PGM a écrit :
Oh .... vous savez .... « ... il est possible ... », « ... il semble bien ... », « ... je ne veux ( peux ? ) pas encore le dire de manière solennelle et formelle », ça reste incertain, vous n'en disconviendrez pas.
Oui, comme tout le monde, Mgr a eu un sacré choc avec Assise ( 1986 ). Et c'est indéniablement la pire crise de toute l'histoire de l'Église.
PGM a écrit :
il semble bien qu'il estimait « possible » que lesdits « actes d'apostasie » ne fassent pas « sortir de l'Église », au moins au sens du droit
Qu'enseigne l'Eglise à ce sujet ? Voici :
Pie XII a écrit :
« Ne sont comptés parmi les membres de l'Eglise que ceux qui ont reçu le Baptême de régénération et professent la vraie foi,
et qui ne se sont pas malheureusement séparés eux-mêmes de l'unité du Corps ou n'en ont pas été retranchés pour des péchés très graves par l'autorité légitime...
C'est pourquoi ceux qui se séparent d'eux-mêmes en la foi ou du gouvernement ne sauraient vivre dans l'unité de ce même Corps et de ce même Esprit divin...
Cependant, toute faute grave ne sépare pas de par sa nature (suapte natura)
- comme le font le schisme, ou l'hérésie ou l'apostasie -
un tel homme coupable du Corps de l'Eglise...»
(Pie XII, Encyclique Mystici Corporis Christi, DS 3802s)
Mais ! et au moins au sens du droit ?
Que dit le Droit de l'Eglise ? Voilà :
« 1. La privation d'un office est encourue soit de par le droit même (ipso jure), soit du fait du légitime supérieur.» (Canon 192)
« Par tacite renonciation admise par le droit lui-même (Ob tacitam renuntianionem ab ipso jure admissam)
tout office devient vacant par le fait même et sans aucune déclaration
(quaelibet officia vacant ipso facto et sine ulla declaratione),
si le clerc : .... 4° défaille publiquement de la foi catholique.» (Canon 188)
Léon XIII a écrit :
« Car il serait absurde de prétendre qu'un homme exclu de l'Eglise ait quelque autorité dans l'Eglise.»
(Léon XIII, Encyclique Satis Cognitum, du 29/6/1896)
Avez-vous bien lu ? :
de par le droit même
par le fait même et sans aucune déclaration
La difficulté de Mgr L s'est-elle située en son intelligence ou en sa volonté ?
En son intelligence, citant précisément le droit de l'Eglise, il a donné la sentence de l'Eglise :
obligation de croire que... pas pape.
Mais en sa volonté, affaiblie par l'âge, par une vie de grands labeurs, par les horribles contrariétés de cette crise inouïe,
il a d'abord voulu savoir s'il serait ou non suivi du gros de ses troupes.
Or son sermon de Pâques 1986 a provoqué dès le lendemain le départ de six séminaristes irlandais.
Mgr L a eu aussitôt à subir les pressions de tous les futurs "ralliés", et plus encore de nombre de très gros bienfaiteurs !
C'est la volonté qui a fini par flancher, là où l'intelligence appuyée sur la doctrine et le droit de l'Eglise avait justement conclu !
Que de déclarations contradictoires ont suivi !
D'où l'intenable position entre-deux-chaises des FSSPX, les perpétuels départs ou purges en un sens ou en l'autre !
D'où les énormités prétendant que
"la Hiérarchie légitime unie à un Pape légitime"
aurait rien moins que fondé et maintenue une "nouvelle religion" et une "nouvelle Eglise",
tout en "restant" "légitime" dans la vraie Religion et la vraie Eglise !?
formant ainsi le monstre d'un double corps à une et même tête !?
Tout ceci étant constaté non de gaîté de coeur, mais bien plutôt le coeur gros. C'est tellement tragique et gravissime !