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Question sur la personnalité de NSJC
Publié : sam. 03 sept. 2016 18:49
par chartreux
Abbé Zins a écrit :
NSJC n'a pas de personnalité humaine
Cependant, nous savons également que NSJC est
en tout semblable à nous sauf le péché (symbole de Chalcédoine). Faut-il donc en conclure que la personnalité humaine est toujours entachée de peché, du fait de la chute ? Que dire alors de la personnalité humaine de la Vierge Marie ?
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : mer. 07 sept. 2016 20:44
par Abbé Zins
chartreux a écrit :Abbé Zins a écrit :
NSJC n'a pas de personnalité humaine
Cependant, nous savons également que NSJC est
en tout semblable à nous sauf le péché (symbole de Chalcédoine). Faut-il donc en conclure que la personnalité humaine est toujours entachée de péché, du fait de la chute ? Que dire alors de la personnalité humaine de la Vierge Marie ?
Dire que NSJC est
en tout semblable à nous sauf le péché en revient à dire qu'Il a assumé une véritable nature humaine ; donc, avec humaine intelligence, volonté, sensibilité, corps humain
tout semblable au nôtre ; mais sans
le péché originel, ni l'inclination au mal en résultant.
Ce n'est évidemment pas nier pour autant l'Union Hypostatique, c.à.d. celle de Ses deux natures, divine et humaine, en Son Unique Personne Divine.
-
Faut-il donc en conclure que la personnalité humaine est toujours entachée de péché, du fait de la chute ?
- Le péché originel se transmet non sous l'angle de la personnalité, mais de par la succession ou descendance s'opérant par la génération humaine.
-
Que dire alors de la Vierge Marie ?
- Que, par la Volonté expresse de Dieu de faire une exception à la règle générale, par application à l'avance des mérites de Son Divin Fils qui allait S'incarner en Elle par l'opération du Saint-Esprit, Sa conception a été exemptée de la transmission de la faute originelle.
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : sam. 17 sept. 2016 16:13
par Louis Mc Duff
Abbé Zins a écrit :
Charteux a écrit :
Abbé Zins a écrit : :NSJC n'a pas de personnalité humaine
Cependant, nous savons également que NSJC est
en tout semblable à nous sauf le péché (symbole de Chalcédoine). Faut-il donc en conclure que la personnalité humaine est toujours entachée de péché, du fait de la chute ?
Que dire alors de la
personnalité humaine de la Vierge Marie ?
Dire que NSJC est
en tout semblable à nous sauf le péché en revient à dire qu'Il a assumé une véritable nature humaine ; donc, avec humaine intelligence, volonté, sensibilité, corps humain
tout semblable au nôtre ; mais
sans le péché originel, ni l'inclination au mal en résultant.
Ce n'est évidemment pas nier pour autant l'Union Hypostatique, c.à.d. celle de Ses deux natures, divine et humaine, en Son Unique Personne Divine.
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Faut-il donc en conclure que la personnalité humaine est toujours entachée de péché, du fait de la chute ?
- Le péché originel se transmet non sous l'angle de la personnalité, mais de par la succession ou descendance s'opérant par la génération humaine.
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Que dire alors de la Vierge Marie ?
- Que, par la Volonté expresse de Dieu de faire une exception à la règle générale, par application à l'avance des mérites de Son Divin Fils qui allait S'incarner en Elle par l'opération du Saint-Esprit, Sa conception a été exemptée de la transmission de la faute originelle.
Ave M. l’abbé,
Je me demandais comment pourrions-nous définir la personnalité humaine ?
Bien à vous.
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : lun. 19 sept. 2016 11:14
par Abbé Zins
Louis Mc Duff a écrit :
Ave M. l’abbé,
Je me demandais comment pourrions-nous définir la personnalité humaine ?
Bien à vous.
Ave Louis,
Le lexique de l'édition Léonide officielle de la Somme Théologique de Saint Thomas ne comporte pas de définition pour le mot :
persona, renvoyant à celui de :
subsistantia ; de même que pour celui de
hypostasis.
Le terme grec, plus général,
hypostase, désigne l'individualité substantielle de tout être ; le terme latin
persona, plus spécifique, la même réalité individuelle de tout être raisonnable.
On peut donc définir :
1. La personne :
l'individualité substantielle d'un être raisonnable.
2. La personnalité :
ce qui distingue l'individualité d'un être raisonnable.
Vous allez trouver de plus amples et précises explications chez le Docteur Commun de l'Eglise ; concernant en outre plus spécialement le rapport de cette notion avec la question ici abordée de la Personnalité Divine du Verbe incarné.
Vous sachant spécialiste en la matière, pouvez-vous donc mettre en ligne à la suite une traduction française des articles 2, 3 et 4 de la question 2 de la tertia pars de la Somme Théologique de Saint Thomas ? D'avance, merci ! ..
Que Dieu daigne vous protéger, garder et bénir ! En Jésus et Marie.
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : lun. 19 sept. 2016 19:34
par Louis Mc Duff
Merci de votre réponse, M. L'abbé,
Je mets le texte de S. Thomas en ligne dès que possible.
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : sam. 24 sept. 2016 16:48
par Louis Mc Duff
IIIa Pars., quæst.2. Du mode d’union par lequel le Verbe s’incarne en notre nature.
Art. 2. L'union du Verbe incarné se fait-elle dans la personne?
DIFFICULTÉS :
1. La personne en Dieu ne diffère pas de sa nature. Si donc l'union ne se fait pas dans la nature, elle ne peut non plus se faire dans la personne.
2. La nature humaine n'est pas moins noble dans le Christ qu'en nous. Or il est de la dignité de notre nature de posséder une personnalité propre. A plus forte raison devra-t-il en être ainsi pour la nature humaine du Christ.
3. Boèce définit la personne : « la substance individuelle d'une nature rationnelle. » Mais le Verbe de Dieu a pris une nature humaine individuelle, car, comme le remarque Damascène, « la nature universelle n'existe pas réellement mais seulement dans la pure contemplation de l'intelligence. » La nature humaine du Christ a donc sa personnalité propre, et par conséquent l'union n'a pu se faire dans la personne.
CEPENDANT, on lit dans les Actes du Concile de Chalcédoine : « Nous confessons un seul et même Fils unique, Notre Seigneur Jésus-Christ, qui n'est ni partagé ni divisé en deux personnes. » Il faut donc bien que l'union se soit faite dans la personne.
CONCLUSION : Le mot personne n'a pas la même signification que le mot nature. Ce dernier en effet désigne l'essence qui spécifie un être et que la définition exprime. Si rien d'autre ne pouvait venir s'adjoindre dans un être aux éléments spécifiques, nul besoin ne serait de distinguer la nature de son suppôt, celui-ci étant précisément l'individu subsistant dans la nature : tout individu subsistant dans une nature quelconque serait identique à celle-ci. Mais il arrive que dans certaines réalités subsistantes, l'on trouve des éléments qui n'appartiennent pas à l'essence : comme les accidents, les principes individuants; et cela apparaît surtout dans les êtres composés de matière et de forme. Dans ces réalités, par conséquent, la nature et le suppôt diffèrent réellement l'un de l'autre non pas sans doute comme des éléments complètement séparés, mais parce que le suppôt renferme outre la nature, certains autres éléments qui n'appartiennent pas au constitutif de l'espèce. Aussi le suppôt apparaît-il comme un tout dont la nature est la partie formelle et perfective. Et de là vient que dans les composés de matière et de forme, on n'attribue pas la nature au suppôt; on ne dit pas en effet : « cet homme est son humanité. » S'il se trouve au contraire une réalité en laquelle il n'y a rien que son essence ou sa nature, comme il arrive pour Dieu, nous n'aurons pas dans ce cas de distinction réelle entre suppôt et nature, mais seulement une distinction purement conceptuelle : cette réalité sera dite nature parce qu'elle représente une certaine essence; elle sera dite suppôt, parce qu'elle est une nature subsistante. Ce que nous disons du suppôt, il faut l'entendre aussi, à propos de la créature rationnelle ou intellectuelle, de la personne : car la personne n'est pas autre chose, au dire de Boèce, que la substance individuelle d'une nature rationnelle.
Tout ce qui se trouve dans un être personnel, que cela appartienne en propre à sa nature ou non, lui est donc uni dans la personne. En conséquence si la nature humaine n'est pas unie dans la personne au Verbe de Dieu, elle ne lui est unie d'aucune façon. Et du coup disparaît entièrement notre foi à l'Incarnation : c'est toute la foi chrétienne qui est ruinée. Bref puisque le Verbe possède une nature humaine qui lui est unie, puisque d'autre part cette nature n'appartient pas de soi à la nature divine, il s'ensuit que l'union se fait dans la personne du Verbe et non dans sa nature.
A suivre : SOLUTIONS.
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : sam. 24 sept. 2016 16:49
par Louis Mc Duff
IIIa Pars., quæst.2. Du mode d’union par lequel le Verbe s’incarne en notre nature.
Art. 2. L'union du Verbe incarné se fait-elle dans la personne?
SOLUTIONS :
1. En Dieu, nature et personne sont réellement identiques, mais n'ont pas la même signification : le mot personne en effet, appliqué à Dieu, le désigne comme être subsistant. Puisque l'union de la nature humaine au Verbe fait que le Verbe subsiste en elle sans aucune addition ni transformation pour la nature divine, c'est donc bien que cette union se fait dans la personne et non dans la nature.
2. La personnalité est requise à la dignité et à la perfection d'un être dans la mesure où cette dignité et cette perfection exigent qu'il existe par soi : car c'est cela que signifie le mot personne. Mais il est plus noble pour un être d'exister dans un autre plus parfait que d'exister par soi. Et c'est pourquoi la nature humaine a plus de grandeur dans le Christ qu'en nous : car en nous, ayant une existence propre, elle possède aussi sa propre personnalité, tandis que dans le Christ elle existe dans la personne du Verbe. Ainsi il appartient à la dignité de la forme de constituer l'espèce : pourtant l'élément sensitif qui, dans l'animal, représente une forme complète et capable de constituer une espèce, est moins noble que dans l'homme où il se trouve uni à une forme plus haute.
3. « Le Verbe de Dieu, dit S. Jean Damascène, n'a pas pris une nature humaine universelle, mais individuelle ». Autrement il faudrait admettre qu'il convient à tout homme, aussi bien qu'au Christ, d'être le Verbe de Dieu. Mais il importe de se rappeler que tout ce qui, dans le genre substance, est individuel, même s'il s'agit d'une nature rationnelle, ne constitue pas nécessairement une personne : il faut pour cela qu'il existe par soi et non dans un être supérieur. La main de Socrate est quelque chose d'individuel; elle n'est pas une personne : car elle n'existe pas par soi, mais dans un tout plus parfait. C'est ce que l'on veut dire lorsque l'on définit la personne une substance individuelle : la main de Socrate en effet n'est pas une substance complète, mais une partie substantielle. Et donc, bien que la nature humaine soit individuelle et appartienne au genre substance, cependant, parce qu'elle n'existe pas par soi et séparément, mais dans un être plus parfait qui est la personne du Verbe de Dieu, il s'ensuit qu'elle n'a pas de personnalité propre. C'est pourquoi l'union se fait dans la personne.
A suivre : Article 3 : L’union du Verbe incarné se fait-elle dans le suppôt ou l'hypostase?
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : sam. 24 sept. 2016 16:51
par Louis Mc Duff
IIIa Pars. quæst. 2. Du mode d’union par lequel le Verbe s’incarne en notre nature.
Art. 3. L'union du Verbe incarné se fait-elle dans le suppôt ou l'hypostase?
DIFFICULTÉS :
1. S. Augustin écrit : « La substance divine et la substance humaine ne constituent l'une et l'autre qu'un seul Fils de Dieu, mais représentent autre chose par rapport au Verbe et autre chose par rapport à l'homme. » Et S. Léon, pape, ajoute : « L'un des deux brille par les miracles, l'autre succombe aux coups. » Or ce qui est autre diffère par le suppôt. L'union du Verbe incarné ne s'est donc pas faite dans le suppôt.
2. L'hypostase, au dire de Boèce, est une substance particulière. Mais il est manifeste que dans le Christ, en plus de l'hypostase du Verbe, il y a d'autres substances particulières, telles que le corps et l'âme et leur composé.
3. L'hypostase du Verbe n'est renfermée ni dans un genre, ni dans une espèce. Et pourtant le Christ, en tant qu'homme, appartient à l'espèce humaine, car, comme l'exprime Denys : « Celui qui par sa nature dépasse essentiellement tout l'ordre créé, s'est enfermé lui-même en notre nature. » Or pour appartenir à l'espèce humaine, il faut être une hypostase de cette espèce. Il y a donc dans le Christ une autre hypostase que celle du Verbe de Dieu.
CEPENDANT, S. Jean Damascène écrit : « Nous reconnaissons en Notre Seigneur Jésus-Christ deux natures et une seule hypostase. »
A suivre : Conclusion.
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : sam. 24 sept. 2016 16:54
par Louis Mc Duff
IIIa Pars. quæst. 2. Du mode d’union par lequel le Verbe s’incarne en notre nature.
Art. 3. L'union du Verbe incarné se fait-elle dans le suppôt ou l'hypostase?
CONCLUSION : Certains théologiens, dans l'ignorance où ils étaient du rapport de l'hypostase à la personne, tout en reconnaissant dans le Christ une seule personne, ont prétendu qu'il s'y trouvait deux hypostases : celle de Dieu et celle de l'homme, comme si l'union se fût faite dans la personne et non dans l'hypostase. Une telle conception est erronée pour trois raisons : en premier lieu parce que l'idée de personne n'ajoute rien de plus à celle d'hypostase que son application à une nature déterminée, la nature rationnelle, selon la définition de Boèce : « La personne est la substance individuelle d'une nature rationnelle. » Attribuer à la nature humaine du Christ une hypostase qui lui serait propre, ce serait donc en faire une personne. Et c'est ce que les Pères du cinquième Concile œcuménique, célébré à Constantinople, ont compris lorsqu'ils ont porté cette condamnation : « Si quelqu'un prétend introduire dans le mystère du Christ deux subsistances (1) ou deux personnes, qu'il soit anathème : car, même par l'incarnation de l'un (des trois) de la Sainte Trinité divine, le Dieu Verbe, cette sainte Trinité n'a subi aucune adjonction de personne ou de subsistance. » Or subsistance signifie ici réalité subsistante : et c'est le propre de l'hypostase d'être telle, comme il appert par Boèce.
En second lieu, à supposer que la personne ajoutât à l'hypostase un élément en lequel l'union eût été faite, cet élément ne pourrait être autre chose qu'un certain caractère de dignité, et c'est en ce sens que l'on définit (2) parfois la personne : une hypostase dont le caractère distinctif est la dignité. Si donc l'union s'est faite dans la personne et non dans l'hypostase, il s'ensuit qu'il faut la concevoir comme se réalisant du point de vue de la dignité. Et c'est précisément ce que S. Cyrille, approuvé par le Concile d'Ephèse (3), condamne en ces mots : « Si quelqu'un, dans le Christ un, divise les hypostases après l'union, les associant par une simple association de dignité ou d'autorité ou de puissance, au lieu d'admettre entre elles une union naturelle, qu'il soit anathème. »
Enfin c'est à l'hypostase que sont attribuées les opérations et les propriétés de la nature et tout ce qui, dans le concret, relève de la nature elle-même. L'on dit en effet de cet homme qu'il raisonne, qu'il possède la faculté de rire, qu'il est animal raisonnable : et pour cette raison on lui donne le nom de suppôt, car il est le sujet de tout ce qui appartient à l'homme, et en reçoit l'attribution. Si donc, dans le Christ, il y avait une autre hypostase que celle du Verbe, il faudrait en conclure que ce qui se vérifie en lui au sujet de l'homme n'appartient pas au Verbe, mais à un autre sujet, comme ceci par exemple qu'il est né de la Vierge, qu'il a souffert, qu'il a été crucifié et enseveli. Doctrine condamnée encore, avec l'approbation du Concile d'Ephèse, par ces paroles : « Si quelqu'un divise entre deux personnes ou hypostases les expressions employées au sujet du Christ dans les écrits évangéliques et apostoliques, par les saints ou par le Christ lui-même, et attribue les unes à l'homme considéré à part du Verbe de Dieu le Père, et les autres au seul Verbe de Dieu le Père, qu'il soit anathème. »
C'est donc manifestement une hérésie, condamnée jadis par l'Eglise, de soutenir que, dans le Christ, il y a deux hypostases ou deux suppôts, ou que l'union ne se fait ni dans l'hypostase, ni dans le suppôt. Aussi lit-on dans le même Concile : « Si quelqu'un ne confesse pas que le Verbe de Dieu le Père est uni selon l'hypostase à la chair, et est un seul Christ avec sa propre chair, le même, Dieu et homme tout ensemble, qu'il soit anathème: »
______________________________________________________
(1) Le mot subsistance est la forme latine du mot d’origine grecque hypostase. — (2) C’est la définition de S. Bonaventure dans son Commentaire sur le 1er livre des Sentences, dist. 23, quæst. I, art. 1.— (3) Voir, pour la nature et la valeur de cette approbation, le Dictionnaire de théologie catholique, au mot Ephèse, t. V, col. 148.
A suivre: Solutions.
Re: Question sur la personnalité de NSJC
Publié : sam. 24 sept. 2016 16:57
par Louis Mc Duff
IIIa Pars. quæst. 2. Du mode d’union par lequel le Verbe s’incarne en notre nature.
Art. 3. L'union du Verbe incarné se fait-elle dans le suppôt ou l'hypostase?
SOLUTIONS :
1. La différence accidentelle rend une réalité autre qualitativement ; la différence essentielle la rend autre substantiellement, elle en fait autre chose. Or il est bien certain que, dans l'ordre des choses créées, plusieurs différences accidentelles peuvent se trouver réunies dans la même hypostase et le même suppôt : il suffit pour cela qu'il y ait plusieurs accidents dans un seul et même sujet ; mais ce que l'on ne rencontre pas, c'est un même sujet subsistant en diverses essences ou natures substantielles. Dans le cas du Christ au contraire, un seul et même sujet subsiste en deux natures. Dès lors si l'on dit à propos d'une créature : autre et autre est cette réalité; on signifiera par là non pas la diversité de suppôt, mais la diversité des formes accidentelles. De même si l'on dit du Christ qu'il est autre chose et autre chose, cela n'impliquera pas une diversité de suppôt ou d'hypostase, mais seulement une diversité dans les natures. Aussi S. Grégoire de Nazianze écrit-il dans sa lettre à Clédonius : « Autre chose et autre chose sont les éléments dont est constitué le Sauveur, mais lui n'est pas un autre et un autre (1). Je dis autre chose et autre chose, contrairement à ce qui existe dans la Trinité : car là il y a un autre et un autre, pour que nous ne confondions pas les hypostases, mais non pas autre chose et autre chose. »
2. L'hypostase signifie une substance particulière non pas quelconque, mais achevée et complète. Une substance particulière qui entre en union avec une autre plus complète, comme il arrive pour la main et le pied, n'est pas une hypostase. Ainsi la nature humaine du Christ est une substance particulière, mais parce qu'elle est unie à ce tout achevé qu'est le Christ, Dieu et homme, elle ne saurait être appelée hypostase ou suppôt : c'est cet être complet dont elle fait partie qui est l'hypostase ou le suppôt.
3. Déjà, dans l'ordre des choses créées, une réalité individuelle n'appartient pas à un genre ou à une espèce en raison de son individuation, mais en raison de sa nature que la forme détermine : l'individuation en effet se fait par la matière dans les êtres composés. De même le Christ appartient à l'espèce humaine en raison de la nature qu'il s'est unie, et non en raison de l'hypostase par laquelle cette nature subsiste.
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(1) Comme on le voit il y a lieu de distinguer trois sortes d’altérité : l’altérité accidentelle, exprimée par les termes « alterum et alterum »; l’altérité essentielle, exprimée par « aliud et aliud »; l’altérité personnelle ou individuelle que connotent les termes « alius et alius »
A suivre : Art. 4 :
La personne du Christ est-elle composée ?