Enseignement traditionnel sur l'Apostolicité [1]

Fulgurator
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Enseignement traditionnel sur l'Apostolicité [1]

Message par Fulgurator »

Bonjour à tous !
NB : J'ai déjà publié cet article sur le forum d'XA. Mais étant donné que le forum spécial sédévacantisme a fermé définitivement peu après, je n'ai pas pu poster la suite et peut-être certains auraient aimé mettre leurs commentaires. Donc je remet cette première partie. La seconde arrivera probablement le week-end prochain.
Probablement je ferais un autre post (dans 2 semaines) concernant la contradiction entre Cassiciacum et le Concile Vatican de 1870.




Enseignement traditionnel sur l’Apostolicité de l’Eglise :

On y voit que l’Apostolicité doit continuer jusqu’à la fin du monde tant dans sa forme materialiter que formaliter.
1) i)Que la succession formelle ne peut jamais faire défaut, ii) car sans elle on ne peut transmettre l’Apostolicité. (j’attire l’attention des cassiciacum, en particulier de l’Abbé Ricossa)
2) Que l’apostolicité formelle consiste essentiellement dans l’identité de Foi et d’enseignement avec les prédécesseurs. (pour les modernos)
Je rappelle aussi que si philosophiquement la matière ne peut-être séparée de la forme, théologiquement il s'agit d'un rapport analogique.



CARD. LUDOVICUS BILLOT, S.J.
De Ecclesia Christi, Roma Università Pontificia Gregoriana 1927.
Et ici notez qu’il est question de la succession formelle, distincte de la succession purement matérielle qui est compatible avec l’absence de l’apostolicité. La succession matérielle consiste en la nue occupation du siège par une série continue d’évêques. La succession formelle au contraire ajoute l’identité permanente de la même personne publique, de sorte que malgré la multiplicité des titulaires, un changement substantiel n’interviendra jamais dans l’exercice et dans l’attribution de l’autorité (p. 262).


VALENTINUS ZUBIZARRETA
Theologia Dogmatico-Scholastica, I, Theologia fundamentalis. Bilbao, Ed. Eléxpuru Hnos.,1937.
Est nécessaire non seulement [la succession apostolique] matérielle qui réside dans la pure et simple succession des pasteurs, mais aussi la succession formelle dans la mesure où chacun succède légitimement aux autres. L’ordre des évêques qui court depuis le commencement par les successions, se développe de telle manière « que ce premier évêque aura eu comme instituteur et prédécesseur un des apôtres ou des hommes apostoliques pourvu qu’il soit toujours resté avec les apôtres » (Tertullien, De Prescrip., c. 32; ML 2, 53). Pour cette raison les schismatiques et les intrus qui usurpèrent le siège par la force ou par la fraude interrompent la succession formelle et on dit qu’ils commencent une nouvelle série de pasteurs.


E. SYLVESTER BERRY, D.D.
The Church of Christ. St. Louis B. Herder Book Co., 1927.
La succession, comme entendue dans ce contexte, est la succession d’une personne après l’autre dans une charge officielle et elle peut être légitime ou illégitime. Les théologiens appellent la première succession formelle et la seconde succession matérielle. Un successeur matériel est une personne qui occupe la place officielle d’une autre à l’encontre des règles ou de la constitution de la société dont il s’agit. Celui-ci peut être appelé successeur en tant qu’il occupe matériellement la place, mais n’a pas l’autorité et ses actes n’ont pas de valeur officielle même dans le cas où il ignore occuper illégalement la charge. Un successeur formel, ou légitime, non seulement succède dans la place du prédécesseur mais reçoit aussi l’autorité due pour exercer les fonctions de la charge avec force coactive dans la société. Il est évident que l’autorité ne peut être transmise que par une succession légitime ; c’est pourquoi l’Eglise doit avoir une succession légitime de pasteurs, ou formelle, pour transmettre l’autorité apostolique au cours des siècles. Celui qui s’introduit dans le ministère contre les lois de l’Eglise ne reçoit absolument pas l’autorité et par conséquent ne peut transmettre aucune autorité à ses successeurs (pp. 139-140). Dans certains cas elles [les églises Orthodoxes orientales] peuvent même avoir une succession matérielle d’évêques remontant au temps des Apôtres, mais ceci leur est inutile du moment qu’elles n’ont ni unité ni Catholicité - deux éléments de distinction fondamentaux de la vraie Eglise. Elles n’ont absolument en aucun cas une succession légitime...(pp. 184-185).



RAPHAEL CERCIÀ, S.J.
Tractatus de Ecclesia Vera Christi, Neapoli
Typis Caietani Migliaccio 1852

« Enfin [la succession apostolique est dite] ininterrompue tant materialiter que formaliter dans la mesure où ne font pas défaut des personnes qui sans interruption prennent la place des Apôtres et dans la mesure où ces mêmes personnes qui prennent la place des Apôtres maintiennent cette unité de foi et de communion sur lesquelles, depuis le commencement fleurissait la hiérarchie fondée sur les Apôtres.
Et sur cela se fonde la notion de mission (missio) et d’appel (vocatio). En effet il y a légitime avènement (assumptio) et assignation (deputatio) à accomplir les charges apostoliques dans la mesure où quelqu’un succèdera légitimement à la place des Apôtres. Sans doute la mission et la vocation dépendent de la succession et c’est parce que quelqu’un a été fait successeur des Apôtres dans la forme prescrite par la loi, qu’il a la mission et se trouve dans l’état de vocation apostolique (p. 270).
Et en vérité l’apostolicité de l’origine exige que l’Eglise en tout temps, au moins indirectement, ait été connexe même materialiter avec les Apôtres ses fondateurs (p. 271). Il est donc évident que dans l’Eglise la vraie succession Apostolique, et précisément ni materialiter ni formaliter, ne pourra jamais faire défaut. Si en effet l’Eglise doit toujours avoir formellement l’apostolicité de la foi et de la communion elle doit aussi toujours avoir formellement l’apostolicité de la succession.
De même, comme l’Eglise doit toujours être formellement une, de la même façon elle doit être dotée formellement de la succession apostolique sans laquelle, comme nous l’avons vu, elle ne serait pas une et unique. En outre, le Christ a promis que les successeurs des Apôtres existeraient jusqu’à la fin du monde, ce qui démontre que la succession matérielle ne peut faire défaut. Puisqu’Il a aussi ajouté qu’Il accorderait son assistance à perpétuité à ses successeurs comme aux Apôtres, on conclut que même formellement la succession apostolique ne peut être ébranlée dans la vraie Eglise.
Les choses étant ainsi en matière de succession, ce que l’on doit penser de la mission apostolique est évident. Nous avons dit, justement, que la possession de la mission dépend de la possession de cette succession. Si donc l’Eglise ne peut jamais être privée de la succession considérée tant formaliter que materialiter, elle ne peut jamais non plus être dépouillée de la mission apostolique prise dans les deux sens. Si la mission persiste, perdure aussi l’attitude et l’autorité pour l’exercer (pp. 272-273).
Nous reconnaissons en effet que [les églises grecques et ruthènes] ne sont pas destituées d’une certaine apparence de succession, toutefois elle n’est que matérielle et non formelle puisque manque l’adhésion qui doit être maintenue au chef dans l’unité de foi et de gouvernement. Comme donc la succession matérielle ne sert pas aux partisans de Nestorius et d’Eutychès bien qu’elle soit plus ancienne, ainsi elle ne sert pas à l’église grecque ou ruthène. A fortiori on doit dire la même chose concernant la succession de l’église anglicane (pp. 340-341). »


à suivre...


Dernière édition par Fulgurator le Samedi 07 Octobre, 2006 21:38; édité 1 fois
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Abbé Zins
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Re: Enseignement traditionnel sur l'Apostolicité [1]

Message par Abbé Zins »

Voici ma réponse à ce sujet en cette 6e session (le 13/11/2005) : Citation:
Oui, et il y a une difficulté supplémentaire..

concernant l'Eglise locale de Rome, en tant que Siège du Souverain Pontife.

Quelques textes peuvent suffire pour la résumer :

« L'Église est ferme. Une maison est stable : 1° Si elle a de bonnes fondations. Or le fondement principal de l'Église est le Christ (I Cor. 3,11). Le fondement second en sont les Apôtres et leur doctrine. Aussi est-Elle ferme.. 2° Si elle ne peut être renversée. Or l'Église n'a pu l'être ni par les persécuteurs, sous la persécution desquels Elle a au contraire grandit.., ni par les erreurs, sous la poussée desquelles la vérité n'a fait qu'être manifestée davantage, ni par les tentations du démon .. (Prov. 18,10 ; Mt. 16,18.. De là vient que seule l'Église de Pierre (en la part duquel s'est trouvée toute l'Italie..) fut toujours ferme dans la Foi : et, tandis que d'autres parties ont été soit avec presque plus de Foi, soit entachées de multiples erreurs, seule l'Église de Pierre est vigoureuse dans la Foi et pure de toute erreur. Ce qui n'est point étonnant, car le Seigneur a dit à Pierre : « J'ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille point » (Lc. 22,32).» (Saint Thomas, Com. Credo, art. 9)

« Tous les vénérables Pères ont embrassé, et tous les Saints Docteurs orthodoxes ont vénéré et suivi leur doctrine apostolique, sachant parfaitement que ce Siège de Saint Pierre reste toujours exempt de toute erreur, selon cette divine promesse du Seigneur notre Sauveur, faite au Prince de ses disciples : « J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; et toi, lorsque tu seras converti, confirme tes frères » (Lc. 22,32). Ce don de la vérité et de la foi qui ne faillit jamais a donc été divinement accordé à Pierre et à ses Successeurs dans cette Chaire, afin qu'ils s'acquittent de leur charge éminente pour le salut de tous ; afin que tout le troupeau du Christ, éloigné par eux du pâturage empoisonné de l'erreur, soit nourri de la céleste doctrine ; afin que toute cause de schisme étant enlevée, l'Eglise soit conservée tout entière dans l'unité, et qu'appuyée sur son fondement, elle se maintienne inébranlable contre les portes de l'enfer...» (Pie IX, Conc. Vat. I, Const. Pastor Aeternus, ch. 4)

« Mais qu'en est-il ? Le fondement est-il le Christ et Pierre ? Il faut dire que le Christ l'est en soi, tandis que Pierre l'est en tant qu'il possède la confession du Christ, en tant que son Vicaire...» (Saint Thomas in Mt.16,18

« L'Eglise-Mère Catholique Romaine, demeurée fidèle à la constitution reçue de son divin Fondateur, et qui aujourd'hui encore demeure, inébranlable, sur la solidité de la Pierre sur laquelle la volonté de Celui-ci l'a bâtie, possède dans la Primauté de Pierre et de ses légitimes Successeurs, l'assurance, garantie par les promesses divines, de conserver et de transmettre dans son intégrité et sa pureté, à travers siècles et millénaires, jusqu'à la fin des temps, toute la somme de vérité et de grâce contenue dans la mission rédemptrice du Christ. Et tandis que, stimulée et réconfortée par la conscience de ce double trésor, l'Église y trouve la force de triompher de tous les obscurcissements de l'erreur et de tous les égarements des moeurs, Elle déploie son action non seulement pour le bien de la Chrétienté, mais pour celui du monde entier..» (Pie XII, AI. au Consistoire, 2/6/1944)

« Nul n'a jamais été l'ennemi de la Religion Chrétienne sans mener en même temps une guerre impie contre la Chaire de Pierre, parce que, celle-ci debout, celle-là ne saurait jamais chanceler ni tomber. En effet, comme le proclame Saint Irénée, « c'est par l'institution et la succession des Pontifes que dans l'Église se transmet des Apôtres jusqu'à nous la Tradition et la prédication de la vérité, et c'est encore cette succession qui démontre pleinement que la seule et unique foi qui vivifie, est bien celle qui dans l'Église s'est conservée depuis les Apôtres jusqu'à maintenant et a été fidèlement transmise » (Adv. Haer. 3. 3,3).» (Pie VII, Enc. Diu satis, 15/51800)


Pourtant, cela n'empêche pas qu'il est prédit que dans le temps de la fin du monde ou fin des temps l'abomination de la désolation se tiendra dans le Lieu Saint, dans le Temple de Dieu ou en temple de Dieu, société infidèle siégeant dans le Lieu Saint comme si elle était le temple de Dieu qu'est l'Église. Voyez les commentaires de Saint Augustin, Saint Thomas, Saint Grégoire le Grand, et des autres Pères et Saints Docteurs de l'Église copieusement cités dans mes interventions précédentes, surtout dans les deux premières sessions de ce forum annexe.

Que le Père Éternel, dont Elles émanent, fassent triompher la Vérité en nos intelligences et la Charité en nos coeurs.
Grand merci, cher Fulgurator, pour ce fulgurant début !

Cette question est en effet capitale pour bien comprendre où nous en sommes avec la crise actuelle qui dépasse grandement toutes les autres !
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