par Abbé Zins » lun. 28 sept. 2020 21:17
chartreux a écrit : lun. 28 sept. 2020 11:03
Laetitia a écrit : dim. 27 sept. 2020 21:11
Si l'on reprend tout le passage de S. Thomas, cela paraît assez simple :
À chacun, selon ce que chacun a mérité, des robes blanches, c.à.d. les récompenses de la fruition divine, qui sont nommées des robes pour leur beauté, et blanches pour leur pureté. La robe est un vêtement qui descend jusqu’au talon, qui couvre l’homme entièrement : telle est la Béatitude éternelle qui enlève toute misère, et elle dérive de Telon, qui est long. .. A la fin, les âmes auront en plus la gloire du corps, qui sera la seconde robe .. (Is. 41,7)
A mon petit niveau, il me semble comprendre que la robe représente la béatitude éternelle; elle couvre tout le corps jusqu'aux pieds, pour montrer que toutes nos misères humaines en tant que corporelles auront disparu sous la robe de la Béatitude éternelle.
Quant à
Telon, on trouve ce mot dans le Littré.
Merci beaucoup pour ces éclaircissements chère Laetitia. Je reste encore perplexe devant la formulation "elle [la Béatitude éternelle]
dérive de
Telon", alors que dans votre interprétation on s'attendrait plutôt à quelque chose comme "la Béatitude éternelle est semblable au telon" ... Le verbe dériver suggère plutôt ici une exégèse fondée sur l'étymologie ?
Merci bien à Laetitia pour sa pertinente réponse appropriée.
En latin : le plus proche du mot
telon est
tela = métier de tisserand, toile, tissu, étoffe ;
en grec :
robe :
στολη, stolé (
stola en latin, qui a donné étole : laquelle était la bordure décorative des robes autour du cou et au centre),
et
τελος,
telos : fin, but, achevé, ce qui va jusqu’au bout.
Voici le passage en langue originale :
«
Et datae sunt .. illis singulae, sicut singulae meruerunt,
stolae, idest praemia divinae fruitionis ..
Stola est vestis talaris, quae totum hominem cingit : haec est aeterna beatitudo, quae omnem miseriam tollit : et dicitur a Telon, quod est longum.» ..
C'est la robe, le mot robe,
stola, qui
est un vêtement qui descend jusqu’au talon et
dérive de Telon, qui est long (qui va jusqu’au bout),
et pas la béatitude éternelle que cette robe figure selon le sens spirituel, même si la notion de longueur, en l’occurrence du temps, s’y rattache aussi.
[quote=chartreux post_id=12594 time=1601283784 user_id=85]
[quote=Laetitia post_id=12592 time=1601233919 user_id=61]
Si l'on reprend tout le passage de S. Thomas, cela paraît assez simple :
[quote][i]À chacun[/i], selon ce que [i]chacun[/i] a mérité, [i]des robes blanches[/i], c.à.d. les récompenses de la fruition divine, qui sont nommées des [i]robes[/i] pour leur beauté, et [i]blanches[/i] pour leur pureté. La robe est un vêtement qui descend jusqu’au talon, qui couvre l’homme entièrement : telle est la Béatitude éternelle qui enlève toute misère, et elle dérive de [i]Telon[/i], qui est long. .. A la fin, [i]les âmes[/i] auront en plus la gloire du corps, qui sera la seconde robe .. (Is. 41,7)[/quote]
A mon petit niveau, il me semble comprendre que la robe représente la béatitude éternelle; elle couvre tout le corps jusqu'aux pieds, pour montrer que toutes nos misères humaines en tant que corporelles auront disparu sous la robe de la Béatitude éternelle.
Quant à [i][url= http://artflx.uchicago.edu/cgi-bin/dicos/pubdico1look.pl?strippedhw=telon&dicoid=LITTRE1872]Telon[/url][/i], on trouve ce mot dans le Littré.
[/quote]
Merci beaucoup pour ces éclaircissements chère Laetitia. Je reste encore perplexe devant la formulation "elle [la Béatitude éternelle] [b]dérive[/b] de [i] Telon[/i]", alors que dans votre interprétation on s'attendrait plutôt à quelque chose comme "la Béatitude éternelle est semblable au telon" ... Le verbe dériver suggère plutôt ici une exégèse fondée sur l'étymologie ?
[/quote]
Merci bien à Laetitia pour sa pertinente réponse appropriée.
En latin : le plus proche du mot [i]telon[/i] est [i]tela[/i] = métier de tisserand, toile, tissu, étoffe ;
en grec :
robe : [i]στολη[/i], stolé ([i]stola[/i] en latin, qui a donné étole : laquelle était la bordure décorative des robes autour du cou et au centre),
et [i]τελος[/i], [i]telos[/i] : fin, but, achevé, ce qui va jusqu’au bout.
Voici le passage en langue originale :
« [i]Et datae sunt .. illis singulae[/i], sicut singulae meruerunt, [i]stolae[/i], idest praemia divinae fruitionis ..
[i]Stola[/i] est vestis talaris, quae totum hominem cingit : haec est aeterna beatitudo, quae omnem miseriam tollit : et dicitur a Telon, quod est longum.» ..
C'est la robe, le mot robe, [i]stola[/i], qui [i]est un vêtement qui descend jusqu’au talon[/i] et [i]dérive de Telon, qui est long[/i] (qui va jusqu’au bout),
et pas la béatitude éternelle que cette robe figure selon le sens spirituel, même si la notion de longueur, en l’occurrence du temps, s’y rattache aussi.