L'AFFAIRE VIGANO

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Gilbert Chevalier
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier »

10- Nouvelle lettre de Viganò, un homme au cœur droit,
un sur cent-mille


Mgr Vigano se défend


("Benoît-et-moi", le 29/8/2018)

Alors que le NYT ressort un article de 2016 destiné à le discréditer, il a écrit une lettre pour rétablir les faits. Et Aldo Maria Valli publie aujourd’hui cette lettre

Je ne sais plus qui a écrit que depuis la publication de son fameux rapport, la "machine à fange" s'est déchaînée contre Mgr Vigano avec une violence inouïe.
Mais nous savons que le courageux prélat s'y attendait ( http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/ ... valli.html ). Faute de pouvoir réfuter ses arguments avec des FAITS, on s'en prend à sa personne, et même à sa famille. On va par exemple jusqu'à prétendre que les mesures disciplinaires prises par Benoît XVI contre McCarrick étaient "secrètes" (!!) - façon d'insinuer que Vigano les a inventées (comme si c'était la première fois que Benoît XVI était désobéi!!). Mais rappelons à tous ces pieux défenseurs de François qui confondent les faits et ceux qui les rapportent, que Benoît XVI est toujoujours en vie, et que si tel était le cas, le Pape émérite n'aurait pas hésité à publier un démenti ou une mise au point, comme il l'avait fait promptement dans l'affaire dite du "Lettergate" ( http://benoit-et-moi.fr/2018/dossier-lettergate.html ).

Sous des dehors faussement modérés, l'article fielleux du site <Aleteia> (manifestement en service commandé!!), qu'on peut lire ici ( https://fr.aleteia.org/2018/08/28/abus- ... ontre-lui/ ) donne une idée assez juste de la violence des attaques contre l'ex-nonce. Notons qu'à propos des insinuations sur la famille de ce dernier, elles sont réfutés par lui-même dans un document publié par Aldo Maria Valli ( https://www.aldomariavalli.it/wp-conten ... Vigano.pdf ), qui lui donne aussi (ICI : https://www.aldomariavalli.it/2018/08/2 ... ta-emerga/ ) la parole pour répondre à d'autres accusations.
Le même Aldo Maria Valli publiait la veille une autre mise au point de Mgr Vigano, concernant des accusations portées contre lui d'avoir couvert des actes de pédophilie lorsqu'il était nonce à Washington.

Un dernier point à souligner: de toute façon, même si Mgr Vigano avait effectivement des choses à se reprocher, voire des "cadavres dans le placard", cela ne prouverait en rien que son rapport est mensonger. Et c'est son impuissance à lui opposer des arguments convaincants pour le démentir qui rend le clan pro-François si nerveux.


Vigano discrédité ? Voilà comment il se défend

https://www.aldomariavalli.it/2018/08/2 ... -risponde/
28 août 2018
Ma traduction


* * *

L'archevêque Carlo Maria Viganò, l'ex-nonce aux États-Unis qui a révélé qu'il avait informé le pape François de l'affaire McCarrick dès mars 2013, a publié une nouvelle déclaration écrite rejetant comme fausses certaines des reconstructions qui circulent actuellement dans le but de le discréditer.

L'affaire concerne un article paru dans le New York Times en 2016, qui soutenait que le nonce alors en poste aux États-Unis avait annulé une enquête sur la conduite sexuelle de l'archevêque John Nienstedt, plus tard jugé innocent par les autorités civiles.

Le NYT affirmait qu'en avril 2014, Viganò ordonna à deux évêques auxiliaires de l'archidiocèse de St Paul et Minneapolis de bloquer l'enquête sur Nienstedt et de détruire une lettre qu'ils lui avaient écrite pour protester contre sa décision.

Le NYT basait sa reconstruction des faits sur un mémoire du Père Dan Griffith, délégué pour la protection des mineurs dans l'archidiocèse de St Paul et Minneapolis, selon lequel l'ordre du Viganò était motivé par la décision de tout couvrir et d'éviter les scandales.

Réapparu aujourd'hui pour discréditer l'ex-nonce et miner sa crédibilité, l'accusation a poussé Viganò à intervenir avec une déclaration écrite, datée du 26 août 2018, dans laquelle il parle de fausseté contre lui.

Voici la lettre de Mgr Vigano :

« Des accusations contre ma personne sont parues dans les médias - en juillet 2016, alors que j'avais déjà quitté ma mission à Washington - faisant suite à la publication d'un mémorandum écrit par le Père Dan Griffith, alors délégué à la protection des mineurs dans l'archidiocèse.

Ces accusations - affirmant que j'ai ordonné aux deux évêques auxiliaires de Minneapolis de clore l'enquête sur la vie de l'archevêque John C. Nienstedt - sont fausses.

Le Père Griffith n'était pas présent lors de ma rencontre à la Nonciature avec l'archevêque et les deux auxiliaires le 12 avril 2014, rencontre au cours de laquelle plusieurs affidavits [déclaration sous serment] contenant des accusations contre l'Archevêque Nienstedt m'ont été remis.

Ces affidavits ont été recueillis par la firme Greene Espel, retenue par le père Griffith au nom de l'archidiocèse pour enquêter sur l'archevêque Nienstedt. Cette firme appartient au groupe "Lawyers for All Families", qui s'est battu contre l'archevêque Nienstedt pour l'approbation du mariage homosexuel dans l'État du Minnesota.

L'un de ces affidavits affirmait que Mgr Nienstedt avait eu une liaison avec une Garde suisse pendant son service au Vatican une vingtaine d'années auparavant.

Des enquêteurs privés de la firme Greene Espel avaient mené une enquête partisane et accusatrice, et voulaient à présent étendre immédiatement leur enquête à la Garde pontificale suisse, sans entendre d'abord l'archevêque Nienstedt.

J'ai suggéré aux évêques venus à la Nonciature le 12 avril 2014, de dire aux avocats de Greene Espel qu'il me semblait approprié que l'archevêque Nienstedt soit entendu avant de prendre cette mesure - audiatur et altera pars [entendre l'autre partie] - ce qu'ils n'avaient pas encore fait. Les évêques ont accepté ma suggestion.
Mais le lendemain, j'ai reçu une lettre signée par les deux auxiliaires, affirmant faussement que j'avais suggéré que l'enquête soit arrêtée.

Je n'ai jamais dit à qui que ce soit que Greene Espel devrait mettre fin à l'enquête, et je n'ai jamais ordonné la destruction d'un document. Toute déclaration contraire est fausse.

Cependant, j'ai demandé à l'un des évêques auxiliaires, Lee A. Piché, de retirer de l'ordinateur et des archives archidiocésaines la lettre affirmant faussement que j'avais suggéré que l'enquête soit interrompue. J'ai insisté sur ce point non seulement pour protéger mon nom, mais aussi celui de la Nonciature et du Saint-Père qui seraient inutilement blessés si une fausse déclaration était utilisée contre l'Église.

Le jour même où la nouvelle paraissait dans le New York Times, le 21 juillet 2016, le Saint-Père demanda au Cardinal Parolin de téléphoner au Nonce à Washington (Christophe Pierre), ordonnant qu'une enquête sur ma conduite soit ouverte immédiatement, afin que je puisse être dénoncé au tribunal chargé de juger les dissimulations d'abus de la part d'évêques.

J'ai informé le Bureau de presse du Vatican en la personne du Père Lombardi et de M. Greg Burke. Avec l'autorisation du substitut du secrétaire d'État, l'ex-archevêque [aujourd'hui cardinal] Becciu, M. Jeffrey Lena - un avocat américain travaillant pour le Saint-Siège - s'est rendu à la Congrégation pour les évêques où il a trouvé des documents prouvant que ma conduite avait été absolument correcte.

M. Lena a remis au Saint-Père un rapport écrit me disculpant. Malgré cela, le Bureau de presse du Vatican n'a pas jugé nécessaire de publier une déclaration réfutant l'article du New York Times.

La Nonciature a également répondu au Cardinal Parolin par un rapport détaillé, qui rétablissait la vérité et démontrait que ma conduite avait été absolument correcte.

Ce rapport se trouve au Secrétariat d’État du Vatican et à la Nonciature à Washington.

Le 28 janvier 2017, j'ai écrit à l'archevêque Pierre et à l'archevêque Hebda (qui avait succédé à Nienstedt), leur demandant de corriger publiquement le mémorandum Griffith. Malgré les courriels et les appels téléphoniques répétés, je n'ai jamais eu de nouvelles d'eux. »

26 août 2018


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/ ... efend.html
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Gilbert Chevalier
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Message par Gilbert Chevalier »

11- Analyse du tonnerre sur l'affaire Viganò

Pourquoi Mgr Viganò dit (sans doute) la vérité


("Benoît-et-moi", le 7/9/2018)

... et pourquoi Benoît XVI garde le silence.
Les hypothèses raisonnables d'un philosophe-blogueur américain, reprises par AM Valli


La confrontation Bergoglio/Vigano : un philosophe la voit ainsi

https://www.aldomariavalli.it/2018/09/0 ... vede-cosi/
7 septembre 2018
Ma traduction


* * *



L'affaire du mémorandum de l'archevêque Carlo Maria Viganò monopolise depuis des jours les commentaires des principaux observateurs du Vatican, et il n'est pas facile de tout suivre. En tout cas, l'une des évaluations les plus intelligentes (évidemment à mon avis) semble être celle du philosophe Edward Feser ( http://edwardfeser.blogspot.com/2018/09 ... ost_5.html ), professeur au Pasadena City College, qui illustre un certain nombre de raisons pour lesquelles on peut raisonnablement soutenir que Viganò a dit la vérité.

La première raison, dit Feser, est le silence assourdissant du pape. Bergoglio a été la cible d'une attaque sans précédent d'un ecclésiastique de haut rang, archevêque, ambassadeur du Vatican aux États-Unis. Et pourtant, pour l'instant, il a refusé de répondre. Et ceci «n'est tout simplement pas l'attitude que l'on attendrait d'une personne si les accusations portées contre elle étaient manifestement fausses». Au contraire, on s'attendrait à ce que l’intéressé procède à une réfutation forte et immédiate.

Certains des défenseurs de François, note Feser, affirment que Bergoglio fait preuve d'une totale indifférence et se comporte comme Jésus lui-même, qui n'a pas répondu aux accusations. Une observation qui pourrait être acceptée si Bergoglio avait toujours choisi cette ligne. François, au contraire, s'est défendu en plus d'une occasion. Par exemple, lorsqu'il a été accusé d'être communiste, ou lorsqu'il a été accusé de ne pas avoir parlé ouvertement des crimes en Argentine, ou lorsqu'il a été attaqué par la gauche d'avoir rencontré Kim Davis en 2015 (dans ce cas, défense demandée à la salle de presse du Vatican). Il s'est également défendu lorsqu'il a été attaqué en 2016 en raison de son refus d'associer l'islam au terrorisme et quand, en 2017, il a comparé les camps pour migrants aux camps nazis.

Ainsi, la thèse selon laquelle Bergoglio, plutôt que de répondre à la critique, préfère «tendre l'autre joue» ne tient pas. Puisqu'il a si souvent répondu, pourquoi ne répond-il pas maintenant que les accusations viennent d'un haut représentant de la hiérarchie ?

Considérant ensuite, observe Feser, que dans ce cas, ce qui est en jeu n'est pas seulement sa réputation, mais le bien de l'Église elle-même, Bergoglio, en répondant, aiderait à empêcher d'autres divisions.

Les défenseurs de François demandent que l'archevêque apporte les preuves. Mais Viganò a dit où se trouvent les preuves: il a dit que la documentation correspondante se trouve dans les archives de la Secrétairerie d’État du Vatican et de la Nonciature Apostolique à Washington. Et qui d'autre que le pape peut ordonner que la documentation soit disponible immédiatement?

En outre, Viganò a fourni sa propre version de ses rencontres personnelles avec François. Alors pourquoi Bergoglio ne donne-t-il pas sa version, en mesure de réfuter celle de Viganò ? Le silence de François, dit Feser, ne fait que confirmer la position de ceux qui soutiennent que les accusations de Viganò ne sont pas fausses.

Mais il y a ensuite un autre silence sur lequel on peut s'interroger, et c'est celui de Benoît XVI.

Il est vrai que Ratzinger s'est promis d'être le plus à l'écart possible, dans la prière, et il est concevable qu'il ne veuille rien dire pour ne favoriser d'aucune façon une division fatale (jusqu'au risque du schisme) dans l'Église. Cependant, dit Feser, puisque la controverse actuelle menace sérieusement l'unité de l’Église, il serait légitime d'attendre une parole de Benoît XVI pour éviter un tel danger. Mais rien.

Admettons, dit Feser, que Viganò mente sur les sanctions que Benoît aurait imposées sous une forme privée à McCarrick. Si Ratzinger parlait, il pourrait mettre fin à la crise, ou du moins apporter une contribution importante pour y mettre fin. Si Ratzinger disait que ce que soutient Viganò est faux, la crédibilité de l'ex-nonce subirait un coup dur. Et la menace du schisme serait grandement réduite.
Alors pourquoi ne le fait-il pas?

Mais supposons encore, dit Feser, que l'archevêque Viganò dise la vérité. Si Benoît le confirmait publiquement, il donnerait de la crédibilité à l'archevêque et causerait un grave dommage à François. Ce qui se transformerait en une puissante contribution au schisme, avec une véritable «guerre des deux papes». Alors, étant établi que ce que Benoît veut éviter plus que tout autre chose est précisément le schisme, il semble légitime d'affirmer que son silence semble renforcer l'hypothèse que Viganò dit la vérité plutôt que l'hypothèse que Viganò ment.

Selon le vaticaniste Edward Pentin, une source proche de Benoît dit que Ratzinger se souvient d'avoir demandé en privé à McCarrick de garder un profil bas, sans un décret formel. Si cette communication a eu lieu à la demande de Benoît (et nous n'en sommes pas certains), cela pourrait être interprété comme un moyen de surmonter la difficulté de choisir entre confirmer le témoignage de Viganò, et donc blesser François, ou saper le témoignage de Viganò et blesser ainsi l'ancien nonce. En fait, l'insinuation selon laquelle Benoît XVI ne se souvient pas clairement de ce qui s'est passé, mais qu'en tout cas il n'y avait pas de décret formel, semble aider le Pape François. Mais, d'autre part, l'affirmation que McCarrick aurait été prié en privé de rester discret confirme l'essence des accusations de Viganò.

Certains des défenseurs de François ont vu dans la nouvelle diffusée par Pentin une accusation contre Viganò, mais tel n'est pas le cas. Vigano, en effet, n'a jamais dit que McCarrick a fait l'objet d'une mesure formelle, à la suite d'une véritable enquête.

La conclusion, dit Fever, est que la source de Pentin confirme que Benoît a pris des mesures privées contre McCarrick, tout comme Viganò l'a dit. Donc, si la communication a eu lieu à la demande de Ratzinger, il s'agit de la confirmation, d'une manière subtile mais sans équivoque, que la version de Viganò est vraie. Si au contraire la communication n'a pas eu lieu par la volonté de Benoît XVI, cela signifie que le pape émérite a gardé un silence total, et cela, pour les raisons exposées ci-dessus, semble plus compréhensible dans l'hypothèse que Viganò ait dit la vérité.

Mais un autre point qui, selon Feser, joue en faveur de Viganò, est le souci de l'ancien nonce pour sa place dans l'histoire mais surtout pour les conséquences de ce qu'il a fait pour son âme dans l'au-delà. Viganò est sur des positions théologiques conservatrices, et ses détracteurs ne font que le souligner chaque jour. Maintenant, parmi les croyances les plus ancrées chez ceux qui ont une éducation mentale et spirituelle d'empreinte conservatrice, il y a la croyance que le mensonge est toujours intrinsèquement un péché, même lorsqu'on ment pour une bonne cause, et qu'un tel péché est toujours mortel lorsqu'il s'agit d'une question aussi grave que la réputation de quelqu'un. Et ce n'est pas tout. Une autre chose dont sont convaincus ceux qui ont des opinions théologiques très conservatrices, c'est que même si les papes sont faillibles quand ils ne parlent pas ex cathedra, ils doivent toujours être traités avec beaucoup de respect, même quand ils se trompent. Un mauvais pape n'est pas comparable au chef d'une faction politique. C'est au contraire un père, et il ne cesse jamais d'être père, même quand il a tort. Son inconduite ne légitime donc pas l'attaque contre lui. Même si dans certaines circonstances il peut être critiqué par ses subordonnés, la critique doit être faite avec prudence et respect. Une troisième chose à laquelle croient les catholiques conservateurs est que l'histoire de l'Église est dominée par une lutte épique entre le bien et le mal et que Dieu récompense les justes et les sincères, pas les fourbes. Maintenant, dit Feser, supposons que l'archevêque Viganò mente. Alors il aurait commis ce qu'il sait être un péché très grave, absolument mortel, parce qu'il aurait calomnié le Vicaire du Christ. Et il ne l'aurait pas fait une seule fois, mais à chaque fois qu'il a répété la calomnie. Et la confession sacramentelle elle-même ne pourrait le sauver, car son comportement dénote l'absence d'une ferme intention de s'amender. De plus, Viganò sait que, dans ce cas, il passerait l'histoire comme un méchant à la puissance n, une figure semblable à Judas. Absurdités!, pourrait répliquer quiconque ne croit pas en ces choses. Mais le fait est que Viganò, étant un conservateur, comme le répètent ses accusateurs, y croit nécessairement.

De plus, ajoutons que Viganò, tel qu'il a été formé à l'école diplomatique du Saint-Siège, est un homme d'Église qui place la défense du pape au premier rang absolu, au prix, au péril de sa vie elle-même. Ainsi, si un homme en possession d'une telle formation, qui est aussi une forma mentis, en vient à accuser le pape, cela signifie qu'il a une raison très sérieuse de le faire.

Quelqu'un a fait remarquer que Vigano est un menteur parce que, lors d'une occasion publique, il s'est adressé à McCarrick avec des mots aimables. Mais Viganò est ambassadeur, et c'est ainsi que se comporte un diplomate. Il ne peut pas créer de scandale, et par conséquent mettre le pape lui-même, dont il est le représentant, dans une position difficile lors d'un dîner de gala.

Comme raison supplémentaire en faveur de Viganò, Feser cite le comportement de Bergoglio dans d'autres cas de prêtres responsables, disons, d'un comportement moral déplacé. La liste est longue. Le cardinal Danneels a tenté de protéger un évêque abuseur, a conseillé au roi des Belges de signer la loi sur l'avortement, a refusé d'interdire le matériel pornographique dans les écoles comme matériel «éducatif», a parlé du mariage homosexuel comme d'un «développement positif», s'est félicité avec le gouvernement belge pour avoir approuvé la loi sur «le mariage» entre personnes du même sexe.

En somme, des prises de position pas vraiment en ligne avec la doctrine catholique. Et pourtant, c'est à lui que Bergoglio a attribué un rôle important dans le Synode de 2015 sur la famille. On peut dire la même chose de l'ancien archevêque de Los Angeles, le cardinal Roger Mahony, qui a été sanctionné en 2013 par son successeur pour sa mauvaise gestion des cas d'abus sexuels du clergé, et pourtant, au début de cette année, Bergoglio l'a nommé son représentant officiel aux célébrations du 150e anniversaire du diocèse de Scranton (charge que Mahony a abandonnée après les manifestations de laïques). Et puis il y a le cas de Mgr Battista Ricca, choisi par François pour diriger la Casa Santa Marta, et nommé son prélat à l'Ior, bien que le mosignore ait été le protagoniste d'histoires homosexuelles, au point de demander son retour à Rome quand il vivait à l'étranger. Et puis il y a l'histoire de l'évêque Barros au Chili, accusé d'avoir couvert l'abus du prêtre Fernando Karadima mais défendu jusqu'au bout par le pape, au point de parler de «diffamation» contre lui, quitte ensuite à reculer et à s'excuser lorsque l'Associated Press publia une lettre qui démontrait incontestablement que le pape était au courant des méfaits de Barros depuis 2015 (épisode incluant le reproche au pape par le cardinal O'Malley, membre du conseil des cardinaux et à la tête de la Commission du Vatican sur la protection des mineurs).

Personne ne peut dire exactement pourquoi Bergoglio a été indulgent dans toutes ces affaires. Quoi qu'il en soit, il l'a été.

Et puis (et nous arrivons ici à son silence) il y a les absences de réponse aux critiques et aux observations, comme dans le cas des dubia des quatre cardinaux sur Amoris laetitia et comme dans le cas de la non-réponse sur le mémorandum de Viganò pendant le vol du retour de Dublin.

Bref, note Feser, Bergoglio n'est pas connu pour ses choix linéaires et ses réponses directes. Au contraire, Viganò est très clair dans son mémorandum, au point que, bien qu'il ne soit pas vague, il prête le flanc à la réfutation. Et ici, dit Feser, il n'y a qu'une seule conclusion : la crédibilité de quelqu'un qui est clair, et se montre disponible pour les vérifications, est plus grande que celle de celui qui se montre habituellement ambigu et évasif.

Malheureusement, toutes les autres charges contre Viganò vont dans le même sens. Curieuse, l'anecdote rapportée à propos du cardinal Sandri, qui a dit à un journaliste, au téléphone «Je ne suis pas à mon bureau, bonsoir». Et Feser souligne qu'il était le plus bavard de tous.

Tous se taisent, de la Secrétairerie d'État à la Nonciature de Washington. Vont-ils parler? On ne sait pas encore. Pourtant, écrit Feser, habituellement, les personnes innocentes nient les accusations portées contre eux. Et pourquoi la nonciature de Washington ne publie-t-elle pas la documentation nécessaire pour mieux comprendre?

Ces circonstances, cependant, ne semblent pas intéresser la grande presse, qui a décidé a priori de confirmer et de renforcer le récit basé sur l'image de François le Grand Réformateur, auquel les méchants traditionalistes mettent les bâtons dans les roues.

Bien sûr, il est possible qu'aujourd'hui, ou dans quelques jours, de nouveaux éléments et de nouvelles preuves changent complètement le tableau. Lequel, à ce jour, est celui-là.


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/ ... erite.html
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Message par Gilbert Chevalier »

12- Viganò intervient de nouveau contre l'Antéchrist
(texte intégral) :
la finale (en rouge) dit tout


Mgr Vigano revient à la charge


("Benoît-et-moi", le 28/9/2018)

et il le fait en des termes d'une grande charge dramatique et émotionnelle, dans une nouvelle déclaration transmise à ses correspondants choisis, Marco Tosatti ( http://www.lanuovabq.it/it/vigano-il-pa ... acconsente ), Aldo Maria Valli ( https://www.aldomariavalli.it/2018/09/2 ... cconsente/ ) et Life Site News ( https://www.lifesitenews.com/news/break ... e-on-mccar )

Sandro Magister reproduit également l'appel de Mgr Vigano sur <Settimo Cielo : http://magister.blogautore.espresso.rep ... a-cifrato/ > ce matin. Sous le titre "VIGANO ACTE II. TANDIS QUE FRANÇOIS SE TAIT, OU PARLE EN LANGAGE CODÉ", voici son introduction:
« Après son acte d'accusation du 26 août contre la couverture que François aurait donnée aux méfaits de l'ex-cardinal Théodore McCarrick - "témoignage" complété par la suite par un mémoire concernant l'affaire Kim Davis - l'ex-nonce aux Etats-Unis Carlo Maria Viganò est de retour avec ce second acte d'accusation, contre les paroles et les silences non seulement du pape François mais aussi d'autres chefs de curie, notamment du cardinal Marc Ouellet, préfet de la congrégation des évêques. »


* * *

Viganò : "Pape François, pourquoi ne réponds-tu pas? Qui ne dit mot consent"

par Aldo Maria Valli
https://www.aldomariavalli.it/2018/09/2 ... cconsente/
28 septembre 2018


« Un mois après la publication de son mémorandum, Mgr Carlo Maria Viganò reprend la parole. Il le fait à travers un texte, que nous publions ici, qui nous est envoyé de l'endroit secret où il vit.
.... »


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/ ... harge.html

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Mgr Viganò publie une nouvelle lettre
en réponse au silence du Pape François
au sujet du scandale de Mgr McCarrick


Lettre originale en anglais de Mgr Viganò
(PDF de 4 pages : https://www.lifesitenews.com/images/loc ... DI_-_E.pdf)
publiée sur un article de LifeSiteNews
— traduite par Campagne Québec-Vie

par Augustin Hamilton le 27/09/2018


- - -



Archevêque titulaire d'Ulpiana
Nonce apostolique

Scio Cui credidi
(2 Tim 1:12)



Avant de commencer à écrire, je voudrais tout d'abord rendre grâce et gloire à Dieu le Père pour chaque situation et épreuve qu'Il a préparées et qu'Il me préparera durant ma vie. En tant que prêtre et évêque de la sainte Église, épouse du Christ, je suis appelé comme tout baptisé à rendre témoignage à la vérité. Par le don de l'Esprit qui me garde dans la joie sur le chemin que je suis appelé à parcourir, je compte le faire jusqu'à la fin de mes jours. Notre seul Seigneur m'a aussi adressé l'invitation : «Suis-moi!» et j'ai l'intention de le suivre avec l'aide de sa grâce jusqu'à la fin de mes jours.

Je veux chanter à Yahvé tant que je vis,
je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
Puisse mon langage lui plaire,
moi, j'ai ma joie en Yahvé!
(Psaume 103 :33-34)
[ou 104 :33-34]


* * * * *



Cela fait un mois que j'ai donné mon témoignage, uniquement pour le bien de l'Église, sur ce qui s'est passé lors de l'audience avec le Pape François le 23 juin 2013 et sur certains sujets qu'il m'a été donné de savoir dans les missions que l'on m'avait confiées au Secrétariat d'État et à Washington, concernant ceux, coupables de couvrir les crimes commis par l'archevêque de cette capitale.

Ma décision de révéler ces graves faits a été pour moi la décision la plus douloureuse et la plus importante que j'aie jamais prise de ma vie. Je l'ai fait après longue réflexion et prières, pendant des mois de souffrance profonde et d'angoisse, pendant un crescendo de nouvelles continuelles d'événements terribles, comprenant des milliers de victimes innocentes détruites et les vocations et les vies de jeunes prêtres et religieux perturbées. Le silence des pasteurs qui auraient pu apporter un remède et empêcher de nouvelles victimes est devenu de plus en plus indéfendable, un crime dévastateur pour l'Église. Bien conscient des conséquences énormes que mon témoignage pouvait avoir, car ce que j'allais révéler impliquait le successeur de Pierre lui-même, j'ai néanmoins choisi de parler pour protéger l'Église, et je déclare en toute conscience devant Dieu que mon témoignage est vrai. Le Christ est mort pour l'Église, et Pierre, Servus servorum Dei [Serviteur des serviteurs de Dieu], est le premier appelé à servir l'épouse du Christ.

Assurément, certains des faits que je devais révéler étaient couverts par le secret pontifical que j'avais promis d'observer et que j'ai fidèlement observé depuis le début de mon service au Saint-Siège. Mais le but de tout secret, y compris le secret pontifical, est de protéger l'Église de ses ennemis, et non de couvrir et de devenir complice des crimes commis par certains de ses membres. J'ai été témoin, non par choix, de faits choquants et, comme l'affirme le Catéchisme de l'Église catholique (par. 2491), le sceau du secret n'est pas contraignant lorsque des dommages très graves ne peuvent être évités que par la divulgation de la vérité. Seul le sceau de la confession aurait pu justifier mon silence.

Ni le Pape, ni aucun des cardinaux de Rome n'ont nié les faits que j'ai affirmés dans mon témoignage. «Qui tacet consentit» [Qui ne dit mot consent] s'applique sûrement ici, car s'ils nient mon témoignage, ils n'ont qu'à se prononcer et à fournir des documents à l'appui de cette dénégation. Comment peut-on éviter de conclure que la raison pour laquelle ils ne fournissent pas la documentation est qu'ils savent que cela confirmerait mon témoignage ?

Le centre de mon témoignage était que depuis du moins le 23 juin 2013, le Pape savait par moi à quel point McCarrick était pervers et mauvais dans ses intentions et ses actes, et au lieu de prendre les mesures que tout bon pasteur aurait prises, le Pape a fait de McCarrick un de ses principaux agents dans le gouvernement de l'Église, par rapport aux États-Unis, la Curie, et même la Chine, comme nous le voyons en ces jours avec une grande préoccupation et une grande anxiété pour cette église martyre.

Maintenant, la réponse du Pape à mon témoignage a été : «Je ne dirai pas un mot!» Mais ensuite, se contredisant lui-même, il a comparé son silence à celui de Jésus à Nazareth puis devant Pilate, et m'a comparé au grand accusateur, Satan, qui sème le scandale et la division dans l'Église — sans toutefois prononcer mon nom. S'il l'avait dit : «Viganò a menti», il aurait mis en question ma crédibilité tout en essayant d'affirmer la sienne. Ce faisant, sa réponse aurait eu pour résultat d'intensifier les demandes du peuple de Dieu et du monde concernant la documentation nécessaire pour déterminer qui a dit la vérité. Au lieu de cela, il a mis en place une subtile calomnie contre moi — la calomnie étant une offense dont il a souvent comparé la gravité à celle du meurtre.

En effet, il l'a fait à plusieurs reprises, dans le cadre de la célébration du Très Saint Sacrement, l'Eucharistie, où il ne court aucun risque d'être interpellé par des journalistes. Lorsqu'il s'est adressé aux journalistes, il les a invités à exercer leur maturité professionnelle et à tirer leurs propres conclusions. Mais comment les journalistes peuvent-ils découvrir et connaître la vérité si les personnes directement concernées par une affaire refusent de répondre aux questions ou de divulguer des documents ? Le refus du Pape de répondre à mes accusations et sa surdité à l'appel des fidèles à se justifier ne sont guère compatibles avec ses appels à la transparence et à la construction de ponts.

De plus, la protection du Pape envers McCarrick n'était manifestement pas une erreur isolée. De nombreux autres cas ont récemment été documentés dans la presse, montrant que le Pape François a défendu des ecclésiastiques homosexuels qui avaient commis de graves abus sexuels à l'encontre de mineurs ou d'adultes. Il s'agit notamment de son rôle dans l'affaire du P. Julio Grassi de Buenos Aires, de la réhabilitation du P. Mauro Inzoli après que le Pape Benoît l'eût retiré de son ministère (jusqu'à ce qu'il aille en prison, moment à partir duquel le Pape François le laïcisa) et de la suspension de l'enquête sur les allégations d'abus sexuels contre le cardinal Cormac Murphy O'Connor.

Entre-temps, une délégation de l'USCCB, dirigée par son président, le cardinal DiNardo, s'est rendue à Rome pour demander une enquête du Vatican sur McCarrick. Le cardinal DiNardo et les autres prélats devraient dire à l'Église en Amérique et dans le monde : le Pape a-t-il refusé de mener une enquête vaticane sur les crimes de McCarrick et sur les responsables de leur dissimulation ? Les fidèles méritent de savoir.

Je voudrais lancer un appel spécial au cardinal Ouellet, car en tant que nonce, j'ai toujours travaillé en grande harmonie avec lui, et j'ai toujours eu une grande estime et amitié pour lui. Il se souviendra quand, à la fin de ma mission à Washington, il m'a reçu dans son appartement à Rome le soir pour une longue conversation. Au début du pontificat du pape François, il avait conservé sa dignité, comme il l'avait fait avec courage lorsqu'il était archevêque de Québec. Plus tard, cependant, quand son travail de préfet de la Congrégation pour les évêques a été miné parce que les recommandations pour les nominations épiscopales ont été transmises directement au Pape François par deux «amis» homosexuels de son dicastère, contournant ainsi le cardinal, il a abandonné. Son long article dans L'Osservatore Romano, dans lequel il se prononce en faveur des aspects les plus controversés d'Amoris Lætitia, incarne sa reddition. Votre Éminence, avant mon départ pour Washington, c'est vous qui m'avez parlé des sanctions du pape Benoît XVI à l'encontre de McCarrick. Vous avez à votre disposition des documents clés incriminant McCarrick et plusieurs membres de la curie pour leurs dissimulations. Votre Éminence, je vous invite à porter témoignage à la vérité.


* * * * *



Enfin, je veux vous encourager, chers fidèles, mes frères et sœurs en Christ : ne soyez jamais découragés ! Faites vôtre l'acte de foi et de confiance totale en Jésus-Christ, notre Sauveur, de saint Paul dans sa deuxième Lettre à Timothée, Scio cui credidi, que j'ai choisi comme devise épiscopale. C'est un temps de repentance, de conversion, de prières, de grâce, pour préparer l'Église, l'épouse de l'Agneau, à être prête pour combattre et à gagner avec Marie le combat contre le vieux dragon.

«Scio Cui credidi» (2 Tim 1 :12)
[Je sais en qui j'ai mis ma foi]
En Vous, Jésus, mon seul Seigneur, je place toute ma confiance.
«Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum» (Rom 8:28)

Pour commémorer mon ordination épiscopale conférée par saint Jean Paul II le 26 avril 1992, j'ai choisi cette image tirée d'une mosaïque de la basilique Saint-Marc à Venise. Elle représente le miracle de l’apaisement de la tempête. J'ai été frappé par le fait que dans la barque de Pierre, secouée par les eaux, la figure de Jésus est représentée deux fois. Jésus dort profondément à l'avant, tandis que Pierre essaie de le réveiller : «Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ?» Pendant ce temps, les apôtres, terrifiés, regardent chacun dans une direction différente et ne se rendent pas compte que Jésus se tient derrière eux, les bénit et commande sûrement la barque : «S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : "Silence! Tais-toi!" Et le vent tomba et il se fit un grand calme. Puis il leur dit : "Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ?"» (Mc 4, 38-40).

La scène dépeint opportunément l'immense tempête que traverse l'Église en ce moment, mais avec une différence substantielle : non seulement le successeur de Pierre ne voit pas le Seigneur en pleine possession de la barque, mais il ne semble même pas envisager de réveiller Jésus endormi à l'avant.

Peut-être le Christ est-il devenu invisible à son vicaire ?
Peut-être est-il tenté d'essayer de se substituer à notre seul Maître et Seigneur ?

Le Seigneur est maître de la barque !
Que le Christ, la Vérité, soit toujours la lumière sur notre chemin !


+ Carlo Maria Viganò
Archevêque titulaire d'Ulpiana
Nonce apostolique

29 septembre 2018
Fête de Saint Michel Archange


Source : https://www.cqv.qc.ca/mgr_vigano_publie ... _mccarrick

[La phrase que j'ai mise en rouge signifie implicitement que Bergoglio est l'Antéchrist, car seul l'Antéchrist peut se substituer au Christ.]
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Gilbert Chevalier
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

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13- L'Antéchrist répond à Viganò par Ouellet :
un chef-d’œuvre d'hypocrisie !


Lettre ouverte du cardinal Ouellet
sur les récentes accusations contre le Saint-Siège


Vatican News, le 7 octobre 2018

Dans une lettre ouverte, le Préfet de la Congrégation pour les Évêques répond aux accusations formulées par l’ancien nonce à Washington Mgr Carlo Maria Viganò qui visaient le Pape François et le Saint-Siège, à propos de la gestion du cas Mc Carrick.

Voici le texte intégral de cette lettre, publiée ce samedi 7 octobre:



LETTRE OUVERTE DU PRÉFET DE LA CONGRÉGATION POUR LES ÉVÊQUES,
CARDINAL MARC OUELLET,
AU SUJET DES RÉCENTES ACCUSATIONS CONTRE LE SAINT SIÈGE


Cher confrère Carlo Maria Vigano,

Dans ton dernier message aux Media pour dénoncer le Pape François et la Curie romaine, tu m’exhortes à dire la vérité sur des faits que tu interprètes comme une corruption endémique qui a envahi la hiérarchie de l’Église jusqu’à son plus haut niveau. Avec la permission pontificale requise, j’offre ici mon témoignage personnel comme préfet de la Congrégation pour les Évêques, sur les faits concernant l’Archevêque émérite de Washington Theodore McCarrick et sur ses liens présumés avec le Pape François, qui font l’objet de ta dénonciation publique retentissante, ainsi que de ton exigence de démission à l’égard du Saint Père. Mon témoignage s’appuie sur mes contacts personnels et sur les documents d’archive de la Congrégation qui font actuellement l’objet d’une étude pour éclairer ce triste cas.

Permets-moi toutefois de te dire d’abord en toute sincérité, à cause de la bonne collaboration qui a existé entre nous quand tu étais nonce à Washington, que ta position actuelle m’apparaît incompréhensible et extrêmement regrettable, non seulement à cause de la confusion qu’elle sème dans le peuple de Dieu, mais à cause des accusations publiques qui lèsent gravement la réputation des évêques, successeurs des Apôtres. Je me souviens d’avoir joui un certain temps de ton estime et de ta confiance, et je constate que j’aurais maintenant perdu à tes yeux la dignité qui m’était reconnue, pour la seule raison que je suis resté fidèle aux orientations du Saint Père dans le service qu’il me confie dans l’Église. La communion avec le Successeur de Pierre n’est-elle pas l’expression de notre obéissance au Christ qui l’a choisi et qui le soutient de sa grâce? Mon interprétation d’Amoris Laetitia que tu dénonces, s’inscrit dans cette fidélité à la tradition vivante dont François nous a donné un autre exemple en modifiant récemment le Catéchisme de l’Église Catholique sur la question de la peine de mort.

Venons-en aux faits. Tu dis avoir informé le Pape François le 23 juin 2013 sur le cas McCarrick lors de l’audience qu’il t’a concédée, de même qu’à tant d’autres représentants pontificaux qu’il a rencontrés alors pour la première fois. J’imagine la quantité énorme d’informations verbales ou écrites qu’il a dû alors recueillir sur beaucoup de personnes et de situations. Je doute fort que McCarrick l’intéressait au point où tu voudrais le faire croire, puisqu’il était un Archevêque émérite de 82 ans et sans office depuis sept ans. C’est pourquoi les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est que, oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé.

Depuis le 30 juin 2010 que je suis préfet de cette Congrégation, je n’ai jamais porté en audience auprès du pape Benoit XVI ou du pape François le cas McCarrick, sauf ces jours derniers après sa déchéance du Collège des Cardinaux. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet. Il est faux de présenter les mesures prises à son égard comme des « sanctions » décrétées par le Pape Benoît XVI et annulées par le Pape François.

Après révision des archives, je constate qu’il n’y a pas de documents à ce sujet signés par l’un ou l’autre pape, ni de note d’audience de mon prédécesseur le Cardinal Jean-Baptiste Re, qui donnerait le mandat d’obliger l’Archevêque émérite McCarrick au silence et à la vie privée avec la rigueur de peines canoniques. La raison en est qu’on ne disposait pas alors, à la différence d’aujourd’hui, de preuves suffisantes de sa culpabilité présumée. D’où la position de la Congrégation, inspirée à la prudence, et les lettres de mon prédécesseur et de moi-même l’exhortant, par l’intermédiaire des Nonces Apostoliques Pietro Sambi et toi-même, à un style de vie discret de prière et pénitence pour son propre bien et celui de l’Église. Son cas aurait fait l’objet de nouvelles mesures disciplinaires si la Nonciature à Washington ou une quelconque autre source nous avait fourni des informations récentes et décisives sur son comportement. Je suis d’avis que, par respect des victimes et exigence de justice, la recherche en cours aux États-Unis et à la Curie romaine fournisse une analyse critique complète des procédures et des circonstances de ce cas douloureux afin d’éviter que cela se reproduise dans l’avenir.

Comment se fait-il que cet homme d’Église dont on connaît aujourd’hui l’incohérence, ait été promu à plusieurs reprises jusqu’à occuper les très hautes fonctions d’Archevêque de Washington et de Cardinal ? J’en suis moi-même fort étonné, et je reconnais des failles dans le processus de sélection qui a été mené dans son cas. Mais sans fournir ici de détails, on doit comprendre que les décisions qui sont prises par le Souverain Pontife reposent sur les informations dont on dispose au moment précis, et qui font l’objet d’un jugement prudentiel qui n’est pas infaillible. Il me semble injuste de conclure à la corruption des personnes en charge du discernement préalable même si, dans le cas concret, certains indices fournis par des témoignages auraient dû être davantage examinés. Le prélat en cause a su se défendre très habilement des doutes soulevés à son endroit. Par ailleurs, qu’il puisse y avoir au Vatican des personnes qui pratiquent et soutiennent des comportements contraires aux valeurs de l’Évangile en matière de sexualité, ne nous autorise pas à généraliser et à déclarer indignes et complices un tel et un tel, et même le Saint Père lui-même. Ne faut-il pas que les ministres de la vérité se gardent avant tout de la calomnie et de la diffamation?

Cher représentant pontifical émérite, je te dis franchement qu’accuser le pape François d’avoir couvert en toute connaissance de cause ce présumé prédateur sexuel, et donc d’être complice de la corruption qui sévit dans l’Église au point d’être devenu indigne de poursuivre sa réforme en tant que premier pasteur de l’Église, me semble à tous les points de vue incroyable et invraisemblable. Je n’arrive pas à comprendre comment tu as pu te laisser convaincre de cette monstrueuse accusation qui ne tient pas la route. François n’a eu rien à voir avec les promotions de McCarrick à New York, Metuchen, Newark et Washington. Il l’a destitué de sa dignité de cardinal dès qu’est apparue une accusation crédible d’abus de mineur. Je ne l’ai jamais entendu faire allusion à ce soi-disant grand conseiller de son pontificat pour les nominations en Amérique, alors que le Pape ne cache pas la confiance qu’il accorde à certains prélats. Je devine que ceux-ci ne sont pas de ta préférence ni de celle des amis qui soutiennent ton interprétation des faits. Mais je trouve aberrant que tu profites du scandale retentissant des abus sexuels aux États-Unis pour infliger à l’autorité morale de ton supérieur, le Souverain Pontife, un coup inouï et immérité !

J’ai le privilège de rencontrer longuement le pape François chaque semaine pour traiter les nominations d’évêques et les problèmes qui affectent leur gouvernement. Je sais très bien comment il traite les personnes et les problèmes, avec beaucoup de charité, de miséricorde, d’attention et de sérieux, comme tu en as fait toi-même l’expérience. De lire comment tu termines ton dernier message apparemment très spirituel en te moquant et en jetant un doute sur sa foi m’a semblé vraiment trop sarcastique, voire blasphématoire. Cela ne peut pas venir de l’Esprit de Dieu.

Cher confrère, je voudrais bien t’aider à retrouver la communion avec celui qui est le garant visible de la communion de l’Église catholique ; je comprends que des peines et des déceptions aient jalonné ta route au service du Saint Siège, mais tu ne peux pas terminer ainsi ta vie sacerdotale dans une rébellion ouverte et scandaleuse qui inflige une blessure très douloureuse à l’Épouse du Christ, que tu prétends mieux servir, en aggravant la division et le désarroi dans le peuple de Dieu. Que puis-je répondre à ton appel sinon te dire : sors de ta clandestinité, repens-toi de ta révolte et reviens à de meilleurs sentiments à l’égard du Saint Père au lieu de fomenter l’hostilité contre lui. Comment peux-tu célébrer l’Eucharistie et prononcer son nom au canon de la messe? Comment peux-tu prier le saint Rosaire, Saint Michel Archange et la Mère de Dieu en condamnant celui qu’elle protège et accompagne tous les jours dans son lourd et courageux ministère ?

Si le Pape n’était pas un homme de prière, s’il était attaché à l’argent, s’il favorisait les riches aux dépens des pauvres, s’il ne démontrait pas une énergie infatigable pour accueillir toutes les misères et donner le généreux réconfort de sa parole et de ses gestes, s’il ne multipliait pas tous les moyens possibles d’annoncer et de communiquer la joie de l’évangile à tous et à toutes, dans l’Église et au-delà de ses frontières visibles, s’il ne tendait pas la main aux familles, aux vieillards abandonnés, aux malades de l’âme et du corps, et surtout aux jeunes en recherche de bonheur, on pourrait peut-être lui préférer, selon toi, quelqu’un qui adopte d’autres attitudes diplomatiques et politiques, mais je ne peux pas mettre en cause son intégrité personnelle, sa consécration à la mission et surtout le charisme et la paix qui l’habitent, par la grâce de Dieu et la puissance du Ressuscité.

En réponse à ton attaque injuste et injustifiée dans les faits, cher Vigano, je conclus donc que l’accusation est un montage politique privé de fondement réel incriminant le pape, et qu’elle blesse profondément la communion de l’Église. Plût à Dieu que cette injustice flagrante soit rapidement réparée et que le Pape François continue à être reconnu pour ce qu’il est : un pasteur insigne, un père compatissant et ferme, une grâce prophétique pour l’Église et pour le monde. Qu’il poursuive joyeusement et en toute confiance la réforme missionnaire qu’il a entreprise, en sachant qu’il peut compter encore davantage sur la prière du peuple de Dieu et la solidarité renouvelée de toute l’Église unie à Très Sainte Vierge Marie, Reine du Saint Rosaire!

Marc Cardinal Ouellet Préfet de la Congrégation pour les Évêques,
En la Fête de Notre-Dame du Rosaire, 7 octobre 2018.


Source : https://www.vaticannews.va/fr/vatican/n ... ellet.html
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Gilbert Chevalier
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

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14- Explication de texte

« Le cardinal Ouellet fut reçu par le Souverain Pontife immédiatement après que le deuxième document de Viganò apparut, avec l'invitation, précisément, à Ouellet de dire la vérité. On peut raisonnablement penser que la réponse d'Ouellet tient compte de la pensée du Pontife. »


Marco Tosatti, Stilum curiae, le 7 octobre 2018
https://www.marcotosatti.com/2018/10/07 ... preghiera/


* * *

Quand Ouellet marque contre son camp

("Benoît-et-moi", le 8/10/2018)

Loin de dédouaner la responsabilité du Pape, dans sa réponse à Mgr Vigano le Préfet de la Congrégation des Évêques se débat maladroitement et surtout admet implicitement que les sanctions prises par Benoît XVI contre McCarrick existent bel et bien. Commentaire de Marco Tosatti

Luigi Accattroli avait révélé récemment lors d'un de ses débats récurrents avec Giuseppe Rusconi (cf. Intrigues de vaticanistes : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/ ... istes.html ) que la réponse du Saint-Siège à Vigano allait être publiée incessamment.
Il semble bien que l'indiscrétion était une information fiable. Coup sur coup, nous avons un communiqué du Saint-Siège (sur lequel nous reviendrons), et une lettre du cardinal Ouellet.
Dans cette lettre, le cardinal répond à Mgr Vigano qui le mettait en cause directement dans son second rapport. Et le moins qu'on puisse dire est que son plaidoyer est maladroit, puisqu'il admet très explicitement que des "sanctions" existaient bel et bien.

« Les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est qu'oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet ».

Tout aussi peu convaincant, le ton larmoyant, qui appuie sur la corde sensible (mais ne répond pas aux questions) et verse dans l'hagiographie, rendant le plaidoyer suspect ou à tout le moins inefficace:

« J’ai le privilège de rencontrer longuement le pape François chaque semaine pour traiter les nominations d’évêques et les problèmes qui affectent leur gouvernement. Je sais très bien comment il traite les personnes et les problèmes, avec beaucoup de charité, de miséricorde, d’attention et de sérieux, comme tu en as fait toi-même l’expérience. De lire comment tu termines ton dernier message apparemment très spirituel en te moquant et en jetant un doute sur sa foi m’a semblé vraiment trop sarcastique, voire blasphématoire. Cela ne peut pas venir de l’Esprit de Dieu.
Cher confrère, je voudrais bien t’aider à retrouver la communion avec celui qui est le garant visible de la communion de l’Église catholique; je comprends que des peines et des déceptions aient jalonné ta route au service du Saint Siège, mais tu ne peux pas terminer ainsi ta vie sacerdotale dans une rébellion ouverte et scandaleuse qui inflige une blessure très douloureuse à l’Épouse du Christ, que tu prétends mieux servir, en aggravant la division et le désarroi dans le peuple de Dieu. Que puis-je répondre à ton appel sinon te dire: sors de ta clandestinité, repens-toi de ta révolte et reviens à de meilleurs sentiments à l’égard du Saint Père au lieu de fomenter l’hostilité contre lui. Comment peux-tu célébrer l’Eucharistie et prononcer son nom au canon de la messe? Comment peux-tu prier le saint Rosaire, Saint Michel Archange et la Mère de Dieu en condamnant celui qu’elle protège et accompagne tous les jours dans son lourd et courageux ministère ? »


Je laisse la parole à Marco Tosatti, l'un des journalistes les plus directement impliqués comme récipiendaire des deux "rapports Vigano". Il décrypte les propos du cardinal, démontant point par point ses arguments.
Malgré cela, je n'exclus évidemment pas que les habituels bergogliens, qui persistent dans leur autisme, vont exulter: "Le cardinal Ouellet dément Vigano"; "le cardinal Ouellet: Vigano a menti"; "Ouellet: Il n'y avait pas de sanction". Etc.

A noter: AM Valli, lui aussi intermédiaire choisi par Mgr Vigano pour la publication de ses deux "mémo" commente également la lettre de Ouellet (cf. https://www.aldomariavalli.it/2018/10/0 ... mccarrick/ ).

Et il apporte cette précision:
« Même le Wall Street Journal, au sujet de la lettre du cardinal, écrit: le Vatican dénonce l'accusation contre le Pape mais confirme le point clé ( https://www.wsj.com/articles/vatican-de ... 1538912551 ) et le point clé est que les sanctions contre McCarrick existaient, mais l''oncle Ted' ne les a pas respectées».

Évidemment, le WSJ, propriété de Rupert Murdoch est l'un des pires suppôts de l'ultra-libéralisme économique américain, en collusion avec l'ultra-droite et la frange ultra-conservatrice de l'épiscopat. Complot?
[Malheureusement, l'article du WSJ est en accès payant...]


Ouellet contre Vigano. Mais il confirme les sanctions contre McCarrick


Marco Tosatti
8 octobre 2010
http://www.lanuovabq.it/it/ouellet-cont ... -mccarrick
Ma traduction

* * *

Le Préfet de la Congrégation des Évêques Ouellet, a écrit à l'archevêque Viganò, qui l'avait mis directement en cause. Le cardinal lui reproche sa position à l'égard du Souverain Pontife, mais confirme que des mesures de vie retirée avaient été prises à l'encontre de McCarrick, compte tenu de son comportement prédateur. Néanmoins, à partir de 2013, il a recommencé à voyager y compris au nom du nouveau Pape.

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Le Préfet de la Congrégation des Évêques, le cardinal Marc Ouellet, a écrit hier une lettre ouverte à l'archevêque Carlo Maria Viganò, qui l'avait directement mis en cause avec son second message. La lettre a été publiée sur le site web de VaticanNews ( https://www.vaticannews.va/fr/vatican/n ... ellet.html ).

Le cardinal y reproche à l'archevêque sa position à l'égard du Pontife, à qui il n'épargne pas des éloges à n'en plus finir. La partie la plus intéressante du message est certainement celle qui touche certains points centraux du témoignage de Mgr Viganò; en particulier l'audience du 23 juin 2013, où l'ex-nonce aurait dit clairement qui était McCarrick et ce qu'il avait fait, et comment Benoît XVI l'avait puni; et précisément les "sanctions" contre l'archevêque prédateur homosexuel.

Le point central du témoignage de Mgr Viganò concerne la conversation du 23 juin 2013 avec le Pape. Ouellet écrit:

« Venons-en aux faits. Tu dis avoir informé le Pape François le 23 juin 2013 sur le cas McCarrick lors de l’audience qu’il t’a concédée, de même qu’à tant d’autres représentants pontificaux qu’il a rencontrés alors pour la première fois. J’imagine la quantité énorme d’informations verbales ou écrites qu’il a dû alors recueillir sur beaucoup de personnes et de situations. Je doute fort que McCarrick l’intéressait au point où tu voudrais le faire croire, puisqu’il était un Archevêque émérite de 82 ans et sans office depuis sept ans. »

Cette objection aurait un sens si Mgr Viganò avait abordé le thème McCarrick de sa propre initiative. Mais il ne l'a pas fait. C'est le Pape qui lui a demandé: «McCarrick, comment est-il?». A quoi le nonce lui répondit en lui disant des choses d'une gravité et d'un poids tels qu'elles auraient difficilement pu passer inaperçues ou être oubliées. Et ce cardinal américain l'intéressait suffisamment pour s'enquérir de lui et l'envoyer en Chine et ailleurs en son nom, changeant ainsi la situation d'interdiction de voyage et de présence publique demandée par son prédécesseur. Par conséquent, cette tentative de minimiser l'importance de la rencontre du 23 juin, aussi louable soit-elle pour décharger le Souverain Pontife de ses responsabilités, ne fonctionne pas vraiment; au contraire, elle permet de penser que le récit de l'audience rendu public par Viganò est correct.

Y a-t-il eu oui ou non des sanctions contre McCarrick à l'époque de Benoît (vers 2009-2010)? Ouellet écrit:

« Les instructions écrites de la Congrégation qui t’ont été données au début de ta mission à Washington en novembre 2011, ne disaient rien de McCarrick, si ce n’est que, oralement, je t’ai informé de sa situation comme évêque émérite devant obéir à certaines conditions et restrictions à cause des rumeurs sur son comportement dans le passé. L’ex-cardinal, retraité en mai 2006, était exhorté à ne pas voyager et à ne pas faire d’apparitions publiques afin de ne pas provoquer d’autres rumeurs qui circulaient à son sujet. Il est faux [!!! ]de présenter les mesures prises à son égard comme des "sanctions" décrétées par le Pape Benoît XVI et annulées par le Pape François. »

Cela s'appelle jouer sur les mots. Il y a donc bel et bien eu contre McCarrick des sanctions, ou restrictions, ou conditions, appelez-les comme vous voulez, non pas écrites, mais verbales. C'est une confirmation importante, qui déblaie le terrain autour d'une question sur laquelle on bataille sans fin, surtout dans la presse proche du Pontife. Pas de voyages; mais la première chose que McCarrick a dite à Viganò en le rencontrant après l'élection de mars 2013, c'est qu'il avait parlé avec le Pape et qu'il lui avait dit d'aller en Chine. Donc le pape François a modifié les "conditions" fixées par Benoît XVI pour McCarrick, c'est-à-dire de ne pas voyager et de ne pas paraître en public. Qu'est-ce qui est le plus plus faux, présenter ces "exhortations" comme des sanctions ou essayer de faire croire que François n'a pas eu envers McCarrick une attitude différente de celle de Benoît XVI?

Ouellet écrit encore qu'il y a eu «lettres de mon prédécesseur et de moi-même l’exhortant, par l’intermédiaire des Nonces Apostoliques Pietro Sambi et toi-même, à un style de vie discret de prière et pénitence pour son propre bien et celui de l’Église». Par conséquent, même en l'absence d'ordres écrits sous forme de sanctions, McCarrick était exhorté à agir comme s'il y avait de véritables sanctions; la vie qu'il mène aujourd'hui, sur ordre du Vatican, est une vie de prière et de pénitence. Et cela a dû être vrai jusqu'à ce que Jorge Mario Bergoglio devienne pape: depuis lors - c'est la chronique de ces années, pas le cardinal Ouellet, qui nous le dit - exhortations, conditionnements et sanctions ont disparu. Le préfet des évêques confirme également dans ce cas le témoignage de Viganò.

Ouellet écrit encore:

« Son cas aurait fait l’objet de nouvelles mesures disciplinaires si la Nonciature à Washington ou une quelconque autre source nous avait fourni des informations récentes et décisives sur son comportement. Je suis d’avis que, par respect des victimes et exigence de justice, la recherche en cours aux États-Unis et à la Curie romaine fournisse une analyse critique complète des procédures et des circonstances de ce cas douloureux afin d’éviter que cela se reproduise dans l’avenir. »

Très juste. Mais cette exhortation-argument ne tient pas compte d'une série de facteurs qui le rendent très faible, et rendent faible la position de l'ensemble de la Curie romaine dans cette affaire.

Lisez cette partie du premier témoignage de Mgr Viganò:

« Le nonce Sambi transmit au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone un mémorandum d’accusation contre McCarrick par le prêtre Gregory Littleton du diocèse de Charlotte, réduit à l'état laïc pour viol de mineurs, accompagné de deux documents du même Littleton, dans lequel celui-ci racontait l’histoire tragique des abus sexuels commis à l’époque par l’archevêque de Newark et par plusieurs autres prêtres et séminaristes. Le nonce a ajouté que Littleton avait déjà transmis son mémorandum à une vingtaine de personnes, y compris les autorités judiciaires civiles et ecclésiastiques, la police et les avocats, en juin 2006, et qu’il était donc très probable que l’information serait bientôt rendue publique. Il a donc appelé à une intervention rapide du Saint-Siège.

En rédigeant une note sur ces documents qui m’ont été confiés, en tant que délégué aux représentations pontificales, le 6 décembre 2006, j’ai écrit à mes supérieurs, le cardinal Tarcisio Bertone et le Substitut Leonardo Sandri, que les faits attribués à McCarrick par Littleton étaient d’une telle gravité et d’une telle bassesse qu’ils provoquaient chez le lecteur un sentiment de confusion, de dégoût, de chagrin profond et d’amertume, et qu’ils constituent des crimes de séduction, invitation à des actes dépravés commis par des séminaristes et de prêtres, de façon répétée et simultanée avec plusieurs personnes, moquerie d’un jeune séminariste qui tentait de résister aux séductions de l’archevêque en présence de deux autres prêtres, absolution des complices de ces actes dépravés, célébration sacrilège de l’Eucharistie avec les mêmes prêtres après avoir commis de tels actes.
Dans ma note, que j’ai remise le même jour du 6 décembre 2006 à mon supérieur direct, le Substitut Leonardo Sandri, j’ai proposé à mes supérieurs les points suivants :

- Étant donné ce qui semblait qu’un nouveau scandale d’une gravité particulière, dans la mesure où il concernait un cardinal, allait s’ajouter aux nombreux scandales touchant l’Église aux États-Unis,
- Et, puisque cette affaire concernait un cardinal (...) j’ai proposé qu’une mesure exemplaire soit prise contre le cardinal qui pourrait avoir une fonction médicinale, prévenir de futurs abus contre des victimes innocentes et atténuer le scandale très grave pour les fidèles, qui malgré tout continuaient à aimer et à croire en l’Église.
- J’ai ajouté qu’il serait salutaire que, pour une fois, l’autorité ecclésiastique intervienne avant les autorités civiles et, si possible, avant que le scandale n’éclate dans la presse. Cela aurait pu rendre une certaine dignité à une Église si cruellement éprouvée et humiliée par tant d’actes abominables de la part de certains pasteurs. Si cela était fait, l’autorité civile n’aurait plus à juger un cardinal, mais un pasteur avec lequel l’Église avait déjà pris des mesures appropriées pour l’empêcher d’abuser de son autorité et de continuer à détruire des victimes innocentes.

Ma note du 6 décembre 2006 a été conservée par mes supérieurs et ne m’a jamais été retournée avec quelque décision que ce soit de la part des supérieurs. »

Et ce n'était pas suffisant, selon le cardinal Ouellet?

Ce n'est pas tout. En avril 2008, fut publiée sur Internet la longue dénonciation d'un religieux, Richard Sipe, sur son site <richardsipe.com>, sous le titre "Statement for Pope Benedict XVI about the pattern of sexual abuse crisis in the United States". « Le 24 avril, ce texte a été transmis par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada, au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone. Il m’a été transmis un mois plus tard, le 24 mai 2008», écrit Viganò.

Sipe, écrit le National Catholic Register, «rapportait qu'un certain nombre de séminaristes au Séminaire Pontifical de Sainte-Marie à Baltimore lui avaient fait part de leurs inquiétudes au sujet du comportement de l'évêque de Metuchen Theodore McCarrick». Sipe connaissait le nom d'au moins quatre prêtres qui avaient eu des rapports sexuels avec McCarrick. Il disait également disposer de lettres dans lesquelles étaient enregistrées des témoignages de première main et des témoins oculaires qui rapportaient que McCarrck, alors archevêque de Newark, avait eu des relations sexuelles avec un prêtre et qu'à d'autres moments, un autre prêtre avait fait l'objet de ses avances sexuelles. Et déjà en 2006, le Substitut de l'époque, Mgr Sandri, demandait des informations à un ex-recteur de séminaire, Mgr Ramsey. En 2000, Ramsey avait écrit une lettre au nonce de l'époque Gabriel Montalvo, qui l'avait transmise à Rome, dénonçant le fait que McCarrick avait couché avec des séminaristes. Aujourd'hui, le cardinal Ouellet qualifie cette masse d'éléments de "voix" et "rumeurs", dans une tentative d'alléger certaines responsabilités, à la fois anciennes et très récentes. Et à la Congrégation qu'Ouellet dirige, il y a certainement beaucoup plus à propos de McCarrick. Mais Ouellet n'en parle pas.

En conclusion. Le Cardinal Ouellet a été reçu en audience par le Pape immédiatement après sa mise en cause par Viganò. Il est raisonnable de penser qu'il a également été question de cela dans la conversation [ndt: ou plutôt, il a été reçu dans le seul but de mettre au point une réponse]. D'après ce que nous pouvons comprendre de la lettre ouverte d'Ouellet, outre son indignation à l'encontre de l'ex-nonce apostolique et l'éloge inconditionnel de son supérieur, l'audience du 23 juin a bien eu lieu, et il a été question de McCarrick; McCarrick avait fait l'objet de la part de Benoît XVI de mesures restrictives dans les voyages et dans la présence publique; cette situation a changé radicalement malgré l'avertissement du Viganò à l'élection du pape François. Ouellet minimise comme "rumeurs" et "voix", les dénonciations ponctuelles que le Saint-Siège avait depuis 2000 sur McCarrick. Et ce n'est qu'avec Benoît qu'il y a eu une réaction à ces dénonciations, mais elles ont été annulées à partir de 2013. Il ne nous semble pas que dans les faits les déclarations du cardinal Ouellet démente grand chose. Bien eu contraire.


Source : http://benoit-et-moi.fr/2018/actualite/ ... -camp.html
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Gilbert Chevalier
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Re: L'AFFAIRE VIGANO

Message par Gilbert Chevalier »

15- Viganò persiste et signe :
c'est tout à son honneur de risquer les foudres de l'Antéchrist


Monseigneur Viganò :
« C'est ainsi que je réponds au Cardinal Ouellet.
Il est temps de sortir au grand jour. »


Blog d’Aldo Maria Valli, le 19 octobre 2018

« Témoigner de la corruption dans la hiérarchie de l'Église catholique a été et est toujours une décision douloureuse pour moi. Mais je suis un vieil homme, un homme qui sait que bientôt il devra rendre compte au Juge de ses actions et omissions, qui craint Celui qui peut jeter corps et âme en enfer. »

C'est ainsi que Monseigneur Carlo Maria Viganò écrit dans le nouveau témoignage qu'il m'a envoyé du lieu secret où il se trouve.

« J'ai parlé - l'ancien nonce aux États-Unis le souligne - en pleine conscience que mon témoignage allait alarmer et consterner de nombreuses personnes éminentes : des ecclésiastiques, des frères évêques, des collègues avec qui j'ai travaillé et prié. Je savais que beaucoup de gens se sentiraient blessés et trahis. J'avais prédit que certains m'accuseraient à leur tour et remettraient en question mes intentions. Et, plus douloureusement encore, je savais que beaucoup de fidèles innocents seraient confus et déconcertés par le spectacle d'un évêque accusant ses frères et ses supérieurs de méfaits, de péchés sexuels et de négligence grossière dans leur devoir. Pourtant, je crois que mon silence continu aurait mis en danger de nombreuses âmes et aurait certainement condamné la mienne. »

Dans le nouveau document, Monseigneur Viganò fait le point sur les observations qu'il a faites et qui n'ont pas encore reçu de réponse. Il écrit : « J'ai invoqué Dieu comme témoin de la vérité de mes paroles, et aucune d'elles n'a été niée. »

Viganò répondit aussi, point par point, au cardinal Ouellet, auteur d'une réprimande sévère contre l'archevêque : « Le cardinal Ouellet a écrit pour me reprocher mon insouciance d'avoir brisé le silence et porté de graves accusations contre mes frères et supérieurs, mais en vérité son reproche me confirme dans ma décision et confirme, en effet, mes déclarations, une à une et pleinement. »

C'est au même moment que sort mon petit livre Il caso Viganò ( https://www.aldomariavalli.it/book/il-caso-vigano/ ), dans lequel je propose à nouveau les articles parus dans mon blog Duc in altum à partir du moment où le Monseigneur m'a confié son premier mémorial et où j'ai décidé de le faire connaître. Évidemment, le livre ne contient pas ce dernier document, que je viens de recevoir. Je crois cependant que la lecture des textes précédents et de celui qui porte aujourd'hui la date du 19 octobre 2018, mémoire des martyrs d'Amérique du Nord, permet au lecteur de se faire une idée exhaustive d'une situation dans laquelle aucun baptisé et aucun homme de bonne volonté ne peut détourner le regard.

Monseigneur Viganò écrivait à la fin de son document : « Je réitère mon appel à mes confrères évêques et prêtres qui savent que mes déclarations sont vraies et qu'ils sont en mesure de témoigner, ou qui ont accès à des documents qui peuvent résoudre cette situation sans aucun doute. Vous aussi, vous êtes confrontés à un choix. Vous pouvez choisir de vous retirer de la bataille, de continuer dans la conspiration du silence et de détourner le regard de l'avancée de la corruption. Vous pouvez inventer des excuses, des compromis et des justifications qui retardent le jour de l'épreuve de force. Vous pouvez vous consoler avec la duplicité et l'illusion qu'il sera plus facile de dire la vérité demain et le lendemain. Ou tu peux choisir de parler. Faites confiance à Celui qui nous a dit « La vérité vous rendra libres ». Je ne dis pas qu'il sera facile de choisir entre le silence et la parole. Je vous exhorte à considérer quel choix sur votre lit de mort et devant le bon Juge vous ne regretterez pas d'avoir pris. »


Source : https://www.aldomariavalli.it/2018/10/1 ... -scoperto/


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Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò :
une réponse aux accusations du cardinal Ouellet


Le Blog de Jeanne Smits, le 19 octobre 2018

Ce vendredi 19 octobre, Mgr Carlo Maria Viganò a rendu public son troisième témoignage, qui prend la forme d'une réponse au cardinal Ouellet ( https://reinformation.tv/vigano-ouellet ... s-88807-2/ ). Il maintient ses accusations relatives à l'affaire McCarrick et accuse clairement le « fléau » qui selon lui est à la racine des scandales qui secouent l’Église. Je vous en propose ici la traduction complète, par mes soins, d'après le texte anglais publié par LifeSiteNews ( https://www.lifesitenews.com/news/archb ... -testimony ). – J.S.

Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò :
une réponse aux accusations du cardinal Ouellet


En la fête des martyrs nord-américains

Le fait de porter témoignage de la corruption au sein de la hiérarchie de l’Église catholique a été pour moi une décision douloureuse, et elle le demeure. Mais je suis un homme âgé, un homme qui sait devoir bientôt rendre compte devant le Juge de ses actions et omissions, un homme qui craint Celui qui peut jeter corps et âme en enfer. Un Juge qui, même dans son infinie miséricorde, accordera à chacun salut ou damnation selon ses mérites. Anticipant la question terrible de ce Juge – “Comment as-tu, toi qui avais connaissance de la vérité, pu garder le silence au milieu du mensonge et de la dépravation ?” – quelle réponse pouvais-je donner ?

J'ai témoigné avec la pleine conscience de l’inquiétude et du désarroi que mon témoignage allait provoquer chez beaucoup de personnes éminentes : des hommes d’Église, des frères évêques, des collègues avec qui j'avais travaillé et prié. Je savais que beaucoup d'entre eux se sentiraient blessés et trahis. Je m'attendais à ce que certains m’assaillent à leur tour, moi et mes motivations. Plus douloureux que tout, je savais qu'un grand nombre de fidèles innocents seraient troublés et déconcertés par le spectacle d'un évêque accusant des collègues et des supérieurs de méfaits, de péchés sexuels et d’une grave négligence à l'égard de leur devoir. Mais je crois que la persistance de mon silence eût mis beaucoup d’âmes en péril, et damnerait certainement la mienne. Ayant rapporté à de nombreuses reprises à mes supérieurs et même au pape le comportement aberrant de Theodore McCarrick, j'aurais pu dénoncer publiquement plus tôt les vérités dont j'avais connaissance. Si j'ai quelque responsabilité par rapport à ce retard, je m'en repens. Ce retard a été dû à la gravité de la décision que j'allais prendre, et au long travail de ma conscience.

On m’a accusé de susciter la confusion et la division au sein de l’Église par ce témoignage. A ceux qui pensent que cette confusion et cette division étaient insignifiantes avant août 2018, une telle assertion peut paraître plausible. Les observateurs plus impartiaux, en revanche, auront eu conscience qu’on a confusion et division à l’excès, et de longue date, comme il était inévitable dès lors que le successeur de Pierre néglige d'exercer sa mission principale, qui est d’affermir ses frères dans la foi et dans la saine doctrine morale. S'il exacerbe alors la crise par le biais de déclarations contradictoires ou déconcertantes à propos de ces doctrines, la confusion s'aggrave.

C'est pourquoi j'ai parlé. Car c’est la conspiration du silence qui a causé et qui continue de causer de grands dommages au sein de l’Église – des dommages frappant tant d'âmes innocentes, de vocations sacerdotales, et les fidèles en général. En ce qui concerne ma décision, que j'ai prise en conscience devant Dieu, j'accepte volontiers toute correction fraternelle, tout conseil, toute recommandation et invitation à progresser dans ma vie de foi et d'amour pour le Christ, l’Église et le pape.

Laissez-moi redire les éléments-clefs de mon témoignage.

- En novembre 2000, le nonce aux États-Unis, Mgr Montalvo, informait le Saint-Siège du comportement homosexuel du cardinal McCarrick avec des séminaristes et des prêtres.

- En décembre 2006 le nouveau nonce aux États-Unis, Mgr Pietro Sambi, informait le Saint-Siège du comportement homosexuel du cardinal McCarrick avec encore un autre prêtre.

- En décembre 2006, j'ai moi-même écrit un mémorandum au secrétaire d’État, le cardinal Bertone, et je l’ai personnellement remis au substitut pour les affaires générales, Mgr Leonardo Sandri, appelant le pape à mettre en place des mesures disciplinaires extraordinaires à l'encontre de McCarrick afin d'éviter de futurs crimes et scandales. Ce mémorandum n'a pas reçu de réponse.

- En avril 2008, une lettre ouverte au pape Benoît XVI signée de Richard Sipe a été relayée par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Levada, au secrétaire d’État, le cardinal Bertone, faisant état d'accusations supplémentaires affirmant que McCarrick couchait avec des séminaristes et des prêtres. Je la reçus un mois plus tard, et en mai 2008 j'ai moi-même remis un deuxième mémorandum à celui qui était alors substitut pour les affaires générales, Mgr Fernando Filoni, rendant compte des accusations visant McCarrick et demandant que des sanctions soient prises à son encontre. Ce deuxième mémorandum ne devait pas non plus recevoir de réponse.

- En 2009 ou 2010, j’ai appris du cardinal Re, préfet de la Congrégation des évêques, que le pape Benoît XVI avait ordonné à McCarrick de cesser tout ministère public et d’entamer une vie de prière et de pénitence. Le nonce Sambi a communiqué les ordres du pape à McCarrick avec une voix d'une force telle qu'on l'entendait dans tout le couloir de la nonciature.

- En novembre 2011, le cardinal Ouellet, nouveau préfet des évêques, m'a répété, à moi le nouveau nonce aux États-Unis, les restrictions imposées par le pape à McCarrick, et je les ai moi-même communiquées à McCarrick, face-à-face.

- Le 21 juin 2013, vers la fin d'une assemblée officielle de nonces au Vatican, le pape François m'a dit des mots énigmatiques, critiquant l’épiscopat américain.

- Le 23 juin 2013, j'ai rencontré le pape François face-à-face dans son appartement pour lui demander des explications, et le pape m'a demandé : « Il cardinale McCarrick, com’è ? » (Le cardinal McCarrick, comment est-il ?), chose que je ne peux interpréter que comme une curiosité feinte visant à découvrir si j'étais ou non un allié de McCarrick. Je lui ai dit que McCarrick avait sexuellement corrompu des générations de prêtres et de séminaristes, et qu'il avait reçu ordre de Benoît XVI de se retirer et de mener une vie de prière et de pénitence.

- Au lieu de cela, McCarrick a continué de jouir de l'attention particulière du Pape François ; il se vit confier par lui de nouvelles responsabilités et missions.

- McCarrick faisait partie d'un réseau d’évêques qui fait la promotion de l’homosexualité ; mettant à profit la faveur dont ils jouissaient auprès du pape François, ils manipulaient les nominations épiscopales de manière à se protéger face à la justice et à renforcer le réseau homosexuel dans la hiérarchie de l’Église et dans l'ensemble de celle-ci. Le pape François a soit été complice de cette corruption, ou bien, sachant ce qu'il sait, gravement négligent en omettant de s'y opposer et de l’extirper.

J'ai invoqué Dieu en tant que témoin de la véracité de mes dires, et on n’a pu prouver la fausseté d’aucun d’entre eux. Le cardinal Ouellet m'a écrit pour me réprimander en raison de ma témérité parce que j'ai rompu le silence et lancé des accusations aussi graves à l'encontre de mes frères et de mes supérieurs, mais en vérité, sa remontrance m'affermit dans ma décision et, plus encore, sert à justifier mes accusations, prises séparément comme dans leur ensemble.

- Le cardinal Ouellet reconnaît qu'il a parlé avec moi de la situation de McCarrick avant mon départ pour Washington où je prenais mon poste de nonce.

- Le cardinal Ouellet reconnaît qu'il m’a communiqué par écrit les conditions et restrictions imposées à McCarrick par Benoît XVI.

- Le cardinal Ouellet reconnaît que ces restrictions interdisaient à McCarrick de voyager ou d'apparaître en public.

- Le cardinal Ouellet reconnaît que la congrégation des évêques a par écrit, d'abord par le truchement du nonce Sambi et une nouvelle fois par le mien, exigé de McCarrick qu'il s'adonne à une vie de prière et de pénitence.

Que conteste le cardinal Ouellet ?

- Le cardinal Ouellet conteste la possibilité que le pape François ait pu intégrer une information importante concernant McCarrick en un jour où il avait rencontré des dizaines de nonces, n'accordant à chacun que quelques moments de conversation. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est que lors d’une deuxième réunion, privée, j'ai informé le pape, répondant à sa propre question sur Théodore McCarrick, alors cardinal-archevêque émérite de Washington, personnalité éminente de l’Église aux États-Unis, et affirmant au pape que McCarrick avait sexuellement corrompu ses propres séminaristes et prêtres. Aucun pape ne saurait oublier cela.

- Le cardinal Ouellet conteste l'existence dans ses archives de lettres signées par le pape Benoît XVI ou par le pape François concernant des sanctions imposées à McCarrick. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est qu'il possède dans ses archives des documents-clefs – quelle que soit leur provenance – qui incriminent McCarrick et qui apportent une trace écrite des mesures prises à son encontre, et d'autres preuves de l’occultation de sa situation. Et je le reconfirme.

- Le cardinal Ouellet conteste l’existence parmi les dossiers de son prédécesseur, le cardinal Re, de « mémos d’audience » imposant à McCarrick les dites restrictions. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est qu'il existe d'autres documents : par exemple, une note du cardinal Re, non ex-Audientia SS.mi, signée soit par le secrétaire d’État ou par son substitut.

- Le cardinal Ouellet rétorque qu'il est faux de présenter les mesures prises à l'encontre de McCarrick comme des « sanctions » décrétées par Benoît XVI et annulées par le pape François. C’est vrai. Il ne s'agissait pas techniquement de « sanctions », mais de dispositions, « des conditions et des restrictions ». Ergoter sur le fait de savoir s'il s'agissait de sanctions ou de dispositions ou d’autre chose est du pur légalisme. D'un point de vue pastoral il s'agit exactement de la même chose.

En résumé, le cardinal Ouellet reconnaît les affirmations importantes que j'ai exprimées et que j'exprime encore, et conteste des affirmations que je n'exprime pas et que je n'ai jamais exprimées.


Sur un point, je dois absolument réfuter ce que le cardinal Ouellet a écrit. Le cardinal déclare que le Saint-Siège n'avait connaissance que de « rumeurs », qui était insuffisantes pour justifier des mesures disciplinaires à l'encontre de McCarrick. J'affirme au contraire que le Saint-Siège était conscient d’une série de faits concrets, et qu'il possède des preuves documentaires, et que les personnes responsables ont néanmoins choisi de ne pas intervenir ou qu'elles ont été empêchées de le faire. La compensation financière accordée par l’archidiocèse de Newark et le diocèse de Metuchen aux victimes des abus sexuels de McCarrick, les lettres du P. Ramsey, des nonces Montalvo en 2000 et Sambi en 2006, du Dr Sipe en 2008, mes deux notes aux supérieurs du secrétariat d’État, décrivant en détail des allégations concrètes à l'encontre de McCarrick, ne sont-ce donc que des rumeurs ? Ce sont des correspondances officielles, et non des ragots de sacristie. Les crimes évoqués étaient très graves, y compris celui de tenter de donner l'absolution sacramentelle à ses complices d'actes pervers, avec célébration sacrilège de la messe par la suite. Ces documents précisent l’identité des auteurs et de leur protecteur, et la séquence chronologique des faits. Ils sont conservés dans les archives adéquates ; il n'est nul besoin d'enquête extraordinaire pour les recouvrer.

Parmi les remontrances publiques qui m'ont visé j'ai remarqué deux omissions, deux silences dramatiques. Le premier silence concerne le sort des victimes. Le second est relatif à la raison sous-jacente pour laquelle il y a tant de victimes, à savoir, l'influence corruptrice de l’homosexualité au sein du sacerdoce et de la hiérarchie. Pour ce qui est du premier, il est consternant que parmi tous les scandales et toute l’indignation, on accorde si peu d’attention à ceux qui ont été abîmés par les prédations sexuelles de personnes ayant reçu la charge d'être ministres de l’Évangile. Il ne s'agit pas ici d’une affaire de règlement de comptes ou de bouderies à propos des vicissitudes des carrières ecclésiastiques. Il ne s'agit pas de politique. Il ne s'agit pas de savoir comment les historiens de l’Église pourront évaluer tel pontificat ou tel autre. Il s'agit des âmes. De nombreuses âmes ont été et sont encore aujourd'hui en péril de perdre leur salut éternel.

Pour ce qui est du second silence, cette crise très grave ne peut pas être abordée ni résolue de manière correcte si nous n'appelons pas les choses par leur nom. Il s'agit d'une crise due au fléau de l’homosexualité, en ses agents, en ses motifs, en sa résistance à la réforme. Il n'y a pas d’exagération à dire que l'homosexualité est devenue une plaie au sein du clergé, et il ne sera éradiqué qu’au moyen d'armes spirituelles. C’est une énorme hypocrisie que de condamner les abus, de prétendre verser des larmes sur les victimes, et de refuser cependant de dénoncer la cause qui est à la racine de tant d'abus sexuels : l’homosexualité. C'est une hypocrisie que de refuser de reconnaître que ce fléau est dû à une grave crise dans la vie spirituelle du clergé, et d’omettre de prendre les mesures nécessaires pour y remédier.

Il existe incontestablement des clercs coureurs de jupons, et incontestablement, ils font du tort eux aussi à leurs propres âmes, aux âmes de celles qu'ils corrompent, et à l’Église en général. Mais ces violations du célibat sacerdotal sont en général confinées aux individus directement concernés. Les clercs coureurs de jupons ne recrutent en général pas d'autres coureurs, ils ne travaillent pas à leur promotion, ni n'occultent leurs méfaits – tandis que les preuves de la collusion homosexuelle, avec ses racines profondes si difficiles à extirper, sont accablantes.

Il est bien établi que les prédateurs homosexuels exploitent le privilège clérical à leur propre avantage. Mais affirmer que la crise elle-même est constituée par le cléricalisme est pur sophisme. Cela revient à prétendre qu'un moyen, un instrument, est en réalité le principal motif.

La dénonciation de la corruption homosexuelle et de la lâcheté morale qui lui permet de prospérer ne recueille pas de nos jours les congratulations, pas même dans les plus hautes sphères de l’Église. Je ne suis pas étonné de ce que, ayant attiré l’attention sur ces fléaux, je sois accusé de déloyauté à l'égard du Saint-Père, et de fomenter une rébellion ouverte et scandaleuse. Mais la rébellion supposerait d'exhorter d'autres à renverser la papauté. Je n'exhorte à rien de tel. Je prie chaque jour pour le pape François – plus que je ne l'ai jamais fait pour les autres papes. Je demande, je supplie même de la manière la plus ardente, le Saint-Père d'être à la hauteur des engagements qu’il a lui-même pris lorsqu’il a assumé son office de successeur de Pierre. Il a pris sur lui la mission de confirmer ses frères et de conduire toutes les âmes à la suite du Christ, dans le combat spirituel, sur le chemin de la Croix. Qu’il reconnaisse ses erreurs, qu'il se repente, qu'il montre sa disposition à remplir le mandat confié à Pierre et que, une fois converti, il affermisse ses frères (Luc 22:32).

En conclusion, je veux répéter mon appel à mes frères évêques et aux prêtres qui savent que mes déclarations sont vraies et qui peuvent en témoigner, ou qui ont accès aux documents qui peuvent lever tout doute sur cette affaire. Vous êtes, vous aussi, face à un choix. Vous pouvez choisir de vous retirer de la bataille, de soutenir la conspiration du silence et de détourner vos yeux devant la corruption qui s’étend. Vous pouvez faire des excuses, des compromissions et des justifications qui retarderont l’heure de vérité. Vous pouvez vous consoler à l'aide du mensonge et de l'illusion selon lesquelles il sera plus facile de dire la vérité demain, puis le lendemain, et ainsi de suite.

A l'inverse, vous pouvez choisir de parler. Vous pouvez faire confiance à Celui qui nous a dit : « La vérité vous rendra libres. » Je ne dis pas qu'il sera facile de choisir entre se taire et parler. Je vous exhorte à considérer quel choix – sur votre lit de mort, puis devant le juste Juge – vous ne regretterez pas d'avoir fait.

Carlo Maria Viganò
Archevêque tit. d’Ulpiana
Nonce apostolique

Le19 octobre 2018
Fête des martyrs nord-américains


Source : https://leblogdejeannesmits.blogspot.co ... maria.html


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L'affaire Viganò -
Le dossier qui a révélé le plus grand scandale au sein de l'Église


Blog d’Aldo Maria Valli, octobre 2018

C'est le 26 août 2018 que la révélation de l'archevêque et ancien nonce apostolique aux États-Unis Carlo Maria Viganò est apparue dans les médias : le Pape François savait depuis cinq ans que le Cardinal Theodor McCarrick avait commis des crimes sexuels avec des séminaristes et subordonnés, et que des sanctions lui avaient été imposées par Benoît XVI. Les nouvelles choquantes, qui vont dans les cas graves récemment mis en lumière, approfondissent le rôle des autorités ecclésiastiques qui ont couvert et protégé les crimes sexuels commis par des prêtres et accusent directement le pape. Parmi les journalistes auxquels Viganò donne son mémorial se trouve Aldo Maria Valli, qui dans ce livre retrace les jours de contact entre lui et le monseigneur, la souffrance intérieure, le sens de la lacération entre l'amour pour l'Église, le désir de ne pas scandaliser le simple et le besoin de faire ressortir la vérité. Sur fond de pontificat qui, bien qu'exalté par la grande presse, a suscité un déconcertement croissant parmi beaucoup.

Disponible à partir du 20 octobre, ici : https://www.aldomariavalli.it/book/il-caso-vigano/


Source : https://www.aldomariavalli.it/book/il-caso-vigano/
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