Réponse à Athanasius Schneider sur la tombée d'un pontife dans l'hérésie

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Abbé Zins
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Re: Réponse à Athanasius Schneider sur la tombée d'un pontife dans l'hérésie

#51 Message par Abbé Zins » mer. 12 juin 2019 19:30

A. Schneider a écrit :
Au cours de ces cent dernières années, il y a eu quelques exemples d’une forme d’absolutisme papal concernant les changements apportés à la tradition liturgique de l’Eglise. Si nous considérons la lex orandi, il y a eu des modifications radicales faites par les papes Pie X, Pie XII et Paul VI, et concernant la lex credendi, par le pape François. Pie X est devenu le premier pape de l’histoire de l’Eglise latine à faire une réforme si radicale de l’ordre du psautier (cursus psalmorum) qu’elle aboutit à la construction d’un nouveau type de divin Office en ce qui concerne la distribution des psaumes. Le cas suivant est celui du pape Pie XII, qui a approuvé pour l’usage liturgique une version latine radicalement modifiée du texte millénaire et mélodieux du psautier de la Vulgate. La nouvelle traduction latine, qu’on appelle le « psautier de Pie XII », était un texte artificiellement fabriqué par des universitaires qui, dans son artificialité, était à peine prononçable. Cette nouvelle traduction latine, critiquée judicieusement au moyen de l’adage « accessit latinitas, recessit pietas », a été ensuite de facto rejetée par toute l’Eglise sous le pontificat de Jean XXIII. Pie XII a également modifié la liturgie de la Semaine sainte, un trésor liturgique millénaire de l’Eglise, en introduisant des rituels partiellement inventés ex novo. Des changements liturgiques sans précédent ont cependant été exécutés par Paul VI au moyen d’une réforme révolutionnaire du rite de la messe et du rite de tous les autres sacrements, une réforme liturgique qu’aucun pape avant lui n’avait osé mettre en œuvre avec une telle radicalité.

Athanasius Schneider montre ici fortement la confusion régnant en son esprit et en sa présente étude, en cherchant à comparer ce qui n’est pas comparable.

Le Pape Saint Pie X n’a fait que viser, comme plusieurs de ses prédécesseurs, à maintenir l’équilibre dans l’office divin et l’année liturgique entre le temporal et le sanctoral, que de multiples nouvelles fêtes de Saints tendaient à déséquilibrer ; le Pape Pie XII a permis sans l’imposer l’utilisation d’une nouvelle version du Psautier, propre à perturber conséquemment les mélodies grégoriennes composées sur la version multi-séculaire ; mais ne remettant nullement en cause l’intégrité de la Foi, contrairement à ce qu’A. Schneider nomme justement lui-même les changements révolutionnaires de P6.

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Re: Réponse à Athanasius Schneider sur la tombée d'un pontife dans l'hérésie

#52 Message par Abbé Zins » jeu. 13 juin 2019 19:39

A. Schneider a écrit :
Un changement théologique révolutionnaire a été fait par le pape François dans la mesure où il a approuvé la pratique de certaines Eglises locales d’admettre dans des cas particuliers des adultères sexuellement actifs (qui cohabitent dans ce qu’on appelle des « unions irrégulières ») à recevoir la sainte communion. Même si ces normes locales ne représentent pas une norme générale au sein de l’Eglise, elles signifient néanmoins une négation pratique de la vérité divine de l’indissolubilité absolue d’un mariage sacramentel validé consommé. Son autre altération en matière de questions doctrinales est relative au changement de la doctrine biblique, d’une constance bimillénaire, sur le principe de la légitimité de la peine de mort. Le changement doctrinal suivant est représenté par l’approbation par le pape François de la phrase du document inter-religieux d’Abu Dhabi du 4 février 2019, qui affirme que la diversité des sexes ainsi que la diversité des races et la diversité des religions correspondent à la sage volonté de Dieu. Cette formulation en tant que telle exige une correction papale officielle, sans quoi elle contredira évidemment le Premier commandement du Décalogue et l’enseignement sans équivoque et explicite de Notre Seigneur Jésus-Christ, de telle sorte qu’elle contredit la Révélation divine.

Ici, il s’agit d’atteintes réelles, parmi d’autres malheureusement, à la doctrine morale de l’Eglise, qui ne font que mieux montrer la continuation de l’intrusion au Vatican d’intrus modernistes.

Ce qui n’a pas empêché A. Schneider d’aller officiellement rencontrer F° et de montrer une attitude des plus soumise à son égard.

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Re: Réponse à Athanasius Schneider sur la tombée d'un pontife dans l'hérésie

#53 Message par Abbé Zins » sam. 15 juin 2019 19:51

A. Schneider a écrit :
Sur cette toile de fond demeure l’épisode impressionnant et qui donne à réfléchir de la vie du pape Pie IX, qui à la demande d’un groupe d’évêques suggérant une modification minime du Canon de la messe (il s’agissait d’introduire le nom de saint Joseph), répliqua : « Je ne peux pas faire cela. Je ne suis que le pape ! »

Aucune référence n’est citée pour prouver l’authenticité de cette remarque et son contexte.

Le vrai Bréviaire traditionnel mentionne par exemple les ajouts dans le Canon par les Saints Papes Alexandre I de Qui pridie quam pateretur, Grégoire I le Grand dans la prière Hanc igitur de ce membre de phrase : diesque nostros in pace constituas ; et Léon I le Grand de Sanctum Sacrificium, immaculatam hostiam en la prière Supra quae rogamus.

Le problème de l’ajout du nom de Saint Joseph vient plutôt du fait qu’il était suggéré en des listes ne comprenant que des Martyrs dont le sacrifice se trouve lié à celui de Notre Divin Sauveur.

Mais ce qui est plus étonnant, en l’optique d’Athanasius Schneider tenant les intrus Roncalli-J23 et Montini-P6 pour des “pontifes légitimes”, c’est que Roncalli a publiquement fait précisément ajouter le nom de Saint Joseph dans le Canon (13/11/1962), que cet ajout se trouve encore dans ledit “canon 1" du “Novus Ordo” ;

et qu’A. Schneider ne semble pas même sourciller que Montini-P6 ait opéré un double changement dans les paroles mêmes de la consécration ;

comme il a du reste entièrement substitué à la prière de l’Offertoire une prière talmudique de bénédiction de la table et offrant “le pain et le vin, fruit de la terre et du travail des hommes” au lieu de l’ Hostie (Victime) immaculée et le calice du salut, oblation qui va être faite en notre faveur le Corps et le Sang de Votre Fils très aimé, Notre Seigneur Jésus-Christ.

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Re: Réponse à Athanasius Schneider sur la tombée d'un pontife dans l'hérésie

#54 Message par Si vis pacem » lun. 17 juin 2019 22:39

Abbé Zins a écrit :
sam. 15 juin 2019 19:51
A. Schneider a écrit :
Sur cette toile de fond demeure l’épisode impressionnant et qui donne à réfléchir de la vie du pape Pie IX, qui à la demande d’un groupe d’évêques suggérant une modification minime du Canon de la messe (il s’agissait d’introduire le nom de saint Joseph), répliqua : « Je ne peux pas faire cela. Je ne suis que le pape ! »
... ce qui est plus étonnant, en l’optique d’Athanasius Schneider tenant les intrus Roncalli-J23 et Montini-P6 pour des “pontifes légitimes”, c’est que Roncalli a publiquement fait précisément ajouter le nom de Saint Joseph dans le Canon (13/11/1962) ...
  AAS (Tome 54) - Décret de la Sacré Congrégation des Rites du 13 novembre 1962 a écrit :

Décret de la Congrégation des Rites par lequel le nom de St Joseph est introduit au canon de la messe

          Les derniers Souverains Pontifes ont, en plusieurs circonstances, donné une plus grande solennité au culte rendu à saint Joseph, glorieux époux de la bienheureuse Vierge Marie. Parmi eux, spécialement le Pape Pie IX qui, répondant au vœu du premier Concile du Vatican, déclara le 8 décembre 1870 le chaste époux de la Vierge Marie patron de l’Eglise universelle. Suivant l’exemple de ses prédécesseurs, S.S. Jean XXIII, après avoir déclaré saint Joseph protecteur du IIe Concile du Vatican convoqué par lui, a, de son propre mouvement, voulu que son nom soit invoqué dans le canon de la messe comme un souvenir et un fruit attendu de ce même Concile. Par l’intermédiaire du cardinal secrétaire d’Etat, il a porté cette décision publiquement à la connaissance des Pères du Concile réunis en la basilique vaticane, le 13 novembre dernier, ordonnant que cette prescription serait appliquée à partir du 8 décembre prochain, en la fête de l’Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie.

          C’est pourquoi cette Sacrée Congrégation des Rites, en vertu de la volonté du Souverain Pontife, a décidé que dans le canon de la messe, après les paroles « CommunicantesDomini nostri Jesu Christi », on ajoutera : « Sed et beati Joseph ejusdem Virginis Sponsi », et on continuera ensuite : « et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum … »

          La même Sacrée Congrégation a décidé également que cette prescription s’appliquerait aussi les jours où une formule spéciale est prescrite dans le Missel pour le Communicantes.

          Nonobstant toutes choses contraires, mêmes dignes de mention spéciale.

                                                                                                                      Le 13 novembre 1962.

                                                                                                                                                                                                        A. card. LARRAONA, préfet de la S.C. des Rites.

                                                                                                                                                                                                        E. DANTE, archevêque de Carpasia, secrétaire.

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