Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?
Publié : mer. 06 nov. 2019 19:45
Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)
3. Actualité doctrinale
Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?
RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)
21/
264. Que Fénelon pousse sa pernicieuse radicalisation jusqu'à des erreurs manifestement scandaleuses, en voici la preuve :
Il bannit la crainte salutaire des châtiments et le désir louable des récompenses, objets des vertus de crainte et d'espérance (cf. prop. 2, plus haut) ;
ainsi que les exercices de piété : "Les saints mystiques ont exclu de l'état des âmes ainsi transformées les exercices des vertus" (prop. 21) ; "Le pur amour constitue seul toute la vie intérieure..." (prop. 23) :
ce qui revient à la perverse doctrine des Quiétistes maintes fois condamnée à travers ses divers propagateurs :
Abélard (D.B. 386), les Béguards (D.B. 472, 476), Eckard (D.B. 508, 514, 516-519),
Michel du Bay (D.B. 1016 ; et 1070 qui correspond aux 9e, 10e, et 12e prop. de Fénelon : D.B. 1335, 1336, 1338),
Molinos (D.B. 1221-1288), qui prêchait une sorte de charismatisme et mettait les péchés les plus grossiers des "âmes intérieures" sur le compte de Satan les violentant contre leur volonté (cf. entre autres, D.B. 1267),
les Jansénistes (D.B. 1297-1305, 1313), Quesnel (D.B. 1394-1417, 1441, 1442, 1448).
Cette doctrine n'est qu'une reprise des vieilles théories gnostiques (cf. D. Martinet, Theol. Mor. 1.2 a. 4 sur l'esp.),
et s'apparente aux théories panthéistes et quiétistes du brahmanisme et du bouddhisme visant à atteindre le "nirvana",
à celle de l' "apathéia" du stoïcisme ou du néo-platonicisme de Plotin (+ 270 ap. J.C.) ainsi que des euchites ou messaliens (IVe-Ve S.) ;
à celle des moines hésychastes du mont Athos (XIe S.) : voir le D.T.C. (Vacant et Mangenot), à l'article : Quiétisme.
(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.