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Temps du Carême

Publié : mer. 09 sept. 2015 16:53
par Louis Mc Duff

Temps du Carême


(Du Mercredi des Cendres au dimanche de la Passion)

Ce qui suit a été extrait d'un Missel Quotidien et Vespéral de Dom Gaspar Lefebvre, 1951 :


Épouse du Christ et Mère des chrétiens, la Sainte Église semble avoir voulu faire du Carême un temps de sainteté, une période où l’idéal de la vie chrétienne et l’effort de sanctification seraient chaque année repris et poussés plus loin.

Le Carême, la Sainte Quarantaine, ce sont des jours de choix où l’Église fait surabonder la vie et met en œuvre toutes les énergies de son inépuisable fécondité : elle exorcise, réconcilie, pardonne, multiplie ses prédications, convoque plus souvent les assemblées chrétiennes, impose les mains : en un mot revivifie les âmes baptisées en les ramenant aux sources jaillissantes de la vie.

Renaissance spirituelle, renouveau de vie divine; fervente montée vers le Calvaire et le Sépulcre glorieux : le Carême est tout cela, et les observances pénibles qu’il comporte rentrent dans cette mise en œuvre vivifiante. Saluons-le et engageons-nous-y donc avec joie, dans un effort confiant vers une vie chrétienne plus généreuse et plus sainte, plus unie à celle du Christ ressuscité.

Exposé dogmatique :

Le Temps de la Septuagésime nous a rappelé la nécessité où nous sommes de nous unir, par l’esprit de pénitence, à l’œuvre rédemptrice du Christ. Le Temps du Carême va nous permettre, par le jeûne et les pratiques de la pénitence, de nous y associer davantage encore. À notre âme révoltée contre Dieu et devenue du même coup l’esclave du démon, de la chair et du monde, l’Église, durant ce saint Temps, montre Jésus entrant en lutte contre le mal et les puissances du mal, et lorsque, par sa doctrine et ses souffrances, le Christ nous aura arrachés à notre captivité et rendus à la liberté des enfants de Dieu, ce sera pour nous rendre, à Pâques, la vie divine que nous avions perdue.

La liturgie quadragésimale, toute débordante des enseignements du Maître et de l’esprit de pénitence du Rédempteur, servait autrefois à former les Catéchumènes et à pénétrer de componction les pénitents public, qui aspiraient à ressusciter avec Jésus par la réception des sacrements de Baptême et de Pénitence le Samedi Saint (L’esprit et jusqu’aux cérémonies de ces deux sacrements se trouvent dans la liturgie du Temps du Carême. Ils résument cette époque où nous mourons au péché avec Jésus, et ils en sont l’aboutissement.) Nous avons tous à faire pénitence, à mourir au péché et à vivre davantage de notre vie de baptisés ; la liturgie du Carême est éminemment bien faite pour nous y aider.

À L’office divin se poursuivent les lectures de l’Ancien Testament (voir le tableau au Temps de la Septuagésime).

Au premier dimanche de Carême, la figure d’Isaac est absorbée par la pensée de Jésus au désert; il a du reste été question déjà du fils d’Abraham lorsque, dimanche dernier, l’Église nous a parlé de ce grand patriarche.

Pendant la deuxième semaine du Carême, on lit à matines l’histoire de Jacob, qui est la figure du Christ et de son Église, héritière de la bénédiction divine accordée au saint Patriarche.

La troisième semaine, c’est de Joseph qu’il est question dans les lectures de l’office et l’Église voit en lui aussi la figure du Christ et de l’Église, qui ont rendu le bienfait pour l’outrage et qui brillent d’une façon toute spéciale par leur vie très pure.

Enfin la quatrième semaine du Carême est consacrée à Moïse qui délivra le Peuple de Dieu et qui le conduisit vers la terre promise, figure de ce que Jésus et son Église font pour les âmes, particulièrement à Pâques - C’est « par la lumière du Nouveau Testament que Dieu nous découvre la signification des miracles accomplis aux premiers temps, nous montrant dans la Mer Rouge l’image des fonts sacrés du baptême, et dans le peuple délivré de la servitude d’Égypte la figure du peuple chrétien (Oraison de la vigile de la Pentecôte, après la 2e prophétie) ». Et si l’Église nous apprend à célébrer le mystère pascal en nous faisant lire les pages des deux Testaments, c’est pour nous donner une pleine intelligence de l’œuvre immense de miséricorde que le Christ a opérée (Oraison du Samedi Saint, après la 7e prophétie).

Le Temps du Carême est une sorte de grande retraite faite par les chrétiens du monde entier qui se préparent à la solennité de Pâques, retraite clôturée par la confession et la communion pascales.

Comme Jésus, qui s’est retiré du monde, a prié et jeûné pendant quarante jours, puis nous a appris par son enseignement et montré par l’exemple de sa passion comment il nous fallait mourir à nous-mêmes, l’Église, durant cette sainte Quarantaine, nous prêche la mort de l’homme de péché en nous; cette mort se manifestera, dans notre âme par la lutte contre l’orgueil et l’amour-propre, par un esprit de prière et une méditation plus assidue de la parole de Dieu; elle se montrera dans notre corps par le jeûne, l’abstinence et la mortification des sens; elle se déclarera enfin dans toute notre vie par un détachement plus grand des plaisirs et de biens du monde qui nous fera donner l’aumône avec plus de générosité et nous portera à nous abstenir des fêtes mondaines.

Le jeûne quadragésimal ne doit être en effet que l’expression des sentiments de pénitence dont est pénétré notre âme, qu’elle s’occupe d’autant plus librement des choses de Dieu qu’elle retranche davantage aux plaisirs des sens. Aussi, pour les cœurs généreux, ce « temps favorable » (Épître du 1er dimanche de Carême), est-il entre tous une source de sainte joie, comme le montre partout la liturgie du Carême.

L’Église qui connaît bien ses ressources, offre chaque jour son jeûne à Dieu à la Sainte Messe : elle sait, que la vraie purification doit venir de Dieu, et que si notre effort est nécessaire, il doit lui être offert pour qu’il l’accepte et le sanctifie; quel plus sûr moyen de le faire que de l’unir au sacrifice du Sauveur ? Une participation plus fréquente et plus personnelle à la messe s’indique d’elle-même pendant le Carême; dans la pensée de l’Église, c’est la démarche essentielle.

C’est donc l’Église qui entreprend de diriger notre effort de purification et lui donne une portée que par lui-même il ne saurait avoir, en l’unissant au sacrifice du Christ –Dès lors les pusillanimes entrent avec courage dans la lice, en s’appuyant sur la grâce de Jésus qui a des suppléances infinies, et les forts ne s’enorgueillissent pas de leur observance, parce qu’ils savent que seule la passion de Jésus les sauve et que ce n’est qu’en participant par leur patient effort et par les sacrements qu’ils s’en appliquent les fruits (Prologue de la Règle de S. Benoît et postcommunion du 1er dimanche de Carême).
Prochain texte : Sermon du 1er dimanche de Carême (Chaîne d'Or)

Re: Temps du Carême

Publié : mer. 09 sept. 2015 16:57
par Si vis pacem
Léon Gautier - Choix de prières d'après les manuscrits du IX° au XVII° siècle, pp. 213-215 a écrit :
Elle est ouverte, la porte de la pénitence; arrivez, amis de DIEU, hâtez-vous d'entrer, de peur que le CHRIST ne nous la ferme comme à des indignes. Ô frères, munissons-nous de la pureté, de l'abstinence, de la modestie, de la force, de la prudence, de la prière et des larmes : c'est par ces vertus que s'ouvrira devant nous le sentier de la Justice.

Aujourd'hui commence le jeûne qui doit purifier d'avance nos âmes et nos corps, et répandre dans nos coeurs, ô amis de DIEU, le souvenir de la sainte et de la vénérable passion du CHRIST, comme une lumière éblouissante.

Livrons-nous au jeûne d'un coeur joyeux, peuples fidèles, car voici le commencement des combats spirituels. Rejetons loin de nous la mollesse de la chair ; venons accroître les dons de l'âme. Serviteurs du CHRIST, souffrons avec lui, afin d'être avec lui glorifiés comme des enfants de DIEU. Et l'ESPRIT-SAINT habitera en nous et illuminera nos âmes.

Recevons avec ardeur, ô fidèles, le Messager divinement inspiré qui vient nous annoncer le jeûne, comme firent autrefois les Ninivites ; accueillons-le comme les pécheresses et les publicains accueillirent Jean qui leur prêchait la pénitence. Préparons-nous par l'abstinence à participer au sacrifice du Seigneur en Sion. Il doit opérer en nous une purification divine : lavons d'abord nos âmes dans les larmes. Demandons la grâce de contempler alors la consommation de la Pâque figurative et la manifestation de la Pâque véritable. Préparons - nous à adorer la croix et la résurrection du CHRIST-DIEU, et crions vers lui : « Ne nous confondez pas dans notre attente, ô Ami des hommes ! »

(Liturgie de l'Église grecque; Feria II tyrophagi. Traduction de Dom Guéranger, Année liturgique, IV° s., 209.)

Re: Temps du Carême

Publié : mer. 24 févr. 2016 17:26
par Guillaume
Bon et saint Carême à tous !

Dans les saints coeurs de Jésus et Marie,
Guillaume