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Les Limbes et le Purgatoire

Publié : jeu. 12 oct. 2006 11:20
par Abbé Zins
Les Limbes et le Purgatoire :

L’actualité, rappelée notamment par Gaudeamus dans l’autre partie de cette tribune, montre un nouveau pas en avant des Modernistes intrus pour la sape des vérités révélées.

La négation des Limbes a de graves implications à l’encontre des vérités de Foi.

En ce qui me concerne, trois fondamentales me viennent à l’esprit. Avant leur énoncé, pourriez-vous réfléchir chacun de votre côté, et nous faire part de vos réflexions et avis à ce sujet ?

Dans la même optique, savez-vous pourquoi Luther, et les Protestants à sa suite, a si fortement nié l’existence du Purgatoire ?

Re: Les Limbes et le Purgatoire

Publié : jeu. 12 oct. 2006 22:45
par Fulgurator
Cher Monsieur l'Abbé,

il me vient à l'esprit 2 textes essentiels du magistère, desquels il ressort que les limbes seraient comprises dans l'enfer, mais seraient probablement un lieu à part dans l'enfer.

Re: Les Limbes et le Purgatoire

Publié : ven. 13 oct. 2006 19:07
par Si vis pacem
Pour ma part, je vois :

1° - La négation du dogme du péché originel. En effet, le péché originel a pour effet de situer toute l'humanité en dehors de la perspective de la filiation adoptive inscrite dans le dessein de Dieu,

2° - L'inutilité du sacrement du baptême. Puisque c'est par le baptême qu'est rendu, à la créature, la filiation adoptive perdue par le péché originel

3° - L'inutilité de la venue de Notre Seigneur pour notre salut. Car du péché originel, Jésus nous rachète par sa mort, nous en assure l'expiation, arrachant ainsi à l'Enfer ceux qui croient et sont baptisés.


Ainsi, par la négation de l'existence des limbes, la secte conciliaire attaque de plein front la doctrine catholique dans son ensemble, comme le confirme l'article ci dessous :
le Nouvel informateur catholique du 22 janvier 2006, disponible à cette adresse : http://www.spirimedia.com/Le_NIC/Archiv ... -01-22.pdf a écrit :

La porte des limbes fermée pour toujours

Un groupe de théologiens commissionné par le Vatican recommande que l’Église catholique ferme définitivement la porte des limbes. L’on sait que les limbes sont un lieu où les enfants innocents, qui eurent sans avoir été baptisés, bénéficieraient éternellement d’un “bonheur naturel” sans cependant jouir de la présence de Dieu.

CINDY WOODEN
ET PAUL BOUCHARD


La plupart des catholiques nés avant les années 50 ont grandi avec l’idée que le concept des limbes faisait partie de la doctrine traditionnelle catholique. Selon la Commission théologique internationale réunie au Vatican du 28 novembre au 2 décembre(2005), ce n’était qu’une hypothèse utilisée pour contrebalancer la nécessité du baptême pour le salut avec la miséricorde divine.

Comme dans n’importe quelle branche scientifique, une hypothèse théologique peut être démontrée fausse ou être mise de côté lorsqu’il devient clair qu’elle n’aide pas à expliquer la foi.

Au cours de la rencontre, la Commission a mis au point une déclaration « sur le sort des bébés morts sans baptême » qui devrait être publié sous peu. Un communiqué de presse, émis dans la foulée des travaux, révèle que le document aborde cette problématique « dans le contexte de l’universalité du plan du salut…, de l’unicité de la médiation du Christ et de la sacramentalité de l’Église dans l’ordre du salut ».

Un membre australien de la Commission, le père Tony Kelly, a fait remarquer en interview que « l ’hypothèse des limbes a été enseigné généralement dans l’Église jusque dans les années 50. Au cours des derniers 50 ans, on a tranquillement laissé tombé » cette doctrine a-t-il soutenu.

Exprimant une impression partagée par les membres de la Commission, le rédemptoriste a confié à CNS qu’ils avaient « tous souri un peu lorsqu’on nous a présenté cette question à étudier, mais par la suite nous avons pris conscience du nombre de questions importantes qu’elle soulève », dont celle de la puissance de l’amour de Dieu, de l’existence du péché originel et de la nécessité du baptême.

Au plan pastoral et catéchétique, a poursuivi le théologien, la matière a été facilement résolue par l’affirmation que Dieu, d’une manière ou d’une autre dans son grand amour et sa miséricorde, s’assure que les bébés non baptisés jouissent de la vie éternelle avec Lui au Ciel. Au plan strictement doctrinal, toutefois, ajoute le religieux, « nous avons dû faire marche arrière et retravailler la théologie ».

Le père Kelly croit que la volte-face au sujet des limbes fait partie « du développement de la vertu théologale de l’espérance » et reflète une conception différente de Dieu « centrée sur son amour infini ». Les gens, dit-il, ne devraient pas croire que le recentrage de la doctrine à propos des limbes relève d’un sentimentalisme doucereux.

« La souffrance, la mort et la résurrection du Christ nous obligent à prendre position. Si le Christ n’était pas ressuscité des morts, nous n’aurions jamais pensé au péché originel » parce que personne n’aurait vu la nécessité d’expliquer pourquoi tous les humains ont absolument besoin du salut apporté à l’humanité par le Christ.

Le fait que Dieu aime tant ses créatures qu’Il a envoyé son Fils pour les sauver implique qu’il existe « une grâce originelle » parallèlement au « péché originel ». L’existence d’une grâce originelle, toutefois, « ne justifie pas la résignation » ou la pensée que tous seront sauvés automatiquement, a-t-il conclu, « mais elle justifie l’espérance au-delà de l’espérance » que ceux qui sont morts sans avoir eu l’opportunité de recevoir le baptême seront sauvés.

Ce que les papes en pensent

Parmi les personnalités ecclésiastiques convaincues que les enfants morts sans baptême vont au Ciel, on peut compter Jean-Paul II et Benoît XVI. Dans un interview de 1985 édité en un livre intitulé, Le rapport Ratzinger, le cardinal Ratzinger soutient que « les limbes n’ont jamais été définis comme une vérité de foi. Personnellement — et ici je parle comme théologien et non comme préfet de la Congrégation — je l’abandonnerais puisque ce n’était qu’une hypothèse théologique. Elle faisait partie d’une thèse secondaire de soutien à une vérité qui est absolument de première grandeur pour la foi, à savoir l’importance du baptême. »

Dans Dieu et le monde, publié en l’an 2000, celui qui allait prendre la succession de Jean-Paul II explique que l’hypothèse des limbes a été utilisée pour justifier le baptême des enfants le plus tôt possible pour leur assurer la grâce sanctifiante et laver les effets du péché originel.

Mais pendant que l’hypothèse des limbes disparaissait de la scène de l’Église, a écrit celui qui était alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’enseignement du pape Jean-Paul II, dans le Catéchisme de l’Église catholique et dans l’encyclique L’Évangile de la vie, prenait un tournant décisif. Sans sonner de fanfare théologique, a écrit le futur pape, Jean-Paul II «a exprimé la simple espérance que Dieu est assez puissant pour attirer à Lui tous ceux qui n’ont pu recevoir le sacrement » du baptême (source CNS).

Re: Les Limbes et le Purgatoire

Publié : lun. 16 oct. 2006 12:21
par Abbé Zins
Cher Si vis Pacem,

Votre réponse dépasse de fort bonne manière mon attente !

En effet, la négation des Limbes implique celle du péché originel et de ses multiples conséquences, dont la vente de soi au diable et la fermeture du Ciel aux humains !

S’il n’y a pas eu vente de soi par le père et chef de l’humanité, il n’y a pas besoin d’être racheté, pas besoin de rachat ni pour lui ni pour sa descendance ; pas besoin de Rédemption, et donc de Rédempteur !

Si le Ciel n’a pas été fermé pour sa descendance, il n’a pas eu besoin de nous être réouvert, le Baptême n’est dès lors plus nécessaire ni le Sacrifice Rédempteur qui lui donne son efficacité en étant ainsi lavé dans le Sang de l’Agneau immolé pour nous !

Tout cela pourrait demeurer utile comme une aide facultative propre à nous faciliter la tâche ou à nous élever davantage, mais cela ne serait plus absolument nécessaire ! Ceci, au moins pour les humains n’ayant pas péché !

Ceci aussi, en l’optique qui paraît être celle des modernistes conciliaires, à savoir de nier la damnation par le seul péché originel !

En ce cas, ils sont hérétiques explicites en cela aussi, par négation de cette vérité de Foi définie par le IIIe Concile de Valence, et par les Conciles Oecuméniques de Lyon (II) et de Florence ! Hérétiques également, pour s’opposer aux multiples textes du Magistère ayant défini l’absolue nécessité du Baptême, ou de son désir au moins implicite, pour entrer au Ciel et jeté l’anathème contre ceux qui le nieraient.

Si par contre ils adhéraient à la définition de ces Saints Conciles tout en persistant à nier les Limbes pour les enfants morts sans Baptême, ils ne leur resteraient qu’à prendre le mot damnation en son sens le plus strict et à les tenir pour se trouvant alors dans l’Enfer proprement dit !

Re: Les Limbes et le Purgatoire

Publié : mar. 17 oct. 2006 15:42
par Abbé Zins
Personne n'a encore essayé de répondre à la 2e question :
Dans la même optique, savez-vous pourquoi Luther, et les Protestants à sa suite, a si fortement nié l’existence du Purgatoire ?
Elle n'est pourtant pas sans importance !

Re: Les Limbes et le Purgatoire

Publié : mar. 17 oct. 2006 16:56
par Fulgurator
Je donne ma langue au chat :

Hypothèse, peut-être par rapport aux indulgences... Vu que les protestants étaient contre les indulgences qu'on peut du reste appliquer aux âmes du Purgatoire... Mais cela n'explique pas vraiment la négation du purgatoire

Re: Les Limbes et le Purgatoire

Publié : jeu. 19 oct. 2006 19:05
par Abbé Zins
Luther prétendait ne s’appuyer que sur l’Ecriture Sainte (sola Scriptura) !

Cela lui “permettait” de rejeter ainsi non seulement toutes les interprétations traditionnelles et autorisées de la Sainte Ecriture, mais encore toute la 2e et principale source de la divine Révélation consistant dans la Tradition Apostolique !

Mais l’Ecriture même devait se plier à son bon plaisir ! Ainsi, comme sa théorie de rejet de la nécessité de l’état de grâce et des bonnes oeuvres et de proclamation de la suffisance au salut de la seule Foi (sola Fides) se trouve éreintée par l’Epître de l’Apôtre Saint Jacques, qu’à cela ne tienne, Luther la déclara, du bas de son manque d’autorité, non canonique !

Il en fit de même avec les Livres des Macchabées qui contredisaient trop ouvertement sa négation du Purgatoire et de l’utilité des prières pour les défunts !

Mais, au fait, pourquoi attachait-il une telle importance à cette négation du Purgatoire ?

Re: Les Limbes et le Purgatoire

Publié : mer. 08 nov. 2006 20:33
par Abbé Zins
Pourquoi Luther attachait-il une telle importance à la négation du Purgatoire ?

On pourrait penser a priori que cela découlerait d'une tendance sévère, impliquant en conséquence de sa théorie sur la foi seule que :

ou bien l'on croit assez fermement à la miséricorde de Dieu et l'on est sauvé, quoiqu'il en soit des oeuvres de notre vie,
ou l'on n'y croit pas suffisamment et l'on est perdu, sans rattrapage possible en l'autre vie par un Purgatoire expiatoire des fautes pardonnées mais pas assez réparées.


Or c'est l'optique inverse qui est vraie !

Les Protestants ne tiennent si fortement la négation absolue du Purgatoire que pour mieux "transformer" l'Enfer en Purgatoire !

Autrement dit, pour mieux pouvoir nier l'éternité des peines infernales.

Car rien n'implique mieux cette éternité que le caractère temporaire des peines du Purgatoire. Tandis que les Protestants qui, comme beaucoup d'hérétiques, cachent leur laxisme moral par un rigorisme de façade, penchent naturellement, pour se rassurer eux-mêmes, vers la délivrance générale des peines infernales après un certain temps qui est prêchée par l'hérésie origéniste.

Il n'est pas étonnant que l'on retrouve cette même tendance chez Karol Wojtyla et les Modernistes.

Tendance actuellement très populaire, portée à absoudre allègrement tous les coupables afin de mieux excuser ses propres laisser-aller aux vices, à refuser la peine de mort pour les criminels sans hésiter à la porter effectivement et couramment contre d'innocentes victimes par l'avortement.

Sentimentalisme dévoyé à la fois libertaire et tyrannique, à défaut d'adhérer au juste et admirable équilibre des Commandements et de la Volonté de Dieu.

Re: Les Limbes et le Purgatoire

Publié : mer. 15 nov. 2006 16:15
par Abbé Zins
Question :

Mais l'absence de la Vision Béatifique, ne cause-t-elle pas une certaine souffrance, pour une âme qui devait être attirée de manière irrésistible vers le Bon Dieu ?

Réponse :

La Vision Béatifique de Dieu Lui-même tel qu’Il est n’est point une fin naturelle ni à l’homme ni à l’Ange, mais une fin au-dessus de la nature à laquelle Dieu a gratuitement ordonné ses créatures intelligentes à l’origine, en élevant notamment l’âme d’Adam et celle d’Eve à l’état surnaturel de la grâce.

En ayant perdu par sa faute cet état de grâce d’origine et l’ordination à la Vision Béatifique qui y était liée, le père du genre humain a transmis à sa descendance une nature amputée en son origine de cet état surélevé et de cette ordination surnaturelle qu’il avait gratuitement reçus de Dieu et qui n’est redonnée actuellement que par le Saint Baptême.

Ceux donc qui ne sont point régénérés en la grâce du nouvel Adam par le Baptême, subissent la perte de cette fin surnaturelle ou Vision Béatifique que, bien que non due à leur nature humaine, ils auraient pu posséder sans la faute du premier Adam.

Ils sont donc privés non d’un bien dû à la nature humaine, mais d’un don par essence gratuit qui auraient pu être leur ; ils ne sont point frustrés d’un dû, mais d’un don qu’ils auraient pu recevoir.

Les damnés par leurs péchés personnels souffriront atrocement de la séparation d’avec Dieu qui, même sur le plan naturel, reste le Souverain Bien, à l’union duquel ils ne participeront pas même sur ce plan seulement naturel.

Tandis que les âmes non baptisées qui n’auront pas atteint l’âge de raison ou n’ayant pas eu l’usage de la raison seront privés de l’union à Dieu en Lui-même tel qu’Il est, donc sur le plan surnaturel, mais non séparés du Souverain Bien quant à la participation conforme à leur seule nature humaine.

Ils jouiront donc d’un bonheur d’union naturelle à Dieu en un degré participé équivalant à leurs aspirations naturelles. Ils ne souffriront donc pas de ne point participer à un degré d’union au-dessus de leurs aspirations naturelles.

Toutefois, à considérer la réalité objectivement parlant, leur bonheur naturel n’aura rien à voir avec le degré infiniment plus élevé de celui des Bienheureux au Ciel.

Un article à ce sujet est déjà tout prêt à paraître dans le prochain n° 88 de la revue Sub Tuum Praesidium.