Saint Joseph intime
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]I - PREMIÈRE SOURCE : LA PROVIDENCE LA PLUS PARTICULIÈRE DE LA DIVINITÉ.
La source suprême de la grâce, c'est la Divinité. Cette Source définitive, facilement nous l'imaginons lointaine, tandis qu'elle nous touche : oui, la très sainte et infiniment bonne et aimante Trinité nous touche pour nous sanctifier ! Et son contact sanctifiant est d'une intimité et d'une profondeur dont rien ne nous donne l'idée.
Et son action s'accompagne de tendresses, de bienveillances que nous ne soupçonnons pas. Si nous pensions à cet amour, comme nous nous prêterions, comme nous coopérerions avec attention, docilité, générosité, à son travail !
Mais cet amour, ces bienveillances et ce travail prenaient à l'égard de saint Joseph un caractère sans pareil : puisque nul saint n'est dans de pareils rapports avec les Personnes divines.
C'est la Nature divine qui nous sanctifie, mais sous la Nature divine, n'oublions pas les adorables Personnes : car au fond, ce sont elles qui, en commun, par leur Nature qui est vie, intelligence, beauté, sainteté, amour, agissent au dehors. Et nous pouvons interpréter non seulement pour les origines de saint Joseph, mais pour chaque instant de sa vie, leurs dispositions dans cette action commune, unique (1).
(1) - Toute la vie divine, tous les attributs divins non notionnels, sont communs aux trois Personnes et en même temps appartiennent entièrement à chaque Personne (chaque Personne est cette vie infinie, caractérisée, terminée d'une manière à part). Ce n'est donc que justice d'adorer cette vie et ces attributs dans les trois Personnes et dans chacune d'elles.[/quote]
à suivre
La source suprême de la grâce, c'est la Divinité. Cette Source définitive, facilement nous l'imaginons lointaine, tandis qu'elle nous touche : oui, la très sainte et infiniment bonne et aimante Trinité nous touche pour nous sanctifier ! Et son contact sanctifiant est d'une intimité et d'une profondeur dont rien ne nous donne l'idée.
Et son action s'accompagne de tendresses, de bienveillances que nous ne soupçonnons pas. Si nous pensions à cet amour, comme nous nous prêterions, comme nous coopérerions avec attention, docilité, générosité, à son travail !
Mais cet amour, ces bienveillances et ce travail prenaient à l'égard de saint Joseph un caractère sans pareil : puisque nul saint n'est dans de pareils rapports avec les Personnes divines.
C'est la Nature divine qui nous sanctifie, mais sous la Nature divine, n'oublions pas les adorables Personnes : car au fond, ce sont elles qui, en commun, par leur Nature qui est vie, intelligence, beauté, sainteté, amour, agissent au dehors. Et nous pouvons interpréter non seulement pour les origines de saint Joseph, mais pour chaque instant de sa vie, leurs dispositions dans cette action commune, unique (1).
(1) - Toute la vie divine, tous les attributs divins non notionnels, sont communs aux trois Personnes et en même temps appartiennent entièrement à chaque Personne (chaque Personne est cette vie infinie, caractérisée, terminée d'une manière à part). Ce n'est donc que justice d'adorer cette vie et ces attributs dans les trois Personnes et dans chacune d'elles.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
à suivrePour le Père, il veut être représenté dans sa sainteté, dans son autorité, dans sa bonté, dans son amour, près de son divin Fils. Quelles dispositions pouvons-nous adorer en lui , dans la sanctification de saint Joseph ? « Formons à notre ressemblance, semble-t-il dire, cet homme, plus grand que le premier homme, qui doit être mieux que le Chef de l'Humanité, qui doit être le chef de mon Fils et de sa Mère.
« Et puisque, sur la terre, nous voulons que les hommes aillent toujours progressant en perfection, que cette créature si pure et si sainte progresse comme aucune autre, après Marie, en sainteté. Nous l'appellerons Joseph, Accroissement.
« J'ai voulu avoir envers cet homme, béni entre tous, en même temps qu'envers la Mère de mon Fils, des devoirs de reconnaissance comme envers personne : puisqu'il aime, nourrit, protège, en mon nom, le Fils en qui j'ai mis toutes mes complaisances.
« A chacun de ses services, à chacune de ses tendresses, de ses douleurs, de ses joies paternelles, nous tenons à répondre par d'incomparables grâces... » Quelle grandeur d'être ainsi envisagé par Dieu le Père d'infinie majesté !
Je puis adorer aussi les dispositions du Fils de Dieu dans la sanctification à part et continuelle de Joseph; « Joseph ne doit être qu'un avec Marie, par la virginité, par l'amour envers moi : aucune créature n'est intime avec elle et avec moi comme lui : je le veux toujours mieux éclairé, pur, humble, généreux, courageux, dévoué, aimant... » Est-ce que je songe assez à votre gloire, ô saint Joseph, d'être ainsi envisagé et aimé continuellement dans votre sanctification, par le Fils, la Splendeur infinie de Dieu !
Et l'Esprit-Saint, l'Amour même, disait : « Faisons cet homme à notre ressemblance pour la bonté, la charité, puisqu'il doit aimer comme son fils le Verbe Rédempteur et Marie Mère du Sauveur comme son épouse.
« Nous n'avons rien sanctifié comme l'Humanité de Jésus, parce qu'il n'y a ni nature angélique, ni nature humaine qui nous soit unie comme elle.
« Après elle, nous ne voulons sanctifier personne comme Marie, parce que, en donnant le jour à l'un de nous, elle est entrée avec nous dans des affinités dont rien n'approche. Et nous voulons sanctifier Joseph plus qu'aucun autre saint, parce qu'il doit être par elle et par Jésus en des relations uniques avec nous ! »
O Trinité infiniment aimante et sage, votre Providence se montre admirablement attentive envers un astre ou un insecte, plus admirablement soigneuse envers une âme, un ange, une famille ; mais j'aime bien plus encore à l'adorer dans ses sollicitudes infinies sur le centre des astres, des âmes, des anges, sur l'Ordre hypostatique, répandant la grâce (1), la sainteté, sur les trois personnes dont la Sainte Famille est formée.
Elle la répand mieux que sur le monde entier en Marie, elle la répand avec des complaisances sans égales, à chaque instant, sur saint Joseph, son Chef.
Dire que la Providence donne à Joseph la grâce dans une mesure égale à sa charge, c'est dire de lui des merveilles : ineffable sainteté que celle qui le rend digne d'un Fils tel que Jésus, d'une Épouse telle que Marie, qui le rend digne de préparer pour cette Épouse immaculée les voies au mystère de l'Incarnation, d'abriter dans sa maternité divine la Mère du Rédempteur sous le voile de son mariage virginal, de recevoir d'elle Jésus, de l'élever, de le nourrir, de le protéger en père... !
(1) - Sur Jésus elle n'avait à répandre que la plénitude des grâces actuelles, puisqu'il possédait la plénitude de la grâce sanctifiante dès le premier instant.
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Mais la Providence a donné à saint Joseph la grâce bien mieux que dans cette mesure égale à sa dignité, elle la lui a donnée surabondante, débordante. Quelle grâce que celle qui dépasse un rôle aussi sublime ! Je crois qu'il en est ainsi. Où donc, ô Dieu si riche et si libéral, rencontrera-t-on la prodigalité si chère à votre magnificence royale, à votre opulence infinie, à votre immense amour, sinon dans ce ciel des cieux qui s'appelle la Sainte Famille, et où vous avez donné à saint Joseph une place qui ne lui sera jamais ôtée ?
Ces pensées ne sont rien moins qu'arbitraires; nous en avons, là-dessus, appelé non seulement à l'autorité du Docteur Angélique (Sum. Theol., III, q. 27, a. 4) et de saint Bernardin de Sienne, interprètes très graves de la Tradition, mais à l'autorité de l'Eglise. Dans son Office du Patronage de Saint Joseph (Lec. IV, V et VI), elle fait sien ce grand principe proclamé par eux : « Lorsque la grâce divine choisit quelqu'un pour une mission à part, pour un état sublime, elle lui donne tous les dons qui lui sont nécessaires pour cet office et qui peuvent l'honorer richement : Omnia charismata... quae officio necessaria sunt, atque illam (personam) copiose decorant. »
Elle fait sienne aussi l'application de ce grand principe de bon sens autant que de foi, à saint Joseph, au nom de ses relations à part avec Jésus et avec Marie.
Ce principe qui s'applique à toute mission surnaturelle spéciale, à tout état supérieur et à part, s'applique avant tout et par-dessus tout aux personnes qui sont au coeur des oeuvres divines. A Marie sont prodigués avec surabondance (copiose) tous les dons de sainteté qui conviennent à la Mère d'un Dieu Rédempteur. Et saint Joseph reçoit aussi avec surabondance tous les dons de sainteté qui conviennent à l'Époux virginal de la Mère du Rédempteur.
Et de cette surabondance il a pleinement profité. L'Écriture, en effet, l'appelle « juste ». Et juste, il l'est au regard de son rôle sublime : juste, il l'est comme doit l'être l'Époux de Marie et le Père virginal de Jésus.
Et s'il n'était pas proportionné et comme ajusté à ce rôle par une grâce et une sainteté et des progrès toujours à l'avenant de ce rôle, les Ecritures ne pourraient pas, au nom de Dieu, l'appeler et le proclamer juste (Cf. Mariani : Postulatum, p. 257 ― Joan. a Carthag. : Sum. Jos., nn. 654 et s.).[/quote]
à suivre
Ces pensées ne sont rien moins qu'arbitraires; nous en avons, là-dessus, appelé non seulement à l'autorité du Docteur Angélique (Sum. Theol., III, q. 27, a. 4) et de saint Bernardin de Sienne, interprètes très graves de la Tradition, mais à l'autorité de l'Eglise. Dans son Office du Patronage de Saint Joseph (Lec. IV, V et VI), elle fait sien ce grand principe proclamé par eux : « Lorsque la grâce divine choisit quelqu'un pour une mission à part, pour un état sublime, elle lui donne tous les dons qui lui sont nécessaires pour cet office et qui peuvent l'honorer richement : Omnia charismata... quae officio necessaria sunt, atque illam (personam) copiose decorant. »
Elle fait sienne aussi l'application de ce grand principe de bon sens autant que de foi, à saint Joseph, au nom de ses relations à part avec Jésus et avec Marie.
Ce principe qui s'applique à toute mission surnaturelle spéciale, à tout état supérieur et à part, s'applique avant tout et par-dessus tout aux personnes qui sont au coeur des oeuvres divines. A Marie sont prodigués avec surabondance (copiose) tous les dons de sainteté qui conviennent à la Mère d'un Dieu Rédempteur. Et saint Joseph reçoit aussi avec surabondance tous les dons de sainteté qui conviennent à l'Époux virginal de la Mère du Rédempteur.
Et de cette surabondance il a pleinement profité. L'Écriture, en effet, l'appelle « juste ». Et juste, il l'est au regard de son rôle sublime : juste, il l'est comme doit l'être l'Époux de Marie et le Père virginal de Jésus.
Et s'il n'était pas proportionné et comme ajusté à ce rôle par une grâce et une sainteté et des progrès toujours à l'avenant de ce rôle, les Ecritures ne pourraient pas, au nom de Dieu, l'appeler et le proclamer juste (Cf. Mariani : Postulatum, p. 257 ― Joan. a Carthag. : Sum. Jos., nn. 654 et s.).[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - DEUXIÈME SOURCE : L'HUMANITÉ DE NOTRE-SEIGNEUR.
Plus on est près physiquement et moralement de la source de la sainteté, plus on reçoit abondamment la grâce (Cf Sum. Theol., III, q. 26, a. 5). De même que la grâce fut donnée plus abondamment aux anges selon leur rapprochement plus grand de la Divinité, source suprême de la grâce, de même elle vient plus riche aux hommes intimement unis à l'Humanité de Notre-Seigneur, Cause instrumentale supérieure, Sacrement adorable et universel de la grâce.
Et je songe en méditant ce principe du Docteur Angélique que, chaque jour, le prêtre est si près de la Source adorable du Coeur de Jésus par la Consécration ! Tout communiant est si près aussi de cette Source : il reçoit et possède en lui le Corps et le Sang, le Coeur de Jésus ! Aussi quels biens divins, à ces heures, nous pourrions recevoir !
Mais voici une union qui ne dure pas seulement une heure, voici une union éternelle, une union d'état, d'état à part, d'état unique ! Saint Joseph est, avec Marie, uni à Jésus d'une union sans pareille qui achève la Sainte Famille et se referme sur elle comme sur un Sanctuaire, où nul sur la terre ni dans le ciel n'entrera jamais : sa virginité conjugale a pour fin immédiate l'Enfant Dieu qui doit naître dans ce Sanctuaire, elle l'entoure d'honneur dans ses origines, elle l'enveloppera de tendresse, de dévouement, d'amour, de soins les plus vraiment paternels; et c'est dès le premier moment de l'Incarnation que l'affinité la plus intime et la plus profonde le relie au Verbe Incarné, dans le sein de Marie, sa virginale Épouse. En entrant dans ce monde, par-dessus tout le Fils de Dieu adore son Père céleste et s'offre à lui en sacrifice; mais en même temps il répand son amour et sa grâce, avec quelle abondance ! en sa Mère virginale, et en celui qui va l'accueillir et l'aimer comme son fils. Et il redoublera tous les jours, à chaque instant, ces effusions de sainteté.[/quote]
à suivre
Plus on est près physiquement et moralement de la source de la sainteté, plus on reçoit abondamment la grâce (Cf Sum. Theol., III, q. 26, a. 5). De même que la grâce fut donnée plus abondamment aux anges selon leur rapprochement plus grand de la Divinité, source suprême de la grâce, de même elle vient plus riche aux hommes intimement unis à l'Humanité de Notre-Seigneur, Cause instrumentale supérieure, Sacrement adorable et universel de la grâce.
Et je songe en méditant ce principe du Docteur Angélique que, chaque jour, le prêtre est si près de la Source adorable du Coeur de Jésus par la Consécration ! Tout communiant est si près aussi de cette Source : il reçoit et possède en lui le Corps et le Sang, le Coeur de Jésus ! Aussi quels biens divins, à ces heures, nous pourrions recevoir !
Mais voici une union qui ne dure pas seulement une heure, voici une union éternelle, une union d'état, d'état à part, d'état unique ! Saint Joseph est, avec Marie, uni à Jésus d'une union sans pareille qui achève la Sainte Famille et se referme sur elle comme sur un Sanctuaire, où nul sur la terre ni dans le ciel n'entrera jamais : sa virginité conjugale a pour fin immédiate l'Enfant Dieu qui doit naître dans ce Sanctuaire, elle l'entoure d'honneur dans ses origines, elle l'enveloppera de tendresse, de dévouement, d'amour, de soins les plus vraiment paternels; et c'est dès le premier moment de l'Incarnation que l'affinité la plus intime et la plus profonde le relie au Verbe Incarné, dans le sein de Marie, sa virginale Épouse. En entrant dans ce monde, par-dessus tout le Fils de Dieu adore son Père céleste et s'offre à lui en sacrifice; mais en même temps il répand son amour et sa grâce, avec quelle abondance ! en sa Mère virginale, et en celui qui va l'accueillir et l'aimer comme son fils. Et il redoublera tous les jours, à chaque instant, ces effusions de sainteté.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
à suivreAussi bien, sa reconnaissance est-elle immense envers lui : nous l'avons, en effet, adoré, voulant lui devoir d'exister humainement grâce à son mariage virginal avec Marie; voulant devoir aussi à sa protection, à ses soins paternels, de continuer à vivre : et cette dette, qu'il n'a pas voulu contracter envers une autre créature, agit sans cesse sur son Coeur pour lui faire répandre sa grâce.
On peut dire que saint Joseph par son mariage avec Marie, par la reconnaissance que veut lui devoir un Dieu, par son rôle et ses soins paternels, par son rôle de Chef de la Sainte Famille, est comme le maître de la Source de la grâce. « Se figure-t-on un homme maître de toutes les mines d'or et impuissant à se procurer un peu d'or; un homme maître de toutes les sources et manquant d'une goutte d'eau ! Ne doit-il pas, au contraire, pouvoir puiser à ces sources et à ces mines plus que personne (P. Segneri, cf. Mariani : Primauté, p. 340) ?
Je n'entends pas parler encore de l'amitié à part entre la Source de la grâce ― Jésus ― et saint Joseph; je n'appuie pour le moment que sur cette vérité incontestable : c'est que, dès l'instant où il fait partie de la Sainte Famille, il y a tout de suite entre lui et Jésus une affinité intime, des services et une reconnaissance à part, qui, par la force même de l'amour infini et des battements particulièrement aimants du Sacré Coeur, font, avec une puissance incomparable, jaillir de cette Source l'eau de la vie divine, ― rayonner de ce Foyer l'amour éternel, en celui qui vit comme plongé dans cette Source, ― qui préside à ce Foyer.
Il me semble qu'il y a dans ces pensées de très hauts et très graves motifs d'honorer saint Joseph. Il puise la grâce dans ses Sources mêmes. La vie surnaturelle lui vient de ces Sources à un titre à part.
Et elle lui vient par jaillissements continuels et surabondants, afin que sa sainteté honore avec une perfection à part ces Sources de la vie, afin qu'il s'unisse toujours plus parfaitement à elles par un amour, un dévouement inconnus à toute autre créature, sinon à Marie. Toute effusion nouvelle de sainteté en lui est pour rendre toujours plus dignes de Dieu et de la sainte Humanité ses relations uniques avec Jésus, son rôle de Chef de la Sainte Famille, son rôle paternel envers le Fils de Dieu... Elle est pour qu'un flux et reflux sans exemple, sinon entre Jésus et Marie, aillent sans cesse du Coeur de Jésus au coeur de saint Joseph, et du coeur de Joseph au Coeur de Jésus; flux incomparable de vie surnaturelle venant du Coeur filial de Jésus, reflux d'amour paternel toujours plus parfait venant du coeur de Joseph.
Ces origines et ces fins à part de la grâce, de la sainteté, en saint Joseph, qui ne se retrouvent dans la sanctification d'aucun autre saint, d'aucun ange, donnent à saint Joseph des grandeurs que le ciel ne pourra jamais trop admirer et que la terre ne saurait, assez vénérer.
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]VINGT ET UNIÈME ÉLÉVATION
Les divines Grandeurs de saint Joseph (les grandeurs de sa sainteté. Suite).
Nous venons de contempler les sources physiques de la grâce : la Divinité et l'Humanité de Notre-Seigneur. Saint Joseph, après Marie et par Marie, est uni à ces deux sources d'une union sans pareille. Aussi se sont-elles versées en lui comme en aucun saint. Je vous vénère, ô Vous qui par état avez toujours vécu si près de ces sources, recevant leurs effusions continuelles et les plus libérales.
Il nous reste à considérer maintenant les sources morales de la grâce : l'amitié unique, l'amitié filiale de Jésus envers saint Joseph, ― et l'amitié unique aussi, l'amitié conjugale de Marie pour lui, et surtout l'influence sanctificatrice de ces deux amitiés.
Ce n'est pas assez d'adorer l'Humanité de Notre-Seigneur comme cause physique, ― instrumentale, ― universelle, de la grâce, et rayonnant très abondamment en saint Joseph à tout instant. Nous adorons en elle une autre influence : elle est la cause méritoire, la cause satisfactoire, la cause déprécatoire de la grâce, la source de la reconnaissance et de l'adoration surnaturelles. Et nul, après Marie, n'a profité comme Joseph de ses divines richesses.
Elle est la cause exemplaire, le modèle adorable de toutes les vertus. Et nul, après Marie, n'a si bien imité ses exemples que Joseph.
Et qui nous dira aussi combien l'amitié de Marie a été pour lui merveilleusement bienfaisante par son influence sur Dieu, par sa prière, par son exemple !...
« Heureux qui a trouvé un vrai ami (Eccli.XXV1 12) », surtout si c'est un saint : il a trouvé un trésor. Heureux Joseph, vous avez trouvé deux amis, tels qu'il n'y en a point ni parmi les saints ni parmi les anges : c'est Jésus votre Fils adoré, le Saint des saints; c'est Marie votre Épouse, la Reine des saints et des anges. Vous savez dans le ciel quels biens vous sont venus par ces deux amitiés. Révélez-nous quelque chose de ces trésors pour que nous aimions davantage Jésus et Marie, et vous avec eux.[/quote]
à suivre
Les divines Grandeurs de saint Joseph (les grandeurs de sa sainteté. Suite).
Nous venons de contempler les sources physiques de la grâce : la Divinité et l'Humanité de Notre-Seigneur. Saint Joseph, après Marie et par Marie, est uni à ces deux sources d'une union sans pareille. Aussi se sont-elles versées en lui comme en aucun saint. Je vous vénère, ô Vous qui par état avez toujours vécu si près de ces sources, recevant leurs effusions continuelles et les plus libérales.
Il nous reste à considérer maintenant les sources morales de la grâce : l'amitié unique, l'amitié filiale de Jésus envers saint Joseph, ― et l'amitié unique aussi, l'amitié conjugale de Marie pour lui, et surtout l'influence sanctificatrice de ces deux amitiés.
Ce n'est pas assez d'adorer l'Humanité de Notre-Seigneur comme cause physique, ― instrumentale, ― universelle, de la grâce, et rayonnant très abondamment en saint Joseph à tout instant. Nous adorons en elle une autre influence : elle est la cause méritoire, la cause satisfactoire, la cause déprécatoire de la grâce, la source de la reconnaissance et de l'adoration surnaturelles. Et nul, après Marie, n'a profité comme Joseph de ses divines richesses.
Elle est la cause exemplaire, le modèle adorable de toutes les vertus. Et nul, après Marie, n'a si bien imité ses exemples que Joseph.
Et qui nous dira aussi combien l'amitié de Marie a été pour lui merveilleusement bienfaisante par son influence sur Dieu, par sa prière, par son exemple !...
« Heureux qui a trouvé un vrai ami (Eccli.XXV1 12) », surtout si c'est un saint : il a trouvé un trésor. Heureux Joseph, vous avez trouvé deux amis, tels qu'il n'y en a point ni parmi les saints ni parmi les anges : c'est Jésus votre Fils adoré, le Saint des saints; c'est Marie votre Épouse, la Reine des saints et des anges. Vous savez dans le ciel quels biens vous sont venus par ces deux amitiés. Révélez-nous quelque chose de ces trésors pour que nous aimions davantage Jésus et Marie, et vous avec eux.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
à suivreI - AMITIÉ DE JÉSUS.
Saint Joseph a été l'ami sans pareil de Jésus, son ami paternel, aimant en père, et comme aucun père humain n'aima jamais; ami chéri filialement par le Verbe Rédempteur que ses satisfactions, ses mérites, ses prières, rendent si influent en faveur de ses ennemis, de ses amis, sur son Père éternel.
Pour le moment, je veux seulement contempler les magnifiques corollaires de sainteté qu'entraîne cette amitié de Jésus : la plus puissante et en même temps la plus tendre et la plus dévouée, la plus bienveillante, la plus reconnaissante, la plus bienfaisante, qui prévient l'amour de saint Joseph, et qui lui répond, qui le comble, qui est par elle-même merveilleusement effective, et qui est en même temps souverainement influente près du Père pour en obtenir tous les biens divins.
Si un fils très aimant, très délicat, pouvait former son père, de quels dons il l'enrichirait ! C'est étrange, absurde à penser pour nous, mais c'est la simple vérité pour Jésus. Jésus est le Verbe Incarné. Il a eu de toute éternité sur saint Joseph des pensées, des vues, des desseins d'une délicatesse et d'une magnificence à part. De toute éternité il l'a aimé d'un amour de fils.
Grand Dieu, qui serez un jour un Enfant reposant entre les bras de Joseph, c'est avec une admiration chaque fois nouvelle que j'ai pensé, bien souvent, à votre amour qui nous aime le premier, qui nous aime depuis l'éternité, qui nous prépare de si loin les voies, qui nous comble de grâce avant que nous puissions soupçonner son existence; mais que cet amour éternel prend une physionomie infiniment plus touchante, quand je le vois se porter depuis toujours sur Marie, et sur Joseph, Chef de la Sainte Famille !
A la différence de notre amour filial qui ne peut que remonter, et souvent de quel faible élan ! votre amour filial pour Joseph, ô Jésus, est avant tout un amour qui descend. A première vue, nous pouvons nous y tromper, lorsque nous le voyons remonter dans la Crèche, en Egypte, à Nazareth, comme d'un petit enfant à son père Mais non. Votre amour filial est un amour de Dieu et un amour d'homme. L'amour du Dieu descend, il ne peut que descendre : il descend avec des délicatesses, des bienveillances, des énergies infinies; il descend avec toutes les richesses de la grâce, sur celui qu'il chérit comme le Représentant, l'Image du Père.
L'amour de l'homme en vous, ô Jésus, lui-même, avant tout descend. Car il est éclairé de toute science, il a des tendresses, des dévouements, immensément plus grands que ceux des anges. Aussi saint Joseph a-t-il été tout de suite, par cet amour d'Enfant-Dieu, prévenu dans son amour, dépassé, débordé comme à l'infini, porté, enveloppé, comblé au-delà de tout ce que son coeur pouvait songer à désirer et à donner.
Amour de Jésus, amour du Dieu, amour de l'Enfant, descendez sur nous avec vos tendresses, et vos énergies souveraines ! Vous ne pouvez descendre sur nous avec des dispositions filiales sans doute : c'est là, je le sais, la gloire et ce sont les délices réservées de saint Joseph comme de Marie; descendez du moins sur nous avec des lumières victorieuses, avec les impulsions les plus décisives vers les vertus que vous voulez de nous, avec vos joies, vos encouragements au travail et à la croix, avec tous les trésors de la sainteté !
Et ne puis-je pas dire que votre amour d'enfant remonte? Oui il remonte de votre Coeur humain, et comme jamais aucun amour filial ne remonta : et c'est votre reconnaissance qui le fait ainsi remonter. Provoqué à toute heure par l'amour si pur et si dévoué de saint Joseph, par ses services, par ses angoisses, ses inquiétudes de père : quelles réponses filiales, ô Jésus, vous lui faites par vos caresses, par vos sourires, par vos services !
Et tout cela attire sur lui toutes les bénédictions de la grâce. Mais que dis-je ? tout cela contient des abîmes de grâce et les répand en lui d'une manière éminemment libérale. Les Sacrements (1) ont-ils jamais eu dans l'âme des saints, sauf en Marie, des effets aussi riches que ces caresses, ces sourires, ces repos entre vos bras, ces services.., de votre Fils adoré ?
(1) - Sans prétendre que toutes les marques d'amitié de Jésus envers saint Joseph agissaient ex opere operato, on peut croire que, vu l'amour à part de Jésus pour Joseph et les dispositions de Joseph, elles produisaient plus d'effet en lui que nos sacrements dans les âmes les plus saintes.
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Et voilà encore une immense différence entre l'amour filial de Jésus et le nôtre, c'est que l'amour filial de Jésus pour Joseph est effectif d'une prodigieuse manière, tandis que le nôtre ne peut l'être que dans une mesure bien restreinte. Cet amour filial ne se contente pas de complaisances, de bienveillances, de sympathies sans pareilles, il est sans cesse souverainement bienfaisant : il lui donne des biens immenses. Et le moyen qu'il en fût autrement, puisque sans cesse Jésus se donne et s'abandonne lui-même, en personne, comme un fils, le meilleur des fils, à lui ?
Mais j'ai plutôt à dire ici comment l'amitié de Jésus est souverainement influente près du Père en faveur de saint Joseph. Nous avons médité ailleurs cette immense influence de Jésus sur le Père (Jésus Intime, t. III, pp. 3 et s). Hélas ! hélas ! que nous en profitons peu ! Quels trésors de mérites, de satisfactions, d'actions de grâces, de tous les biens divins, nous réaliserions si nous la connaissions mieux, si nous savions l'exploiter avec plus d'amour par l'union aux mystères du mérite, des satisfactions, de l'adoration, de la prière de Jésus, notre Ami !
Et en qui donc cette influence immense de Jésus sur son Père attira-t-elle tous les trésors de la Rédemption, sinon en celui sans lequel le Rédempteur, selon le plan divin, ne serait pas né virginalement de Marie et que le Rédempteur appelait son père ? « O Père du ciel, criait à Dieu le Père, par le seul fait, le Coeur de Jésus, je viens délivrer le monde du péché : que tout péché, même le plus léger, soit infiniment loin toujours de celui en qui je vous retrouve; que tous les trésors des mérites soient en lui, que la grâce soit en lui toujours plus riche, que sur lui repose notre Esprit de sagesse, d'intelligence, de force... Qu'il soit digne de vous, ô Père céleste, digne de notre Esprit divin, qu'il soit digne de ma très sainte Mère. »
Un des grands bienfaits de l'amitié, c'est la parole de l'ami, bien plus persuasive que celle de l'étranger, et c'est surtout son exemple plus encourageant, plus entraînant que tout autre, aux vertus. Bien que soumis à Joseph, Jésus n'en était pas moins son Dieu, son Modèle adoré. Et comment imaginer l'attention de saint Joseph aux exemples, aux paroles, aux silences de cet Idéal vivant qu'était Jésus enfant, jeune homme... ? En union avec Marie, il conférait sans cesse dans son coeur sur les mystères d'humilité, de pauvreté, d'obéissance, d'adoration, de prière, de sacrifice... dont il était à chaque instant le témoin profondément attentif et attendri. Non seulement il s'unissait à ces mystères, mais son âme se moulait sur eux, se liquéfiant et se fondant en eux. Grand Saint, donnez à mon âme d'imiter moins mal votre attention aux mystères de Jésus et de Marie, et de m'appliquer avec un ardent amour à reproduire leurs vertus.
[/quote]
à suivre
Mais j'ai plutôt à dire ici comment l'amitié de Jésus est souverainement influente près du Père en faveur de saint Joseph. Nous avons médité ailleurs cette immense influence de Jésus sur le Père (Jésus Intime, t. III, pp. 3 et s). Hélas ! hélas ! que nous en profitons peu ! Quels trésors de mérites, de satisfactions, d'actions de grâces, de tous les biens divins, nous réaliserions si nous la connaissions mieux, si nous savions l'exploiter avec plus d'amour par l'union aux mystères du mérite, des satisfactions, de l'adoration, de la prière de Jésus, notre Ami !
Et en qui donc cette influence immense de Jésus sur son Père attira-t-elle tous les trésors de la Rédemption, sinon en celui sans lequel le Rédempteur, selon le plan divin, ne serait pas né virginalement de Marie et que le Rédempteur appelait son père ? « O Père du ciel, criait à Dieu le Père, par le seul fait, le Coeur de Jésus, je viens délivrer le monde du péché : que tout péché, même le plus léger, soit infiniment loin toujours de celui en qui je vous retrouve; que tous les trésors des mérites soient en lui, que la grâce soit en lui toujours plus riche, que sur lui repose notre Esprit de sagesse, d'intelligence, de force... Qu'il soit digne de vous, ô Père céleste, digne de notre Esprit divin, qu'il soit digne de ma très sainte Mère. »
Un des grands bienfaits de l'amitié, c'est la parole de l'ami, bien plus persuasive que celle de l'étranger, et c'est surtout son exemple plus encourageant, plus entraînant que tout autre, aux vertus. Bien que soumis à Joseph, Jésus n'en était pas moins son Dieu, son Modèle adoré. Et comment imaginer l'attention de saint Joseph aux exemples, aux paroles, aux silences de cet Idéal vivant qu'était Jésus enfant, jeune homme... ? En union avec Marie, il conférait sans cesse dans son coeur sur les mystères d'humilité, de pauvreté, d'obéissance, d'adoration, de prière, de sacrifice... dont il était à chaque instant le témoin profondément attentif et attendri. Non seulement il s'unissait à ces mystères, mais son âme se moulait sur eux, se liquéfiant et se fondant en eux. Grand Saint, donnez à mon âme d'imiter moins mal votre attention aux mystères de Jésus et de Marie, et de m'appliquer avec un ardent amour à reproduire leurs vertus.
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à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - AMITIÉ DE MARIE.
A cette amitié de Jésus que j'adore sanctifiant sans cesse saint Joseph, se mêle intimement une autre amitié dont nous devons le féliciter souverainement. Il a été seul à en jouir. Et elle a été pour lui une source prodigieuse de bénédictions et de grâces : après lui avoir donné Jésus comme fils, elle lui obtient une sainteté digne de ce Saint des saints.
Amitié la plus parfaitement virginale et la plus parfaitement conjugale, toute surnaturelle, ― toute céleste, ― amitié la plus communicative, qui veut donner à Joseph plus qu'à toute autre créature, ― amitié la plus reconnaissante, qui devait tout à saint Joseph, et lui a tout rendu avec usure, ― amitié la plus parfaitement priante, la plus influente auprès de Dieu, en faveur de saint Joseph, ― amitié la plus suavement et la plus efficacement édifiante par la parole, par l'exemple. Arrêtons-nous un instant à ces caractères de l'amitié de Marie, et nous pourrons entrevoir combien elle a été sanctificatrice.
Dans la prochaine Élévation, nous devons contempler à loisir cette intimité conjugale et virginale, toute surnaturelle entre Marie et Joseph, qui ne visait, pour l'éternité, que Dieu seul, le Bien infini, et, dans les vues divines, n'allait qu'au Bien suprême de la terre, à l'Incarnation. De cette amitié unique, nouée par Dieu seul et toute pour lui, Marie aimait Joseph plus que toute autre créature.
Si l'amitié de Marie envers saint Joseph n'avait pas été entièrement surnaturelle, si elle n'avait pas eu Dieu, sa Providence à part, pour unique principe, si elle n'avait pas eu Jésus pour unique fin, elle aurait pu lui préférer des anges ou des saints; mais elle était de toutes parts surnaturelle : aussi non pas seulement naturellement, mais surnaturellement, chérissait-elle saint Joseph plus que les anges ou les saints les plus parfaits.
Et elle le voulait plus saint que toute autre créature. Il devait être aux yeux de Marie, comme aux yeux de Jésus, plus aimable, ― c'est-à-dire puisque leurs yeux sont si purs, si vrais, si bons juges, ― plus saint que toute autre créature. Et à cette oeuvre de sainteté suréminente, l'amitié de Marie travaillait sans cesse.
Si admirablement communicative envers tous, elle l'était envers Saint Joseph d'une manière à part, de manière à lui donner Jésus comme à personne. Elle voulait qu'il eût en même temps des dons de sainteté dignes d'un tel fils.
Et combien cette amitié était reconnaissante ! Marie était touchée au-delà de tout ce que nous pouvons penser d'être redevable à saint Joseph de l'honneur, de la vie : ― sans lui, remarque saint Jérôme, elle eût pu être lapidée, ― de lui être redevable de tant de services qu'elle en recevait à chaque instant.
Mais elle était infiniment plus touchée de lui devoir Jésus lui-même, qui n'a pu être conçu virginalement en elle que grâce à la virginité de saint Joseph, à l'ombre de son angélique mariage. Et ce divin Fils, dont elle lui est ainsi redevable, elle le lui doit encore parce que, selon le plan de Dieu, sans saint Joseph il eût été, à moins de miracle, tué par Hérode, et parce que, une fois sauvé de la mort, cette vie infiniment précieuse était, tous les jours, alimentée par son travail et consolée par son amour. Aussi comme sa reconnaissance criait vers Dieu ![/quote]
à suivre
A cette amitié de Jésus que j'adore sanctifiant sans cesse saint Joseph, se mêle intimement une autre amitié dont nous devons le féliciter souverainement. Il a été seul à en jouir. Et elle a été pour lui une source prodigieuse de bénédictions et de grâces : après lui avoir donné Jésus comme fils, elle lui obtient une sainteté digne de ce Saint des saints.
Amitié la plus parfaitement virginale et la plus parfaitement conjugale, toute surnaturelle, ― toute céleste, ― amitié la plus communicative, qui veut donner à Joseph plus qu'à toute autre créature, ― amitié la plus reconnaissante, qui devait tout à saint Joseph, et lui a tout rendu avec usure, ― amitié la plus parfaitement priante, la plus influente auprès de Dieu, en faveur de saint Joseph, ― amitié la plus suavement et la plus efficacement édifiante par la parole, par l'exemple. Arrêtons-nous un instant à ces caractères de l'amitié de Marie, et nous pourrons entrevoir combien elle a été sanctificatrice.
Dans la prochaine Élévation, nous devons contempler à loisir cette intimité conjugale et virginale, toute surnaturelle entre Marie et Joseph, qui ne visait, pour l'éternité, que Dieu seul, le Bien infini, et, dans les vues divines, n'allait qu'au Bien suprême de la terre, à l'Incarnation. De cette amitié unique, nouée par Dieu seul et toute pour lui, Marie aimait Joseph plus que toute autre créature.
Si l'amitié de Marie envers saint Joseph n'avait pas été entièrement surnaturelle, si elle n'avait pas eu Dieu, sa Providence à part, pour unique principe, si elle n'avait pas eu Jésus pour unique fin, elle aurait pu lui préférer des anges ou des saints; mais elle était de toutes parts surnaturelle : aussi non pas seulement naturellement, mais surnaturellement, chérissait-elle saint Joseph plus que les anges ou les saints les plus parfaits.
Et elle le voulait plus saint que toute autre créature. Il devait être aux yeux de Marie, comme aux yeux de Jésus, plus aimable, ― c'est-à-dire puisque leurs yeux sont si purs, si vrais, si bons juges, ― plus saint que toute autre créature. Et à cette oeuvre de sainteté suréminente, l'amitié de Marie travaillait sans cesse.
Si admirablement communicative envers tous, elle l'était envers Saint Joseph d'une manière à part, de manière à lui donner Jésus comme à personne. Elle voulait qu'il eût en même temps des dons de sainteté dignes d'un tel fils.
Et combien cette amitié était reconnaissante ! Marie était touchée au-delà de tout ce que nous pouvons penser d'être redevable à saint Joseph de l'honneur, de la vie : ― sans lui, remarque saint Jérôme, elle eût pu être lapidée, ― de lui être redevable de tant de services qu'elle en recevait à chaque instant.
Mais elle était infiniment plus touchée de lui devoir Jésus lui-même, qui n'a pu être conçu virginalement en elle que grâce à la virginité de saint Joseph, à l'ombre de son angélique mariage. Et ce divin Fils, dont elle lui est ainsi redevable, elle le lui doit encore parce que, selon le plan de Dieu, sans saint Joseph il eût été, à moins de miracle, tué par Hérode, et parce que, une fois sauvé de la mort, cette vie infiniment précieuse était, tous les jours, alimentée par son travail et consolée par son amour. Aussi comme sa reconnaissance criait vers Dieu ![/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
à suivreC'était l'amitié la plus parfaitement priante après celle de Jésus. Nous devons prier davantage pour ceux qui sont plus proches de nous. Que Joseph était proche de Marie ! Leurs deux virginités n'en faisaient qu'une. « Pour doubler et renforcer la virginité de Marie, le Père éternel lui avait donné un compagnon en sa pureté, qui est le grand saint Joseph (Saint François de Sales). » Joseph, c'était la « moitié d'elle-même », leur proximité morale était unique : Societas omnium maxima (Léon XIII). Aussi comme Marie priait pour Joseph !
Amitié, enfin, la plus suavement et la plus efficacement édifiante. Saint Joseph n'admirait pas seulement en Marie un modèle ravissant de prière, d'adoration..., auquel il aimait tant à unir sa prière; mais le modèle créé le plus parfait, et pour lui le plus persuasif, de toute vertu. La foi, l'espérance, la charité, l'humilité, la pureté, la force, la prudence, rayonnaient d'elle, parfois par un mot discret et pénétrant, toujours par ses attitudes, ses actions, ses sacrifices.
Si nous voyons ainsi venir de la manière la plus immédiate la sainteté de saint Joseph de ses sources les plus honorables que l'on puisse concevoir, avec l'amour à part du Père et du Saint-Esprit : l'amitié filiale de Jésus, l'amour conjugal de Marie, cette sainteté nous apparaît plus vénérable encore.
Elle est en elle-même si sublime ! elle est unique après celle de Marie. Mais ce qui est unique aussi ce sont ses origines : des bienveillances sans pareilles de Jésus et de Marie qui reproduisent ou imitent les bienveillances du Père et de l'Esprit-Saint.
Oui, grand Saint, plus une âme réfléchira, non seulement à votre sainteté, mais à vote rôle, à votre situation absolument réservée, près de Jésus, à votre incomparable affinité avec le Père et l'Esprit-Saint, qui vous ont valu des grâces égales à votre rôle, et qui ont été, avec votre coopération, les principes à part de votre sainteté, plus elle sera saisie de vos grandeurs, plus elle s'abîmera dans le respect et la vénération, en songeant que nul saint, nul ange n'a reçu pareille sainteté, lui venant du coeur filial de Jésus, et par le coeur si saintement conjugal de Marie.
Mais en même temps, elle verra de tels dons de vous-même, de telles intimités répondant en vous à ces communications uniques de Marie et de l'auguste Trinité, elle vous verra si communicatif du côté de Dieu et de notre côté, si bon et si aimant, que vous vénérer toujours plus sera pour elle un des plus grands charmes de cette vie, comme ce sera une des plus grandes joies de la vie éternelle.
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