Petite méthode de méditation des Mystères du Saint Rosaire :
Laetitia a écrit :
Abbé Zins a écrit :
Quant à la méditation ou contemplation des Saints Mystères de la vie ici-bas de Notre Divin Rédempteur incarné, il me sera possible de vous indiquer ultérieurement une méthode à la fois très simple et très riche pour la renouveler sans cesse. Méthode qui a déjà profité à plusieurs
.
J'attends avec impatience la méthode que vous nous avez promise ...
Veni de Libano a écrit :
C'est avec beaucoup d'intérêt, monsieur l'abbé, que je découvrirais la méthode de méditation des quinze Mystères du Saint Rosaire que vous proposez.
Pour ma part, je pratique au quotidien et depuis pres d'une année la méthode de saint Louis-Marie Grignon de Montfort et j'y trouve beaucoup de joie.
Mais les richesses du Saint Rosaire étant infinies, je ne demande qu'à m'enrichir !!!
Il va donc me falloir énoncer de mon mieux à présent la petite mais riche méthode annoncée !
Cette méthode de méditation ou contemplation consiste à renouveler sans cesse l'angle de vue ou de considération sous lequel on contemple ainsi chaque fois différemment le même Mystère.
Elle est fondée sur la vérité qu'on ne comprend bien quelqu'un qu'en se mettant à sa place, soit en actes soit en pensée, qu'on n'a l'intelligence (l' intus legere) d'une chose ou d'un évènement qu'en s'appliquant à le lire, observer, considérer comme de l'intérieur, et non en s'en tenant aux simples apparences externes.
Voici un septénaire d'angles de vue ou de considération qui en implique chacun une multiplicité d'autres, particulièremment le premier, mais aussi chacun des autres.
1°) En méditant chaque Mystère ou scène évangélique tour à tour sous l'angle d'un de ses participants en se mettant comme à sa place.
En se mettant ainsi, autant que faire se peut, à la place de Notre Seigneur incarné (à la fois homme, et d'abord bébé ! et surtout Dieu toujours et de toute éternité, ayant la puissance de choisir tous les détails depuis des siècles et les ayant fait annoncer d'avance : aurions-nous fait les mêmes choix avec une puissance égale à la sienne ? ) ;
entrant dans les réflexions de Notre Dame ou de Saint Joseph ;
voyant la scène de haut comme les Anges admirant la Divinité ainsi abaissée ;
ou de loin comme un Prophète, ou de plein pied et de tout près comme un participant, berger ou mage ;
comme un ami ou même sous l'angle de l'ennemi, Satan, les démons, Hérode, Caïphe, de l'un passé d'ami à ennemi comme Judas ou d'ennemi à ami comme le bon larron,
d'un ignorant qui Il est comme un soldat romain mais s'étonnant d'une telle grandeur d'âme, ou des indifférents passant à côté, par leur inconsidération et leurs préoccupations terre à terre, de si sublimes mystères ;
comme un juif perfide ayant repoussé le Messie tant attendu par eux, ou comme un païen, athée ou "révolutionnaire" méprisant de tels abaissements comme la Crèche ou la Croix sans les comprendre ou admettre comme pouvant être volontaires et choisis ;
ou un vicieux haineux de la vertu de ce Juste, sous l'angle d'un mondain détestant sa pauvreté volontaire ;
comme les Apôtres et les disciples ayant la sagesse de s'attacher à Lui et de Le suivre partout.. etc., etc..
2°) En méditant chaque Mystère sous l'angle du temps liturgique.
Méditant tous les Mystères sous l'angle de l'Avent, et par là de l'Ancien Testament, considérant comment ils ont été annoncés si longtemps à l'avance, comment les Patriarches et les Prophètes s'y portaient d'avance en désir, combien en leur entrevue de loin à l'avance ils étaient désavantagés par rapport à nous qui en avons tant de détails rapportés avec précision par les Evangélistes.
Ou sous l'angle de la Passion : voyant par exemple comment les mystères joyeux y conduisent (doù la représentation de Fra Angelico d'un Ange présentant la Croix à l'Enfant-Dieu dans la Crèche) et comment les mystères glorieux en découlent et en sont le fruit.
Ou sous l'angle de la Résurrection et de ses suites : voyant, par exemple, en méditant les mystères douloureux, quelles richesses de grâce et de gloire ils vont entraîner, etc..
Merci, monsieur l'abbé pour cette méthode précieuse.
Le premier angle de vue est relativement facile à pratiquer. En effet, il est assez simple d'essayer de se mettre dans la peau des personnages.
Mais le second est pour moi beaucoup plus compliqué...c'est une véritable méditation qui occupe l'esprit entièrement, d'où la difficulté pour moi de réciter les ave maria simultanément.
Laetitia a écrit :Merci, monsieur l'abbé pour cette méthode précieuse.
Le premier angle de vue est relativement facile à pratiquer. En effet, il est assez simple d'essayer de se mettre dans la peau des personnages.
Mais le second est pour moi beaucoup plus compliqué...c'est une véritable méditation qui occupe l'esprit entièrement, d'où la difficulté pour moi de réciter les ave maria simultanément.
Chère Laetitia,
Ce qui compte le plus en cette prière comme dans les autres, du moins en ce qui nous concerne personnellement, est d'y grandir en la connaissance, en l'amour et en l'union envers Dieu.
Le reste n'est que moyen utile pour servir de support à cela !
Celui qui atteint ce but en méditant ces seuls mots : Notre Père, qui êtes aux Cieux, comme une Sainte qui en était toute ravie en Dieu et ne pouvait aller plus loin, peut rester à satiété en cette pensée ou affection, tout en récitant le reste avec son entourage ou seul !
Malheureusement, ces états privilégiés, sauf exceptions, sont assez rares.
C'est pourquoi la multiplication des angles de vue peut renouveler sans cesse ces contemplations ou méditations des mêmes Mystères, ou fournir à l'un ou l'autre un angle de considération qui l'inspire mieux que les autres, de manière générale ou à tel instant donné.
3°) En méditant chaque Mystère sous l'angle du Saint du jour.
Voyant comment chaque Saint, celui fêté en ce jour, a vécu, exprimé ou exposé ces Mystères de la Vie de Notre Rédempteur, en songeant à cette si belle parole de Saint François de Sales :
Saint François de Sales a écrit :« La vie des Saints est à l'Evangile ce qu'une musique chantée est à une musique portée.»
et à celle-ci, de Saint Paul :
« Ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi.»
les Saints reproduisant à leur manière et leur vocation, sous l'inspiration et la direction du Saint-Esprit, la vie du Christ-Jésus..
4°) En méditant chaque Mystère sous l'angle de la fête du jour.
Méditant les rapports de chaque Mystère avec l'Immaculée Conception.
Comment Dieu l'a voulue pour honorer davantage tant la Vierge-Mère par une pureté sans la moindre tache ni ombre, que le Fils en étant né d'une telle Mère incomparable à toute autre ; combien elle découle des mérites du divin Sauveur particulièrement en sa Passion appliqués d'avance à préserver sa Mère de toute souillure dès le premier instant, et comment elle augmente la gloire de Notre Dame et de son divin Fils qui l'a ainsi préservée.
Contemplant les rapports de chaque Mystère avec le Fiat de l'Annonciation, avec l'Incarnation, la Crucifixion, la Résurrection, l'Ascension, etc..
5°) En méditant chaque Mystère en allant aux "périphéries" des Mystères.
Contemplant une fois les bergers appelés par les Anges à la Crèche, une autre leur arrivée et leurs offrandes ;
une autre fois les mages admirant une étoile sortant de l'ordinaire, puis se décidant à se mettre en route, puis en chemin, entrant avec une multitude de chameaux à Jérusalem, troublant toute la ville et n'y voyant plus l'étoile, reçus par Hérode, éclairés par les docteurs de la Loi consultant les Prophéties et parlant de Bethléem, puis retrouvant l'étoile, la voyant descendre et se déposer sur le lieu où se trouvait la Mère Virginale et l'Enfant-Divin, puis entrant, se prosternant, offrant l'or, la myrrhe et l'encens, enfin avertis par un Ange de rentrer par un autre chemin.
Toujours pour ce même Mystère, considérant une autre fois Marie et Joseph en route à cause du recensement général, arrivant, repoussés de partout comme une gêne, ne trouvant rien, s'installant en une grotte en hiver, puis mettant l'Enfant emmailloté dans une mangeoire remplie de paille pour lui procurer un peu de chaleur ;
puis voyant arriver les bergers, les écoutant expliquer avoir été prévenus par une vision angélique, recevant avec gratitude leurs modestes mais si utiles présents, accueillant les mages ;
enfin Saint Joseph averti par un Ange de partir au plus vite et de nuit, la fuite en Egypte, la nouvelle les y suivant du massacre des saints innocents ;
une fois la présentation de l'Enfant au Temple, sa circoncision, les actes et paroles du vieillard Siméon, de la "prophétesse" Anne ;
Jésus perdu pendant 3 jours, puis retrouvé, au milieu des docteurs, les paroles de Notre Dame, la réponse étonnante du divin Adolescent, son retour à Nazareth, "et Il leur était soumis", sa vie cachée, faisant oeuvre de charpentier : etc, etc,
une fois un point, une autre fois un différent, et de même pour les Mystères Douloureux et Glorieux !
Que de choses à contempler, à méditer, sous tel angle ou tel autre !
6°) En méditant chaque Mystère sous l'angle d'une vertu : l'humilité, l'esprit de détachement, de pauvreté, la charité, l'espérance, la force, la justice, etc.
7°) En méditant chaque Mystère sous l'angle du temps présent de l'Eglise Militante, reproduisant en son histoire les différents Mystères accomplis en sa Tête ou son Chef Mystique,
ou sous l'angle de l'éternité et de l'Eglise Triomphante, etc., etc.....
Ô divine prière, si l'on vous connaissait, nuit et jour sur la terre, on vous méditerait
faisait chanter Saint Louis-Marie de Montfort dans ses Missions apostoliques !