LE MAGISTÈRE DE L’EGLISE ET LA NOUVELLE MESSE (RP Saenz - Mars 1970)
Tandis que l’établissement de l’ "Ordo Missae" est une véritable hécatombe ; c’est compromettre le Dépôt de la Vérité Révélée ; c’est marcher vers l’hérésie, l’apostasie, le schisme.
Pourquoi le Pape, inflexible en d’autres points, se montre-t-il si condescendant pour appuyer cette révolution liturgico-dogmatique ?
Pourquoi place-t-il avant la science, l’autorité et les mérites du Cardinal Ottaviani l’aventure de Bugnini ? (1)
Joaquin Saenz y Arriaga
(1) La fin de cette introduction d’un écrit daté, ne l’oublions pas, du tout début de 1970, est très instructive psychologiquement et chronologiquement.
Ce R.P., en avance sur tous pour la compréhension de la nature profonde de cette crise inouïe alors à peine commencée, se montre ici quelque peu dérouté par le très habile double-jeu de Montini.
Celui-ci ne cessait, en effet, de faire 3 pas en arrière après 5 avant, de se contredire au for externe en ses agissements et propos contradictoires, afin de mieux dérouter la résistance en cherchant à la désarmer en donnant l’impression de la soutenir au moins en partie.
Cela donnait en outre l’illusion d’un caractère indécis et influençable, d’une possibilité de le fléchir en un sens ou un autre, laissant le trompeur espoir qu’il ne soit pas de mauvaise foi mais seulement quelque peu utopiste ou faible, et puisse se reprendre définitivement dans le bon sens.
D’où les hésitations de beaucoup, mêmes parmi les plus lucides, à le percevoir et reconnaître de façon claire et arrêtée pour un véritable ennemi de la Foi et de l’Eglise.
Ses successeurs en l’intrusion, ont bien retenu la leçon de se faire passer pour fermes au moins en certaines matières marquantes de morale, en vue de donner une part de change en contre-partie et de leur bradage de la Foi.
Il est aussi possible que le R.P. ait voulu terminer cette introduction par un bémol, après les si fortes critiques et accusations faites auparavant et avant celles à suivre, pour ménager ses lecteurs déjà très effrayés par toute cette révolution.
Qu’il était redoutablement tragique de se trouver pris en un tel tourbillon d’événements et de déclarations contradictoires, d’incertitudes et de doutes sur les hommes apparemment au pouvoir et sur leurs faits et gestes opposés, sans savoir encore où cela allait s’arrêter ou, au contraire, jusqu’à quels abîmes cela devait conduire.