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Re: Saint Joseph intime

Publié : lun. 23 mai 2016 22:00
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Jésus a été conçu dans la maison d'un fils de David, cela suffit d'après eux pour que Jésus soit le fils de David.

Le Fils de Dieu, ô grand Saint, est né dans votre maison. Et il n'en sortira pas. La Sainte Famille doit durer toujours, même dans le ciel. Ainsi Jésus est-il né, a-t-il vécu, et vit-il à jamais chez vous. Les Juifs ne se préoccupaient que de ce fait : Jésus est né dans la maison de Joseph, fils de David : mais ils ne voyaient point, il s'en faut, toute la gloire dont ce fait vous couronne.

Rien que de ce chef, combien le Fils de Dieu, qui a dans son infinie sagesse voulu cette ori­gine, vous est-il reconnaissant ! Comme, à l'avance, il vous a fait digne de le recevoir dans votre maison ! Et comme l'Arche de son Humanité demeurant trente ans sous votre toit y a répandu ses plus intimes et ses plus fécondes bénédictions ! Et quel honneur rejaillit sans cesse d'elle sur vous au ciel comme sur la terre !

Si aux yeux des Juifs, il suffisait que Joseph fût le Père généalogique de Jésus pour qu'il héritât de David, si cela suffisait pour honorer Joseph d'un honneur immense, cela ne suffisait pas aux yeux de Dieu. Ce titre si glorieux de père généalogique suppose - ainsi l'a-t-il voulu ― une paternité aussi vraie qu'elle peut l'être sans la génération charnelle.
[/quote]

à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : mar. 24 mai 2016 9:25
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - SAINT JOSEPH PÈRE VIRGINAL DE JÉSUS EN VERTU D'AUTRES DROITS ACCIDENTELS DU MARIAGE.

Le mariage de saint Joseph, vrai, sacré, au-dessus de tous les mariages, lui donne dans la perfection des droits accidentels attachés à l'union, à l'amitié des époux.

I. - Un premier droit dont bénéficie le ma­riage de saint Joseph, c'est le droit que les juris­consultes appellent droit d'accession. Une terre s'enrichit-elle légitimement d'un bien précieux, ce bien appartient au possesseur légitime de cette terre.

Marie est la terre (1) la plus précieuse. Le Paradis terrestre ou la Terre promise auprès d'elle étaient sans beauté et sans fécondité. Et cette vraie Terre promise et ce vrai Paradis sont à Joseph par les droits les plus sacrés.

Aussi le Fruit infiniment précieux qui, sous l'action de l'Esprit-Saint, naît d'elle, lui appartient-il de la manière la plus légitime.

Recueillez et gardez, ô grand Saint, pour le monde entier, le Froment, le Vin adorable que cette Terre vous a donné. Comme vous allez en vivre, - puisqu'il est vôtre à un titre sans pareil, - dans cette Communion de trente ans, où, sans le recevoir en vous comme nous par l'Eu­charistie, vous le recevez cependant plus inti­mement et plus profondément, par sa grâce, par sa vie, par le don de ses vertus qu'il vous fait sans cesse mieux qu'à personne, sinon à Marie, puisqu'il est vôtre d'une manière unique !


(1) - Nous ne répétons pas ici une belle et célèbre page de saint François de Sales, citée dans Jésus Intime, t. IV, p.404 : sur « le divin Colombeau » laissant tomber dans le « Jardin clos et fermé », qui appartient à saint Joseph, une datte destinée à fructifier pour lui.[/quote]

à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : mar. 24 mai 2016 21:40
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II. - Dans le mariage, lorsqu'un régime spé­cial de propriété ne vient pas déroger à sa loi ordinaire, les biens légitimement acquis ensem­ble appartiennent naturellement en commun aux époux. S'il fut jamais dans le mariage un bien légitimement acquis, c'est le Fils de Dieu que la Très Sainte Vierge, par sa pureté virginale et son humilité si profonde, attira en elle, alors qu'elle appartenait pour jamais à Joseph.

Ce don, ce trésor ineffable, l'Esprit-Saint, le Don éternel, l'a donné à Marie et, en le lui donnant, il l'a donné à Joseph.

Tout père en voyant son enfant devrait penser : C'est là un don de Dieu. Mais saint Joseph a pu bien mieux se dire : Jésus est le don que Dieu m'a fait. Aux autres pères, en effet, leurs enfants sont donnés par une voie qui témoigne sans doute admirablement de la sagesse et de l'amour infinis; mais la voie par laquelle Jésus a été donné à saint Joseph est infiniment supérieure : c'est l'opération la plus sublime de l'Esprit-Saint qui par la concep­tion virginale de son Épouse lui a donné un tel Fils. Et il lui a été donné avec bien plus d'amour que Dieu n'en mettra jamais à donner au monde, par la filiation ordinaire, tous les enfants les plus parfaits qui soient nés ou doi­vent naître.

III. - En même temps que par le mariage, Marie et Joseph étaient liés par l'amitié la plus vraie, la plus profonde, la plus communicative. Mais c'est une loi de la parfaite amitié qu'entre amis tous les biens soient communs.

Aussi comme vous avez communiqué à Joseph, votre Ami incomparable, ô Marie, votre Trésor ! Vous le lui avez communiqué de la manière et dans la mesure où la puissance, la sagesse et l'amour infinis de Dieu vous le permettaient, et comme vous êtes sa Mère, vous le lui avez communiqué comme son fils.

Avec quel amour et quelle joie vous rendez par ce don votre virginal Époux père du Sauveur du monde, du Rédempteur !

Avec quel amour et quelle joie saint Joseph reçoit, comme son Fils, votre Fils Jésus ! Et comme votre angélique amitié redouble en se concentrant sur ce Fils adoré !
[/quote]

à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : mer. 25 mai 2016 9:39
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]IV. - « Le mari de celle qui nourrit de son lait un petit enfant a coutume d'être nommé nourricier. Il a l'office et la tendresse d'un père, et l'enfant l'appelle père.

Saint Joseph remplit cette charge d'une manière supérieure, dit saint Bernard. Comme un nourricier, il prenait l'en­fant entre ses bras, le portait en chantant, le fêtait et le consolait lorsqu'il pleurait, agitait son berceau afin qu'il s'endormît, le raisonnait, le caressait et lui donnait les petits présents de son âge; il ne sortait jamais de la maison sans lui rapporter quelque fruit ou choses semblables, dont les enfants se réjouissent.

Il retournait ainsi lui-même à l'âge enfantin, celui qui traitait avec le Dieu infini fait enfant (P. Gratien : Des Excellences du glorieux saint Joseph, p. 64). »

Mais ce rôle de nourricier, si sublime et si touchant, c'était vraiment en père que Joseph le remplissait. Sans qu'il fût son père selon la chair, quand il reçut de Marie Jésus pour fils, « un principe intérieur envahit. tout son être et le transforma en père d'un Dieu. Du sein du Père éternel, jamais la vie paternelle n'avait coulé à flots plus purs et plus abondants. (Mariani : La Primauté de saint Joseph, p. 253). »

Aussi bien, « le Verbe incarné avait été de la part du Père éternel l'objet d'une Providence unique, de la Providence de l'ordre hypostati­que : le ministère de saint Joseph - et en par­ticulier son rôle de Père nourricier - n'était autre que l'exercice officiel et continu de cette toute spéciale Providence (ibid., p. 248) ».

Combien déjà tous ces titres sont glorieux pour vous, ô saint Joseph ! Il n'est point de créature, sinon Marie, qui ait été tant honorée par Dieu. A vous seul sa Providence a fait l'honneur d'être père juridique et généalogique de Jésus.

Seul par votre mariage, vous avez eu la propriété sacrée de la virginité de Marie votre Épouse et de son divin Fruit. Vous êtes l'unique Ami de Marie, à qui elle donne tout ce qu'elle peut donner, à qui elle communique comme fils Jésus, son Bien suprême, son Enfant Dieu. Et seul vous êtes par là prédestiné et appelé à nourrir en père Celui qui nourrit le monde, au prix de vos travaux, de vos sueurs répandues avec la ten­dresse que mérite un tel fils.

Et pourtant ce n'est pas seulement pour ces sublimes services paternels et pour ces titres déjà si glorieux que Marie vous appelle le père de Jésus, et, - mystère infiniment plus doux encore ! - que Jésus vous nomme mille et mille fois, avec le respect et l'amour le plus parfaite­ment filials, son père.

Non, tous ces titres ne sont, j'ose le dire, qu'un prélude de votre gloire. Votre affinité et votre intimité paternelles avec Jésus sont bien plus profondes.
[/quote]

à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : jeu. 26 mai 2016 22:14
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]HUITIÈME ÉLÉVATION

Les divines Affinités de saint Joseph (avec Jésus. Suite).



En réfléchissant sur l'Évangile et en nous inspirant des plus profonds écrivains (1) nous verrons que tout ce que nous venons de dire n'est en effet, qu'un prélude des gloires paternelles de saint Joseph.

Une illusion assez commune, c'est de croire qu'il n'y a pas de vraie paternité possible, sinon la paternité physique, celle qui suit la loi ordinaire des origines et de la naissance humaines.

On oublie - parce qu'elle ne s'est vue qu'une fois, à l'occasion du mystère unique de l'Incar­nation - une fécondité supérieure à celle-là, transcendante, dont l'Esprit-Saint, précisément à cause de son admirable virginité, et en la consacrant très glorieusement, a honoré saint Joseph.

Ce divin Esprit, selon la pensée de saint Au­gustin, grâce au mariage sublime qui unissait Joseph et Marie, et faisait de leurs virginités comme un seul tout moral, ainsi que de leurs personnes une seule personne morale, « se repo­sant dans la justice, - particulièrement dans la virginité parfaite, - des deux, leur a donné, à tous les deux, le Fils de Dieu. La virginité de Marie seule l'a conçu et enfanté, mais de telle manière qu'il est né pour son époux » : Spiritus Sanctus in amborum justitia requiescens, ambo­bus Filium dedit; sed in eo sexu quem parere decebat, hoc operatus est quod etiam marito nasceretur (Cf. Aug. : Serm. 51, c. 20, n. 30 ―Mariani : La Primauté de saint Joseph, pp. 124, 130).

O saint Joseph, si vous recevez de Marie, grâce à l'opération du Saint-Esprit, pour fils le Fils de Dieu, par une origine aussi légitime que sublime, loin que votre virginité et celle de Marie en soient blessées, c'est justement parce que vous êtes si parfaitement vierge que votre Épouse, Marie, Vierge des vierges, devient pour vous, en même temps que pour elle, la Mère de Dieu. Vierge mariée à un Epoux digne d'elle par la virginité, c'est à cause de votre virginité qu'elle peut vous donner pour fils, son Fils ado­rable, le Fils de Dieu.


(1) - Voulez-vous constater comment une idée profondément traditionnelle peut être un peu oubliée dans beaucoup de livres sur saint Joseph, lisez, dans la Summa Josephina, du C. Vivès, les n° 69, 191, 443, 451, 45a, 752, 758, 873, 948, 949, 1052, 1053, 1062, 1726, 1840, 1847, 1995, 2004, 2005, 2016; ou, plus facilement, parcourez, avec attention, seulement les chapitres 2,3 et 6, de la Primauté de saint Joseph, par Mariani, p. 77 à 99... vous y verrez avec quelle force cette idée, négligée dans beaucoup d'ouvrages récents moins pro­fonds, a été enseignée par des Pères tels que saint Justin. saint Jérôme, saint Augustin, saint Jean Damascène, saint Bernard...; et des théologiens tels que Pierre Lombard, saint Thomas, Cajetan. Suarez, Tyrin, Corneille La Pierre, Gotti... sans parler de saint Bernardin de Sienne et d'autres grands prédicateurs théologiens. Les auteurs de Mois de saint Joseph devraient beaucoup se défier de trahir la doc­trine de saint Joseph : elle est, en effet. particulièrement difficile à approfondir, ― comme à exprimer.[/quote]

à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : ven. 27 mai 2016 14:45
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]I - LES TITRES PATERNELS DE SAINT JOSEPH MÉDITÉS TOUT A L'HEURE SONT SEULEMENT EXTRINSÈQUES ET PRÉPARATOIRES. (Cf. J. Miechov. : Disc. 118 Sum. Joseph., nn. 2530 et s.)


La paternité de saint Joseph dit essentielle­ment plus qu'une paternité nominative ou de réputation. Nous l'avons déjà remarqué : d'être regardé et traité comme le Père de Notre-Sei­gneur par les habitants de Nazareth, par sa pa­renté; surtout, d'être ainsi nommé par les Évan­giles, par Marie, par Jésus : cela est déjà si beau et si grand !

Mais le langage des Évangiles, de Marie, de Jésus, ne nous invite-t-il pas à des pensées plus profondes ? Si - ce qui est légi­time - vous parlez de paternité putative ou de réputation, prenez garde d'exclure ou de paraî­tre exclure une paternité vraie et réelle : car pour saint Joseph il y a une paternité morale, qui est véritable, en dehors, et je dirais au-des­sus de la paternité matérielle. En vous, ô Saint unique, Dieu a su concilier cette vraie paternité avec la plus parfaite virginité.

On vous appelle père de Jésus, parce que, d'une manière ineffable qui n'a rien à voir avec la paternité de la chair, vous avez cependant « la réalité exprimée par ce nom de Père, autant qu'une créature, sans la génération physique, peut l'avoir (Suarez : Vivès, t. XIX, p. 122) ».

Souvent l'on vous appelle encore Père adop­tif de Jésus. Père adoptif', vous l'êtes, en effet, d'une manière infiniment touchante. Le Fils de Dieu n'a point de père ici-bas, et c'est vous qui voulez être son père. Mais non, c'est le Fils de Dieu qui vous a choisi pour père, qui a fait vrai­ment de vous son père. Vous êtes bien plus qu'un père adoptif. L'adoption suppose essen­tiellement un étranger que, par affection, l'on choisit et l'on traite comme fils. Mais à aucun moment, ô très saint Époux de la Mère de Dieu, le Fils de Dieu n'a été pour vous un étranger. Votre mariage avec elle est pour que le Fils de Dieu, dans ce mariage, descende parmi nous, s'incarne virginalement en Marie qui est vôtre, et dont le Fils, au premier chef légitime, est, par là même, le vôtre, sans que, un seul instant, je puisse le concevoir un étranger pour vous.
[/quote]

à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : sam. 28 mai 2016 9:49
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]J'aime bien, surtout en ces questions, d'enten­dre les maîtres de la théologie. Le Docteur Angélique nous disait tout à l'heure que, « par une disposition spéciale de Dieu, le but de ce mariage était de recevoir l'Enfant Dieu » : Hoc matrimo­nium fuit ad hoc ordinatum specialiter quod Proles illa susciperetur in eo et educaretur (In Sent., IV, d. 30, q. 2, a. 2, ad 4).

Ainsi saint Joseph est-il, dans les vues de Dieu, marié à son Épouse virginale, non pour adopter, mais pour recevoir comme son fils, pour élever, nourrir comme son fils, Jésus. Pas un moment vous n'aurez, ô Joseph, à l'adopter, Dieu veut vous le donner, par Marie, dès le pre­mier instant. Et son plan adorable sur votre mariage ne fera que se dérouler quand vous l'accueillerez, quand vous l'aimerez, quand vous le protégerez, quand vous l'élèverez comme votre enfant divin.

La paternité de saint Joseph est bien mieux encore qu'une paternité d'accession. On a dit, en visant saint Joseph, que si dans un jardin naissait miraculeusement une source, un arbre, une fleur, cette source, cet arbre, cette fleur, appartiendraient au propriétaire de ce jardin.

Cela est bien vrai, mais il nous faut montrer le rapport de filiation entre la source, l'arbre ou la fleur qui naissent de cette terre, et son maître, entre Jésus et saint Joseph.

De même encore, dans l'amitié parfaite de Marie et de Joseph, tous les biens deviennent communs : mais, entre le Bien incomparable qu'était Jésus pour lui, et Joseph à qui Marie donne ce Bien, il nous faut voir un rapport de filiation que ne dit pas la simple loi de l'amitié. Jésus est essentiellement plus pour Joseph que le Bien de son angélique Amie qui devient le sien; il est le Fils de son Épouse, et c'est comme son fils à lui-même que son mariage miraculeusement fécond le donne.

Le nom de Père nourricier est consacré par l'usage populaire et par l'usage théologique. Mais il faut le voir dans toute sa vérité. En fait saint Joseph est père nourricier de Jésus parce que Marie son Épouse virginale le lui donne pour fils. C'est en vertu même de son mariage, en vertu des droits paternels dont son mariage l'investit, que saint Joseph est chargé de nour­rir, de protéger, d'élever Jésus.
[/quote]

à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : sam. 28 mai 2016 21:34
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - TITRE PATERNEL DÉFINITIF DE SAINT JOSEPH.


Loin de nous cette idée erronée que : le ma­riage sans la fécondité physique n'est pas un véritable mariage. Et s'il est l'union de deux âmes virginales qui ne veulent ensemble qu'aimer Dieu et servir le prochain, il peut être aux yeux du ciel plus précieux et plus beau que les mariages les plus richement hono­rés de la fécondité matérielle. Combien peuvent glorifier Dieu dans le mariage, deux vies qui dépensent saintement toutes leurs énergies à son service et au service des hommes (Cf. Joan. a Carthag. : Sum. Jos., nn. 602 et s.) !

Il est pourtant vrai que le mariage est de soi orienté vers la fécondité physique. S'il ne va pas là en fait, c'est pour des causes accidentelles.
Mais il y peut aller de deux manières : par la voie ordinaire de la génération, et c'est le cas de tous les mariages féconds, sauf un seul.

Car, pour Marie et Joseph, il va là de la manière la plus extraordinaire, d'une manière unique, par le plus grand des miracles.
Et ce miracle inouï, loin de rabaisser pour vous, ô saint Joseph, la fécondité de votre ma­riage, ne fait que la rendre à vos yeux plus honorable, plus aimable, plus ravissante; puis­que, dans un respect suprême de votre virgi­nité, ce miracle va vous glorifier, et combler votre cœur au-delà de tout désir, de toute attente, de tout soupçon possibles.

L'époux et l'épouse, par le lien du mariage, dit Suarez (Ibid., p. 123) en rappelant saint Paul, ne font qu'un, et par là même l'enfant qui va être donné à l’Épouse de Joseph de la manière la plus légitime, par la vertu et le don de l'Esprit-Saint : Natus ex conjuge, virtute et dono Spi­ritus Sancti, sera non seulement la possession très légitime, le trésor parfaitement acquis, mais l'enfant bien-aimé et adoré de saint Joseph.

Ce n'est pas seulement Marie qui est sa Mère, dit saint Augustin, mais Joseph qui est son père comme époux de sa mère : Propter fidele conjugium parentes Christi vocari ambo meruerunt, et non solum illa mater, verum etiam ille pater, sicut conjux matris ejus (De nupt. et Concup. : Sum. Joseph., n. 1121 ― Joan. a Carthag., n. 873 ― Gerson : Ibid., nn. 188 et suiv.). Ainsi tous les deux, Marie et Joseph, à cause de leur mariage fidèle, méritent d'être nommés parents de Jésus-Christ; ce n'est pas seulement Marie qui mérite d'être nommée sa Mère; mais Joseph mérite aussi d'être nommé son père. Pourquoi ? Parce qu'il est l'Époux de sa Mère, légitimement et divinement féconde.

O saint Joseph, Époux de Marie, à vous elle a donné non seulement la virginité de son âme, mais la virginité de son corps (Cf. Gerson : Sum. Joseph.,n. 191); et c'est pourquoi le fils de sa virginité, rendue féconde par l'Esprit-Saint, est votre fils. Vous êtes le père virginal, et pourtant véritable, de Celui qui naît virginalement du Père dans l'éternité, et qui naît virginalement ici-bas, dans votre mariage, de votre épouse très pure, Marie.
[/quote]

à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : lun. 30 mai 2016 10:50
par Laetitia
Ainsi, n'est-ce pas seulement en vertu des lois accidentelles du mariage, mais en vertu de sa loi la plus fondamentale : en vertu de l'appartenance mutuelle de l'épouse à l'époux, et de l'époux à l'épouse; en vertu de cette loi du mariage qui fait que l'époux même dans son corps est à l'épouse et l'épouse même dans son corps est à l'époux, si bien qu'ils ne font qu'un (Cf. S. Aug., et Gerson. : Sum. Jos., nn. 1726, et 191).

Mais écoutons Bossuet parler de cette loi avec la force et la délicatesse qu'il sait si bien allier :

« La pureté de Marie n'est pas seulement le dépôt, mais encore le bien de son chaste époux. Elle est à lui par son mariage, elle est à lui par les chastes soins par lesquels il l'a conservée.

Ô féconde virginité, si vous êtes le bien de Marie, vous êtes aussi le bien de Joseph. Marie l'a vouée, Joseph la conserve, et tous deux la présentent au Père éternel comme un bien gardé par leurs soins communs. Comme donc il a tant de part à la sainte virginité de Marie, il en prend aussi au fruit qu'elle porte : c'est pourquoi Jésus est son fils, non pas à la vérité par la chair, mais il est son fils par l'esprit à cause de l'alliance virginale qui le joint avec sa Mère.

Et saint Augustin l'a dit en un mot : Propter quod fidele conjugium parentes Christi vocari ambo meruerunt. Ô mystère de pureté ! Ô paternité bienheureuse ! Ô lumières incorrup­tibles qui brillent de toutes parts dans ce ma­riage (Bossuet : Vivès, t. XII, p. 118) ! »

Saint Joseph mérite aussi véritable­ment d'être nommé le Père virginal de Jésus que d'être nommé l'Époux de Marie. Ces deux titres sont aussi vrais l'un que l'autre, et l'un est vrai par l'autre. Nier la vérité du mariage de Marie et de Joseph serait évidemment une erreur, nier la paternité de Joseph à l'égard du fils divinement légitime de son Épouse, ne serait-ce pas, au même titre et au même degré, et pour les mêmes raisons, une erreur ? Deux vérités sublimes ici m'apparaissent, aussi incon­testables l'une que l'autre, soit au regard des vues divines, soit au regard des lois du mariage, de ses droits et de ses effets.

Aussi vrai que Joseph est l'Époux virginal de Marie, aussi vrai il est le Père virginal, Pater virgo, de Jésus par la virginité de son Épouse. Il est, dit saint Augustin, chastement son Père, comme Marie est chastement sa Mère : sicut illa caste mater, sic ille caste pater (S. Aug. : Serm. 51, Sum. Jos., n. 1729).
à suivre

Re: Saint Joseph intime

Publié : lun. 30 mai 2016 21:48
par Laetitia
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Ô Créatures virginales par excellence, plus pures que les anges, Marie et Joseph, comme vos deux virginités, qu'admire le ciel, qu'invo­que la terre, et par lesquelles elle se relève, se sont intimement unies dans le plus saint des mariages pour se conserver, s'offrir ensemble à Dieu, pour brûler ensemble d'amour envers lui, pour implorer ensemble la venue de son Christ et lui préparer de si près les voies !

Comme elles vivaient saintement unies par Dieu, - sans qu'Il vous révélât encore ses intentions, - pour que son Fils fût conçu dans votre mariage, de votre sein, ô Marie, sous la seule action du Saint-Esprit !

Comme au moment où le Fils de Dieu vient au monde, elles sont intimement unies encore pour l'accueillir, l'envelopper des mêmes tendresses, des mêmes adorations ! Et pendant les trente ans qu'Il se prépare à son rôle d'Apôtre et de Victime,... comme elles s'unissent pour le nourrir, pour l'entourer de tous les soins, de toutes les protections, de tous les dévouements, de toutes les délicatesses que peuvent avoir la meilleure des mères et le meilleur des pères envers le Fils de Dieu ! Et quelles gloires, et quelles joies les unissent dans le ciel !

Notre-Seigneur nous dit dans l'Évangile que ceux qui font la volonté de son Père, ceux-là sont ses frères, ses soeurs, sa mère (Matth. XII, 50 ― Marc. III, 35). Ainsi la coopération à l'oeuvre de Dieu nous rend frère, soeur, mère de Jésus ! Que dirons-nous de la coopération de Joseph ! Elle n'a pas d'analogue après celle de Marie. Dieu l'a voulue plus immé­diate, plus intime et plus profonde que celle des Apôtres, des Prophètes, ou de saint Jean-Baptiste..., car elle tient, comme nous l'avons déjà dit, après Suarez, à l'ordre hypostatique. Pour que cet ordre, coeur des oeuvres divines, tel que Dieu l'avait conçu, fût réalisé, il fallait le concours de la virginité de saint Joseph unie à la virginité de Marie, et lui permettant, par ce mariage angélique, de recevoir l'opération mira­culeuse de l'Esprit-Saint qui la rendrait Mère du Verbe Incarné.

Et l'amour, le dévouement en saint Joseph, seront toujours à l'égal de son rôle unique envers son Épouse, Mère de Jésus, envers Celui qui l'appelle si justement son père.

Comme, le plan de Dieu est admirable de pureté, en même temps que de bonté ! Comme il est élevant pour nos âmes, glorieux pour Marie et Joseph qui représentent l'humanité près de Jésus, et vont s'unir de si près à sa Mé­diation !

Le mystère de l'Incarnation ne pouvait s'ac­complir que dans le sein d'une vierge, parce que la virginité parfaite seule rapproche la na­ture humaine de la nature spirituelle de Dieu, et que seule elle peut être sa voie pour venir vers l'homme déchu. Et, afin de se conformer aux mœurs juives, la « Vierge » par excellence devait être épousée. Elle allait s'unir à un être aussi véritablement vierge qu'elle. Le plan de Dieu était que par l'amour le plus saint et le plus pur, ils se donneraient l'un à l'autre leur virginité pour se la garder avec le soin le plus religieux, et que de ce mariage tout céleste naî­trait par Marie, et pour Joseph, la « Virginité incarnée », Jésus notre divin Sauveur. Et c'est dans toute la perfection possible que ce plan adorable a été accompli.
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à suivre