A monsieur Louis-Hubert Remy.
Vous avez écrit sur GDF un message concernant Holzhauser et le grand monarque.
Permettez-moi de relever quelques inexactitudes...
Sur votre 1°
A cette page : http://gestadei.bb-fr.com/ftopic535.HOLZHAUSER-et-Le-Grand-Monarque.htm , Louis-Hubert Remy a écrit :1° C’est un
vénérable, personnage que le Saint-Siège proclame, après mûr examen de sa vie, digne d’être vénéré, sans pour autant recevoir encore les honneurs d’un culte public. S’il y a lieu ensuite, le Vénérable est béatifié, puis canonisé.
Avant l’instruction du procès de béatification, la première opération consiste à
examiner les écrits pour s’assurer s’ils sont exempts de reproches (Bollandistes, 7è édition, tome 17, page 43).
Je crois qu'il y a un problème. Voyez plutôt :
Index ac status causarum Beatificationis Servorum Dei et Canonizationis Beatorum. Sacra Rituum Congregatio, 1962, pp 43-45 a écrit :S. D. Baptista Vernazza, Can. Reg. S. Aug. Congr. Lat. + 1587.
Ianuen. — Decr. intr. causae 24 sept. 1638 — Decr. s. script. 9 dec. 1645 et 4 sept. 1745 — Decr. s. valid. proc. 13 ian. 1759.
Ponens:
Post.: D. Georgius I. Scatena C. R. L.
Ven. S. D. Bartholomaeus Agricola ab Amberga, Ord. Fr. Min. Conv. + 1627.
Neapolitana — Decr. s. script. 20 maii 1744 — Decr. Intr. causae 26 aug. 1744.
Ponens:
Post.: P. Antonius Ricciardi O. F. M. Conv.
Ss. D. Bartholomaeus Alvarez, Gaspar Kratz, sacc. Proff. Soc. Iesu et Socii occ. 1723-1737.
Tunquinen. et Concincinen. — Proc. ord. inf. s. mart. in Congr.
Ponens:
Post.: P. Paulus Molinari S. I.
Ss. D. Bartholomaeus Arbona, Soc. Iesu et Socii occ. 1936.
Barcinonen. — Aper. proc. ord. inf. s. mart., s. script. et non cultu 20 nov. 1950.
Ponens: E.mus Micara.
Post.: P. Paulus Molinari S. I.
Ven. S. D. Bartholomaeus Canale, sac. prof. Congr. Cler. Reg. S. Pauli Barnab. + 1681.
Mediolanen. — Decr. s. script. 9 dec. 1891 — Decr. intr.
causae 27 aug. 1893 — Decr. s. virt. 26 iul. 1948.
Ponens:
Post.: P. Humbertus Fasola B.
S. D. Bartholomaeus Ferri, sac. plebanus + 1728.
Aquipendien. — Proc. ord. inf. in Congr.
Ponens:
Post.:
S. D. Bartholomaeus Longo, vir laicus + 1926.
Pompeian. — Decr. s. script. 1 febr. 1939 et 4 apr. 1943 — Decr. intr. causae 28 febr. 1947.
Ponens: E.mus Aloisi Masella.
Post.: P. Benedictus D'Orazio C. SS. R.
Ven. S. D. Bartholomaeus Maria Dalmonte, sac. fund. Piae Operae Missionis + 1778.
Bononien. — Decr. intr. causae 22 ian. 1890 — Decr. appr. virt. 23 ian. 1921 — Congr. antepraep. s. mir. 23 iul. 1923.
Ponens:
Post.: P. Benedictus D'Orazio C. SS. R.
Ven. S. D. Bartholomaeus de Martyribus, archiep. Bracharen., Ord. Praed. + 1590.
Romana seu Bracharen. — Decr. intr. causae 11 sept. 1754 — Decr. s. script. 20 mart. 1809 — Decr. appr. virt, 23 mart. 1845.
Ponens:
Post.: P. Tarsicius Piccari O. P.
Ven. S. D. Bartholomaeus Menocchio, ep. Porphyrien., praef. sacrarii ap., Ord. Er. S. Aug. + 1823.
Romana seu Taurinen. — Decr. intr. causae 27 apr. 1871 — Decr. s. script. 6 iun. 1889 et 1 ian. 1902 — Congr. antepraep. s. virt. 23 maii 1905.
Ponens:
Post.: P. Damasus Trapp O. E. S. A.
Ven. S. D. Bartholomaeus De Quental, fund. Congr. Orat. S. Phil. in Lusitania . + 1694.
Ulyssiponen. — Decr. s. script. 1 aug. 1742 — Decr. intr. causae 8 apr. 1744 — Decr. s. valid. proc. 23 sept. 1807.
Ponens:
Post. :
S. D. Basilius Antonius Maria Moreau, sac., fund. Congr. a S. Cruce + 1873.
Cenomanen. — Decr. s. script. 22 maii 1953 — Decr. intr. causae 12 maii 1955 — Decr. s. valid. proc. 23 oct. 1959.
Ponens: E.mus Micara.
Post.: P. Eduardus Heston C. S. C.
Vous remarquerez, Monsieur Remy, que le "Vénérable" Barthélémy Holzhauser ne figure pas dans le Catalogus causarum. Vous ne pouvez donc vous prévaloir de sa qualité de Vénérable et encore moins d'un examen favorable de ses écrits par la congrégation en question.
Sur votre 2°
... Et les Bollandistes continuent en précisant :
«Il le composa à Leoggenthal, pendant qu’il était accablé de grandes tribulations, au milieu desquelles il se livrait à une prière incessante, et passait des journées entières sans boire ni manger, s’isolant de toute société humaine. Comme on lui demandait quel était l’état de son âme, quand il l’avait écrit, il fondit en larmes et répondit : «J’étais comme un enfant dont on conduit la main pour le faire écrire».
Rappelons que les Bollandistes sont les grands spécialistes de l’hagiographie. Tous ceux qui ont lu cet ouvrage partagent ce jugement étonnant...
Voici un extrait d'une mise au point des Bollandistes à propos de l'ouvrage que vous citez :
Analecta Bollandiana. Bruxelles, société des bollandistes, tome 105, 1987, p 152 a écrit :LES «PETITS BOLLANDISTES»
Différentes entreprises de librairie ont essayé, au cours du XIXe siècle, de remettre les Actes des saints en honneur. Signalons, parmi les plus importantes, celle de l'éditeur Victor Palmé qui réimprima, de 1863 à 1883, toute la série des Acta Sanctorum, dont le tome ler de janvier avait paru en 1643.
Il est utile de rappeler à nos lecteurs qu'il est un ouvrage à propos duquel nous sommes encore consultés de nos jours et auquel, il faut y insister, les bollandistes sont entièrement étrangers.
Voici la référence complète de cette collection :
Les Petits Bollandistes. Vies des saints de l'ancien et du nouveau Testament d'après le Père Giry, les grands Bollandistes, Surius, Ribadeneira, Godescard, Baillet, les hagiologies et les propres de chaque diocèse, par Mgr Paul Guérin. Septième édition. Bar-le-Duc, 1872-1874; réimpression, Paris, 1888, 17 vol. in-8°.
Quelques années après, parut un Supplément aux Vies des saints et spécialement aux Petits Bollandistes d'après les documents hagiographiques les plus authentiques et les plus récents, par Dom Paul Piolin Paris, s. a., 3 vol. in-8° [1885, 1886, 1903]...
Nous voyons donc
les Bollandistes [...] grands spécialistes de l’hagiographie
préciser qu'il n'ont rien à voir avec la composition de cet ouvrage que l'on nomme Petits Bollandistes.
Il vous faut donc revoir votre 7° :
7° Oublié le 1°, oublié le 2°.
"Le grand monarque est une fou-thèse" !
Et ceux qui y croient :
«(…) des femmelettes, (…) des brasseurs de vent et de mirages, (...) hommes de fer blanc, (…) adeptes d’un vieux rêve rabbinique ou messianisme temporel judaïsant, (…) d’une fable talmudiste d'un messianisme temporel et paradis terrestre, (…) ceux qui rêvent d'un Règne glorieux sans souffrance ! Bref, le Paradis dès ici-bas, la récompense sans combat, le salaire sans labeur, le salut sans douleur !, (…) pas comme ceux qui cherchent des motifs d'espérance afin de ne pas baisser les bras et pour se fortifier dans la lutte à mener devenue inégale»
comme vient de l’écrire un abbé que je ne nommerai pas, dont, par ailleurs, j’apprécie les nombreux autres travaux de qualité.
Et un énergumène de rajouter :
«(…) le mythe du "grand monarque" est une perversion de notre Espérance. Et surtout, c'est le REFUS de la Providence divine
(…) C'est une déformation diabolique, qui nous fait délaisser la Croix pour attendre (vainement) un mec qui va venir sur son cheval blanc pour écraser les vilains musulmans et bouter les vilains francs-maçons hors de leurs loges ».
Sur le 9° :
9° Alors l’antéchrist né en 1855 ?
Holzhauser l’a bien écrit, j’ai pu le vérifier à Mayence en consultant les manuscrits.
Choquant ? Gravissime erreur ?
Non.
Non, car M. Dupont, le saint homme de Tours a précisé que les événements ont été repoussés plusieurs fois par la prière des fidèles.
Si
les évènements ont été repoussés plusieurs fois ... pourquoi alors cette date précise de la part d'Holzhauser ? Alors qu'elle est donnée fondée sur une interprétation "inspirée", laquelle ne saurait varier au gré des évènements.
Non au jugement de l’abbé Augustin Lémann, dans son ouvrage, L’Antéchrist, 1905.
Certes il dit :
«L’Eglise a défendu sous peine d'excommunication d'annoncer pour une époque déterminée la venue de l'Antéchrist ou le jour du Jugement dernier. C'est sous Léon X, en l'an 1516, le 14 des Calend. de janvier, au Ve concile œc*ménique de Latran (sess. XI, Constit. Supernæ majestatis præsidio) que ce décret, dont voici la teneur, a été porté :
«Nous ordonnons à tous ceux qui exercent la charge de la prédication ou qui l'exerceront dans l'avenir qu'ils ne présument pas de fixer dans leurs prédications ou dans leurs affirmations un temps déterminé pour les maux futurs, soit pour l'avènement de l'Antéchrist, soit pour le Jugement : attendu que la Vérité dit : Ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité : ceux donc qui, jusqu'à présent, ont osé émettre de pareilles choses, ont menti, et il est avéré que, par leur fait, un grand dommage a été porté à l'autorité de ceux qui prêchent sagement.
(…) Est-ce à dire qu'elle défende également d'émettre des conjectures ? Non: la défense portée par le Vè Concile œc*ménique de Latran ne va pas jusque-là. Elle n'atteint seulement que toute date fixe. Les généralités, les conjectures prudentes, l'indication des signes précurseurs restent choses permises, à l'exemple de certains Pères et d'éminents Docteurs qui ne s'en sont pas fait faute.
Eusèbe «signale l'avènement de l'Adversaire, lequel aura la liberté d'assiéger l'Église du Christ» (Hist. eccl., lib. V, c. I).
- Juda Cyr, autre historien ecclésiastique, croit que l'avènement de l'Antéchrist est proche (Eusèbe, Hist. Eccl., lib. V, c. VI).
- Tertullien parle de l'Antéchrist qui s'approche : «Antichristo jam instante» (De fuga in persecutione, c. XII).
- Saint Cyprien : «Vous devez tenir pour certain que le temps de l'affliction a commencé, que la fin du siècle et le temps de l'Antéchrist approchent» (Epist. LVI ad Thibaritanos).
- Saint Hilaire avertit de l'Antéchrist imminent : imminentis Antichristi» (Lib. contra Auxentium).
- Saint Basile : «Ne sommes-nous pas à la neuvième heure ? N'est-ce pas l'apostasie ? Afin qu'ensuite se manifeste l'Impie, ce fils de perdition ?» (Epist. LXXI, ad Alexandrinos)
- Saint Ambroise : «Parce que nous sommes arrivés au déclin du siècle, certaines maladies en sont les signes. La maladie du monde, c'est la faim ; la maladie du monde, c'est la peste ; la maladie du monde, c'est la persécution» (Oratio in obit. Satyri fratris).
- Saint Jérôme : «Nous ne prenons pas garde que l'Antéchrist approche» (Epist. II, ad Ageruch).
- Saint Bernard décrivant les impiétés de son siècle jette ce cri d'alarme : «Il ne reste plus qu'à voir l'homme de péché, le fils de perdition, faire son apparition» (Serm. 6 in psalm. 90).
- Saint Grégoire le Grand : «Le roi de superbe est proche, Rex superbiæ prope est» (Epist. XXXVIII, ad Joan. Constantin. Epics).
D'autres citations pourraient être apportées. Qui ne connaît, du reste, la fameuse homélie de ce grand Pape saint Grégoire sur «les signes de la fin du monde», homélie que l'Église, chaque année, replace sous les yeux des prêtres et des fidèles, le premier dimanche de l'Avent, pour leur rappeler la fin des temps. De ces signes précurseurs, saint Grégoire constate que les uns sont accomplis, et que les autres ne tarderont pas à l'être. «Ex quibus profecto omnibus alia jam facta cernimus, alia in proximo ventura formidamus» (Homil. I, in Evang).
Comme on a pu le constater, aucun des Pères cités ne s'est permis de fixer une date déterminée pour l'avènement de l'Antéchrist ou de la fin du monde. Ils demeurent tous dans des généralités, ils rappellent les signes, ils conjecturent ; ils ne fixent rien. Leur manière de prêcher ou d'écrire est conforme aux annonces à la fois nettes et prudentes de Notre-Seigneur Lui-même et de Son apôtre saint Paul. Aux chapitres XXIV-XXV, de saint Mathieu, Notre-Seigneur annonce nettement la fin du monde, il en donne les signes précurseurs, mais il ne fixe pas de date. À l'exemple de son Maître, saint Paul, au chapitre II de la IIe épître aux Thessaloniciens, annonce nettement l'Antéchrist, mais il ne fixe pas de date à son avènement ; il se borne à indiquer le signe précurseur de cet avènement : l'APOSTASIE : Discessio primum et revelatus fuerit homo peccati (II, 3).
Et nous pourrions aussi rajouter saint Pie X.
Rien ici ne vient à l'encontre de ce que dit l'abbé Zins, bien au contraire.
Mais la suite du texte de l'abbé Lémann est plus intéressant :
Et l’abbé Lémann met en note :
«Parmi les auteurs qui ont fixé une date à l'avènement de l'Antéchrist, nous avons eu la surprise de rencontrer le vénérable serviteur de Dieu Barthélemi Holzhauser, restaurateur de la discipline ecclésiastique en Allemagne, fondateur de l'Association des Prêtres séculiers vivant en communauté, décédé le 20 mai 1658. Auteur d'une Interprétation de l'Apocalypse très en vogue en Allemagne, et où il y a certainement de très belles et très émouvantes pages, Holzhauser a écrit les lignes suivantes :
«Au milieu de l'année de Jésus-Christ 1855, dans le dix-neuvième siècle, naîtra l'Antéchrist, et il vivra cinquante cinq ans et demi. Et c'est dans les trois dernières années de sa vie et pendant les six derniers mois, c'est-à-dire pendant trois ans et demi qu'il sévira dans la plus grande fureur contre la chrétienté, et que, d'accord avec son faux prophète l'antipape, il exterminera l'Église, dispersera le troupeau de Jésus-Christ, vaincra et tuera tous les fidèles par la puissance qui lui aura été donnée pour quarante deux mois sur toute tribu, sur tout peuple, sur toute langue et sur toute nation, pour faire la guerre contre les saints de Dieu, et pour les vaincre durant le temps qu'il sera assis dans la plénitude de son règne. Ainsi donc, en l'an 1911, le fils de perdition sera tué au milieu de la cinquante-sixième année de sa vie par le souffle, c'est-à-dire par la parole qui sortira de la bouche de Jésus de Nazareth crucifié», (Interprétation de l'Apocalypse, 3e édit., t. II, pag. 120, Paris, 1872 ; librairie Louis Vivès)
Si la cause de béatification du vénérable serviteur de Dieu doit se poursuivre, que ces lignes ne soient pas un obstacle. L'honorable Promoteur de la foi voudra bien examiner de quel esprit elles émanent. Dans le cas où elles ne seraient qu'une interprétation personnelle, ne pourrait-on pas invoquer, en faveur de leur auteur, l'ignorance du décret du Ve Concile de Latran, c'est-à-dire la bonne foi. Errare humanum est, surtout lorsqu'il s'agit d'un décret recouvert d'une poussière séculaire, et ignoré d'un grand nombre dans l'Église. Si nous avons pris la liberté de remettre ce décret en évidence, c'est afin que, dans les temps troublés devenus ceux de l'Église et de la société humaine, les âmes se tiennent en garde contre des calculs de nature à les inquiéter».
Fin de la citation d’Augustin Lémann.
On s'aperçoit, en consultant le Catalogus causarum de la Sacrée Congrégation des Rites de 1962, que la cause de béatification du "Vénérable" serviteur de Dieu Barthélémy Holzhauser ne s'est pas poursuivie ...
Pourquoi ? Depuis quand ? Il serait intéressant de le savoir ...
Je terminerai par votre conclusion :Citation:
A l’avis de cet abbé, sur ce sujet, nous préférons celui des Bollandistes, celui d’Augustin Lémann, celui de la commission de béatification qui n’a pas considéré cela comme un reproche à faire, et de tous ceux qui ont compris l’importance de ce grave sujet.
- Pour les bollandistes ... ils récusent le fait de voir apposer leur nom sur un ouvrage dont ils sont
entièrement étrangers à la réalisation.
- Pour Augustin Lémann, connaissant la constitution Supernae majestatis praesidio il est obligé de préciser :Citation:
Si la cause de béatification du vénérable serviteur de Dieu doit se poursuivre, que ces lignes ne soient pas un obstacle.
- Pour la commission de béatification ... peut-être avez-vous de plus amples informations par rapport au Catalogus causarum de la Sacrée Congrégation des Rites datant de 1962 ...