Poésie

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Re: Poésie

#71 Message par Laetitia » mer. 17 avr. 2019 10:41

Contemplons, maintenant, le dénoûment du drame,
Après en avoir vu la douloureuse trame.
Jésus est sur le bois sacré : — « Donne ta main. » —
« La voilà ? » —                                                                                                 

                                           La voilà cette main qui pardonne !
Ah ! perce-la d'un clou cruel, il te la donne,
Bourreau !                                                                                              

                                      Voyons couler à flots le sang divin.
Cette main, bien des fois, a guéri des malades,
Bien des fois s'est levée en toutes les bourgades
Pour bénir l'affligé, pardonner au pécheur.

Pour défendre Jésus on ne trouve personne.

On cloue aussi ses pieds. Hélas ! son corps frissonne
Sous les terribles coups de l'horrible douleur.

Tournons nos regards vers ce spectacle effroyable,
La terre n'a point vu rien d'aussi lamentable.
On attache au gibet les deux vils assassins :
Jésus jette sur eux ses yeux doux et divins.

Au milieu des clameurs haineuses soulevées
Contre le roi des Juifs, les croix sont élevées;
Elles brillent au loin, mais celle du milieu
Attire tous les yeux.                                                                

                                                              Perçant le ciel bleuâtre,
Gravissant les gradins du vaste amphithéâtre
Où trône Jéhovah, je contemple, en ce lieu,
Les anges consternés. D'une voix expirante,
Comme celle des flots sur la grève mourante,
Ils supplient, à genoux, la main de l’Éternel
De leur donner en cet instant un corps mortel,
Avec un cœur de chair délicat et sensible,
Afin de partager la souffrance indicible
De son fils sur la croix. Je vois Adonaï,
La face plus terrible encor qu'au Sinaï,
Détourner ses regards du sommet du Calvaire
Qui tremblait comme au vent une feuille éphémère,
Puis à demi-caché d'un voile nuageux,
S'élever aussitôt, jusqu'aux confins des cieux,
Pour soustraire le monde aux feux de sa colère.
De ses yeux fulgurants des fouets d'or de lumière
Sillonnaient en tous sens comme de vifs éclairs
L'immense pavillon où se trouvent les trônes
De la Trinité Sainte, assis sur cent colonnes,
D'un éclat plus brillant que les perles des mers,

Le palais du Très-Haut s'ébranla d'épouvante,
Comme tremble une voile en proie à la tourmente,
Mais Jéhovah resta caché, rempli d'émoi.
Les anges frissonnants étaient tous dans l'effroi.


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#72 Message par Laetitia » jeu. 18 avr. 2019 16:24

Approchons-nous de la croix pour entendre en silence
Les paroles du Christ. Avec reconnaissance
Recueillons ces fruits d'or.                                                              

                                                                          « Père, pardonnez-leur ! »
C'est un cri de pardon et non pas de douleur.
Le pardon est pour qui ? — Pour ses bourreaux infâmes,
Pour tous ses ennemis. Qui dépeindra les flammes
De son amour pour nous ? Il pardonne au larron :
Un mot de repentir, c'est tout. Ah ! quel Dieu bon !

« Avec moi tu seras bientôt dans mon royaume. »

Dans ces mots, ô pécheurs ! pour nous quel doux arôme !
Mettons-nous sous sa main avec tout abandon.

Le Christ-Roi va nous faire un ineffable don :

« Disciple bien-aimé, toi, Jean, voilà ta mère ;
Femme, c'est là votre fils ! »                                                       

                                                                                Votre amour tutélaire
Pour votre doux fils Jésus va se tourner vers moi ;
En ma vie, à la mort, j'aurai recours à vous,
Je serai protégé. La douleur se mesure
A l'aune de l'amour, et cela me rassure,
Puisque la vôtre fut vaste comme la mer,
J'appartiens à Marie et cela me rend fier.


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#73 Message par Laetitia » jeu. 18 avr. 2019 21:42

L'air frémit sous le coup du cri de la détresse :
« Père ! Père ! votre main s'éloigne et me délaisse !
Eloï ! Eloï ! Lamma Sabactani,
Pourquoi Vous ensevelir au fond de l'infini ? »

Buvez, Maître, à longs traits, c'est le fond du calice ;
Il faut bien consommer votre âpre sacrifice.

Vous ajoutez : « J'ai soif! » Votre corps épuisé.
Sent une soif de feu, mais vous êtes poussé
Par une autre raison à demander à boire.
Vous avez soif surtout de procurer la gloire
De votre père, au ciel.                                                       

                                                                     Vous avez soif, Jésus ?
Mais qui donc à la treille a donné son doux jus ?
A la fleur, le nectar ? Et l'océan immense,
Sous votre souffle aussi trouva son abondance ?

C'est un breuvage amer de vinaigre et de fiel
Qu'on présente à l'auteur de la douceur du miel ?

Une autre soif encor sur la croix vous tourmente,
C'est celle de mon âme. Ah ! que la flamme ardente
De votre amour embrase et consume mon cœur !

Puis inclinant la tête, accablé de douleur,

A travers un sanglot, il remet à son Père
Son âme et dit : « Tout est consommé ! La lumière
A brillé sur le monde avec éclat. Par moi
L'humanité possède une nouvelle loi,
L'enfer est subjugué ; j'ai bu tout mon calice

Jusqu'à la lie ! Alors un nouveau sacrifice
Honorera mon Père, étant digne de Lui ;
J'ai dissipé l'erreur, les ténèbres ont fui. »


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#74 Message par Laetitia » jeu. 18 avr. 2019 21:44

La valetaille, au nom de la puissance occulte.
Jette en face du Christ le blasphème et l'insulte.
Satan se réjouit de ce spectacle affreux,
De ce drame qui met trêve aux concerts des cieux.

C'est lui qui dans sa haine exaspère la foule
Dont les clameurs font croire au bruit sourd de la houle.

Pontifes et soldats, Pharisiens, valets,
Scribes, Sadducéens, se tiennent là tout près,
Pour se moquer de Lui, pour lui jeter l'injure,
Le blasphème outrageant comme on jette l'ordure
Aux portes des maisons. — « Descends donc de ce lieu
Toi qui disais souvent : Je suis le fils de Dieu !
Toi qui pourrais en trois jours détruire le Temple ;
Donne-nous de ta force, à cette heure, un exemple ?
Ôte-toi de la croix. Si puissant pour autrui,
En imposant les mains, il ne l'est pas pour Lui.
Béelzébub dort-il ? » — Ainsi parlait la rage ;
Rien d'étonnant, c'était le reste de l'orage.


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#75 Message par Laetitia » ven. 19 avr. 2019 10:33

Un tableau bien touchant pose au pied de la croix :
Marie est là, debout ! On n'entend pas sa voix,
Elle est sans pleurs aussi, la source est épuisée.
Comme un vaste désert est toujours sans rosée
Une immense douleur empêche de pleurer.
Près d'elle est placé Jean. Regardant, sans parler,
Comme un marbre, muet, sa figure de cire
Exprime sa douleur. Madeleine soupire,
A genoux, sous les pieds de Jésus. Ses sanglotas
Frappent l'écho des airs comme le bruit des flots.

Trois cœurs reconnaissants, c'est tout ! Sur douze apôtres,
Un seul se trouve là. Mais où sont les onze autres ?
Ils sont cachés. La peur leur fait craindre la mort ?
Pierre même est absent, lui qui se croyait fort.
Judas vient de se pendre, acte digne d'un lâche.
Ah ! comme eux j'ai failli trop souvent à la tâche !


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#76 Message par Laetitia » ven. 19 avr. 2019 10:35

En poussant un grand cri Jésus vient d'expirer.
D'un lourd manteau de deuil la nature est voilée,
Comme une plume au vent la terre est secouée :
Des rochers avec bruit se fendent pour pleurer,
Le Temple est ébranlé, son voile se déchire,
Et la foule effrayée en courant se retire.
Les uns disent tout haut : « C'était le fils de Dieu. »
D'autres ne parlent pas, ils frappent leur poitrine,
En tout cela voyant une vertu divine.
L'esprit fort est muet et n'ouvre pas ses yeux
Fermés à la lumière. A ce grand phénomène,
Il philosophe encor, sourit et se promène.

Sceptique au cœur pervers, ton incrédulité
Passera fièrement à la postérité.
Tes adeptes nieront le Christ et sa doctrine,
Rien pour eux ne sera d'origine divine.
Niant la liberté, le sort sera fatal,
Étant forcé de faire ou le bien ou le mal,
Sans pouvoir opposer la moindre résistance:
Comment avec cela parler de récompense
Ou de punition au delà des tombeaux ?

Les peuples, selon eux, comme de vils troupeaux
Passeront tour à tour, avec joie ou misère,
Pour aller s'engloutir dans le sein de la terre
Et ne sortir jamais du gouffre ténébreux,
Qui toujours cachera la lumière à nos yeux.

O pauvres insensés ! vivez dans les ténèbres,
Le soleil pour vous n'a que des rayons funèbres.
Que direz- vous alors quand le Sauveur viendra,
Dans l'éclat de sa gloire, et qu'il vous jugera ?

Sceptiques, dites donc qu'elle n'est qu'apparente
Votre incrédulité : le divin vous tourmente !


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#77 Message par Laetitia » ven. 19 avr. 2019 18:35

ODE AU CŒUR DE JÉSUS

Que vois-je, ô mon Jésus, le fer sur votre corps
Avec force est frappé sans l'ombre d'un remords,
Que vois-je, les fouets vous cinglent sans clémence !
Votre chair, comme un champ attendant la semence,
S'est montrée en tous sens couverte d'un sillon
Rutilant au soleil comme le vermillon.
N'a-t-on pas aussi vu votre tête divine
Sanglante rayonner sous la cruelle épine ?
Où donc trouver du sang dans ce corps affaissé ?
N'est-il pas — s'il en reste un peu — déjà glacé ?
C'est le bras du bourreau qui s'acharne et s'élance,
Armé d'un fer aigu, qu'on appelle une lance,
Qu'il enfonce à grands coups, dans votre flanc meurtri,
Pour percer votre cœur sans en être attendri,
Sans l'ombre de l'effroi contemplant l'ouverture
D'où jaillit un jet pur de l'horrible blessure ;
Quelle entaille, ô bourreau, s'ouvre sous ton acier !
Sous le souffle divin un immense brasier
Sur ce monde luira de ses ardentes flammes,
Réchauffera les cœurs, consumera les âmes
Et fera mépriser ce qui doit prendre fin.
L'étincelle d'amour brûlant du Séraphin,
Animera ces cœurs sous les coups de l'épreuve
Où viennent se heurter comme les flots d'un fleuve
Mainte peine à la peine, une croix à la croix,
Où la dure souffrance a sur l'homme le choix,
Qui demande à grands cris le rude sacrifice,
Et qui, comme le Christ, veulent boire au Calice.
Au gibet suspendu, votre corps découvert,
Se voit tout épuisé comme un vaste désert,
Sous les feux du soleil, est privé de rosée.
La haine, cependant, n'est pas encor lassée :
Plus féroce que le tigre repu de chair
Qui calme sa fureur qui faisait trembler l'air,
Elle cherche du sang et va jusqu'à la source

Le chercher. — Dans l'exil, j'aurai soif en ma course.
Mais n'avez- vous pas dit : «  Vous tous, venez à moi,
Vous serez soulagés, approchez avec foi,
Mon cœur, tout grand ouvert, est comme une fontaine ;
Buvez cette onde offerte à la Samaritaine,
Vous serez abreuvés. Je vous appelle tous ;
Venez sans crainte, et vous aurez la vie en vous. »


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Re: Poésie

#78 Message par Laetitia » ven. 19 avr. 2019 21:12

Cœur sacré de Jésus, votre Parole féconde
A travers tous les temps régnera sur le monde
En Maître souverain, par votre Sang racheté,
La terre saluera votre sainte Royauté :
Elle vivra partout. Clovis a pour emblème
Des lys dorés que sur ses étendards il sème
Au pied d'une croix blanche en hommage do foi

Du royaume dos Francs qu'il voue à Jésus-Roi ;
Tel que le labarum brillant comme une opale,
Opérant en tous lieux sa marche triomphale,
Clovis va déployer partout sur ses rivaux,
En roi triomphateur, ses glorieux drapeaux.
Charlemagne à son tour se lie aussi d'un pacte
En offrant à l'Hostie, en un solennel acte,
Son diadème d'or, mettant sa royauté
Entre les mains du Christ, le Dieu de majesté.
Voyez donc Jeanne d'Arc, la vierge au cœur de flamme,
En terrassant l'Anglais, promener l'oriflamme
De son souverain Roi. C'est aussi saint Louis
Qui quitte plein d'ardeur ses rivages fleuris,
Pour se rendre aux Saints Lieux, au nom du Christ-Hostie,
Faire en Maître régner Jésus-Eucharistie.
Le culte catholique est par Napoléon
Renouvelé malgré la Révolution,
Ses aigles, que la gloire étale sur son aile,
Devront avec respect s'incliner devant Elle.
Des pactes vouent encore au Christ d'autres pays,
Qui, par eux, ne craindront jamais leurs ennemis.
Je vois le tien, Espagne, en un vaste calice
Où se trouve une hostie émergeant l'orifice.
Et toi, Belgique, ton superbe lion d'or,
Brillant sur tes drapeaux et formant leur décor,
N'est-il pas du lion de Juda la figure ?
Cette force indomptable est ta meilleure armure.
Albion reconnaît la royauté du Christ :
« Dieu et mon droit, » tel est son majestueux cri ;
Elle honore Jésus comme son chef suprême,
Saint Georges de ce pacte en ses mains tient l'emblème.
Prusse, Autriche et Russie ont leurs pactes aussi :
C'est en l'Hostie encor qu'on se retrouve ici ;
Le blason des drapeaux sont les aigles altières
Portant sceptre et couronne en leurs royales serres.

Le règne du Christ-Roi partout est établi,
Et si, dans quelque endroit, il descend et faiblit,
C'est pour resplendir plus en de lointaines plages,
Ou prendre son essor sur de nouveaux rivages.
Ses ennemis pervers n'auront pas le dessus,
De leur cynisme inique on les verra déçus.


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