La Clé d'Or du Paradis : la Contrition parfaite ou de Charité

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La Clé d'Or du Paradis : la Contrition parfaite ou de Charité

#1 Message par Laetitia » lun. 12 mars 2018 19:54

La véritable Charité entraîne la Contrition parfaite ...

J. DE DRIESCH

LA CONTRITION PARFAITE
Clé d’Or du Paradis


Traduction du P. SIMON , S.J.
Apostolat de la prière, Toulouse, 1930

INTRODUCTION


À la vue du petit livre, LA CLÉ D’OR DU PARADIS, vous éprouverez, je le soupçonne, cher lecteur, la curiosité de voir si le contenu répond à l’étiquette. Peut-être vous inspirera-t-il quelque méfiance et vous demanderez-vous avec inquiétude si vous n’avez pas affaire à une de ces prétendues recettes merveilleuses et infaillibles, production d’une littérature mercantile.

Eh bien ! non, cher lecteur, c’est une clé légitime et solide, et, certes, facile à manier : c’est la contrition parfaite. Elle peut vous ouvrir le ciel chaque jour, à chaque instant, si vous avez eu le malheur de vous le fermer par le péché mortel, et surtout si, à l’heure de la mort, vous n’avez pas à côté de vous le prêtre, le dispensateur de la miséricorde divine. La contrition parfaite sera la dernière clé qui, avec la grâce de Dieu, vous ouvrira le ciel. Mais il faut pour cela que vous ayez pris l’habitude de la manier pendant votre vie. Combien d’âmes, grâce à la contrition parfaite, ont le ciel assuré qui sans cela auraient été irrémédiablement perdues !

« Si je pouvais parcourir la campagne en prêchant la parole divine, disait le docte et pieux Cardinal Franzelin, le sujet favori de mes prédications serait la contrition parfaite. »

(à suivre)

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#2 Message par Laetitia » lun. 12 mars 2018 20:02

I
Qu’est-ce que la contrition parfaite ?



La contrition est une douleur de l’âme et une détestation des péchés commis. Elle doit être accompagnée du bon propos, c’est-à-dire d’une résolution ferme de s’en corriger et de ne plus pécher.

Pour que la contrition soit réelle, il faut qu’elle soit intérieure, qu’elle vienne du fond du cœur ; ce ne doit donc pas être une simple formule prononcée sans réflexion. Il n’est pas non plus nécessaire de la manifester par des soupirs, des larmes, etc. ; tout ceci peut être un signe, mais non l’essence de la contrition.Celle-ci réside dans l’âme et dans la volonté décidée de fuir le péché et de retourner à Dieu.

Outre cela, la contrition doit être universelle, c’est-à-dire qu’elle doit s’étendre à tous les péchés commis, à tous les péchés mortels du moins.

Enfin elle doit être surnaturelle et non pas purement naturelle, car celle-ci ne sert de rien ; c’est pourquoi la contrition, comme tout autre bien, doit venir de Dieu et de sa grâce. Seule, la grâce de Dieu peut la faire naître en nous ; mais pourvu que nous la lui demandions, pourvu que nous ayons bonne volonté, un repentir sincère et surnaturel, Dieu nous accorde toujours la grâce nécessaire.

Si notre repentir est fondé sur un motif d’intérêt ou de raison purement naturel (par exemple les maux temporels, la honte, la maladie) nous n’aurons qu’une contrition naturelle et sans mérite ; mais, s’il est fondé sur quelque vérité de la foi (comme l’enfer, le purgatoire, le ciel, Dieu, etc.) alors nous avons vraiment une contrition surnaturelle.

Cette contrition surnaturelle peut être, à son tour, parfaite ou imparfaite ; et nous voici amenés à notre sujet de la « contrition parfaite ».
(à suivre)

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#3 Message par Laetitia » lun. 12 mars 2018 21:10

Que sera donc la contrition parfaite ?



En deux mots, la contrition parfaite est la contrition fondée sur un motif d’amour, et l’imparfaite est celle qui est fondée sur un motif de crainte de Dieu.

La contrition parfaite est celle qui découle de l’amour parfait de Dieu ; or, notre amour de Dieu est parfait si nous l’aimons parce qu’il est infiniment parfait, infiniment beau, infiniment bon (amour de bienveillance) ou parce qu’il nous a témoigné son amour d’une manière si admirable (amour de reconnaissance).
Notre amour de Dieu est imparfait si nous l’aimons parce que nous attendons quelque chose de Lui.

Ainsi, dans l’amour imparfait, nous pensons surtout aux bienfaits reçus et, dans l’amour parfait, nous pensons surtout à la bonté de Celui qui répand ces bienfaits. L’amour imparfait nous fait aimer de préférence le bienfait même, tandis que l’amour parfait nous fait aimer l’auteur de ces bienfaits, et cela moins pour ses dons que pour l’amour et la bonté que ces dons manifestent.

De l’amour découle la contrition. Par conséquent, notre contrition sera parfaite si nous nous repentons de nos péchés pour l’amour parfait de Dieu, soit de bienveillance, soit de reconnaissance. Elle sera imparfaite, si nous nous repentons de nos fautes par crainte de Dieu, soit parce que le péché nous a fait perdre la récompense qui nous était promise : le ciel ; soit parce que nous avons mérité le châtiment imposé aux pécheurs : l’enfer ou le purgatoire.

Dans la contrition imparfaite, nous pensons surtout à nous-mêmes et aux maux que nous vaut le péché, selon la lumière de la foi. Dans la contrition parfaite, nous pensons surtout à Dieu, à sa grandeur, à sa beauté, à son amour, à sa bonté ; nous considérons que le péché l’offense et qu’il a été cause de tant de souffrances endurées pour nous racheter. Nous ne voulons pas seulement notre bien, mais celui de Dieu.

Un exemple nous le fera mieux saisir. Lorsque Saint Pierre eut renié le Sauveur, « il sortit et pleura amèrement ». Pourquoi pleura-t-il ? Était-ce pour la honte qu’il allait éprouver devant les autres apôtres ? En ce cas, c’eût été une douleur purement naturelle et sans mérite. Est-ce parce que son divin maître va peut-être le dépouiller de sa dignité d’apôtre et de pasteur suprême ou le chasser de son royaume ? La contrition en ce cas serait bonne, mais imparfaite. Mais non, il se repent, il pleure, parce qu’il a offensé son Maître bien-aimé, si bon, si saint, si digne d’amour. Il pleure parce qu’il a répondu à cet immense amour par une noire ingratitude : et c’est là la contrition parfaite.

(à suivre)

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#4 Message par Laetitia » lun. 12 mars 2018 21:16

Or, n’avez-vous pas, vous aussi, cher lecteur, le même motif que Saint Pierre pour détester vos péchés, par amour, par amour parfait et par reconnaissance ? Sans aucun doute. Les bienfaits de Dieu sont plus nombreux que les cheveux de votre tête et chacun d’eux devrait vous faire répéter avec Saint Jean : « Aimons Dieu puisqu’il nous a aimés le premier. » (Saint Jean, Ière ép. Ch.4, v.14.) Et comment vous a-t-il aimés ? « Je t’ai aimé, dit-Il lui-même, d’un amour éternel, j’ai eu pitié de toi et je t’ai attiré à moi. » (Jérém., 31, 3.)

« D’un amour éternel je t’ai aimé. »
De toute éternité, avant même qu’il n’y eût rien de vous sur la terre, il jeta sur vous ce regard d’amour qui pénètre tout, il vous prépara une âme et un corps, le ciel et la terre, avec toute la tendresse d’une mère qui se prépare à faire fête à l’enfant qui va venir au monde. C’est Dieu qui vous a donné la vie et la santé ; c’est Lui qui vous donne chaque jour les biens naturels.

Cette pensée suffirait aux païens eux-mêmes pour le porter à la connaissance et à l’amour parfait de Dieu. À plus forte raison doit-elle vous y porter, vous chrétiens, qui possédez un autre témoignage d’amour et de bonté : l’amour et la bonté surnaturelle de Dieu pour vous, « car, dit-il, j’ai eu pitié de toi ». Vous étiez condamné comme tous les hommes par suite du péché originel : Dieu a envoyé son Fils unique qui s’est fait notre Sauveur et vous a racheté de son sang en mourant sur la croix.

C’est à vous qu’Il pensait avec amour dans son agonie, au Jardin des Oliviers, lorsqu’Il répandait son sang sous les fouets et les épines, lorsqu’Il suivait en traînant sa Croix, le long et pénible chemin du calvaire ; lorsque, cloué sur la croix, Il expirait au milieu d’affreux tourments, c’est à vous qu’Il pensait avec un tendre amour, comme si vous eussiez été seul au monde. Que conclure de là ? « Aimons Dieu puisqu’Il nous a aimés le premier ».

(à suivre)

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Re: La Clé d'Or du Paradis : la Contrition parfaite ou de Charité

#5 Message par Laetitia » lun. 12 mars 2018 21:20

En outre, Dieu vous a attiré à Lui par le Baptême, qui est la première et la principale grâce de la vie, et par l’Église, au sein de laquelle vous fûtes alors incorporé. Combien d’hommes n’ont pu atteindre la vraie foi qu’à force de travail et de souffrances ! Mais vous, Dieu vous l’a donnée dès le berceau par pur amour ; Il vous a attiré à Lui, Il vous attire tous les jours par les sacrements et les grâces sans nombre, intérieurs et extérieurs dont Il vous comble ; vous êtes comme submergé dans un océan, l’océan de la bonté et de l’amour divin, et Il veut encore couronner toutes ses grâces en vous plaçant près de Lui au ciel et en vous rendant éternellement heureux. Que Lui donnerez-vous pour tant d’amour ? N’est-il pas vrai qu’il faut répondre à ses avances ? Aimons donc notre Dieu puisqu’Il nous a aimés le premier.

Venons au fait : Comment avez vous répondu à l’amour d’un Dieu si aimable et si bon ? Sans doute par votre ingratitude et par vos péchés. Mais vous repentez-vous de cette ingratitude ? Ah ! sans doute, et vous brûlez du désir de le réparer par un amour sans bornes. Eh bien ! s’il en est ainsi, vous avez en ce moment la contrition parfaite, celle qui est fondée sur l’amour de Dieu et que l’on appelle contrition d’amour ou de charité.

Mais dans la contrition de charité elle-même, il y a un degré, encore plus élevé, qui consiste à aimer Dieu purement, parce qu’Il est infiniment glorieux, infiniment parfait et digne d’être aimé, abstraction faite de sa miséricorde envers nous. Faisons une comparaison. Il y a au firmament nombre d’étoiles si éloignées de nous que nous ne pouvons les apercevoir, et pourtant, elles sont toutes aussi grandes et aussi brillantes que le soleil, qui nous communique si libéralement la chaleur et la vie. De même, supposé que l’homme n’ait jamais joui de cet astre éternel qui est l’amour de Dieu, supposé que Dieu n’ait créé ni le monde ni aucune créature : Il n’en serait ni moins grand ni moins beau, ni moins glorieux, ni moins digne d’être aimé ; car Il est en Lui-même et pour Lui-même le bien le plus grand, le plus parfait, et le plus aimable.

Tel est le sens de ces mots de la formule : je me repens...parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable et que le péché vous déplaît. Réfléchissez un instant et contemplez l’amour de Dieu, contemplez-le surtout dans les amères souffrances du Sauveur ; à cette lumière, vous le comprendrez aisément et il vous transpercera le cœur.

Voilà le moyen pratique d’arriver à la contrition parfaite.
(à suivre)

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#6 Message par Laetitia » mar. 13 mars 2018 10:17

II

Comment obtient-on la contrition parfaite ?



Il faut se rappeler tout d’abord que la contrition parfaite et une grâce, et une grande grâce de la miséricorde de Dieu. Il faut donc la lui demander instamment. Demandez-la Lui, non pas seulement au moment où vous voulez faire un acte de contrition, mais fréquemment : elle doit être l’objet de nos plus ardents désirs. Répétez donc souvent : « mon Dieu, accordez-moi la parfaite contrition de tous mes péchés. » Notre Seigneur exaucera votre prière, s’Il voit en vous un sincère désir de Lui plaire.

Cela dit, voilà comment vous pourrez facilement faire un acte de contrition parfaite. Jetez-vous au pied d’un crucifix, soit à l’église, soit dans votre chambre ; ou du moins figurez-vous que vous êtes en présence de Jésus crucifié, et, à la vue de ses plaies, méditez dévotement et pendant quelque instants et dites-vous : « Qui donc est cloué sur cette croix ? C’est Jésus, mon Dieu et mon Sauveur. Que souffre t’Il ? Son corps ensanglanté et couvert de plaies éprouve les tourments les plus terribles ; son âme est abreuvée de douleurs et d’affronts. Pourquoi souffre-t-il ? Pour les péchés des hommes et aussi pour les miens ; au milieu de ses amertumes, il se souvient de moi, il souffre pour moi, il veut expier mes péchés. »

Arrêtez-vous là, tandis que le sang toujours tiède de votre doux Sauveur tombe goutte à goutte sur votre âme. Demandez-vous comment vous avez répondu aux marques de tendresse de votre aimable Sauveur. Rappelez-vous vos péchés, et, oubliant pour un instant le ciel et l’enfer, repentez-vous surtout parce que ce sont vos péchés qui ont réduit à cet état votre Sauveur. Promettez-lui de ne plus le clouer à la croix par de nouveaux péchés, et enfin, récitez, lentement et avec ferveur, l’acte de contrition.

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Re: La Clé d'Or du Paradis : la Contrition parfaite ou de Charité

#7 Message par Laetitia » mar. 13 mars 2018 10:19

L’acte de contrition peut s’exprimer de plusieurs manières, selon les sentiments de chacun. En voici un des plus connus.

« Mon Seigneur et mon Dieu, je me repens, du fond du cœur, de tous les péchés de ma vie, parce que par eux j’ai mérité les châtiments de votre justice, pendant cette vie et pendant l’éternité ; parce que j’ai répondu à vos bienfaits par mon ingratitude ; mais surtout parce que par eux je vous ai offensé, vous qui êtes infiniment bon et infiniment digne d’être aimé. Je fais un ferme propos de m’en corriger et de ne plus pécher. Accordez-moi la grâce d’être fidèle à mon propos. Ainsi soit il. »

Dans cette prière, nous exprimons trois motifs de contrition ; le premier est de contrition imparfaite et les deux suivants de contrition parfaite. Rien n’empêche, en effet, de joindre ces deux contritions, d’autant plus que la première nous conduit facilement à la seconde.

1° « parce que par eux j’ai mérité, etc... », ceci appartient à la contrition imparfaite ;

2° « parce que j’ai répondu à vos bienfaits, etc... », c’est un motif qui touche de près la contrition parfaite et même se confond avec elle. Car si j’ai le regret sincère d’avoir répondu à l’amour de Dieu par mon ingratitude et mes péchés, je voudrai nécessairement réparer cette ingratitude par mon amour ; or, celui qui, par un motif d’amour, regrette d’avoir offensé son bienfaiteur, possède
vraiment la contrition parfaite, ou contrition de charité ;

3° « mais surtout parce que par eux je vous ai offensé ». Relisez la page 9 et vous saisirez la portée de ces paroles : vous verrez, là, clairement exprimé, l’amour et la contrition parfaite.
Pour l’obtenir plus facilement, ajoutez ceci de bouche ou de cœur : « Mais surtout parce que, par mes péchés, je vous ai offensé. Vous qui êtes infiniment bon et infiniment digne d’être aimé. Vous mon Sauveur qui êtes mort sur la Croix pour mes péchés. »

Puis vient la résolution : « Je fais un ferme propos. »

Mais, direz-vous, ceci est facile pour un autre, mais pour moi c’est une chose bien relevée et presque impossible. Vous le croyez ? Détrompez-vous.
(à suivre)

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#8 Message par Laetitia » mer. 14 mars 2018 15:25

III

Est-il difficile de faire un acte de contrition parfaite ?



Sans doute, l’acte de contrition parfaite est plus difficile que l’acte de contrition imparfaite, requis pour la confession. Mais il n’est personne qui ne puisse, avec la grâce de Dieu, obtenir la contrition parfaite, pourvu qu’on la désire sincèrement. La contrition est dans la volonté et non dans le sentiment. Il suffit de nous repentir pour un des motifs énoncés, c’est-à-dire parce que nous aimons Dieu par-dessus toutes choses ; c’est en cela et non dans l’intensité ni dans la durée, que consiste notre contrition.

On confond souvent la contrition parfaite avec une autre contrition bien plus élevée. La contrition parfaite a ses degrés, elle ne laisse pas d’être contrition parfaite quoiqu’elle n’atteigne pas la sublimité et la fermeté de saint Pierre, de Madeleine, de saint Louis de Gonzague ou d’outre saints. Certes, celle-ci est bien désirable, mais elle n’est pas nécessaire : un degré inférieur suffit pour pardonner les péchés, pourvu que la contrition soit un motif d’amour de Dieu.

En outre, et c’est une considération bien propre à nous encourager, avant Notre Seigneur, dans l’ancienne loi, la contrition parfaite fut, pendant 4000 ans, le seul moyen d’obtenir le pardon des péchés. De nos jours, il n’en existe pas d’autre pour des milliers de païens et d’hérétiques. Or, il est vrai que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, Il ne peut vouloir imposer une contrition parfaite impossible à atteindre ; elle doit être au contraire à la portée de tous les hommes. Eh bien, si tant de malheureux peuvent obtenir cette contrition parfaite, qui vivent et meurent (quoique sans faute de leur part) loin du courant de la grâce et de l’Église catholique, est-elle si difficile pour vous, qui avez le bonheur d’être chrétien et catholique, qui êtes l’objet de grâces bien plus grandes et mieux instruits que ces pauvres infidèles ?

Je vais plus loin : souvent et sans vous en douter, vous avez la contrition parfaite ; par exemple, quand vous entendez dévotement la Sainte Messe, quand vous faites avec ferveur, le chemin de la croix, quand vous méditez, avec dévotion, devant une image de Jésus crucifié ou de son divin cœur.

Quelques paroles suffisent souvent pour exprimer l’amour le plus ardent et la contrition la plus sincère. Telles sont, par exemple, les oraisons jaculatoires : « Mon Dieu et mon tout », « Mon Jésus, miséricorde ! », « Mon Dieu, je vous aime par-dessus toutes choses ! », « Mon Dieu, ayez pitié de moi pauvre pécheur », « Mon Jésus, je vous aime ».

(à suivre)

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Re: La Clé d'Or du Paradis : la Contrition parfaite ou de Charité

#9 Message par Laetitia » jeu. 15 mars 2018 9:54

IV

Quels effets produit la contrition parfaite ?



Des effets vraiment admirables ! Pour le pécheur, grâce à elle, il reçoit immédiatement le pardon de chacune de ses fautes même avant de se confesser. Il faut cependant qu’il soit résolu à se confesser en temps opportun, mais cette résolution est comprise dans la contrition parfaite.

Toutes les fois qu’il fait un acte de contrition parfaite, les peines de l’enfer lui sont aussitôt remises, il recouvre tous les mérites passés, et d’ennemi de Dieu, il devient son fils adoptif et héritier du ciel.

Pour le juste, la contrition parfaite augmente et fortifie l’état de grâce ; elle efface les péchés véniels qu’il a détestés, lui obtient la rémission des peines de ses péchés et accroît en lui le vrai et solide amour de Dieu.

Voilà les merveilleux effets de la miséricorde divine dans l’âme du chrétien par la contrition parfaite. Peut-être vous paraîtront-ils incroyables : sans doute, pensez-vous, en danger de mort nous devons demander la contrition ; mais qu’en tous temps, la contrition parfaite produise de tels effets, est-ce croyable ? Cette doctrine de la contrition parfaite est-elle bien certaine ?

Je vous réponds qu’elle est aussi solide que le roc sur lequel est bâtie l’Église et aussi certaine que la parole même de Dieu.

Au Concile de Trente, l’Église, expliquant les principales vérités combattues par les hérétiques, déclare (session 14, chap.4.) que la contrition parfaite, celle qui procède de l’amour de Dieu, justifie l’homme et le réconcilie avec Dieu, même avant la réception du sacrement de pénitence. Or, le concile ne dit nulle part que ce soit seulement en danger de mort ; c’est donc en tous temps que la contrition parfaite produit ses effets. En cela, du reste, l’Église s’appuie sur les paroles même de Jésus : « Si quelqu’un m’aime (et personne ne peut vraiment l’aimer sans posséder la contrition parfaite) mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous établiront en lui notre demeure. » (Saint Jean, ch.24, v.26). Dieu ne peut habiter dans l’âme souillée par le péché. La contrition parfaite ou contrition de charité efface donc les péchés.

Telle a toujours été la doctrine de l’Église, des saints Père et des docteurs : Baïus (1) pour avoir soutenu le contraire, a été condamné. En effet, si, comme nous le disions tout à l’heure, la contrition parfaite devait produire de si admirables effets dans l’ancien Testament, au temps de la loi de crainte, à plus forte raison les produira-t-elle dans le nouveau Testament, où règne la loi d’amour.


(1). MICHEL DE BAY dit BAÏUS (1513-1589)
(à suivre)

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Re: La Clé d'Or du Paradis : la Contrition parfaite ou de Charité

#10 Message par Laetitia » jeu. 15 mars 2018 9:57


Mais alors, dira-t-on, si la contrition parfaite efface les péchés, à quoi bon les confesser ensuite ? Il est vrai que la contrition parfaite produit les mêmes effets que la confession, mais elle ne les produit pas indépendamment du sacrement de pénitence, puisqu’elle suppose précisément le ferme propos de confesser ces mêmes péchés qu’elle vient de pardonner, car c’est une loi de Jésus-Christ que de confesser tous les péchés, les péchés mortels du moins, et une loi qui ne peut changer. Sans doute, les péchés pardonnés par la contrition parfaite sont toujours pardonnés : si, après l’acte de contrition, on ne voulait plus les confesser, les péchés ne reviendraient pas, mais on perdrait de nouveau l’état de grâce, parce que l’on manquerait à l’obligation de se confesser.

Faut-il confesser ses péchés le plus tôt possible après l’acte de contrition ?

En toute rigueur, cela n’est pas nécessaire mais je vous y engage vivement : vous serez ainsi bien plus sûrs d’être pardonné et vous obtiendrez en même temps les grâces précieuses attachées au sacrement de pénitence, et qu’on appelle sacramentelles.

Peut-être, maintenant serez-vous tenté de dire : « S’il est facile d’obtenir la rémission des péchés par la contrition parfaite, je n’ai plus à m’inquiéter de la confession : je pécherai sans scrupule et j’en serai quitte pour un acte de contrition parfaite ! » Celui qui raisonnerait de la sorte n’aurait pas même l’ombre de la contrition parfaite. Il n’aimerait pas Dieu par-dessus toutes choses, puisqu’il n’aurait pas la volonté sérieuse de rompre avec le péché et de changer de vie, condition également requise pour la confession et la contrition parfaite. Il lui manque la bonne volonté, et sans la bonne volonté, il n’aura pas la grâce de Dieu nécessaire pour tout acte de contrition. Il pourra bien se tromper lui-même, mais il ne pourra jamais tromper Dieu. Celui qui a vraiment la contrition parfaite est entièrement résolu à renoncer au péché mortel ; il se purifiera le plus tôt possible, dans le sacrement de pénitence et, par sa bonne volonté, aidé de la grâce de Dieu, il se préservera du péché et s’affermira de plus en plus dans l’état de fils de Dieu.

La contrition parfaite est d’un grand secours pour ceux qui veulent loyalement et sincèrement recouvrer et conserver l’état de grâce, et surtout pour ceux qui tombent dans le péché par l’habitude, c’est-à-dire qui malgré leur bonne volonté retombent, de temps en temps, à cause des mauvaises habitudes et de leur propre faiblesse. Mais il en est tout autrement pour ceux qui font de la contrition parfaite un moyen de pécher impunément : Ceux-là changent ce divin remède du parfait repentir en un poison infernal.

Ne soyez donc pas de ces derniers, chers lecteurs, et ne permettez pas qu’une grâce si précieuse vous serve pour le mal.
(à suivre)

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