Saint Joseph intime

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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]NEUVIÈME ÉLÉVATION

Les divines Affinités de saint Joseph (avec le Père) (1).


La grâce nous fait participer directement à la Nature de Dieu (2). Mais par la Nature de Dieu nous sommes en relation intime avec le Père, le Fils, le Saint-Esprit : aussi bien n'y a-t-il pas de distinction réelle entre chaque personne divine et la Nature de Dieu. Les trois Personnes sont un seul Dieu parfaitement simple. Et chacune d'elles est Dieu; chacune est l'Éternité, l'Immensité..., la Toute puissance, l'infinie Lumière, l'infini Amour... Je puis adorer en elle, avec sa personnalité, toutes les personnes de la Nature divine, puisqu'elle a, puisqu'elle est cette Nature et toutes ses perfections.

Et, bien que les opérations de Dieu à l'exté­rieur soient parfaitement unes, bien qu'elles soient faites par les trois Personnes divines en­semble, je puis les adorer cependant en chacune d'elles, parce que chacune d'elles a, sans faire tort aux deux autres, tous les attributs de la Nature divine.

Ainsi la grâce, en nous rendant participants de la Nature de Dieu, nous initie-t-elle, - en attendant que, changée en gloire, elle nous les révèle, - à tous les mystères de la vie d'un Dieu unique en trois Personnes. Si notre cœur et notre vie suivaient bien ces initiations !
L'Église, dans les Litanies et dans bien d'au­tres prières, nous fait invoquer le Père, le Fils, le Saint-Esprit. Et, par la Nature divine, comme les divines Personnes nous répondent ! Et quelle intimité nous pouvons avoir avec elles ! Mais bien des âmes n'ont point assez médité ces secrets de la prière comme de la grâce.


(1) - Sur cette question de l'affinité de Saint Joseph avec les Personnes divines, - Qui peut être délicate, ― nous aimerons à faire parler des hommes dont la théologie est reconnue par tous comme du meilleur aloi.
(2) - Dire, avec les Ontologistes, que la grâce est une par­ticipation directe aux Personnes divines, est une erreur. Mais il serait inexact aussi de penser que la grâce ne nous met pas en relation, par la Nature divine, avec les divines Personnes et que le monde surnaturel ne présente pas des analogies avec elles, - alors que le monde naturel lui-même n'est pas sans porter leurs vestiges, et leur image.
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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Et, si dans l'ordre naturel la Tradition nous permet de voir des vestiges, des images (S. Thom. : Sum. Theol., I, q. 55, a. 7), non pas seulement de la Nature de Dieu, mais des Personnes divines elles-mêmes, comment ne trouverions-nous pas dans l'ordre surnaturel des analogies avec elles ? Comment serions-nous surpris d'entendre de graves auteurs en relever de très intéressantes et de très édifiantes dans saint Joseph, ce Signe éminent de tout l'ordre surnaturel ?

Mais d'abord, comprenons-le bien, lorsque, après les théologiens, les Pères du Vatican nous disent que saint Joseph « a mérité d'être l'Époux de la Vierge Marie et le Père du Verbe Incarné, non pas par la génération, mais par la charité, par l'adoption, par le droit du ma­riage (Cf. Sum. Joseph., n. 1887) », cette paternité regarde, non pas seu­lement l'Humanité de Notre-Seigneur, mais sa Personne qui n'est autre que la Personne du Verbe.
Ce n'est pas seulement de l'humanité de Notre-Seigneur que Marie est la Mère, mais de sa Personne adorable. Et cette relation de Marie au Verbe est de foi.

Et, de même, c'est avec la Personne du Verbe que la paternité virginale de saint Joseph le met en relation directe. C'est avec la Per­sonne du Verbe qu'elle l'établit dans une affi­nité si prodigieuse.

Mais puisque la paternité virginale de Joseph regarde directement la personne du Verbe, comment pourrait-elle ne pas l'établir, par le Verbe, en des rapports à part avec le Père, avec l'Esprit-Saint, et avec les perfections infinies de la Nature divine ?

Oui, « quand Joseph embrasse tremblant d'adoration et d'amour le Verbe Incarné, il l'embrasse actuellement (1) engendré par le Père, lequel est dans le Fils; il embrasse le Père; il embrasse le Saint-Esprit procédant actuellement du Père et du Fils. C'est la Trinité tout entière que Joseph presse dans ses bras, à Elle que se terminent tout son dévouement et les battements de son coeur : c'est de toute la Tri­nité qu'il reçoit d'ineffables marques d'amour (Mariani : La Primauté de saint Joseph, p. 249).»

Quelles sont d'abord les relations de saint Joseph avec Dieu Père éternel de Jésus ?


(1) - L'auteur parle le langage de saint Bonaventure; nous dirions avec saint Thomas : le Verbe engendré éternellement...
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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]I - SAINT JOSEPH OMBRE DU PÈRE.

C'était un grand honneur pour les choses et les personnes de l'Ancienne Loi d'être les om­bres, les figures lointaines d'un avenir si su­blime.

Mais quelle gloire à part pour saint Joseph d'être l'ombre prochaine, le portrait visible du Père céleste aux yeux de Jésus !

« Saint Joseph à Bethléem, en Égypte, dans le désert et à Na­zareth, est comme l'ombre du Père éternel, c'est là ce qui constitue sa sublime dignité. L'incommunicable et à jamais bénie paternité de Dieu lui est communiquée d'une manière figurative. Il est le Père nourricier de Jésus : aux yeux du monde extérieur il passe pour son véritable Père. Il en exerce l'autorité et remplit envers lui tous les devoirs de l'affection et de la sollicitude paternelles. Que dis-je ? dans sa na­ture humaine, Notre-Seigneur est subordonné à saint Joseph, lui qui, dans sa nature divine, ne pouvait jamais être subordonné au Père éter­nel (P. Faber : Le Saint-Sacrement, t. I, p. 193). »

« Cette paternité de Joseph au regard de Jésus est le miroir de la paternité divine; elle en reflète l'autorité, l'imperturbable séré­nité, l'immensité, la suavité (Mgr Gay : Elev., t. I, p. 189). »

« Comme époux de Marie, il est le voile du Saint-Esprit qui la féconde; comme père adop­tif et légal de Jésus, il est l'ombre du Père, qui, l'engendrant dans l'éternité, est le principe de sa mission dans le temps, de son Incarnation parmi les hommes. Je dis l'ombre, je pourrais dire l'image, le sacrement, le lieutenant, le vicaire; néanmoins je dis l'ombre. Ce mot sied particulièrement au caractère de saint Joseph : outre qu'il est déjà consacré par l'emploi qu'en ont fait des écrivains mystiques dignes de tout respect, il exprime mieux qu'aucun autre et la forme du mandat de notre admirable Saint, et cette relation prochaine, intime, immé­diate avec le Père où ce mandat prend son ori­gine. Quoi de plus proche de moi en effet, et de plus dépendant de moi, que l'ombre que je projette en marchant au soleil ? On députe un vicaire, on envoie, et parfois bien loin de soi, un ministre ou un représentant; on ne se sépare pas de son ombre, et l'ombre non plus ne se sépare point de celui qui la produit.

« Joseph est l'ombre du Père céleste. Est-ce une dignité assez haute ? Après celle de Jésus et de Marie en concevez-vous une qui soit plus relevée ? A quelque titre ou pour quelque fin qu'on représente Dieu ici-bas, on occupe un rang supérieur et l'on jouit d'un honneur insigne. Mais qui a jamais tenu pareille place et fait le personnage de Dieu dans des conditions pareilles à celles où se trouvait Joseph (Mgr Gay : Con. aux M. Chrét., t. I, p. 144) ? »

Si nous songions mieux à ces gloires de saint Joseph, comme elles nous exciteraient mieux à l'honorer, à l'aimer avec plus de res­pect, de tendresse et de dévouement ! Et elles exciteraient aussi les âmes, qui ont cet attrait, à mieux honorer Dieu le Père par un culte privé (1) très fervent, selon ces profondes paroles : « Le jour de saint Joseph, Dieu dai­gna me dire : Voici ma grande fête. Il me faisait entendre par là qu'il avait paru en la personne de ce glorieux Patriarche, qu'il lui avait accordé une participation abondante de son esprit de Père, et lui avait donné, pour conduire la Sagesse éternelle, une sagesse et une lumière admirables (M. Olier : Esprit, t. I, p. 448). »

Et comment pouvons-nous fêter intimement le Père (Cf. Dieu Intime, première élev.), et son ombre vénérée saint Joseph ? Par l'amour, le respect, le service le plus filial des vertus.


(1) - Une observation sur le culte public : « Il n'existe aucune fête honorant uniquement la nature divine du Verbe, » dit Léon XIII, Encyc. Divinum illud munus (édit. Aug., t. V, p. 143). Et l'Église observe la même loi pour le Père et le Saint-Esprit. Lire dans nos Litanies du Coeur de Jésus, 2ème édit., aux pages 2, 3, 4, les raisons de cette loi et quelques conseils sur la dévotion privée aux Personnes divines.[/quote]
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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - SAINT JOSEPH EST L'OMBRE DE LA PRIMAUTÉ DU PÈRE.


« Telle est sa dignité et sa gloire, a dit saint Bernardin de Sienne, que le Père éternel lui a donné avec la plus grande magnificence une ressemblance de sa primauté : Primatus simili­tudinem, sur son Fils incarné (Sum. Josephina, n. 54). »

Et, dit le très docte et très pieux de Isolanis, saint Joseph a rempli la place du Père céleste : Patris coelestis vices gessit, en lui imposant son nom, en le conduisant en exil, en le nourris­sant, en lui commandant (Ibid., n. 447).

« Il y a sur la terre, depuis tout à l'heure dix-neuf siècles, un mandataire de Dieu qui, à tous égards, prime les autres : c'est le Vicaire du Christ, le Chef de l'Église universelle, le Pontife souverain, le Père commun de la chrétienté, le docteur et le pasteur du monde. Dieu est là comme nulle part ailleurs : il y est dans sa sou­veraine autorité, il y est dans son infaillibilité, il y est dans sa puissance, il y est dans son amour. La gloire de cet homme tout divin est immense, et l'on comprend que, portant un tel poids, il se soulage et, pour ainsi parler, s'excuse à ses propres yeux et aux yeux de tous ses frères, en se nommant toujours « le serviteur des servi­teurs de Dieu ».

Cependant sur qui s'exerce ce mandat du Vicaire du Christ, et quels sont les sujets d'un si étrange pouvoir ? Le pape com­mande au nom de Dieu, oui; mais à des hommes, et encore à des hommes mortels. Il n'a juridiction ni sur les anges, ni sur les bienheu­reux du ciel, ni sur les âmes du purgatoire.

« Or, ce n'est ni sur un homme seulement, ni sur l'humanité entière, ni sur la société des anges, ni même sur une créature quelle qu'elle soit, que Joseph doit exercer son autorité. Chose inouïe et presque incroyable c'est sur un Dieu, le vrai Dieu, l'unique Dieu véritable.

« Sans doute, ce Dieu s'est fait homme, et c'est ainsi qu'il s'est rangé lui-même sous un pouvoir humain... Mais, de même qu'à raison de l'unité et de la divinité de la Personne du Christ, Marie, en enfantant le Christ, a été vraiment la Mère de Dieu; de même, en commandant au Christ, c'est véritablement à Dieu que saint Joseph commande. Oui, le Verbe éternel, le Fils substantiel du Père, celui-là même qui, comme tel, loin d'être subordonné en rien à Celui qui l'engendre, est de toute manière et absolument son égal, il est réellement subor­donné à Joseph (Mgr Gay : Conf. aux mères Chrétiennes, t. II, p. 144)...

« A cause de la grande et triomphante puis­sance dont Dieu investit Moïse pour arracher son peuple à la tyrannie du roi d'Egypte, il lui dit : « Je t'institue le Dieu de Pharaon (exod.) »; et du reste, dans l'Écriture, ce grand nom de Dieu est donné aux princes, aux juges, aux magistrats, aux pères (Ibid., XXII, 28. ― Ps. LXXXI, I. ― Joan. X, 25).

Dieu dit donc à Joseph : « Je t'éta­blis le dieu de mon Fils, son dieu créé, son dieu visible, humain et domestique, son chef enfin et son père sur la terre; et Moi, son Père divin, Je me mets en toi pour cela (Mgr. Gay : ibid., pp. 145, 146). »

Dans l'ordre purement créé, après l'autorité de Marie sur son Fils, je ne vois rien de grand, de majestueux, ô Saint si humble et si modeste, comme cette communication que le Père vous fait de son autorité sur Jésus Homme-Dieu.

Est-il rien qui réclame mieux ma vénération, en même temps que mon obéissance et ma docilité à vos volontés, à vos désirs qui sont ceux du Père céleste ? Que vous êtes grand, ô Saint tant oublié du monde et même d'une partie des âmes chrétiennes !
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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]III - SAINT JOSEPH OMBRE DE LA CONNAISSANCE DU PÈRE.

Le Père dans l'éternité produit son Fils par la connaissance. En se connaissant Lui-même et toute chose possible d'une connaissance infini­ment parfaite, Il engendre son Verbe. Dans ce Verbe, infiniment lumineux et vivant, Il connaît, Il dit tout.

Et toute connaissance qui nous éclaire sur l'ordre naturel, et à plus forte raison sur l'ordre surnaturel, a sa source définitive et trouve son idéal suprême dans cette connaissance du « Père des lumières ».

Et je crois, ô Père, que votre connaissance infiniment lumineuse n'est que pour un amour aussi parfait qu'elle, pour une intimité infini­ment aimante avec votre Fils dans votre divin Esprit. Et puisqu'il faut chercher en Vous la loi de toute connaissance, je crois encore que la. science parfaite parmi les anges, parmi les hommes, doit donc aller à l'intimité, à la charité divines.

Mais il n'est personne, après Marie, en qui elle ait suivi cette loi comme en saint Joseph : personne, pas même les prophètes les plus saints, pas même les Séraphins.

Si, entre toute connaissance et la connaissance du Père, nous pouvons admirer des analogies, quelles analogies plus parfaites je dois honorer entre cette science du Père et la connaissance qu'avait de Jésus saint Joseph ! Elle était si simple, si profonde, et toute tournée à l'amour, à l'intimité la plus vraie, la plus tendre, la plus dévouée avec Celui qu'elle embrassait !

Rien, il est vrai, en vous, ô grand Saint, de l'éclat et du prestige qui environnait les orateurs, les écrivains, les génies guerriers de votre époque ; mais que vos vues étaient autrement précieuses ! Vous voyiez, et de quel regard simple et péné­trant ! Celui que n'ont pas entrevu ces grands hommes, Celui qu'avaient tant désiré contem­pler les Patriarches et les Prophètes.

L'ardente contemplation des anges plaisait moins, je le crois, à Jésus que la vôtre. Nul, après Marie, n'a communié aussi bien que vous au « Père des lumières » par la vision qui s'empare et jouit à fond de l'objet qu'elle contemple, par les com­plaisances, par l'amour.
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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]IV - SAINT JOSEPH OMBRE DE L'AMOUR DU PÈRE.

Voilà ce qui par-dessus tout ravissait le Cœur de Jésus : c'est qu'il trouvait dans le cœur de saint Joseph une ombre de l'amour de son Père.
« Son amour pour Jésus, qui n'avait rien de l'amour d'un père terrestre, était l'ombre du bienheureux amour du Père pour son Fils éternel (P. Faber : Bethléem, t. II, p. 228). »

Et si l'on dit que tout amour surnaturel n'est pas sans analogie avec cet éternel amour du Père, en saint Joseph l'analogie est sans pareille, si ce n'est en Marie. C'est qu'il participe seul, avec elle, à la paternité du Père à l'égard de Jésus. Et il participe, avec elle, d'une manière unique à son amour paternel.

Cet amour paternel qui est au-dessus et à part de l'amour des saints et des anges, Jésus le voyait, avec quelle indicible joie ! venir dans le cœur de saint Joseph, du sein même de son Père.

« Le vrai Père de Jésus-Christ, ce Dieu qui l'engendre dans l'éternité, ayant choisi le divin Joseph pour servir de père au milieu des temps à son Fils unique, a fait en quelque sorte couler en son sein quelque rayon ou quelque étincelle de cet amour infini qu'il a pour son Fils : c'est ce qui lui change le cœur, c'est ce qui lui donne un amour de père; si bien que le juste Joseph, qui sent en lui-même un cœur paternel formé par la main de Dieu, sent aussi que Dieu lui ordonne d'user d'une autorité paternelle; et il ose bien commander à celui qu'il reconnaît pour son maître (Bossuet : t. XII, p. 123). »
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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Avec l'autorité la plus majestueuse et la plus sainte, voilà donc l'amour le plus sublime qui vient à saint Joseph de la Source suprême de l'autorité et de la charité ! Et cet amour, le Père, qui le lui donne par le mystère de l'Incarnation, ira l'augmentant toujours par les autres mystères de son divin Fils.

Sous ce rôle si grave, si saint, de Représentant du Père aux yeux de Jésus, comme saint Joseph s'abîmait dans l'humilité et la prière ! Je le vois « sans cesse plongé dans une prière silencieuse. C'est quelque chose d'étonnant comme les hommes sont portés au silence et à la retraite, lorsqu'ils vivent dans la proximité de Dieu (Bethléem, t. I, p. 148). »

« Saint Joseph savait qu'il était l'ombre, la figure du Père éternel, et cette connaissance l'écrasait. Constamment occupé de la pensée de la dignité de son office, il se cachait avec le plus profond respect dans les sentiments le plus bas de sa propre abjection. Le commande­ment rend les hommes profonds plus humbles que l'obéissance. L'humilité de saint Joseph a été pendant toute sa vie entretenue par l'office qu'il avait à remplir de commander à Jésus et d'être le supérieur de son Dieu (Ibid., p. 257). »

« Croyez-vous que cela soit fait pour écraser une âme, et la tenir abaissée, muette, et comme anéantie ! Si là où Dieu entend former une mer plus vaste et plus profonde, il faut qu'au lieu marqué par lui pour recevoir ces grandes masses d'eaux, la terre s'ouvre, se creuse, et pour ainsi parler, disparaisse, afin que l'abîme qui se produit ainsi soit capable de tout con­tenir : devinez dans quelles profondeurs de démission, de renoncement, d'effacement, vécut saint Joseph, pour recevoir et garder dans son âme cet océan infini de la paternité de Dieu ! A tout moment, mais surtout quand il traite d'office avec Jésus, le portant, le conduisant, lui parlant, le gouvernant, il se fond intérieure­ment et s'éclipse tout entier dans le Père, pour n'agir et ne parler que comme le Père, pour le Père, et être exclusivement le Père, autant que cela est possible. Dans cet ordre, il n'a ni vie propre, ni volonté propre, ni aucune sorte de propriété; il est uniquement une ombre, l'ombre du Père (Mgr. Gay : Conf. aux M. chrét., t. II, p. 147). »

Il est des âmes qui sont très attirées vers la confiance, l'abandon à l'égard du Père : une grande dévotion envers saint Joseph, infaillible­ment, mettrait en elles quelque chose de son abandon et de sa confiance. Et elle mettrait en nous tous quelque chose de ses lumières, de ses vertus, car saint Joseph est une ombre si lumi­neuse, si parfaite à l'exemple du Père céleste, si radieuse et si communicative !
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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]
DIXIÈME ÉLÉVATION

Les divines Affinités de saint Joseph (avec l'Esprit-Saint (1)).


Dieu le Père dont saint Joseph sera l'ombre, et le Fils de Dieu dont saint Joseph doit être le Père nourricier, produisent de toute éternité l'Esprit-Saint, Terme infiniment aimant lui-même, infiniment joyeux, infiniment paisible, de leur amour, de leur joie, de leur paix.

« Saint Joseph, dit le cardinal Vivès après Gerson, représente l'Esprit-Saint (Summula Josephina, n. 719) par son amour. »
« Saint Joseph, dit le P. Faber, représente le Saint-Esprit, la Joie incréée de la Divinité (Bethl., t. I, p. 211), » la Paix, l'Amour, la Vertu sanctificatrice per­sonnelle du Père et du Fils. Et d'être ainsi le représentant de la troisième Personne établit entre elle et saint Joseph des affinités et des intimités prodigieuses.

Si nous pouvions entrevoir ces affinités glori­fiées dans le ciel ! Si nous pouvions du moins entrevoir ces affinités telles qu'elles furent sur la terre, pour y puiser lumière, joie, confiance, courage, toute vertu ! Saint Joseph, révélez-nous le prix de l'intimité avec l'Esprit-Saint, vous qui la connaissez si bien !

Nous voudrions méditer comment saint Joseph, par là même qu'il a des relations très spéciales avec le Fils et le Père, a aussi avec le Saint-Esprit des rapports que n'ont point les autres saints, ni les anges; et comment les rapports qu'ont avec le Saint-Esprit les autres saints et les anges, il les a dans une perfection surémi­nente.

Nous saisirons mieux ces affinités lorsque nous aurons médité comment l'Esprit-Saint s'est associé saint Joseph dans son oeuvre capitale : l'Incarnation.


(1) - Même lorsqu'il ne s'agit pas d'appropriations à l'Esprit-Saint, ces appropriations sont utiles pour nous faire mieux saisir les caractères de la troisième Personne divine et les caractères de saint Joseph.[/quote]

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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]I - SAINT JOSEPH COOPÉRATEUR DE L'ESPRIT-SAINT DANS SON ŒUVRE CAPITALE.


Après la Sainte Vierge, saint Joseph a été le plus grand coopérateur, - bien que le plus silencieux, le plus caché, le plus mystérieux, - de l'Esprit-Saint. Pour caractériser sa coopéra­tion, d'une portée sans pareille, des auteurs graves ont employé des expressions qui toutes sentent le mystère.
On l'a nommé le voile sacré, sous lequel le divin Esprit a opéré son oeuvre la plus sublime et la plus féconde.

Sous le voile, en effet, de son mariage virgi­nal avec Marie, l'Esprit d'amour et de pureté a consommé si parfaitement la sainteté de Marie que cette Vierge incomparable fut trouvée digne d'être la Mère de Dieu. Et sous ce voile, mille fois plus saint et plus mystérieux que le voile du Temple ou du Tabernacle, se sont accomplis les deux grands mystères si intime­ment liés : la Maternité virginale de Marie et l'Incarnation.

Le voile si révéré des Juifs et que la mort de Jésus déchira ne savait pas quels mystères il cachait, et ne pouvait penser à ces mystères. Mais, ô saint Joseph, vous étiez admirablement conscient des mystères que voilait votre mariage vous viviez uni avec un profond amour à l'Esprit-Saint (1) qui les opérait, au Verbe incar­né que vous traitiez et aimiez comme votre fils, à la Sainte Vierge envers qui votre amour conjugal était un culte plein de la plus pure ten­dresse et du plus profond respect.


(1) - Jean de Carthagène, après Rupert, remarque que le mot d'Esprit-Saint apparaît pour la première fois lorsque l'ange dit à Marie : « L'Esprit-Saint surviendra en vous » (Luc. I, 15), ― et à Joseph pour le rassurer : « Ce qui est né en elle est de l'Esprit-Saint » (Matth. I, 20). « Alors seulement ce mot magnifique d'Esprit-Saint commence de retentir aux oreilles des hommes, qui jusque-là avaient entendu parler de « l'Esprit de Dieu », de « l'Esprit du Seigneur », mais jamais de « l'Esprit-Saint ». C'est qu'il s'agissait d'un mariage si sacré, de deux Époux si chastes, d'un Enfant si pur, du mystère de l'Incarnation si saint. Comme il est opportun de parler pour la première fois de Celui qui est l'Amour en personne et la Sainteté même ! Cf. Summul. Joseph., nn. 864, 865. Et comme saint Joseph, si pur et si clairvoyant, devait pénétrer sous ce mot, que la terre entendait pour la première fois : Esprit-Saint ![/quote]

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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]On a comparé saint Joseph à quelque chose de plus intime que le voile du Temple : au Sanc­tuaire lui-même. Et le bienheureux Eudes l'in­voque sous le titre de « Sanctuaire de l'Esprit-Saint » : Sacrarium Spiritus Sancti (Cf.Summa Josephina, n. 2807). Cette invocation, écho de la Tradition, veut dire, sans doute, que l'Esprit-Saint a opéré dans son âme des merveilles de sainteté à part.

Mais nous croyons qu'elle a un sens bien plus important : c'est que l'Esprit-Saint, dans le Sanctuaire de son union virginale avec Marie, a opéré des prodiges plus grands que ceux dont nos tem­ples sont le théâtre vénéré : il a opéré un prodige, dont la présence eucharistique accomplie par la consécration n'est que la continuation très sainte.

L'on a encore comparé saint Joseph à quelque chose de plus profond que le Sanctuaire des Juifs ou nos temples : je veux dire au firma­ment, au ciel.
Dans ce ciel s'est réalisée la mys­térieuse Vision de la « Femme » qui enfante le Messie et l'Église.
Dans ce ciel l'Esprit-Saint a formé le Soleil divin dont elle est revêtue.
Dans ce ciel il a environné la Femme d'étoiles qui sont les anges et bientôt les saints.

Et je songe encore une fois que, lorsque le firmament matériel s'emplissait d'astres, quand le soleil et la lune commencèrent d'y rayonner, il ne pouvait aimer ni adorer Dieu qui répandait en lui toutes ces merveilles de sa puissance et de son intelligence. Mais, ô saint Joseph, avec quel amour le ciel de votre âme réagis­sait, quand elle voyait apparaître dans son fir­mament la Femme par excellence et Jésus le Soleil adorable !

L'on a comparé enfin saint Joseph à quelque chose d'infiniment plus grand encore, et de plus sacré : au sein de Dieu le Père.

« Il y a une analogie frappante entre la vie et l'âme de Joseph et le sein du Père éternel. Ce sein du Père est le lieu incréé où naît, s'épa­nouit et se consomme le mystère tout entier de Jésus et de Marie; l'âme et la vie de saint Joseph sont, à leur manière, le lieu créé où ce même mystère adorable se pose, demeure et grandit. Le mystère, il est vrai, se couronne en dehors de Joseph, puisque le saint Patriarche disparaît avant la Passion du Sauveur, et très probablement vers la fin de sa vie cachée, mais il ne se consomme ainsi hors de lui que pour avoir été préparé en lui, protégé, conservé et comme couvé par lui (Mgr. Gay : Élév. 22, t. I, p. 188). »

Dans le sein incréé de Dieu, il ne reste à l'Esprit-Saint, à produire; mais dans le lieu créé qui le rap­pelle, et qui est votre vie d'union intime avec Marie, ô saint Joseph, quels prodiges il accomplit !

Et quand je songe que votre vie, votre âme, votre cœur, étaient dignes par leur sainteté, leur religion, leur amour, de ces merveilles, et dignes de nous rappeler le sein du Père qui est la sainteté même !
[/quote]

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