Saint Joseph intime

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Laetitia
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[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]CHAPITRE QUATRIÈME

Les divines Intimités de saint Joseph.



Combien est légitime et juste le culte de dulie suprême que nous rendons à saint Joseph, combien il faut désirer de le voir s'étendre toujours plus : au loin dans le monde et au fond des âmes, c'est ce que les chapitres précédents ont cherché à montrer.

Celui-ci va plutôt nous dire combien ce culte doit nous être doux, combien il est aimable, quelles leçons d'intimité divine il nous donne. Nous allons voir comment saint Joseph, si grand par son rôle, ses divines affinités, sa sain­teté prodigieuse, est, en même temps, le Saint le plus communicatif. C'est le Saint avec lequel, après Marie, nous pouvons nous lier le plus facilement et le plus intimement d'amitié; près duquel nous pouvons trouver le plus sûrement les divines intimités : car nul n'a été lié de coeur comme lui avec Jésus, avec Marie, avec la Divinité, et ne peut l'être comme lui avec cha­cun de nous.

Ces divines intimités avec Marie, et, par elle, avec Jésus, avec la Divinité, avec les âmes, sont l'épanouissement, la fleur des vertus; elles en peuvent être aussi le principe. Elles sont la source de l'héroïsme et en même temps sa ré­compense. Sans elles, il n'y a point de vertus complètement vraies, très profondes, parfaite­ment agréables à Dieu, en même temps que par­faitement aimables pour l'âme.
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VINGT-DEUXIÈME ÉLÉVATION

Les divines Intimités de saint Joseph (avec Marie).



Entre les divines Personnes de la Très Sainte Trinité règnent d'ineffables intimités : mieux vaut les adorer qu'essayer d'en balbutier les beautés, les joies, l'amour...

Entre les trois Personnes qui composent ce que nous avons entendu Gerson et d'autres graves auteurs nommer la Trinité de la terre, il a régné aussi et il règne à jamais dans le ciel des intimités qui adorent dignement par le fait, et nous invitent à adorer les éternelles intimités des trois Personnes au sein de la Divinité.

Notre dernier volume a été consacré à l'inef­fable intimité entre Jésus et Marie; et nous ne serons pas sans y revenir dans les volumes sur les mystères de Jésus, Marie, Joseph.

Pour le moment, c'est de saint Joseph que nous avons à considérer les relations d'âme, de coeur, de charité, des pensées et des volon­tés, de la vie, avec Marie, avec Jésus, avec la Divinité, avec les anges et, si nous le voulons, avec nous.

Saint Joseph nous apparaîtra dans cette contemplation, il me semble, comme un admirable modèle de la vie intérieure. Nous y verrons que l'âme dont la vie intérieure est bien parfaite entretient, à l'exemple de la sienne, une grande intimité avec la Très Sainte Vierge et, par elle, avec Jésus, avec la Divinité, et, à tout le moins par la réversibilité de ses mérites et par la prière, avec tous les hommes.

Aussi demanderons-nous ardemment à saint Joseph la grâce de lui ressembler moins mal par ce côté de la vie.

Et d'abord, voulons-nous moins imparfaite­ment comprendre sa parfaite intimité avec Marie, eu bien saisir la nature, étudions-en le but : Joseph et Marie étaient parfaitement intimes entre eux pour aimer ensemble la Divinité, Jésus et les hommes.
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I - L'INTIMITÉ DE SAINT JOSEPH AVEC MARIE EST POUR QU'ILS AIMENT ENSEMBLE DIEU.


Contemplons ces deux âmes si parfaitemerit virginales avant leur mariage : elles ont, cha­cune de son côté, une préoccupation, non seulement dominante, mais unique, d'appartenir à Dieu seul.

Il est naturel de penser que Joseph et Marie,qui étaient certainement proches parents, se voyaient quelquefois; si parfaitement purs, ils étaient très clairvoyants dans les choses de Dieu, et, sans se dire peut-être leur volonté de n'être qu'à Dieu seul, combien ils s'encoura­geaient l'un l'autre â s'unir de mieux en mieux à lui !

Qu'est-ce que la virginité pour Dieu ? C'est l'appartenance à Dieu seul : Qui sine uxore est cogitat ea quae sunt Dei (I Cor. VII, 32); « Celui, dit saint Paul, qui est sans épouse » et se réserve pour Dieu, « pense à Dieu ».

Si l'on renonce aux joies légitimes de la famille, ce n'est pas, on le sait parfaitement ― et saint Joseph et Marie le savent mieux que personne, ― qu'il n'y ait là un grand bien; mais on veut un bien plus grand, et ce bien c'est Dieu possédé, servi, aimé sans intermé­diaire.

Je lis dans les Entretiensde la Soeur Margue­rite du Saint-Sacrement de Beaune que « saint Joseph, comme Marie, jamais n'avait conversé avec le monde, ni eu d'amitié profane avec personne; que la sainte Trinité se l'était conservé et l'avait fortifié par une protection particu­lière contre la corruption du siècle (Cf. P. Huguet : Grandeurs de Saint Joseph, 5è édition, p. 304) ».

Oui, si jamais il y eut deux âmes que Dieu se soit réservées et qui se soient réservées pour Dieu : c'est l'âme de Joseph et celle de Marie. Elles allaient, ces deux âmes virginales, chacune de leur côté, se trouvant toujours plus attirées vers lui, et se donnant à lui avec une perfection qui sera le modèle éternel de toutes les vierges saintes.

Et Dieu les préparait l'une pour l'autre. Leurs virginités devaient s'allier pour se garder mutuellement, pour s'exciter à l'amour divin.
C'est pour s'aider l'une l'autre à se donner ensemble à Dieu que Marie et Joseph s'unis­sent par les liens du mariage... Et pour Joseph, son mariage avec Marie va décupler les res­sources d'union à Dieu.

Vos exemples, vos paroles, vos silences non moins édifiants que vos paroles, vos prières que souvent, sans doute, vous disiez ensemble, ô très saints Époux, allaient vous rapprochant toujours plus intimement de lui. Combien cela était vrai pour vous, ô Marie, qui aviez moins besoin de ce secours, mais qui étiez si humble ! Combien cela était vrai pour vous, ô saint Joseph, dont les yeux et le coeur si purs voyaient toujours mieux cette merveille d'édification qu'était Marie !

Admirable modèle des amitiés chrétiennes, des intimités virginales, et aussi des intimités de ceux qui dans le mariage doivent chercher Dieu à travers la créature. Se chercher sans doute l'un l'autre, et se trouver et s'aimer tou­jours plus parfaitement; mais pour chercher ensemble, pour trouver ensemble, pour aimer ensemble, mieux et plus fortement et plus gran­dement et plus profondément, Dieu !

Telle est la loi très douce, très salutaire, très féconde, des unions vraiment dignes de Dieu, vraiment saintes. Dieu, qui les forme, en demeure tou­jours l'adorable objectif, le magnifique horizon, la profonde consolation, l'incomparable joie, la suprême ambition, l'éternelle espérance.

Dieu ainsi aimé de concert, Dieu aimé à deux comme par un seul, Dieu lien en même temps que fin de l'intimité, de quelle manière à part il va être présent à Marie et à Joseph ! Pour eux, aimer ensemble Dieu, ce sera, à partir de l'In­carnation, aimer ensemble Jésus.
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Laetitia
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II - L'INTIMITÉ DE SAINT JOSEPH AVEC MARIE EST POUR QU'ILS AIMENT ENSEMBLE JÉSUS.


Par l'Incarnation, ils vont recevoir tous les deux, au nom d'Israël et de l'humanité, ce grand Dieu, dans la Personne de son Fils; et ils vont le recevoir comme leur propre enfant.

Ils ont tous les deux cherché Dieu seul, et, dans leur mariage même, ils n'ont prétendu que s'aider l'un l'autre à mieux s'unir à lui. Et voilà que leur virginité qui n'aspire qu'à l'amour divin, leur mariage virginal qui n'est que pour Dieu, est ce qui attire le Fils de Dieu sur la terre.

Pourquoi, par le plus grand des prodiges, Marie va-t-elle être honorée d'une fécondité unique ? Justement parce qu'elle est la plus parfaite des vierges, parce que, pour être plus profondément unie à Dieu, elle a renoncé à la fécondité humaine si enviée des Juifs. Pour­quoi, en un mot, va-t-elle devenir la Mère de Dieu ? Justement parce qu'elle a désiré d'être seulement sa fille très humble, très aimante. Ce qui parait être et se trouve, en effet, d'après la loi générale, à l'extrême opposé de la maternité humaine : la virginité la plus parfaite est préci­sément ce par quoi Marie touche et atteint à la fécondité divine et la mérite, dans la mesure où une faveur si prodigieuse peut être méritée par une créature.

Et c'est aussi parce que son Coeur est le plus parfaitement virginal qu'il va être le Coeur maternel par excellence. Bien que tout soit ici miraculeux au premier chef, tout, en même temps, est merveilleusement en harmonie avec ce que nous savons de la sainteté et de la pureté divines. Il est juste, il est souverainement bon que l'opé­ration du Saint-Esprit fasse éclore, de la virginité la plus parfaite, comme d'une tige céleste, la maternité divine et le coeur maternel dans lequel les tendresses, les dévouements de cette maternité s'épanouissent.

Et pourquoi, ô saint Joseph, allez-vous être honoré, vous-même, de la plus sublime pater­nité ? Justement parce que vous avez cultivé la virginité avec la générosité la plus entière, avec la plus exquise délicatesse; parce que vous êtes uni à Marie dans le mariage, seulement pour garder avec elle la plus parfaite pureté virginale.

Grâce à la virginité de votre Épouse, aimée par vous du plus angélique amour, le Fils de Dieu va vous appeler son père, et ce nom, sans que vous soyez son père selon la chair, ne fera qu'exprimer une vérité sublime, une réalité pro­digieuse.

Et, parce que votre coeur est et restera tou­jours le plus parfaitement virginal, précisément pour cette raison, Dieu le transforme en coeur paternel envers son divin Fils.

Sans doute, dans cette transformation ineffa­ble la nature n'intervient en rien, c'est pure­ment par un miracle inouï que Dieu vous donne envers Jésus un coeur paternel, vraiment digne d'un tel fils.

Et pourtant ce miracle n'est-il pas en parfaite harmonie avec les perfections de Dieu et les vôtres ? Ce mariage virginal dans la perfection, saint au-dessus de toutes les unions entre créa­tures, appelait ― si Dieu le voulait ― une pa­ternité sans pareille.

Et voilà que ces deux coeurs de vierges incomparables, devenus un coeur paternel, et un coeur maternel comme la terre n'en verra jamais, s'unissent intimement pour aimer en­semble Jésus ! De ces deux coeurs se répand sur le divin Enfant comme un confluent de deux fleuves d'amour, selon la très belle image de l'Office de la Sainte Famille :

Illi diligentes invicem.
In Jesu amorem confluunt.


Et Jésus leur donne pour récompense un amour mutuel toujours plus grand :

Utrique Jesus mutuae
Dat caritatis praemia
(Off. SS. Familiae, hymn. Laud.)

Tous les coeurs des pères et des mères s'uni­raient pour aimer ensemble Jésus, qu'ils se­raient aussi loin que la terre l'est du ciel de l'amour paternel et de l'amour maternel de Joseph et de Marie : c'est-à-dire de leur amour conjugal, de leur charité et de leur intimité ré­ciproques se concentrant sur Jésus pour chérir ensemble ce Fils adoré et pour le nourrir, le protéger, le défendre ensemble et d'un même coeur Oui, d'un même coeur : si parfaitement fusionné était leur amour, que pour les soins à lui donner, selon la pensée charmante d'un au­teur du moyen âge, ils pouvaient sans transition se suppléer, se substituer l'un à l'autre près de l'Enfant-Dieu, comme nous voyons près des petits oiseaux, habituellement, leur mère et sou­vent aussi leur père.

Mystère d'intimité digne de toutes nos admi­rations, de toutes nos louanges, de tout notre amour : en s'aimant mutuellement du plus vir­ginal amour, Marie et Joseph concentrent leur amour mutuel sur Jésus ! Et leurs coeurs pater­nel et maternel s'unissent en lui et, en l'aimant ensemble, ils s'aiment toujours mieux entre eux !
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Re: Saint Joseph intime

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III - L'INTIMITÉ ENTRE SAINT JOSEPH ET MARIE EST POUR QU'ILS AIMENT ENSEMBLE ISRAEL ET LE MONDE.


Les deux âmes les plus parfaitement virgina­les, les mieux douées pour aimer, et unies pour aimer ensemble un Dieu infiniment bon, infini­ment aimant, infiniment miséricordieux, Père de tous les hommes, entraient ensemble dans tous les amours de ce grand Dieu : elles ai­maient tout ce qu'il aime : non seulement Israël son peuple choisi, mais tous les hommes; et elles les aimaient comme personne, sinon Jésus, ne les aimera, parce qu'elles étaient plus profondément que personne unies à ce Dieu charité, à son amour, à ses désirs de notre salut, de notre sanctification, de notre bonheur éternel.

Unis de même pour aimer ensemble le Fils de Dieu, le Verbe Rédempteur, qui ne vient en ce monde, entre ces deux créatures privilégiées, que pour sauver tous les hommes, Marie et Jo­seph de concert nous aimaient tous en lui. De tout leur coeur, si profond et si dévoué, ils en­traient dans tout l'amour de son Coeur.

Et en vivant ensemble pour Jésus Sauveur du monde, en travaillant, en souffrant pour lui et avec lui, en s'identifiant à lui par l'amour, par la prière, par le mérite et la satisfaction, par le sacrifice et la souffrance, c'était en même temps pour le monde, pour nous, qu'ils vivaient, qu'ils travaillaient, qu'ils souffraient.

Le coeur maternel de Marie, maternel pour nous, parce qu'il était maternel pour Jésus, allait nous aimant toujours davantage, et com­bien il nous aime dans le ciel ! Et le coeur pater­nel de saint Joseph, paternel pour nous parce qu'il était paternel pour Jésus, allait lui aussi, en union avec le coeur maternel de Marie, nous aimant toujours davantage; et combien mainte­nant, avec le Coeur de Marie, il nous aime dans l'éternité !

Comme la maternité de Marie et la paternité de Joseph, comme leurs deux patronages continuent avec amour de s'unir sur l'Église, sur chaque âme, comme sur Jésus, pour nous protéger, nous défendre, nous secourir !

Combien parfaitement se fusionnent, dans le ciel, leurs tendresses, leurs dévouements, leurs pitiés, leurs joies et leurs désirs de notre bien, leurs prières pour que nous soyons toujours meilleurs, plus généreux, plus semblables à eux !
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Re: Saint Joseph intime

Message par Laetitia »

IV - INTIMITÉ DE SAINT JOSEPH ET DE MARIE, COMBIEN PARFAITE ENTRE EUX.


Mais puisque l'intimité de saint Joseph et de Marie allait à les unir toujours mieux à Dieu, à Jésus, à l'humanité, elle était donc la plus parfaitement oublieuse de tout ce qui était amour-propre; elle était la plus vraie, la plus dévouée, la plus fidèle, et de plus en plus aimante. Entre Époux, même les meilleurs, c'est beaucoup si le prestige de la beauté, le charme de la bonté et des autres dons, ne s'affaiblissent pas avec le temps. Entre Marie et Joseph, l'estime, l'admiration, l'amour, allèrent croissant toujours, toute leur vie : c'est que leur beauté d'âme si ravissante, leur bonté, toutes leurs vertus se révélaient toujours plus parfaites à leurs yeux très purs.

Et ce n'étaient pas seulement leurs qualités personnelles qui allaient se révélant : c'était aussi le mystère ― si profond qu'eux-mêmes ne le comprendront parfaitement qu'au ciel ― de leurs relations à part avec la Divinité, avec Jésus : à elles seules, ces relations donnent à Joseph et à Marie une dignité, une beauté dont le prestige va se résoudre dans l'infini, et de ce chef ne saurait jamais s'épuiser.

Et cette intimité qui jamais ne languit et, au contraire, alla s'avivant toujours, si nous sa­vions comment elle s'exprimait par les conver­sations, et bien plus par le silence, par l'union de la vie au service du divin Enfant, par l'union des joies et des peines entre eux et avec lui !...

Si nous savions enfin l'intimité de Marie et de Joseph dans la gloire !

Toutes les amitiés, toutes les intimités qui veulent être vraies à fond, dégagées de l'égoïsme, éternelles, se tournent vers la Divi­nité, vers Jésus. Et celles-là sont les meilleures qui nous conduisent plus directement à Dieu.
Il est une intimité qui va là comme pas une autre, c'est l'intimité avec Marie; Marie ne capte rien de nous et ne nous capte pas nous-mêmes, sinon pour nous donner à son Fils.

Et de cette intimité avec Marie, il y a un modèle, un initiateur incomparable : c'est saint Joseph. Nous savons que dans son intimité avec elle il est un caractère inimitable qui fait sa gloire et son bonheur à part : c'est d'être con­jugale, ― encore est-il des saints ou de très pieux personnages qui ont regardé Marie, la Vierge des vierges, comme leur épouse et qui s'efforçaient d'imiter les relations de saint Joseph avec elle. ― Qui que nous soyons, saint Joseph veut du moins nous initier à l'intimité filiale avec Marie : nul n'a connu comme lui son Coeur maternel et ne sait comme lui à quel point ce Coeur maternel veut nous donner à son Fils Jésus.
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VINGT-TROISIÈME ÉLÉVATION

Les divines Intimités de saint Joseph (avec Jésus).



« Tous les biens me sont venus avec la Sagesse » : Mihi omnia bona venerunt... cvm illa (Sap. VII, 11) : Ainsi parlait de la Sagesse incréée l'auteur du Livre de la Sagesse. Puisque l'Église applique à Marie les passages les plus sublimes de ce livre, ce n'est pas témérité de lui appliquer cette parole : avec Marie tous les biens sont venus à Joseph.
Avec Marie et par Marie, lui est venu d'abord le Bien suprême : Jésus, que nous avons vu, Marie, sa Mère virginale, en vertu de la loi fon­damentale du mariage qui donne à l'Époux ce qui naît légitimement de l'Épouse, lui donner pour Fils.

Avec Marie et par Marie, lui est venu un coeur paternel envers Jésus. Pour doubler, si j'ose ainsi dire, l'amour maternel de Marie, ses ten­dresses, ses soins, sa protection, Dieu lui com­munique un coeur paternel semblable au coeur maternel de Marie.

Avec Marie et par Marie, lui est venu envers Jésus une intimité dont ne sera jamais honorée aucune créature : puisque cette intimité est, dans la perfection, paternelle du côté de saint Joseph, et filiale du côté de Jésus.
Par ce mot de coeur paternel pour Jésus, j'en­tends d'abord les sentiments paternels les plus exquis, auxquels répondent dans le Coeur de Jésus des sentiments filials ineffablement plus parfaits encore.

J'entends aussi, et surtout, par coeur paternel l'amour paternel le plus profond, qui trouve dans le Coeur de Jésus des échos si prodigieux qu'en songeant à ce retour d'amour, la pensée s'élève, pour l'adorer, à l'amour du Fils pour son Père éternel.

J'entends enfin toute la vie dépensée au service de son Fils bien-aimé, et provoquant en lui, s'il en était besoin, la réponse d'une vie consacrée avant tout, du côté des créatures, à la sanctification de Joseph et à la sanctification de Marie.
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Re: Saint Joseph intime

Message par Laetitia »

I - SENTIMENTS PATERNELS DE JOSEPH ET SENTIMENTS FILIALS DE JÉSUS.


Le mot de coeur, lorsqu'on le dit d'un père, comme d'une mère, éveille d'abord l'idée de ces sentiments les plus délicats, les plus vrais, de tendresse, de dévouement, que l'on appelle les sentiments d'un père à l'égard de son enfant.

Sans aucun concours de la chair, sinon celui de la virginité la plus parfaite et qui offrait à l'Esprit-Saint les dispositions les plus admira­bles pour l'amour et le dévouement, Dieu a créé en saint Joseph le coeur le plus véritable­ment paternel; il a éveillé en lui des sentiments de père, si tendres, si profonds, qu'ils sont véritablement dignes du Fils de Dieu, et que tous les sentiments des cœurs de pères sont très loin de les égaler.

Il le fallait pour que le Fils de Dieu fût accueilli en venant en ce monde par des ten­dresses paternelles et maternelles assorties aux complaisances de Dieu le Père en son Fils. Il le fallait pour que les charges et les responsabili­tés redoutables de saint Joseph lui fussent pos­sibles et même douces à porter. Il le fallait pour que du côté de saint Joseph l'Enfant Dieu trou­vât toujours, comme du côté de Marie, une amitié aussi suave que forte.

Sans les sentiments paternels qui animaient le coeur de saint Joseph, les harmonies providentielles qui doivent être si parfaites et si complètes dans la Sainte Famille auraient bien étrange­ment détonné.

Et ces sentiments paternels s'exprimaient par les caresses les plus aimantes et en même temps les plus respectueuses : ces caresses étaient à la fois des adorations et des témoignages de la plus douce affection. Avec quelle joie saint Joseph, en pressant l'Enfant Jésus dans ses bras, lui disait, ― en cela semblable aux pères de la terre qui ne savent par quelles expressions dire leur tendresse ― : « Mon Fils, mon Roi !... » Et comme cela était vrai, comme Jésus était bien le Fils de son coeur, le Roi de son âme, de sa vie !
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Re: Saint Joseph intime

Message par Laetitia »

Et ces sentiments paternels, Jésus les récom­pensait par des sentiments filials dont la délicatesse et la tendresse ne se sont vues qu'une fois; il appelait Joseph son père, et lui donnait des caresses d'enfant; mais cet enfant était un Dieu, et cet enfant Dieu mettait tout son coeur d'En­fant-Dieu dans ces caresses et dans ce nom de père.

Faites-nous mieux comprendre, ô grand Saint, combien le Fils de Dieu a voulu avoir besoin de vos tendresses paternelles en même temps que des tendresses maternelles de Marie, et quelle joie et quelle gloire il y a là pour vous.

Nous nous faisons si facilement une idée dimi­nuée de l'Incarnation ! Combien ne savent pas assez à quel point Jésus a été vraiment homme, vraiment enfant ! Combien ne songent pas assez combien cet Enfant, vraiment enfant, avait besoin d'un amour paternel, et combien étaient vrais les sentiments filials de Jésus envers celui qu'il appelait son père !
Et nous aussi, nous pouvons jouir des sentiments de Jésus. La sensibilité d'un Dieu, que ce doit être exquis et vrai, que c'est précieux !

Jésus ne peut avoir pour nous des sentiments de fils, mais des sentiments d'ami très particuliers. Et ces sentiments nous pouvons les gagner par notre délicatesse, et nous ne le ferions pas !

Mais il faut aller à la source de ces sentiments paternels et filials; et cette source, bien plus importante à étudier que ses écoulements dans la partie sensible de l'âme : c'est l'amour, l'amour au premier chef paternel, de saint Joseph. et l'amour filial de Jésus.
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Re: Saint Joseph intime

Message par Laetitia »

II - INTIVITÉ DE L'AMOUR PATERNEL ET DE L'AMOUR FILIAL ENTRE SAINT JOSEPH ET JÉSUS.


Quel amour sincère, fort, profond, sans mé­lange de la moindre ombre d'amour-propre, que cet amour paternel ! C'est Dieu qui l'a suscité, par miracle, dans son coeur, ― à la ressem­blance de son amour éternel, ― profond, saint et pur assez pour aimer comme un fils le Verbe Incarné, en union avec l'amour maternel de Marie.

Pour en méditer les délicatesses et les éner­gies, il faut, en effet, songer aux origines suprê­mes de cet amour. Il est une dérivation du pre­mier amour. Il lui vient en définitive, dit Bossuet, du Père éternel, de Celui qui est la paternité même, qui est l'amour paternel en personne. En communiquant à saint Joseph son nom qui parait si incommunicable, le Père éter­nel de Jésus lui a communiqué aussi son amour. Quoi ! il y a dans le coeur de saint Joseph une image de l'amour éternel, infini, de Dieu le Père ! Quel coeur magnifique ― bien qu'il fût si caché ― que celui qui a été fait pour recevoir de pareilles communications ! Et comme il a dû s'ouvrir à ces effusions de tendresse et de dé­vouement ineffables pour aimer dans le Fils de Dieu son propre fils !

Car telle est la fin de cet amour : il va à un Dieu, au Fils de Dieu. C'est le Fils de Dieu qu'il s'agit d'aimer en père, voilà ce que veut la Providence : que le Fils de Dieu trouve dans le coeur virginal de sa mère, et dans le coeur vir­ginal de saint Joseph, un amour qui soit en par­faite harmonie avec l'amour éternel dont il jouit dans l'éternité.

Et cet amour doit par là même être digne de celui de Marie; ce ne seront plus seulement deux Chérubins penchés sur l'Arche, ce seront deux amours supérieurs à l'amour des Chéru­bins, ce seront les amours de deux âmes plus pures que les anges et plus aimantes que toutes les mères et tous les pères, chérissant ensemble un Enfant qu'ils adorent en le chérissant, parce que c'est un Enfant Dieu.
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