à suivreEnfin, je comprendrai moins mal cet amour paternel de saint Joseph si je songe qu'il est digne de se rencontrer avec l'amour filial de Jésus.
Comme l'amour du Fils se rencontre avec l'amour du Père dans l'éternité, ainsi l'amour paternel de Joseph et l'amour filial de Jésus se rencontrent à Bethléem, à Nazareth... dans le ciel. Et que l'amour de saint Joseph soit digne de l'amour filial de Jésus : je ne sais s'il est pensée mieux faite pour nous en inspirer l'admiration et la vénération.
Car Jésus aime Joseph de l'amour filial le plus vrai. Pour entrevoir la vérité et la perfection de cet amour, il faut encore nous élever à l'amour mutuel du Père et du Fils qui se fusionne dans une unité parfaite pour produire l'Esprit-Saint, qui se complaît, se repose, se réjouit en cet Esprit d'amour, de paix, de joie...
Nous avons adoré le Fils de Dieu comme la Filiation même, il est l'amour filial en personne. Cet amour filial, il le communique à son Humanité autant qu'elle peut le recevoir, et de là en elle, dans sa volonté humaine, un amour filial incomparable pour aimer Dieu le Père.
Mais chose prodigieuse ! cet amour filial veut embrasser hors de Dieu deux créatures, et jamais il n'embrassera qu'elles : Marie et Joseph sont aimés de Jésus d'un amour privilégié et immense dans son caractère privilégié.
On dit que l'amour dans la famille, « comme les fleuves, descend et ne remonte pas ». On entend par là que trop souvent il est bien faible, bien inférieur en tout cas à l'amour paternel et à l'amour maternel. Mais cela ne saurait être vrai de Jésus. Son amour envers Marie et Joseph, sans cesse, par sa tendresse, sa reconnaissance, triomphe de leur amour paternel et maternel et le dépasse immensément.
Quelles délices pour saint Joseph de se voir ainsi vaincu en amour par le Fils de Dieu ! Il a beau travailler, souffrir sans cesse pour lui avec tout l'amour paternel possible, Jésus est si aimant, si reconnaissant, qu'à tout instant il lui rend cent pour un : en amour filial, en bénédictions filiales, que dis-je, il lui rend cent pour un ? il lui rend l'infini !
Si l'excellence d'un homme se mesure à son amour pour Dieu et à l'amour que Dieu lui rend, que dirai-je de ce Saint qui aime Dieu d'un amour paternel et qui est aimé de Dieu d'un amour filial (Cf. S. Bernardin. Sen., et De Isolanis : Summula J., nn. 440 et s.) !
Je ne puis pas être aimé de Jésus d'un tel amour. Et pourtant combien est vrai et profond son amour pour moi ! Je suis ravi quand j'y pense plus attentivement. Mais je veux me réjouir plus encore, ô grand Saint, de songer que, en union avec Marie, vous aimez Jésus d'un amour sans pareil et qu'il vous aime avec elle d'un amour unique.
Saint Joseph intime
Re: Saint Joseph intime
Re: Saint Joseph intime
à suivreIII - INTIMITÉ DES VIES ENTRE SAINT JOSEPH ET JÉSUS.
Les vies des parents et des enfants ne sont-elles pas comme mêlées ? On dirait même qu'il n'y a pendant quelque temps qu'une vie physique entre la mère et l'enfant. Mais c'est la vie morale surtout dont je veux parler. Combien, par un amour ineffable, les vies de saint Joseph et de Jésus étaient intimement liées, et comme mêlées, dans la prière, dans la souffrance, dans les joies, dans le travail !
I. ― Dans la prière. ― On a dit que l'esprit d'oblation était moins accusé en saint Joseph qu'en Marie. Quoiqu'il fût sans doute beaucoup moins parfait que celui de la Mère du Rédempteur, de Celle qui est et qui sera, surtout au Calvaire, l'Ève du nouvel Adam, il devait être parfait, bien plus parfait que celui des prêtres les plus saints.
Car, ― saint Joseph le sait bien, ― cet Enfant que la virginité de Marie lui a donné pour fils, c'est la Victime adorable, c'est le Souverain Prêtre, le Verbe fait homme pour le sacrifice. Comment son amour paternel ineffablement attendri et embrasé par ces pensées ne serait-il pas entré pleinement dans l'oblation qui a été comme l'âme de la vie de Jésus ? Tout allait, dans ses soins, dans ses souffrances, dans ses travaux, à préparer Jésus pour le sacrifice.
Que feraient les parents et les maîtres s'ils prévoyaient pour leur fils ou leur élève un avenir glorieux, dont toute l'histoire retentira, s'ils savaient qu'ils élèvent un Alexandre, un César, un Napoléon, un saint Augustin, un Charlemagne, un saint Louis ! Vous saviez, ô saint Joseph, que vous éleviez un Dieu qui devait sauver le monde, et dont le nom sera mille fois plus vraiment glorieux que tous les noms des anges et tous les noms des hommes.
Et vous entrez à fond dans ces vues de la Providence, dans l'âme du divin Enfant. Quand vous le tenez dans vos bras, quand, en silence, vous le voyez travailler ou prier près de vous, vous priez, vous adorez avec lui; avec lui vous désirez, vous implorez le salut du monde. Votre prière se fusionne dans la prière de Jésus et dans celle de Marie. Votre âme se verse dans l'âme de Jésus, votre coeur dans son coeur, pour se perdre en Dieu.
Re: Saint Joseph intime
à suivreII. ― Dans les persécutions, les souffrances, le travail. ― Autour de cette préoccupation fondamentale du sacrifice, et ne faisant qu'un avec elle, se groupaient la pauvreté, les persécutions, les souffrances, le travail : « Partout où entre Jésus, il y entre avec sa croix et toutes les contradictions qui l'accompagnent (Bossuet : Vivès, VII, 329). » Et comme il est entré avec sa croix dans l'âme et dans la vie de saint Joseph !
Ce sont d'abord des angoisses qui forment un véritable martyre et qui, sans que Joseph puisse voir ce lien, s'unissent au sacrifice de Jésus. Bientôt c'est l'exil que Jésus partage avec lui et si bien que, pour saint Joseph, son exil à lui n'est rien; ce qui est tout c'est l'exil de son Dieu et de son Fils, c'est l'exil de Marie. Et la pauvreté, l'obscurité, non plus, ne sont rien pour lui. Il s'est tellement identifié avec le divin Enfant et avec Marie, que sa pauvreté, ses obscurités, les persécutions qu'il souffre ou qu'il peut craindre pour lui-même, ne comptent pas pour lui ce qui compte uniquement ce sont les souffrances de ces deux Êtres bien-aimés; et ce sont leurs joies.
III. ― Dans la joie. ― Quand Jésus entre dans une âme, il y entre aussi avec sa joie. Comme il est entré dans l'âme de saint Joseph avec ses joies ! La joie ― nous l'avons médité ailleurs ― était ce qu'il y avait de plus profond dans l'âme de Jésus (cf. Jésus Intime, t. II, pp. 121 et s.) et aussi de Marie; il ne se pouvait que le Fils de Dieu ne fût pas d'abord plein de joie en même temps que de grâce, puisqu'il allait glorifier infiniment son Père, et sauver le monde. Et saint Joseph partageait ses joies immenses comme un père partage les joies de son fils.
Quand notre vie sera-t-elle, à l'exemple de la sienne, unie intimement avec celle de Jésus ? Est-ce que l'Eucharistie, qui nous rappelle au vif les relations de saint Joseph avec Jésus, ne nous invite pas à cette union ? Quand notre vie sera-t-elle comme mêlée à celle de Jésus dans la prière, dans les souffrances, dans les joies, et si bien mêlée que ses souffrances et celles de l'Église soient nos souffrances, leurs joies, nos joies !
Tel était donc l'horizon de saint Joseph, l'horizon de ses pensées, de ses souffrances, de ses joies, de son coeur : Marie, tout un monde inépuisable d'amabilité; Jésus, la Lumière, l'Amour, la Bonté, l'Éternel, l'Immense... aimé de l'amour le plus simple, le plus profond, le plus oublieux de l'honneur et de l'intérêt propres, et répondant à son amour de Père ou d'Époux par un amour unique.
Horizon délicieux, horizon sublime, horizon si vaste qu'il dépasse toutes nos conceptions, horizon rempli par les anges et par les hommes et par tout ce qui est vrai, et bon, et saint.
On croit que ce qui est grand et vaste c'est le monde avec ses astres, ses océans, ses montagnes, ses siècles d'histoire plus ou moins retentissante. Non, ce qui est grand, c'est Jésus, Marie, Joseph. On trouve là le monde entier, le ciel, Dieu.
Re: Saint Joseph intime
à suivreVINGT-QUATRIÈME ÉLÉVATION
Les divines Intimités de saint Joseph (avec la Divinité).
Nul Juif, après Marie, n'allait au Temple avec plus de joie, plus d'amour, de profonde religion, que saint Joseph, pour y trouver Dieu, pour y prier, pour y adorer, pour y crier miséricorde, pour y soupirer après le Messie, après le salut d'Israël et du monde. Il aimait le Temple plus que David n'avait aimé le Tabernacle et l'Arche. Et quand il en était absent, il soupirait vers lui, mieux que Daniel exilé.
Mais voici le vrai Temple vivant : dans Jésus enfant adorable et adorant, vit la plénitude de la Divinité. Là, continuellement s'élèvent des adorations et des prières comme le Temple et le Tabernacle n'en ont jamais entendu; là, brûle un amour plus agréable à Dieu que tout l'amour des patriarches et des prophètes. Et comme saint Joseph sait trouver Dieu dans le Coeur de cet Enfant, et l'y adorer, et l'y prier !
Et Marie, elle aussi, n'était-elle pas un Temple, non pas adorable, mais combien vénérable combien parfaitement adorant et aimant ! Et qu'il était doux à saint Joseph d'y trouver le Verbe Incarné et toute la Divinité résidant en elle avec plus de complaisances que dans le Tabernacle du désert, que dans le Saint des saints de Jérusalem, ou dans le temple du ciel !
Re: Saint Joseph intime
à suivreI - INTIMITÉ ENTRE SAINT JOSEPH ET LA TRÈS SAINTE TRINITÉ.
C'est un ineffable mystère que celui des relations de saint Joseph avec la Très Sainte Trinité, dans le ciel, depuis l'Ascension.
Ses affinités incomparables avec Marie, avec le Fils de Dieu, étant au premier chef surnaturelles, ne sont pas par là même passagères, elles demeurent à jamais.
La Sainte Trinité voit toujours en saint Joseph l'Époux virginal de Marie, le Père virginal de Jésus. Et puisque de pareilles relations sont en dehors et au-dessus de toutes les relations des anges et des saints avec Marie et Jésus; puisque de ces relations avec Jésus naissent entre saint Joseph et les trois divines Personnes des affinités sans pareilles, après l'affinité de Marie avec la Divinité : la Très Sainte Trinité se complaît donc en lui plus que dans les anges et dans les saints.
Et concevez-vous l'humilité, la reconnaissance, l'amour, le ravissement sans fin de saint Joseph sous ces bienveillances et ces bienfaisances inouïes et éternelles du Dieu trois fois saint ?
Mais cette intimité du ciel, si glorieuse et si béatifiante, comment douter qu'elle n'ait été esquissée, commencée sur la terre, sous le voile de la foi ?
Du côté de la Très Sainte Trinité, c'était, dès lors, le même amour de complaisance, de bienveillance, de bienfaisance envers celui qu'elle avait choisi pour tenir lieu de père au Fils de Dieu.
Et puis-je douter, ô Bien-Aimé de la Divinité, des dispositions de votre coeur, à Nazareth, non seulement envers le Fils de Dieu qui vous appelle son père, mais envers Dieu le Père qui vous a communiqué son nom et son autorité; envers l'Esprit d'amour dont l'Ange vous a dit le nom propre, et qui a béni d'une manière si miraculeuse votre mariage virginal avec Marie, et par la virginité miraculeusement féconde de votre Épouse vous a donné pour fils un Dieu; de vos dispositions enfin envers tous ces attributs de bonté, de miséricorde, d'amour, qui maintenant vous comblent de gloire et de joie ?
Re: Saint Joseph intime
à suivreII - INTIMITÉ DE SAINT JOSEPH AVEC LA BONTÉ ET LA MISÉRICORDE DIVINES.
Dans la Très Sainte Trinité, quels sont les attributs avec lesquels il nous est le plus utile de contempler l'intimité de saint Joseph ? C'est, il me semble, la bonté, la miséricorde, la puissance, la sainteté et la justice divines.
Dans l'âme de saint Joseph s'opéra, et parfaitement, au contact de Marie et de Jésus, la transformation des pensées de l'Ancienne à la Nouvelle Loi. Si le Psalmiste et les Prophètes parlaient tant de la miséricorde divine, c'est que les Juifs avaient tant besoin de ce langage ! Comme les païens de l'ancien monde, ils avaient tant de peine à croire à la bonté infinie ! Sous la loi Mosaïque, Dieu restait, du moins pour un grand nombre, surtout le Dieu terrible : et c'était pour conjurer sa puissance et apaiser sa justice, ou obtenir de lui quelque faveur, bien plus que par amour, que beaucoup allaient au Temple.
Voici que pour saint Joseph Dieu est tout près, et ce Dieu tout proche est d'abord le Dieu bon, le Dieu miséricordieux.
Dans ce petit enfant qui l'appelle son père, saint Joseph trouve le bon Dieu, Celui dont la miséricorde est dans les siècles des siècles et remplit la terre.
Et avec ce Dieu trois fois bon, comme il est trois fois saint, il a des affinités, des intimités uniques. Dans ce trésor immense de biens, il puise avec une confiance sans bornes, comme un père dans le coeur de son fils, pour lui-même, pour Israël et pour le monde.
Et il nous apprend à trouver ainsi tout près de nous, dans l'Eucharistie, autre Bethléem, autre Nazareth, le bon Dieu, de toute miséricorde, de toute patience, dont rien ne rebute l'amour, ni ne fatigue les pardons. Avec lui nous devons être comme en famille, comme de vrais enfants qui ne doutent, ni n'hésitent jamais, quand il s'agit d'un bien divin à implorer, d'une guérison d'âme à obtenir.
Comme en famille avec les Personnes divines, aveç leurs perfections, avec leur bonté : nul n'a été ainsi, après Marie, comme vous, ô saint Joseph, puisque vous traitiez comme un fils ce grand Dieu, infiniment saint et en même temps infiniment bon...
Re: Saint Joseph intime
à suivreIII - INTIMITÉ AVEC LA TOUTE-PUISSANCE.
Nous avons besoin de croire que l'infinie bonté est armée de la Toute-Puissance prête à nous secourir. Et si notre foi était plus vive, nous pourrions, en effet, nous retrouver à chaque instant en présence du Dieu tout-puissant.
Si grande était la foi de saint Joseph qu'elle ne fut jamais un instant déconcertée par les infirmités et les faiblesses du divin Enfant. « Dieu, chantait Marie à propos du mystère de l'Incarnation, a signalé la puissance de son bras. » De même aux yeux de saint Joseph, tous les miracles du Sinaï ou de la Terre-Sainte ne révélaient point la puissance de Dieu comme le miracle de l'Incarnation, comme ce Signe qui s'appelle l'Enfant-Dieu.
Il comptait sans cesse sur la Toute-Puissance cachée en lui, et aux heures les plus angoissantes, il se reposait avec une paix parfaite dans le secours, tout-puissant et toujours proche, de Dieu.
Comment ! il est le Père nourricier de Celui qu'il sait être, quoique enfant, le Tout-Puissant, et il ne se reposerait pas en Celui qui se repose entre ses bras, et il n'aurait pas confiance dans la Toute-Puissance du Père céleste de cet Enfant et dans leur Esprit qui vient d'opérer l'Incarnation ! A la bonne heure, mais pour penser, pour vivre ainsi à chaque instant, qu'il fallait de foi !
Demandons à saint Joseph un peu de sa foi, et sachons voir avec lui le Tout-Puissant, partout et surtout sous la faiblesse et la petitesse de l'Hostie, dans l'adorable Eucharistie.
Re: Saint Joseph intime
à suivreIV - INTIMITÉ AVEC LA SAINTETÉ INFINIE.
« La grâce de ce divin Enfant, disait Sœur Marguerite du Saint-Sacrement de Beaune, imprimait dans l'âme de tous ceux qui conversaient avec lui un si admirable respect, que jamais personne, ni grand, ni petit, n'a osé prendre la liberté de le caresser comme on fait d'ordinaire pour les autres enfants cette faveur a été réservée à la Sainte Vierge et à saint Joseph (Cf. P. Huguet : Les grandeurs de Saint Joseph, p. 319). » Saint Joseph était pur à ce point qu'il pouvait prendre dans ses bras et baiser avec tendresse le petit Jésus.
Et pourtant il savait si bien qu'en lui habitait la plénitude du Dieu trois fois saint, qu'il était infiniment saint ! Mais il le chérissait et le caressait comme son enfant en adorant sa sainteté infinie. Quelles ineffables intimités !
Et, ― saint Joseph le savait bien encore, ― ce grand Dieu trois fois saint le traitait en fils. A ses caresses, à ses travaux qui le faisaient vivre, à ses souffrances, le Dieu vivant répliquait en versant en lui son Esprit, sa vie. Aussi nul saint n'a été vivant de la vie divine comme saint Joseph : il la puisait si simplement et si avidement à la Source même : Jésus, la Divinité.
En union avec lui, que notre foi sache puiser la vie dans le Dieu trois fois saint, dans le Dieu vivant tout près de nous, que nous ne pouvons pas sans doute caresser comme notre enfant, mais que nous pouvons recevoir mieux que dans nos bras : dans notre âme !
Re: Saint Joseph intime
à suivreV - INTIMITÉ AVEC LA JUSTICE INFINIE.
Saint Joseph, pas plus que Marie, n'est chargé du rôle de la justice, son rôle a été et demeure tout de bonté et de miséricorde.
Mais comme son âme si délicate, et si pure, et si aimante, en union avec Marie, était pénétrée de la pensée de la justice infinie !
Quoi! il faut que le Fils de Dieu s'anéantisse, lui soit soumis à lui, chétive créature, à lui pauvre ouvrier ! Il faut qu'il s'immole tous les jours par la pauvreté, l'obscurité, et les profondes souffrances que Joseph entrevoit dans son âme, en attendant l'immolation suprême prédite par Isaïe ! Que la justice de Dieu est terrible !
Aussi, mieux qu'Abraham luttant contre la colère divine qui va s'abattre sur Sodome, mieux que Jacob qui s'obstine à obtenir la bénédiction divine, mieux que Moïse arrêtant le courroux de Dieu prêt à éclater sur son peuple infidèle, saint Joseph lutte avec la justice infinie qu'il adore dans l'Agneau victime des péchés du monde. Qu'il est fort pour lutter ainsi quand il tient dans ses bras cet Agneau de Dieu ! « Voyez, dit-il, grand Dieu, ce petit Enfant, persécuté et qui bientôt sera immolé : c'est votre Fils qui vient sauver Israël et le monde !... »
Re: Saint Joseph intime
à suivreVI - INTIMITÉ AVEC LA VOLONTÉ DIVINE.
La volonté de Dieu ! saint Joseph s'y meut comme dans son élément, il ne cherche à chaque heure autre chose que cette très sainte et très aimable volonté, il en vit. C'est là toute sa spiritualité, aussi profonde que simple.
Que veut Dieu de moi à cette heure ? il n'y a jamais d'autre question pour vous, ô Saint très fidèle (Litanies de Saint Joseph). Dieu veut votre mariage avec cette Vierge dont vous entrevoyez l'ineffable perfection : vous vous abîmez dans votre néant devant les desseins éternels, en même temps que dans votre indignité devant Marie... Dieu veut pour vous le martyre de l'angoisse : vous adorez sa volonté, comme vous la bénirez quand elle mettra fin à cette angoisse par la plus grande joie... La volonté divine ordonne le départ pour Bethléem, puis la naissance du Fils de Dieu dans une crèche : vous ne savez que l'adorer et l'aimer... Elle commande le départ pour l'Égypte, puis il faut que vous, pauvre serviteur de Dieu, ― quand l'Enfant Jésus est d'âge à recevoir vos ordres, ― vous commandiez au Roi du ciel : vous obéissez en commandant... Et quand l'heure est venue de quitter ce paradis qu'est la vue, la société de Jésus et de Marie, pour descendre aux Limbes, alors que le ciel n'est pas ouvert encore, vous mourez en adorant, en aimant et en bénissant Dieu qui le veut ainsi et qui, dans son Fils et le vôtre, vous comble des suprêmes bénédictions et vous enveloppe dans un suprême amour.
« La Sainte Vierge recevait une si grande lumière sur la dignité de son Fils, qu'elle lui voilait quelquefois le visage, n'osant, par respect, le regarder, mais il lançait sur elle et sur saint Joseph des rayons de lumière par lesquels il les remplissait d'amour et les attirait à contempler sa beauté, dont la vue sanctifiait leurs âmes (V. Marguerite de Beaune : cf. P. Huguet : Op. cit., p. 320) ! »
Ainsi aux yeux de saint Joseph, était-il tout rayonnant des attributs de la Divinité... Saint Joseph voyait en lui la bonté, la miséricorde, la patience, l'amour infinis...
Dans ce petit Enfant si faible, et né tout récemment, il adorait l'immensité, l'éternité. Sous cette faiblesse, il croyait à la Toute-Puissance; sous ces bégaiements, à l'infinie Sagesse...; sous ces pleurs, à la Béatitude... La plénitude de la Divinité, de la vie, était là pour lui.
C'était là son Eucharistie qu'il recevait par ses regards, par ses caresses, par les services qu'il lui rendait ou en recevait. Comme lui, sachons voir Dieu rayonnant dans l'Eucharistie, quand nous la recevons et quand nous la visitons, quand nous nous la rappelons bien des fois le jour ou la nuit.
Sachons le voir aussi dans les circonstances providentielles, dans les lois, dans les conseils, les ordres qui nous intiment sa volonté ou ses désirs.
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité