Re: Réfutations de boulettes que la FSSPX traîne comme un bo
Publié : mer. 17 févr. 2016 20:21
Passons sur cette fausse solution, issue comme d’autres de “la peur du vide”.Abbé D Boulet a écrit :
4.3. Le cas du Cardinal Siri : Certains sédévacantistes arguent que plusieurs défauts sérieux ont affecté les Conclaves qui ont élu les Papes Jean XXIII, Paul VI et, par voie de conséquence, Jean-Paul I et Jean-Paul II. Il est prétendu que le Cardinal Giuseppe Siri, l'ancien Archevêque de Gênes en Italie, aurait été élu pape au cours des Conclaves de 1958, 1963 et, peut-être 1978. Le Cardinal Siri était extrêmement populaire en Italie, surtout en raison de ses importantes réalisations dans le domaine social à Gênes. Il était aussi considéré comme un conservateur affermi, bien qu'il ne se soit pas levé pour défendre publiquement la Tradition durant le Concile Vatican II. Donc, apparemment, le Cardinal Siri aurait été élu pape durant le Conclave qui a suivi la mort du Pape Pie XII. D'aucuns vont même jusqu'à affirmer qu'il aurait accepté l'élection de ses frères cardinaux, et aurait pris le nom de Grégoire XVII. Peu de temps avant que l'élection ne soit rendue publique au monde, un groupe de cardinaux se serait révolté contre lui, et l'aurait forcé à renoncer au pontificat suprême. Puis le Cardinal Roncalli fut choisi et apparut au monde sous le nom de Jean XXIII. Certains sédévacantistes disent avoir trouvé un rapport du FBI qui étaye cette hypothèse. Ils ajoutent que le 'Pape Siri' a créé secrètement des cardinaux pour pouvoir lui succéder dans le futur. Franchement, cette hypothèse n'a pas de sens, pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord, il y a une loi de l'Église qui lie sous le sceau du secret tous les participants à un conclave, sous peine d'excommunication envers quiconque brisera un tel sceau. Même si le Cardinal Siri avait été élu correctement comme pape, c'est un fait qu'il ne le montra jamais en public. Il était parmi les cardinaux qui rendirent allégeance aux Papes Jean XXIII et Paul VI. Après les Conclaves de 1968 et de 1963, il retourna à son diocèse de Gênes. En 1969, quoique à contrecoeur, il adopta le Novus Ordo Missae. Entre-temps, un prêtre français, M. l'abbé Guérin, avait établi une communauté 'conservatrice' de prêtres à Gênes. Dans les années 70, M. l'abbé Guérin vivait à Paris, en France, où il célébrait une messe Novus Ordo toute en Latin, avec barrette et encens à laquelle j'ai assisté quelques fois. Je connais personnellement deux membres de la communauté de M. l'abbé Guérin qui ont été ordonnés prêtres par le Cardinal Siri. Ils ont maintenant un apostolat en France, et disent la Nouvelle Messe. Leur ordination eut lieu avec le Nouvelle Messe, quoique de façon plus traditionnelle. Finalement, le Cardinal Siri est mort en 1989. Mais la raison la plus importante pour laquelle nous devons écarter la thèse du 'Pape Siri', c'est le principe fondamental selon lequel une acceptation paisible d'un pape par l'Église Universelle est le signe infaillible et l'effet d'une élection valide. Tous les théologiens sont d'accord sur ce point. Le Cardinal Billot dit: "Dieu peut permettre qu'une vacance du Siège Apostolique dure un certain temps. Il peut aussi permettre que quelque doute s'élève sur la légitimité de telle ou telle élection. Cependant, Dieu ne permettra jamais que l'Église toute entière reconnaisse comme pape quelqu'un qui ne l'est pas réellement et légalement. De telle sorte que, dès qu'un pape est accepté par l'Église et qu'il est uni avec elle comme la tête est unie au corps, on ne peut plus élever le moindre doute que l'élection aurait été viciée… Car l'acceptation universelle de L'Église guérit à la racine n'importe quelle élection viciée." 21 Maintenant, la preuve par l'absurde: imaginons que j'aie complètement tort et que, en réalité, le Cardinal Siri fut bel et bien le vrai pape qui est sorti des Conclaves de 1958 et 1963. Allons plus loin: imaginons pour un moment que le 'Pape Siri' nomma secrètement des cardinaux pour pouvoir lui succéder après sa mort. De tels cardinaux nommés secrètement sont appelés cardinaux in pectore (près du cœur). Il arriva un certain nombre de fois dans l'histoire de l'Église que des papes créèrent des cardinaux in pectore. Pour différentes raisons, les papes n'ont pas voulu rendre public leurs noms, au moins pour un certain temps. Habituellement, la raison invoquée était pour protéger la vie de tels cardinaux, vivant dans des pays où l'Église est persécutée. Ce fut le cas du Cardinal Slipyj, tête de l'Église Ukrainienne de 1944 à 1984. Il y a cependant une règle qui dit que le nom de tout cardinal créé in pectore doit être rendu public par le pape qui l'a nommé. Donc, tous les cardinaux créés en secret dont le nom n'a pas été rendu public avant la mort du pape qui les a nommés perdraient automatiquement leur titre. 22 Ce fut le cas du Cardinal Slipyj, qui avait été nommé Cardinal in pectore par Jean XXIII en 1960. Vu que Jean XXIII ne révéla jamais son nom, le Cardinal Slipyj ne put participer au Conclave de 1963. Cependant, en 1965, le Pape Paul VI restaura officiellement le titre du Cardinal Slipyj, lui donnant ainsi tous les droits et privilèges d'un cardinal de la Sainte Église Romaine. En conséquence, tous et chacun des cardinaux qui auraient été nommés secrètement par le 'Pape Siri' perdirent leur titre en 1989, à la mort du Cardinal Siri, et perdirent aussi automatiquement le droit de participer à l'élection du successeur du 'Pape Siri'. Un tel argument n'est peut être pas concluant pour certains. Ils peuvent essayer de nous dire que le 'Pape Siri' changea la loi de l'élection pontificale de façon à permettre aux cardinaux in pectore d'y participer, et ainsi d'assurer l'élection de son successeur. Quand on va si loin, la seule chose que nous pouvons dire est que ces malades de la conspiration ont perdu complètement contact avec la réalité.