Saint Joseph intime
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]CHAPITRE TROISIÈME
Les divines Grandeurs de saint Joseph.
Sans doute, tout ce que nous avons médité des divines affinités de saint Joseph allait aussi à nous faire admirer ses divines grandeurs. Mais il nous semble utile, dans un chapitre spécial, d'épanouir ces principes en leurs corollaires de dignité et de gloire.
Nous devons dans ce chapitre contempler et les grandeurs de son rôle à l'égard de Jésus et de Marie, - et les grandeurs de la sainteté qu'entraîna la fidélité à ce rôle sublime.
La Providence est si admirablement suave et forte, surtout lorsqu'elle s'applique au cœur du plan divin : c'est-à-dire à la Sainte Famille, à l'ordre hypostatique, que nous éprouvons je ne sais quel malaise à penser qu'en saint Joseph, comme en Marie, la sainteté pourrait être séparée de la dignité.
A la rigueur pourtant, dignité et sainteté positive pourraient aller l'une sans l'autre. En supposant Marie et Joseph étrangers à nos péchés, ils auraient pu rester dans l'ordre naturel. Ils n'auraient point l'éminente sainteté positive que nous sommes si bien habitués à contempler en eux; mais ils auraient toujours : Marie, par son seul titre de Mère virginale d'un Dieu Rédempteur, Joseph, par son seul titre d'Époux virginal de Marie et la paternité sublime que ce titre lui donne, une dignité, une grandeur sans pareilles.
A Marie serait dû un culte essentiellement supérieur au culte rendu à toutes les créatures : le culte d'hyperdulie. A Joseph serait dû un culte de dulie supérieur au culte que nous rendons aux saints ou aux anges.
Mais nous verrons que les grandeurs du rôle et les grandeurs de la sainteté furent toujours en eux parfaitement en harmonie, et notre culte honore les unes et les autres.
[/quote]
à suivre
Les divines Grandeurs de saint Joseph.
Sans doute, tout ce que nous avons médité des divines affinités de saint Joseph allait aussi à nous faire admirer ses divines grandeurs. Mais il nous semble utile, dans un chapitre spécial, d'épanouir ces principes en leurs corollaires de dignité et de gloire.
Nous devons dans ce chapitre contempler et les grandeurs de son rôle à l'égard de Jésus et de Marie, - et les grandeurs de la sainteté qu'entraîna la fidélité à ce rôle sublime.
La Providence est si admirablement suave et forte, surtout lorsqu'elle s'applique au cœur du plan divin : c'est-à-dire à la Sainte Famille, à l'ordre hypostatique, que nous éprouvons je ne sais quel malaise à penser qu'en saint Joseph, comme en Marie, la sainteté pourrait être séparée de la dignité.
A la rigueur pourtant, dignité et sainteté positive pourraient aller l'une sans l'autre. En supposant Marie et Joseph étrangers à nos péchés, ils auraient pu rester dans l'ordre naturel. Ils n'auraient point l'éminente sainteté positive que nous sommes si bien habitués à contempler en eux; mais ils auraient toujours : Marie, par son seul titre de Mère virginale d'un Dieu Rédempteur, Joseph, par son seul titre d'Époux virginal de Marie et la paternité sublime que ce titre lui donne, une dignité, une grandeur sans pareilles.
A Marie serait dû un culte essentiellement supérieur au culte rendu à toutes les créatures : le culte d'hyperdulie. A Joseph serait dû un culte de dulie supérieur au culte que nous rendons aux saints ou aux anges.
Mais nous verrons que les grandeurs du rôle et les grandeurs de la sainteté furent toujours en eux parfaitement en harmonie, et notre culte honore les unes et les autres.
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à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]QUATORZIÈME ÉLÉVATION
Les divines Grandeurs de saint Joseph (les grandeurs de son rôle envers Jésus).
Ce que nous pouvons n'avoir pas assez remarqué : c'est combien profondément, et immédiatement, le rôle de saint Joseph regarde, par lui-même, et non pas seulement en vertu des dispositions de ce grand saint : de sa foi, de son amour,... la Personne infiniment grande, digne et sainte, de Jésus.
Vous serez, ô incomparable Saint, en contact si intime avec ce qui fait partie de la Personne de Jésus : vous toucherez son corps, vous baiserez son visage, vous recueillerez ses larmes, vous lirez dans son âme, vous pénétrerez bien profondément dans ses mystères !
Voilà bien, sans doute, des relations aussi sublimes que douces; mais ce qui doit me frapper plus encore d'admiration que ces rapports uniques avec ce qui est de Jésus, c'est que d'abord, avant tout et par-dessus tout, vous êtes dans les relations les plus directes, les plus à part avec sa Personne elle-même : c'est de sa personne, en définitive, que vous êtes appelé le père. C'est sa personne que vous accueillez en père, c'est à sa personne que vous donnez un nom. C'est sa personne que vous nourrissez, que vous défendez en gagnant la vie à son corps et en le défendant. C'est à sa personne que vous commandez en disant vos ordres à son oreille et à son âme.
Voilà ce que nous voulons méditer, en appliquant ce principe aux divers points de vue du rôle de notre Saint tant vénéré.[/quote]
à suivre
Les divines Grandeurs de saint Joseph (les grandeurs de son rôle envers Jésus).
Ce que nous pouvons n'avoir pas assez remarqué : c'est combien profondément, et immédiatement, le rôle de saint Joseph regarde, par lui-même, et non pas seulement en vertu des dispositions de ce grand saint : de sa foi, de son amour,... la Personne infiniment grande, digne et sainte, de Jésus.
Vous serez, ô incomparable Saint, en contact si intime avec ce qui fait partie de la Personne de Jésus : vous toucherez son corps, vous baiserez son visage, vous recueillerez ses larmes, vous lirez dans son âme, vous pénétrerez bien profondément dans ses mystères !
Voilà bien, sans doute, des relations aussi sublimes que douces; mais ce qui doit me frapper plus encore d'admiration que ces rapports uniques avec ce qui est de Jésus, c'est que d'abord, avant tout et par-dessus tout, vous êtes dans les relations les plus directes, les plus à part avec sa Personne elle-même : c'est de sa personne, en définitive, que vous êtes appelé le père. C'est sa personne que vous accueillez en père, c'est à sa personne que vous donnez un nom. C'est sa personne que vous nourrissez, que vous défendez en gagnant la vie à son corps et en le défendant. C'est à sa personne que vous commandez en disant vos ordres à son oreille et à son âme.
Voilà ce que nous voulons méditer, en appliquant ce principe aux divers points de vue du rôle de notre Saint tant vénéré.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]I - GRANDEURS DE SAINT JOSEPH : D'ÊTRE NOMMÉ AUTHENTIQUEMENT LE PÈRE D'UN DIEU.
Nous appliquons d'abord ce principe à l'idée de paternité toute virginale de saint Joseph. Le Docteur Angélique va nous exposer le principe que j'indiquais à l'instant. Il est des grandeurs qui - selon le langage des théologiens -viennent d'une relation. Elles se mesurent sur le terme qu'elles regardent et dont elles émanent.
Ainsi, nous dit saint Thomas (Sum. Theol., I, q. 26, a.1), la grandeur de la Sainte Humanité de Notre-Seigneur se mesure sur la Personne du Verbe, à laquelle elle est unie immédiatement, et c'est pourquoi je l'adore comme étant d'infinie majesté.
L'excellence de la béatitude éternelle se mesure sur Dieu : car c'est de Dieu en lui-même que les bienheureux jouissent. Et je ne puis donc concevoir bonheur plus grand : car je contemplerai, je posséderai l'Infini, en lui-même.
La grandeur de la Sainte Vierge se mesure aussi sur Dieu, dont elle est la Mère, elle emprunte une sorte d'infinie dignité au Bien infini auquel se termine la Maternité divine. Aussi ces grandeurs de Marie sont-elles pour nous au-dessus de toutes les grandeurs purement créées possibles.
Voilà un principe dont ce n'est que justice de nous souvenir si nous voulons bien apprécier les grandeurs de saint Joseph.
Comme la maternité physique de Marie, la paternité morale, mais sublimement vraie, de saint Joseph se termine à un Dieu, elle embrasse Jésus qui est Dieu.
C'est du Fils de Dieu même, dont la dignité est infinie, que les foules, que les Évangélistes, que Marie, vous nommaient, ô grand Saint, le père.
C'est le Fils de Dieu, la Majesté, la Sainteté, la Grandeur suprême, qui tous les jours vous appelait son père, et que vous nommiez votre fils.
Et ce nom de père à l'égard de Jésus est si grand qu'il n'appartient qu'à Dieu le Père éternel. Lui seul peut le communiquer à une créature. Il ne l'a pas communiqué aux anges qui sont nommés seulement les ministres de Jésus.
Le Précurseur s'appelle seulement la Voix qui crie devant lui. Les apôtres aussi seront des voix qui publieront les enseignements de Jésus; ils aimeront Jésus jusqu'à mourir pour lui, mais ils n'auront jamais rien à son égard du rôle paternel. Ce nom de père, Dieu ne l'a partagé, et jamais ne le partagera, sinon avec Marie, et d'une manière bien différente, mais cependant très vraie et unique, avec Joseph.
Admirable Saint, qui inspirez tant de confiance à mon âme, vous à qui elle parle avec la même simplicité qu'à Marie, que vous êtes grand dans votre bonté ! Comme je devrais vous vénérer, vous que le Fils de Dieu a vénéré et chéri comme un père ! O Jésus, donnez-moi, donnez à beaucoup d'âmes, un peu de votre vénération filiale pour saint Joseph en même temps que pour Marie.
[/quote]
à suivre
Nous appliquons d'abord ce principe à l'idée de paternité toute virginale de saint Joseph. Le Docteur Angélique va nous exposer le principe que j'indiquais à l'instant. Il est des grandeurs qui - selon le langage des théologiens -viennent d'une relation. Elles se mesurent sur le terme qu'elles regardent et dont elles émanent.
Ainsi, nous dit saint Thomas (Sum. Theol., I, q. 26, a.1), la grandeur de la Sainte Humanité de Notre-Seigneur se mesure sur la Personne du Verbe, à laquelle elle est unie immédiatement, et c'est pourquoi je l'adore comme étant d'infinie majesté.
L'excellence de la béatitude éternelle se mesure sur Dieu : car c'est de Dieu en lui-même que les bienheureux jouissent. Et je ne puis donc concevoir bonheur plus grand : car je contemplerai, je posséderai l'Infini, en lui-même.
La grandeur de la Sainte Vierge se mesure aussi sur Dieu, dont elle est la Mère, elle emprunte une sorte d'infinie dignité au Bien infini auquel se termine la Maternité divine. Aussi ces grandeurs de Marie sont-elles pour nous au-dessus de toutes les grandeurs purement créées possibles.
Voilà un principe dont ce n'est que justice de nous souvenir si nous voulons bien apprécier les grandeurs de saint Joseph.
Comme la maternité physique de Marie, la paternité morale, mais sublimement vraie, de saint Joseph se termine à un Dieu, elle embrasse Jésus qui est Dieu.
C'est du Fils de Dieu même, dont la dignité est infinie, que les foules, que les Évangélistes, que Marie, vous nommaient, ô grand Saint, le père.
C'est le Fils de Dieu, la Majesté, la Sainteté, la Grandeur suprême, qui tous les jours vous appelait son père, et que vous nommiez votre fils.
Et ce nom de père à l'égard de Jésus est si grand qu'il n'appartient qu'à Dieu le Père éternel. Lui seul peut le communiquer à une créature. Il ne l'a pas communiqué aux anges qui sont nommés seulement les ministres de Jésus.
Le Précurseur s'appelle seulement la Voix qui crie devant lui. Les apôtres aussi seront des voix qui publieront les enseignements de Jésus; ils aimeront Jésus jusqu'à mourir pour lui, mais ils n'auront jamais rien à son égard du rôle paternel. Ce nom de père, Dieu ne l'a partagé, et jamais ne le partagera, sinon avec Marie, et d'une manière bien différente, mais cependant très vraie et unique, avec Joseph.
Admirable Saint, qui inspirez tant de confiance à mon âme, vous à qui elle parle avec la même simplicité qu'à Marie, que vous êtes grand dans votre bonté ! Comme je devrais vous vénérer, vous que le Fils de Dieu a vénéré et chéri comme un père ! O Jésus, donnez-moi, donnez à beaucoup d'âmes, un peu de votre vénération filiale pour saint Joseph en même temps que pour Marie.
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à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - GRANDEURS DE SAINT JOSEPH : D'ÊTRE, NON PAS PAR UNE GÉNÉRATION CHARNELLE, MAIS PAR LA VIRGINITÉ DE SON ÉPOUSE, PÈRE DE JÉSUS.
Que saint Joseph soit nommé père d'un Dieu par les Évangélistes, par le ciel, par Marie qui est plus que le ciel, par Jésus : cela est déjà d'une grandeur ineffable.
Nous admirerons bien mieux encore tant de grandeur, si nous nous rappelons, pour y réfléchir de ce point de vue, que, n'ayant rien à voir avec la génération charnelle, la paternité de saint Joseph est néanmoins vraie d'une manière supérieure, qu'elle ne s'est point vérifiée par les moyens communs et ordinaires, mais par une voie miraculeuse au premier chef, que dans les vues de Dieu le mariage de saint Joseph et de Marie devait être d'une fécondité inouïe, et que toute la vie de saint Joseph et de Marie, leur vœu de virginité, leur très saint mariage, leur pureté parfaite, n'allaient qu'à cette fécondité divine (1); si nous songeons enfin que cette paternité sublime regarde un Dieu, et que même on ne conçoit comme convenable à un Dieu que cette paternité d'ordre supérieur entre un homme et Dieu.
Selon les lois ordinaires, la virginité cesse avec la fécondité; la fleur ne donne un fruit qu'à la condition de n'être plus une fleur. Mais Marie fait exception à ces lois; elle demeure Fleur toujours plus belle en concevant, en portant son Fils adoré. Mais cette Fleur n'est pas isolée; une autre Fleur est près d'elle qui ne cessera jamais, non plus, d'être une fleur, et qui va jouir, par le don de Dieu, du fruit de la Fleur céleste à laquelle elle est mariée virginalement.
C'est la plus sublime gloire dont puissent être honorées deux créatures : que Marie Vierge, et précisément parce qu'elle est la Vierge incomparablement parfaite, devienne, sous l'action infiniment pure du Saint-Esprit, Mère de Dieu; que Joseph Vierge, et justement parce qu'il est si parfaitement virginal, reçoive de Marie, son Épouse, dont la virginité lui appartient, pour fils, le Fils de Dieu.
Ainsi l'Esprit-Saint donne-t-il à Joseph pour fils Jésus d'une manière infiniment plus belle et plus sublime qu'il ne donna, par Anne, Samuel à Elcana; par sainte Anne, Marie à Joachim; par Élisabeth, saint Jean à Zacharie; il le lui donne par Marie, Vierge des vierges, vierge dans la conception, vierge pendant l'enfantement, vierge toujours, aussi véritablement son épouse que véritablement vierge.
Ainsi tout est digne ici d'un Dieu : et la maternité virginale de Marie due à l'Esprit-Saint seul, et la paternité virginale de saint Joseph qui bénéficie comme époux de Marie de sa maternité virginale; tout ici honore et accueille comme il convient, et peut charmer un Dieu qui vient sur la terre. Et de ce Dieu reflue sur Marie et sur Joseph une grandeur sans pareille.
Car c'est à un Dieu qu'il faut mesurer, non seulement la maternité de Marie, mais la paternité virginale de saint Joseph. La dignité de ce grand Saint va se résoudre dans l'ineffable, dans le transcendant, dans une région supérieure aux plus hautes régions des saints et des anges. Aussi notre respect envers lui doit-il être, après le respect envers Marie, sans égal.
(1) - Nous avons cité plus haut un texte très important du Docteur Angélique, dont nous rappelons seulement ces mots : « Le mariage de Marie et de Joseph, par une disposition spéciale de Dieu, a été contracté dans le but de recevoir et d'élever le divin enfant. »Hoc matrimonium fuit ad hoc ordinatum specialiter quod Proles illa susciperetur in eo et educaretur. (In. IV, d. 30, q. 2, a. 2 ad. 4).[/quote]
à suivre
Que saint Joseph soit nommé père d'un Dieu par les Évangélistes, par le ciel, par Marie qui est plus que le ciel, par Jésus : cela est déjà d'une grandeur ineffable.
Nous admirerons bien mieux encore tant de grandeur, si nous nous rappelons, pour y réfléchir de ce point de vue, que, n'ayant rien à voir avec la génération charnelle, la paternité de saint Joseph est néanmoins vraie d'une manière supérieure, qu'elle ne s'est point vérifiée par les moyens communs et ordinaires, mais par une voie miraculeuse au premier chef, que dans les vues de Dieu le mariage de saint Joseph et de Marie devait être d'une fécondité inouïe, et que toute la vie de saint Joseph et de Marie, leur vœu de virginité, leur très saint mariage, leur pureté parfaite, n'allaient qu'à cette fécondité divine (1); si nous songeons enfin que cette paternité sublime regarde un Dieu, et que même on ne conçoit comme convenable à un Dieu que cette paternité d'ordre supérieur entre un homme et Dieu.
Selon les lois ordinaires, la virginité cesse avec la fécondité; la fleur ne donne un fruit qu'à la condition de n'être plus une fleur. Mais Marie fait exception à ces lois; elle demeure Fleur toujours plus belle en concevant, en portant son Fils adoré. Mais cette Fleur n'est pas isolée; une autre Fleur est près d'elle qui ne cessera jamais, non plus, d'être une fleur, et qui va jouir, par le don de Dieu, du fruit de la Fleur céleste à laquelle elle est mariée virginalement.
C'est la plus sublime gloire dont puissent être honorées deux créatures : que Marie Vierge, et précisément parce qu'elle est la Vierge incomparablement parfaite, devienne, sous l'action infiniment pure du Saint-Esprit, Mère de Dieu; que Joseph Vierge, et justement parce qu'il est si parfaitement virginal, reçoive de Marie, son Épouse, dont la virginité lui appartient, pour fils, le Fils de Dieu.
Ainsi l'Esprit-Saint donne-t-il à Joseph pour fils Jésus d'une manière infiniment plus belle et plus sublime qu'il ne donna, par Anne, Samuel à Elcana; par sainte Anne, Marie à Joachim; par Élisabeth, saint Jean à Zacharie; il le lui donne par Marie, Vierge des vierges, vierge dans la conception, vierge pendant l'enfantement, vierge toujours, aussi véritablement son épouse que véritablement vierge.
Ainsi tout est digne ici d'un Dieu : et la maternité virginale de Marie due à l'Esprit-Saint seul, et la paternité virginale de saint Joseph qui bénéficie comme époux de Marie de sa maternité virginale; tout ici honore et accueille comme il convient, et peut charmer un Dieu qui vient sur la terre. Et de ce Dieu reflue sur Marie et sur Joseph une grandeur sans pareille.
Car c'est à un Dieu qu'il faut mesurer, non seulement la maternité de Marie, mais la paternité virginale de saint Joseph. La dignité de ce grand Saint va se résoudre dans l'ineffable, dans le transcendant, dans une région supérieure aux plus hautes régions des saints et des anges. Aussi notre respect envers lui doit-il être, après le respect envers Marie, sans égal.
(1) - Nous avons cité plus haut un texte très important du Docteur Angélique, dont nous rappelons seulement ces mots : « Le mariage de Marie et de Joseph, par une disposition spéciale de Dieu, a été contracté dans le but de recevoir et d'élever le divin enfant. »Hoc matrimonium fuit ad hoc ordinatum specialiter quod Proles illa susciperetur in eo et educaretur. (In. IV, d. 30, q. 2, a. 2 ad. 4).[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]III - GRANDEURS DE SAINT JOSEPH : DE RECUEILLIR UN DIEU COMME SON FILS.
Qui recueille un enfant au nom de Jésus recueille Jésus lui-même (Matth. XVIII, 5). Ce n'est pourtant que par la foi et la charité qu'un tel acte atteint la Personne de Jésus.
Mais c'est d'abord, c'est directement à la Personne de Jésus que s'adressent l'accueil et les services de saint Joseph envers Jésus, parce que ce sont des services paternels.
Par ses fonctions même, par ses services même : il dit à Jésus, aussi bien que par son cœur : « Trésor céleste, caché par Dieu dans cette Terre promise, Marie, qui est ma propriété inestimable, vous êtes mon Trésor, et comme je vous garderai ! - Fleur adorable, issue divinement de cette Tige, qui est mienne, vous m'appartenez, et comme je veux vous protéger, vous cultiver avec amour !
« O divin Enfant, si vous m'étiez étranger, ce serait pour moi un immense honneur de vous adopter, vous qui venez parmi les vôtres et qui tout à l'heure n'avez point trouvé de place dans leurs maisons, ni dans leurs hôtelleries. Mais loin que vous m'ayez été un instant étranger, - dès le premier moment de votre naissance, de votre Incarnation, un mariage infiniment précieux pour moi vous a donné à moi !
« O Dieu fait petit enfant, si grand dans le ciel, si petit dans la crèche : vous êtes mon Fils ! non pas par la génération charnelle, mais par la virginité divinement féconde de mon Épouse bien-aimée. Par le droit de ce mariage virginal, je vous reçois d'elle comme mon fils. Tout ce qui est à elle est à moi et de la même manière. Vous êtes à elle, vous êtes à moi : vous êtes son fils, vous êtes mon fils, au titre le plus légitime, par un prodige qui ravit mon amour, qui honore souverainement la virginité que j'ai vouée au Ciel. Comment aurais-je pu rêver d'avoir un tel fils, et de l'avoir par une voie si sublime et si pure ! »
Oui, ô grand et bien-aimé Saint, félicitez-vous ! Rien de pareil ne s'est vu dans l'histoire des saints. Élisabeth reçoit Marie et Jésus que Marie porte en elle, et elle ne sait comment bénir le Ciel de cette visite rapide de son Dieu et de la Mère de son Dieu. Mais vous, vous avez reçu pour toujours Marie, et par Marie Jésus, et comme des biens qui vous appartiennent mieux qu'à toutes les autres créatures et qui ne vous seront jamais ravis.[/quote]
à suivre
Qui recueille un enfant au nom de Jésus recueille Jésus lui-même (Matth. XVIII, 5). Ce n'est pourtant que par la foi et la charité qu'un tel acte atteint la Personne de Jésus.
Mais c'est d'abord, c'est directement à la Personne de Jésus que s'adressent l'accueil et les services de saint Joseph envers Jésus, parce que ce sont des services paternels.
Par ses fonctions même, par ses services même : il dit à Jésus, aussi bien que par son cœur : « Trésor céleste, caché par Dieu dans cette Terre promise, Marie, qui est ma propriété inestimable, vous êtes mon Trésor, et comme je vous garderai ! - Fleur adorable, issue divinement de cette Tige, qui est mienne, vous m'appartenez, et comme je veux vous protéger, vous cultiver avec amour !
« O divin Enfant, si vous m'étiez étranger, ce serait pour moi un immense honneur de vous adopter, vous qui venez parmi les vôtres et qui tout à l'heure n'avez point trouvé de place dans leurs maisons, ni dans leurs hôtelleries. Mais loin que vous m'ayez été un instant étranger, - dès le premier moment de votre naissance, de votre Incarnation, un mariage infiniment précieux pour moi vous a donné à moi !
« O Dieu fait petit enfant, si grand dans le ciel, si petit dans la crèche : vous êtes mon Fils ! non pas par la génération charnelle, mais par la virginité divinement féconde de mon Épouse bien-aimée. Par le droit de ce mariage virginal, je vous reçois d'elle comme mon fils. Tout ce qui est à elle est à moi et de la même manière. Vous êtes à elle, vous êtes à moi : vous êtes son fils, vous êtes mon fils, au titre le plus légitime, par un prodige qui ravit mon amour, qui honore souverainement la virginité que j'ai vouée au Ciel. Comment aurais-je pu rêver d'avoir un tel fils, et de l'avoir par une voie si sublime et si pure ! »
Oui, ô grand et bien-aimé Saint, félicitez-vous ! Rien de pareil ne s'est vu dans l'histoire des saints. Élisabeth reçoit Marie et Jésus que Marie porte en elle, et elle ne sait comment bénir le Ciel de cette visite rapide de son Dieu et de la Mère de son Dieu. Mais vous, vous avez reçu pour toujours Marie, et par Marie Jésus, et comme des biens qui vous appartiennent mieux qu'à toutes les autres créatures et qui ne vous seront jamais ravis.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Les saints recevront Jésus dans des temples magnifiques, et surtout dans les sanctuaires de leurs âmes; les prêtres le recevront dans leurs mains et dans leur cœur. Mais aucun ne le recevra comme son fils.
Les anges l'ont adoré à son entrée dans le monde, mais comme leur Seigneur et leur Dieu. Vous l'adorez comme votre Seigneur et votre Dieu, mais aussi comme votre enfant.
C'est comme votre enfant que vous le recevez des mains de Marie, que vous le serrez dans vos bras, que vous le portez sur votre cœur, que vous le caressez, que vous le contemplez, que vous allez le garder et le nourrir. Non, rien de pareil ne s'est vu ni ne se verra jamais au ciel ni sur la terre. Traiter Dieu comme un fils, un vrai fils ! Marie et saint Joseph seuls ont eu cet honneur et cette joie immenses.
Appuyons, en finissant cette Élévation, sur la pensée très importante que nous méditons au début : nous devons songer bien profondément devant Dieu comment son titre de père de Jésus établit saint Joseph dans un rapport direct, non pas seulement avec l'Humanité de Notre-Seigneur et avec ce qui la regarde : par exemple avec sa doctrine, avec sa vérité, comme les apôtres et les martyrs, mais directement et immédiatement avec la Personne du Fils de Dieu.
C'est de Dieu, c'est de la Personne même de Jésus, que Marie est mère : l'Église la salue Mère du Christ, Mère de Dieu, Mère du Créateur.
De même est-ce à l'égard de la Personne de Jésus, à l'égard de Dieu, du Créateur, du Rédempteur, que saint Joseph est appelé père, et qu'il est honoré, sans que sa virginité soit en cause, de la réalité sublime exprimée par ce mot.
C'est avec la Personne du Fils de Dieu qu'il va vivre dans les rapports les plus immédiats, les plus particuliers, uniques. Il y a dans ce principe des mondes insondables de grandeur, de gloire, en même temps que de joie.
[/quote]
à suivre
Les anges l'ont adoré à son entrée dans le monde, mais comme leur Seigneur et leur Dieu. Vous l'adorez comme votre Seigneur et votre Dieu, mais aussi comme votre enfant.
C'est comme votre enfant que vous le recevez des mains de Marie, que vous le serrez dans vos bras, que vous le portez sur votre cœur, que vous le caressez, que vous le contemplez, que vous allez le garder et le nourrir. Non, rien de pareil ne s'est vu ni ne se verra jamais au ciel ni sur la terre. Traiter Dieu comme un fils, un vrai fils ! Marie et saint Joseph seuls ont eu cet honneur et cette joie immenses.
Appuyons, en finissant cette Élévation, sur la pensée très importante que nous méditons au début : nous devons songer bien profondément devant Dieu comment son titre de père de Jésus établit saint Joseph dans un rapport direct, non pas seulement avec l'Humanité de Notre-Seigneur et avec ce qui la regarde : par exemple avec sa doctrine, avec sa vérité, comme les apôtres et les martyrs, mais directement et immédiatement avec la Personne du Fils de Dieu.
C'est de Dieu, c'est de la Personne même de Jésus, que Marie est mère : l'Église la salue Mère du Christ, Mère de Dieu, Mère du Créateur.
De même est-ce à l'égard de la Personne de Jésus, à l'égard de Dieu, du Créateur, du Rédempteur, que saint Joseph est appelé père, et qu'il est honoré, sans que sa virginité soit en cause, de la réalité sublime exprimée par ce mot.
C'est avec la Personne du Fils de Dieu qu'il va vivre dans les rapports les plus immédiats, les plus particuliers, uniques. Il y a dans ce principe des mondes insondables de grandeur, de gloire, en même temps que de joie.
[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]QUINZIÈME ÉLÉVATION
Les divines Grandeurs de saint Joseph (les grandeurs de son rôle envers Jésus).
Ce que nous venons de dire de la paternité toute virginale de Joseph, nous devons le dire de ses fonctions paternelles : non seulement par l'amour dont il en anime l'exercice, mais par elles-mêmes, elles regardent directement la Personne du Verbe, cette gloire n'appartient qu'à Marie et à Joseph.
Les fonctions des autres créatures regardent directement quelque chose de Jésus : les anges, avons-nous remarqué, accomplissent ses désirs, les martyrs témoignent de sa vérité, les docteurs développent ses enseignements, les vierges honorent sa pureté, chaque société religieuse, chaque âme sainte reproduit d'une manière prédominante telle ou telle vertu de Jésus.
Et sans doute tous, anges et hommes, peuvent et doivent bien viser en définitive, sous tous les services qu'ils rendent à Jésus, sa personne infiniment sainte. Et nous savons si, par exemple, un saint Paul voyait ainsi la personne de Jésus en tout : la personne de Jésus était sa vie, la vie de sa prédication, la vie de ses travaux, de ses souffrances, de ses joies, la vie de son cœur.
Mais, à la différence des services des autres saints et des anges, c'est encore un caractère distinctif des fonctions de saint Joseph de regarder par elles-mêmes, directement, la personne de Notre-Seigneur.
Et, nous le croyons, il saura à merveille, mieux que saint Paul, mieux que tous les saints, sauf Marie, se proposer par l'amour Jésus en tout; ses dispositions de tendresse, de dévouement, seront toujours à la hauteur de ses fonctions. Mais ses fonctions seules, avec celles de Marie, sont immédiatement pour la personne adorable de Jésus; ainsi vit-il sur des sommets sublimes de grandeur comme d'amour.
[/quote]
à suivre
Les divines Grandeurs de saint Joseph (les grandeurs de son rôle envers Jésus).
Ce que nous venons de dire de la paternité toute virginale de Joseph, nous devons le dire de ses fonctions paternelles : non seulement par l'amour dont il en anime l'exercice, mais par elles-mêmes, elles regardent directement la Personne du Verbe, cette gloire n'appartient qu'à Marie et à Joseph.
Les fonctions des autres créatures regardent directement quelque chose de Jésus : les anges, avons-nous remarqué, accomplissent ses désirs, les martyrs témoignent de sa vérité, les docteurs développent ses enseignements, les vierges honorent sa pureté, chaque société religieuse, chaque âme sainte reproduit d'une manière prédominante telle ou telle vertu de Jésus.
Et sans doute tous, anges et hommes, peuvent et doivent bien viser en définitive, sous tous les services qu'ils rendent à Jésus, sa personne infiniment sainte. Et nous savons si, par exemple, un saint Paul voyait ainsi la personne de Jésus en tout : la personne de Jésus était sa vie, la vie de sa prédication, la vie de ses travaux, de ses souffrances, de ses joies, la vie de son cœur.
Mais, à la différence des services des autres saints et des anges, c'est encore un caractère distinctif des fonctions de saint Joseph de regarder par elles-mêmes, directement, la personne de Notre-Seigneur.
Et, nous le croyons, il saura à merveille, mieux que saint Paul, mieux que tous les saints, sauf Marie, se proposer par l'amour Jésus en tout; ses dispositions de tendresse, de dévouement, seront toujours à la hauteur de ses fonctions. Mais ses fonctions seules, avec celles de Marie, sont immédiatement pour la personne adorable de Jésus; ainsi vit-il sur des sommets sublimes de grandeur comme d'amour.
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à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]
I - GRANDEURS DE SAINT JOSEPH : DE DONNER UN NOM A UN DIEU COMME A SON FILS.
Le droit de nommer un enfant n'appartient qu'à son père : le droit de nommer l'Enfant Dieu n'appartient qu'à Dieu, son Père éternel. Mais, chose merveilleuse, Dieu le Père éternel communique ce droit à saint Joseph; c'est lui, avec Marie, qui est chargé de nommer Jésus : « Ne craignez pas de garder Marie votre Épouse..., lui dit l'Ange. Elle enfantera un Fils, et vous l'appellerez Jésus. » - « Elle enfanta, en effet, son Fils premier-né, et Joseph lui donna pour nom Jésus. » Si vous réfléchissez bien sur ces paroles de l'Ange, vous le voyez, c'est en vertu de son mariage avec Marie, qui lui donne pour fils le fils, virginalement conçu, de son Épouse, que Dieu lui attribue le droit de nommer ce Fils adoré.
On a toujours admiré le mot sublime de l'Écriture qui nous montre Dieu appelant la multitude des étoiles, chacune par son nom ! Page sublime encore que celle où Dieu fait passer les animaux devant Adam, afin que le chef de l'humanité donne un nom à tous les serviteurs de l'homme. Mais saint Joseph n'a pas seulement à nommer la Création, il doit nommer le Créateur lui-même, il doit nommer Celui qui donne l'existence à chacun des astres et leur impose leur nom.
Et comme saint Joseph sait bien le sens, la portée du nom de Jésus ! Il est des pères qui sondaient avec un intérêt si profond l'avenir de leurs enfants ! Dieu, en leur inspirant le nom voulu par lui, dévoilait quelque chose de son sens à leurs yeux : tel Abraham nommant Isaac, et entrevoyant dans cet enfant bien-aimé une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel; tel Zacharie nommant saint Jean. Mais que dirai-je de saint Joseph nommant le divin Enfant, lui donnant le nom de Jésus, c'est-à-dire au fond le nom de Jéhovah, de Jéhovah Rédempteur !
Car n'est-ce pas le nom de Jéhovah (Cf. Mariani : Postulatum, p. 162) que chantait Isaïe sous les synonymes si magnifiques du nom de Jésus : de l'Emmanuel, de l'Admirable, du Dieu fort... ?
Ainsi ce nom, dont le souverain Pontife de l'Ancienne Loi seul, dans le Saint des saints, pouvait essayer d'articuler le son, Joseph le donne à Jésus, et que de fois il le redira, pendant trente ans, et personne, sinon Marie, ne pourra le dire comme lui !
Le nom de Jésus c'est le nom de Jéhovah habitant parmi nous : Emmanuel. C'est le nom de Jéhovah venant nous racheter par le sacrifice : « Il sauvera son peuple de ses péchés. » Voilà le nom que Joseph, comme un père, donne à Jésus.
Nous serions bien tenté de méditer ici avec quel amour, - et qui ne fait qu'un avec l'amour de Marie, - Joseph impose ce nom à Jésus, avec quelle tendresse et quel dévouement il le répétera mille et mille fois, tantôt disant : « Jésus ! », tantôt disant : « Mon fils ! » Et comme Jésus ratifiera l'appellation de Joseph en lui disant : « Mon père ! »
Mais je ne songe ici qu'aux grandeurs ineffables de la mission paternelle de nommer Jésus : lui donner un nom à lui, le Fils de Dieu, Dieu comme son Père, lui donner un nom, de par son Père céleste, - lui donner pour nom le nom de Dieu, de Dieu Rédempteur, - et le lui donner comme jamais personne ne pourrait le faire : le lui donner et le lui redire chaque jour comme à son fils !
Je dois avouer humblement, ô grand Saint, que je n'ai jamais bien réfléchi à ces grandeurs. Et je veux compenser le passé en vous honorant d'un honneur sans rival, après celui que je rends à votre royale Épouse, Marie.
[/quote]
à suivre
I - GRANDEURS DE SAINT JOSEPH : DE DONNER UN NOM A UN DIEU COMME A SON FILS.
Le droit de nommer un enfant n'appartient qu'à son père : le droit de nommer l'Enfant Dieu n'appartient qu'à Dieu, son Père éternel. Mais, chose merveilleuse, Dieu le Père éternel communique ce droit à saint Joseph; c'est lui, avec Marie, qui est chargé de nommer Jésus : « Ne craignez pas de garder Marie votre Épouse..., lui dit l'Ange. Elle enfantera un Fils, et vous l'appellerez Jésus. » - « Elle enfanta, en effet, son Fils premier-né, et Joseph lui donna pour nom Jésus. » Si vous réfléchissez bien sur ces paroles de l'Ange, vous le voyez, c'est en vertu de son mariage avec Marie, qui lui donne pour fils le fils, virginalement conçu, de son Épouse, que Dieu lui attribue le droit de nommer ce Fils adoré.
On a toujours admiré le mot sublime de l'Écriture qui nous montre Dieu appelant la multitude des étoiles, chacune par son nom ! Page sublime encore que celle où Dieu fait passer les animaux devant Adam, afin que le chef de l'humanité donne un nom à tous les serviteurs de l'homme. Mais saint Joseph n'a pas seulement à nommer la Création, il doit nommer le Créateur lui-même, il doit nommer Celui qui donne l'existence à chacun des astres et leur impose leur nom.
Et comme saint Joseph sait bien le sens, la portée du nom de Jésus ! Il est des pères qui sondaient avec un intérêt si profond l'avenir de leurs enfants ! Dieu, en leur inspirant le nom voulu par lui, dévoilait quelque chose de son sens à leurs yeux : tel Abraham nommant Isaac, et entrevoyant dans cet enfant bien-aimé une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel; tel Zacharie nommant saint Jean. Mais que dirai-je de saint Joseph nommant le divin Enfant, lui donnant le nom de Jésus, c'est-à-dire au fond le nom de Jéhovah, de Jéhovah Rédempteur !
Car n'est-ce pas le nom de Jéhovah (Cf. Mariani : Postulatum, p. 162) que chantait Isaïe sous les synonymes si magnifiques du nom de Jésus : de l'Emmanuel, de l'Admirable, du Dieu fort... ?
Ainsi ce nom, dont le souverain Pontife de l'Ancienne Loi seul, dans le Saint des saints, pouvait essayer d'articuler le son, Joseph le donne à Jésus, et que de fois il le redira, pendant trente ans, et personne, sinon Marie, ne pourra le dire comme lui !
Le nom de Jésus c'est le nom de Jéhovah habitant parmi nous : Emmanuel. C'est le nom de Jéhovah venant nous racheter par le sacrifice : « Il sauvera son peuple de ses péchés. » Voilà le nom que Joseph, comme un père, donne à Jésus.
Nous serions bien tenté de méditer ici avec quel amour, - et qui ne fait qu'un avec l'amour de Marie, - Joseph impose ce nom à Jésus, avec quelle tendresse et quel dévouement il le répétera mille et mille fois, tantôt disant : « Jésus ! », tantôt disant : « Mon fils ! » Et comme Jésus ratifiera l'appellation de Joseph en lui disant : « Mon père ! »
Mais je ne songe ici qu'aux grandeurs ineffables de la mission paternelle de nommer Jésus : lui donner un nom à lui, le Fils de Dieu, Dieu comme son Père, lui donner un nom, de par son Père céleste, - lui donner pour nom le nom de Dieu, de Dieu Rédempteur, - et le lui donner comme jamais personne ne pourrait le faire : le lui donner et le lui redire chaque jour comme à son fils !
Je dois avouer humblement, ô grand Saint, que je n'ai jamais bien réfléchi à ces grandeurs. Et je veux compenser le passé en vous honorant d'un honneur sans rival, après celui que je rends à votre royale Épouse, Marie.
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à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - GRANDEURS DE SAINT JOSEPH : D'ÊTRE LE PÈRE DÉFENSEUR ET PROTECTEUR D'UN DIEU.
A Dieu le Père éternel seul naturellement revient le droit de défendre, de protéger son Fils, le Verbe Incarné.
Toutes les créatures, anges ou hommes, ne peuvent prétendre à cet honneur. Aussi les théologiens s'accordent-ils à dire qu'il n'était pas de la dignité de la sainte Humanité d'avoir un ange Gardien (S. Thom. : Sum. Theol., I, q. 113, a. 4, ad. I).
Mais Dieu ne pourrait sans des miracles de tous les instants protéger et défendre par lui-même son Fils. Il a donc choisi parmi les hommes saint Joseph pour cette charge si grave, pour cet honneur sublime.
Nous avons médité comment le Fils de Dieu a voulu pour exister humainement dépendre du mariage virginal de saint Joseph, comment Dieu jamais n'a pensé à l'Incarnation en dehors de ce mariage. Dépendant de la pureté de saint Joseph pour naître, il veut dépendre de ses soins pour continuer à vivre. C'est saint Joseph qui, averti par l'ange, l'emporte en exil. Sans lui, naturellement, il serait massacré comme le furent les saints Innocents.
Même à son retour de l'exil, la persécution est encore à craindre, et c'est toujours saint Joseph qui est chargé par Dieu de l'y soustraire.
Et il ne sera pas exempt, sans doute, de bien d'autres dangers extérieurs comme peuvent en courir tous les enfants, et c'est saint Joseph qui protégera contre ces dangers l'Enfant Jésus. Joseph est, de par son mariage, constitué Gardien de la famille divine, le Défenseur, le Protecteur d'un Dieu !
Et je sais bien que la Personne de Jésus était au-dessus de tous les dangers. Mais je dis néanmoins que, en gardant, en défendant la vie humaine de Jésus, c'est de sa Personne que saint Joseph était le père Protecteur et Défenseur.Toujours en vertu du principe plus d'une fois rappelé : si Marie n'a point donné la Divinité à Jésus, elle est cependant la mère de la personne : c'est de foi; de même saint Joseph ne défend, ne protège pas la Divinité de Jésus, il n'en est pas moins le père Protecteur, le père Défenseur du Verbe Incarné en personne.[/quote]
à suivre
A Dieu le Père éternel seul naturellement revient le droit de défendre, de protéger son Fils, le Verbe Incarné.
Toutes les créatures, anges ou hommes, ne peuvent prétendre à cet honneur. Aussi les théologiens s'accordent-ils à dire qu'il n'était pas de la dignité de la sainte Humanité d'avoir un ange Gardien (S. Thom. : Sum. Theol., I, q. 113, a. 4, ad. I).
Mais Dieu ne pourrait sans des miracles de tous les instants protéger et défendre par lui-même son Fils. Il a donc choisi parmi les hommes saint Joseph pour cette charge si grave, pour cet honneur sublime.
Nous avons médité comment le Fils de Dieu a voulu pour exister humainement dépendre du mariage virginal de saint Joseph, comment Dieu jamais n'a pensé à l'Incarnation en dehors de ce mariage. Dépendant de la pureté de saint Joseph pour naître, il veut dépendre de ses soins pour continuer à vivre. C'est saint Joseph qui, averti par l'ange, l'emporte en exil. Sans lui, naturellement, il serait massacré comme le furent les saints Innocents.
Même à son retour de l'exil, la persécution est encore à craindre, et c'est toujours saint Joseph qui est chargé par Dieu de l'y soustraire.
Et il ne sera pas exempt, sans doute, de bien d'autres dangers extérieurs comme peuvent en courir tous les enfants, et c'est saint Joseph qui protégera contre ces dangers l'Enfant Jésus. Joseph est, de par son mariage, constitué Gardien de la famille divine, le Défenseur, le Protecteur d'un Dieu !
Et je sais bien que la Personne de Jésus était au-dessus de tous les dangers. Mais je dis néanmoins que, en gardant, en défendant la vie humaine de Jésus, c'est de sa Personne que saint Joseph était le père Protecteur et Défenseur.Toujours en vertu du principe plus d'une fois rappelé : si Marie n'a point donné la Divinité à Jésus, elle est cependant la mère de la personne : c'est de foi; de même saint Joseph ne défend, ne protège pas la Divinité de Jésus, il n'en est pas moins le père Protecteur, le père Défenseur du Verbe Incarné en personne.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Grand Dieu ! avec quel amour saint Joseph remplissait ce rôle de, défenseur envers vous ! Il vous protégeait, ô Jésus, avec plus de soin que s'il s'était agi de protéger la vie de toute l'humanité, de défendre la Création tout entière. Car il savait si bien quelles richesses, quelle source de vie la Providence lui avait confiées en vous confiant à lui !
Mais ici encore je songe surtout à la grandeur d'un tel rôle. Il n'est rien de plus grand dans l'ordre purement créé : au nom de Dieu le Père, saint Joseph est chargé, en union avec Marie, de protéger, non pas un monde, mais un Dieu, et de le protéger, et de le défendre d'une manière unique, comme un fils. Ah ! grand Saint défendez-le, protégez-le, et comme votre fils, dans notre cœur !
Comme un fils ! Oui, pour bien apprécier toutes les fonctions de saint Joseph, il faut ne jamais en oublier le caractère paternel : elles sont des dépendances de son rôle d'Époux de Marie qui lui a donné Jésus; c'est précisément parce que Marie et Joseph sont vierges et mariés virginalement, c'est en vertu de l'union de leurs virginités inviolées, que, par la seule opération du Saint-Esprit, Marie a conçu Jésus et l'a donné à Joseph comme à un père.
Et cette paternité, Dieu a voulu qu'elle remplît toutes les fonctions impliquées dans le rôle le plus parfaitement paternel, qu'elle en eût toutes les vigilances, toutes les inquiétudes, toutes les craintes, tous les courages, tous les soins, toute l'autorité, comme tous les charmes de l'amitié la plus intime.
O grand Saint, si le caractère paternel de vos protections, de votre autorité, de votre intimité avec Jésus, me touche profondément, c'est, j'espère, parce qu'elles sont pour vous ineffablement honorables. Mais comment pourrais-je oublier que cette paternité ne vous a pas été donnée pour Jésus seul, mais pour l'Église et pour mon âme ? Je vous demande d'être un père pour elle, un père pour moi.[/quote]
à suivre
Mais ici encore je songe surtout à la grandeur d'un tel rôle. Il n'est rien de plus grand dans l'ordre purement créé : au nom de Dieu le Père, saint Joseph est chargé, en union avec Marie, de protéger, non pas un monde, mais un Dieu, et de le protéger, et de le défendre d'une manière unique, comme un fils. Ah ! grand Saint défendez-le, protégez-le, et comme votre fils, dans notre cœur !
Comme un fils ! Oui, pour bien apprécier toutes les fonctions de saint Joseph, il faut ne jamais en oublier le caractère paternel : elles sont des dépendances de son rôle d'Époux de Marie qui lui a donné Jésus; c'est précisément parce que Marie et Joseph sont vierges et mariés virginalement, c'est en vertu de l'union de leurs virginités inviolées, que, par la seule opération du Saint-Esprit, Marie a conçu Jésus et l'a donné à Joseph comme à un père.
Et cette paternité, Dieu a voulu qu'elle remplît toutes les fonctions impliquées dans le rôle le plus parfaitement paternel, qu'elle en eût toutes les vigilances, toutes les inquiétudes, toutes les craintes, tous les courages, tous les soins, toute l'autorité, comme tous les charmes de l'amitié la plus intime.
O grand Saint, si le caractère paternel de vos protections, de votre autorité, de votre intimité avec Jésus, me touche profondément, c'est, j'espère, parce qu'elles sont pour vous ineffablement honorables. Mais comment pourrais-je oublier que cette paternité ne vous a pas été donnée pour Jésus seul, mais pour l'Église et pour mon âme ? Je vous demande d'être un père pour elle, un père pour moi.[/quote]
à suivre
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