Re: Inquisition au Moyen-Âge.
INQUISITION du Moyen-Âge.
(col. 845-846)
Doctrine des hérétiques.
Le successeur de ce même Raymond V, qui déplorait, en 1177, les ravages de l'hérésie, RAYMOND VI, ne craignit pas, lui aussi, de faire appel aux routiers et de déchaîner sur les catholiques leurs bandes sanguinaires (LEA, op. cit., p. 141).
(suite)
C'est en pensant à tous ces excès et aux doctrines fanatiques qui les avaient inspirés, que dans un moment de sincérité, l'un des ennemis de l'Inquisition, LEA a fait cet aveu intéressant : « Quelque horreur que puissent nous inspirer les moyens employés pour les combattre, quelque pitié que nous devions ressentir pour ceux qui moururent victimes de leurs convictions, nous reconnaissons, sans hésiter, que la cause de l'orthodoxie n'était autre que celle de la civilisation et du progrès. Si le Catharisme était devenu dominant ou même seulement l'égal du catholicisme, il n'est pas douteux que son influence n'eût été désastreuse. » (LEA, op. cit., I, p. 120).
Ce n'est donc pas par une simple coïncidence que l'Eglise organisa, au concile de Latran de 1179 et à l'assemblée de Vérone de 1183, un système de répression matérielle contre les hérétiques, au moment où ceux-ci commettaient contre la société les pires attentats. La répression de l'hérésie par l'Inquisition a été la conséquence des troubles anarchiques provoqués par les doctrines antisociales et les prédications fanatiques de l'hérésie.
D'excellents esprits ont essayé, il est vrai, de le nier. C'est après coup, disent-ils, que l'apologétique catholique a essayé d'excuser et de justifier par des raisons de défense sociale la création et le rôle de l'Inquisition; mais en réalité l'Eglise n'a poursuivi dans l'hérésie que l'ennemie de l'orthodoxie; si la société a profité de ces attaques, c'est par suite de conséquences que l'Eglise n'a ni prévues, ni recherchées. Les textes se chargent de répondre à ces affirmations.
Ce fut au concile de Latran de 1179 qu'Alexandre III, abandonnant ses dispositions tolérantes envers l'hérésie, promulgua le premier système complet de répression que l'Eglise ait imaginé contre elle. Or les mesures qui furent alors édictées visent avant tout les hérétiques qui, non contents de professer des opinions hétérodoxes, bouleversaient la société par leurs violences et leurs révoltes. Avec les Cathares, Patarins, Publicains répandus en Gascogne et dans l'Albigeois, le pape condamne les Brabançons, les Aragonais, les Basculi les Cotereaux « qui tantam in christianos inhumanitatem exercent, ut nec ecclesiis nec monasteriis deferant, non viduis et puellis, non senibus et pueris, nec cuilibet parcant aetati aut sexui, sed more paganorum omnia perdant et vastent » ; et il les accuse d'exercer leurs ravages dans les pays qu'ils occupent, regiones in quibus debacchantur. Si Alexandre III ordonne contre ces hérétiques une croisade c'est, dit-il, pour remédier à de grands désastres « ut tantis cladibus se viriliter opponant » ( Decret., Greg. IX; V, VII, 8 ).
On s'explique maintenant pourquoi les princes du XIe et du XIIe siècle…