théologiques et morales, et distingué ce qui doit l’être dans la ligne thomiste dont il a assuré la résurgence.
Sa volonté était donc de maintenir l’ordre de la Chrétienté là où il régnait encore, et de le rétablir là où il avait été renversé.
En ce rapport de force entre la Vérité et l’erreur, la moralité et la licence immorale, l’ordre Chrétien et le désordre se voulant “révolutionnaire” et anti-Chrétien, entre la [i]Pax Christiana[/i] et la violence du nihilisme, de l’anarchie, de différentes formes de totalitarismes émergeant de plus en plus, en un temps ou une heure où, [i]le mystère d’iniquité[/i] étant en une phase de temporaire triomphe, la puissance, la force et la séduction du mal prenait de plus en plus le dessus politiquement et socialement, restait à s’évertuer à déterminer les moyens les plus efficaces ou les moins inefficaces de le contenir et de l’endiguer le plus longtemps possible avant le débordement final.
Fallait-il pour cela opposer à la violence armée et sanguinaire la force armée ? Cela avait été fait à plusieurs reprises, avec des résultats tantôt positifs, tantôt négatifs. Fallait-il chercher à favoriser une forme de gouvernement plutôt qu’une autre ? Surtout en une période où un grand nombre de princes avaient soit opté pour la révolte protestante, soit favorisé en sous-mains la Révolution, comme encore tout dernièrement alors la maison de Savoie régnant sur le Piémont ? D’autant encore que le retour même des Bourbon puis des Orléans n’avait guère amené d’améliorations, notamment en raison de la compromission de plusieurs d’entre eux avec les faux principes dits révolutionnaires et ceux les véhiculant.
Fallait-il, une fois que s’était imposée l’apparente forme démocratique dirigée en sous-mains par une ploutocratie hypocrite, incliner les Catholiques à n’y prendre aucune part ? Cela avait été tenté en Italie, où dès lors, en bien des lieux à écrasante majorité catholique, des minorités anti-chrétiennes avaient investi les postes d’autorité civile après avoir été élues par les leurs. D’où les hésitations à voir se renouveler notamment en France des effets semblables. La “chambre monarchiste” d’après 1870, qui avait notamment fait et réalisé le voeu de monument national en l’honneur du Sacré-Coeur par la construction et dédicace de la Basilique de Montmartre, pouvait donner l’espoir de parvenir à ramener l’ordre Chrétien et Catholique par la voix des urnes.
Tout ce contexte montre qu’il est bien délicat de prétendre juger après coup de ce qui aurait alors le mieux ou le moins mal convenu en pratique.
Il reste par contre fort juste et pertinent de s’appliquer à distinguer, comme cherche à le faire M. de la Viguerie, la forme démocratique [i]en soi et antique[/i] d’avec celle que la révolution a prétendu imposer depuis comme unique forme acceptable ; cachant mal sa volonté de neutraliser le Christianisme par sa pseudo-“neutralité”, d'imposer socialement l'athéisme “légalisé” sous le terme de “laïcité”.