Re: Index
Acta Apostolicae Sedis. Année 1923, tome XV, pp. 616-619 a écrit :
Quin D. Brassac haec praecepta sancte servet, potius vim argumentorum quae favent doctrinae communiter receptae enervat, dum e contrario fortiter difficultatibus ab adversariis allatis insistit ; saepe documenta magisterii ecclesiastici negligit vel eorum sensum ad propria placita pervertit ; indolem praeternaturalem vel miraculosam plurium factorum ab hagiographis narratorum vel silentio premit vel ad minimum reducit ; vaticiniis messianicis non raro omnem fere vim probandi adimit ; in multis a recto tramite doctrinae theologicae deflectit ; plus aequo tribuit auctoribus heterodoxis vel scriptoribus catholicis theoriis liberioribus imbutis, dum Leo XIII declarat, nimium dedecere « ut quis, egregiis operibus, quae nostri abunde reliquerunt, ignoratis aut despectis, heterodoxorum libros praeoptet, ab eisque cum praesenti sanae doctrinae periculo et non raro cum detrimento fidei, explicationem locorum quaerat, in quibus catholici ingenia et labores suos iamdudum, optimeque collocarint », nec incorruptum Sacrarum Litterarum sensum ab eis tradi posse, qui, « verae fidei expertes, Scripturae non medullam attingunt, sed corticem rodunt. » Tandem quasi nihil habet quod pietatem fovere possit, ac ita spiritum, quo antiquum D.Vigouroux opus praestabat, penitus immutavit.
Quae Omnia eo graviora sunt quod agitur de « Manuali » quod in manibus versatur tot alumnorum sanctuarii, quorum institutioni Ecclesia materna cum sollicitudine invigilare debet. Ipsa enim vehementer cupit ut ii, qui in spem altaris succrescunt, reverentiam ac amorem altissimum erga Sacram Scripturam concipiant, ita ut, sacerdotio aucti et vineam Domini ingressi, experimento noscant quam sit « utilis omnis Scriptura divinitus inspirata ad docendum, ad arguendum, ad corripiendum, ad erudiendum in iustitia, ut perfectus sit homo Dei, ad omne opus bonum instructus » (II ad Tim., III. 16, 17).
Quare Emi ac Revmi DD. Cardinales una mecum Inquisitores Generales latum die 12 huius mensis praefati operis damnationis decretum edere sui muneris esse duxerunt, ac simul cetera nondum evulgata decimaequintae editionis volumina operis « Manuel biblique » imprimi omnino prohibuerunt.
Haec autem omnia SSmus Dominus Noster Pius PP. XI, suprema Sua auctoritate probata ac confirmata, tecum communicanda mandavit.
Et fausta cuncta atque felicia tibi adprecor.
Romae, 22 decembris 1923
R. Card. Merry Del Val.
La Documentation catholique, 1924, Tome XI, col. 323-327 a écrit :Autres tendances défectueuses.
Loin d’observer religieusement ces décisions, M. Brassac énerve plutôt la force des arguments favorables à la doctrine communément reçue ; au contraire, il insiste avec force sur les difficultés soulevées par les adversaires ; souvent, il laisse de côté les documents du magistère ecclésiastique, ou il en détourne la signification dans le sens qui lui plaît personnellement ; quant au caractère préternaturel ou miraculeux d’un grand nombre de faits rapportés par les écrivains sacrés, il le passe complètement sous silence ou le réduit au minimum ; à plusieurs reprises, il dépouille à peu près totalement les prophéties messianiques de leur force probante ; sur de nombreux points il s’écarte du droit chemin de la doctrine théologique ; il donne plus de place qu’il ne convient aux auteurs hétérodoxes ou écrivains catholiques se rattachant à l’école large. Or, c’est une bien triste honte, déclare Léon XIII, « que quelqu’un, ignorant ou méprisant les nombreux ouvrages remarquables des auteurs catholiques, choisisse de préférence les livres des hétérodoxes et, au détriment de la foi, exposant la saine doctrine à un grave péril, aille y chercher l’explication de passages à l’interprétation desquels des catholiques ont depuis longtemps et avec grand succès consacré leurs lumières et leurs efforts » ; il n’est pas possible, ajoute-t-il, que le sens des Saintes Lettres soit exposé dans toute sa pureté par les auteurs qui, « étrangers à la Vraie foi, n’atteignent pas la moelle de l’Écriture, mais se bornent à en ronger l’écorce ». Enfin, M. Brassac ne donne à peu près rien qui soit de nature à nourrir la piété, et ainsi il a complètement changé l’excellent esprit de l’ouvrage primitif de M. Vigouroux.
Gravité plus grande de ces défauts dans un « Manuel ».
Tous ces reproches ont d’autant plus de gravité qu’il s’agit d’un « Manuel » dont se servent un si grand nombre d’élèves ecclésiastiques, à la formation desquels l’Église doit veiller avec une sollicitude maternelle. Elle désire ardemment que ceux qui grandissent pour l’autel conçoivent un respect et un amour très profond pour la Sainte Écriture, de façon que, le jour où ils seront élevés au sacerdoce et entreront dans la vigne du Seigneur, ils sachent par expérience à quel point « toute l’Écriture divinement inspirée est utile pour enseigner, pour convaincre, pour reprendre, pour former à la justice, afin que l’homme de Dieu soit parfait et apte à toute bonne œuvre » (II Tim. III, 16, 17).
En conséquence, les Éminentissimes et Révérendissimes Cardinaux qui sont, avec le soussigné, Inquisiteurs Généraux, ont cru de leur devoir de rendre le décret du 12 du mois présent, condamnant l’ouvrage en question, et ils ont de plus formellement interdit l’impression des autres volumes non encore parus de la 15e édition du Manuel biblique.
Sa Sainteté le pape Pie XI, après avoir approuvé et confirmé de sa souveraine autorité toutes ces décisions, a prescrit de vous les communiquer.
Et je souhaite que tout soit pour vous bonheur et félicité.
Rome, 22 décembre 1923.
R. card. Merry del Val.