Saint Joseph intime
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - SAINT JOSEPH IMAGE DE LA SAGESSE DIVINE.
Et saint Joseph n'est pas une moins admirable image de la sagesse de Dieu que de sa puissance. « Le grand saint Joseph, qui était chargé de la conduite de l'Enfant Dieu, et qui devait le porter à l'accomplissement de tous les desseins de son Père, desseins d'une si grande conséquence pour le salut des hommes, était lui-même éclairé de la lumière d'en haut pour agir en tout selon l'Esprit de Dieu.
« Il y a plus. Je vais dire une chose qui me parait étrange. C'est que la lumière donnée à saint Joseph pour la conduite du Fils de Dieu, sans être de la nature de celle de la Sainte Vierge, devait être infaillible (1), car autrement Jésus obéissant à saint Joseph aurait été exposé, ou à manquer à son devoir et aux desseins de Dieu sur lui, ou à désobéir à celui qui tenait la place de son Père, et dont il est dit expressément qu'il suivait toutes les volontés : Et erat subditus illis (Luc. II, 59).
(1) - Cela est, au moins, une raison de haute convenance.[/quote]
à suivre
Et saint Joseph n'est pas une moins admirable image de la sagesse de Dieu que de sa puissance. « Le grand saint Joseph, qui était chargé de la conduite de l'Enfant Dieu, et qui devait le porter à l'accomplissement de tous les desseins de son Père, desseins d'une si grande conséquence pour le salut des hommes, était lui-même éclairé de la lumière d'en haut pour agir en tout selon l'Esprit de Dieu.
« Il y a plus. Je vais dire une chose qui me parait étrange. C'est que la lumière donnée à saint Joseph pour la conduite du Fils de Dieu, sans être de la nature de celle de la Sainte Vierge, devait être infaillible (1), car autrement Jésus obéissant à saint Joseph aurait été exposé, ou à manquer à son devoir et aux desseins de Dieu sur lui, ou à désobéir à celui qui tenait la place de son Père, et dont il est dit expressément qu'il suivait toutes les volontés : Et erat subditus illis (Luc. II, 59).
(1) - Cela est, au moins, une raison de haute convenance.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]« ... Quelle doit donc être la lumière de saint Joseph destiné à conduire le Roi de gloire, et à gouverner la Très Sainte Vierge sa Mère ? Ce grand saint est donc rempli d'une admirable sagesse, puisque Dieu lui commet la conduite de la Sagesse même; et si l'on reçoit des grâces à proportion des qualités ou des emplois auxquels on est appelé, quelle aura donc été la lumière et la sagesse à laquelle la Sagesse éternelle a bien voulu être soumise (M. Olier : Esprit, I, p. 449) ! »
Nous frémissons quand nous songeons plus attentivement à toutes les difficultés, aux incertitudes, aux angoisses peut-être, que nous avons rencontrées dans la vie ! Et si la Providence n'était pas venue à notre secours ! Et comme nous frémirions davantage si nous connaissions tous les dangers de l'âme et du corps à travers lesquels chaque jour nous passons, souvent sans les apercevoir, sans même les soupçonner ! Croyez-moi, en songeant à tant de périls, jetez-vous dans le sein de celui qui était assez sage pour conduire un Dieu fait homme et qui peut être le guide si sûr de votre vie et de votre mort.[/quote]
à suivre
Nous frémissons quand nous songeons plus attentivement à toutes les difficultés, aux incertitudes, aux angoisses peut-être, que nous avons rencontrées dans la vie ! Et si la Providence n'était pas venue à notre secours ! Et comme nous frémirions davantage si nous connaissions tous les dangers de l'âme et du corps à travers lesquels chaque jour nous passons, souvent sans les apercevoir, sans même les soupçonner ! Croyez-moi, en songeant à tant de périls, jetez-vous dans le sein de celui qui était assez sage pour conduire un Dieu fait homme et qui peut être le guide si sûr de votre vie et de votre mort.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]III - SAINT JOSEPH IMAGE DE LA BONTÉ DIVINE.
La bonté fait que par amour l'on donne et l'on se donne. Il y a une telle bonté en Dieu que le dernier mot de sa vie est l'Esprit-Saint, qui s'appelle le Don par excellence (Summ. Theol., I, q. 38, a. 1 et 2).
Après avoir fait le don immense de son Fils au monde, Dieu n'a pas de plus grand désir que de voir des créatures imiter sa bonté en donnant de ce qu'elles ont et en se donnant elles-mêmes.
Si nous pouvions pénétrer bien avant dans le cœur de saint Joseph, nous y verrions d'incomparables merveilles de bonté. Ah ! si nous savions moins mal comment saint Joseph, si digne, par sa bonté et son amour, du Cœur de Jésus et du Cœur de Marie, donnait de ce qu'il avait et se donnait lui-même à ces deux Êtres bien-aimés ! Quel don de soi-même dans son mariage ! Quel don au Verbe Incarné et naissant ! Quel don quand il l'emporte en Égypte, quand il travaille et vit avec lui, pour lui, avec Marie et pour elle, à Nazareth !...
Pour mieux comprendre ce don, il faut songer aux vues spéciales de la Providence sur lui. Bien que la volonté divine, très respectueuse des volontés humaines, soit trop souvent contrariée à cet endroit, n'avez-vous jamais été touché d'admiration en songeant quelle bonté rencontre d'ordinaire autour de lui un enfant lorsqu'il apparaît en ce monde, dans le dénûment le plus complet, dans la faiblesse la plus désarmée ? La Providence invisible de Dieu l'entoure d'une providence visible par sa mère, par son père, et par d'autres êtres aimants et secourables.
Mais autour de la Famille par excellence, où un Dieu est l'Enfant, et la Vierge des vierges est la Mère, comment se révélera la bonté de la Providence ? Je dois me placer à ce point de vue si je veux me faire quelque idée de votre bonté, ô saint Joseph : vous êtes le Représentant le plus particulièrement choisi et préparé de cette bonté auprès du Fils de Dieu et de sa Mère virginale.
Pour que votre bonté fût exquise et profonde, dévouée autant que le méritaient Jésus et Marie, la Providence avait formé en vous un vrai cœur de père envers Jésus, un vrai cœur d'époux envers Marie. C'était en père le plus parfait que vous chérissiez Jésus. C'était en époux, et le plus divinement tendre et généreux, que vous aimiez Marie.
Toute bonté vraie représente, sans doute, la bonté divine, et pourrait, considérée du côté de Dieu, toucher, faire bondir souvent notre cœur. Mais jamais, personne, en dehors de Jésus et de Marie, n'a représenté la bonté divine comme vous. O Saint, qui êtes bon par-dessus tous les saints, montrez-vous envers moi, envers tout ce que j'aime, le Représentant de la bonté infinie.
Retenu par la loi de vie cachée et obscure que vous faisait la Providence, vous n'aviez pas beaucoup d'occasions de donner et de vous donner, vous-même à l'extérieur. Et pourtant, parmi ceux qui avaient quelque contact avec vous, il me semble que les âmes les plus délicates et les meilleures devaient être pénétrées, ravies de cette bonté si vraie où elles n'entrevoyaient pas l'ombre la plus légère d'égoïsme.
Quoiqu'elle ne se manifestât que d'une manière très discrète et avec réserve à l'égard des étrangers, il y avait cependant, je le crois, dans votre cœur de la bonté pour embrasser, comme vous le ferez un jour, par votre patronage universel, le monde entier, puisqu'il y a là de la bonté pour embrasser mille fois mieux que tous les mondes : un Dieu et la Mère de Dieu.[/quote]
à suivre
La bonté fait que par amour l'on donne et l'on se donne. Il y a une telle bonté en Dieu que le dernier mot de sa vie est l'Esprit-Saint, qui s'appelle le Don par excellence (Summ. Theol., I, q. 38, a. 1 et 2).
Après avoir fait le don immense de son Fils au monde, Dieu n'a pas de plus grand désir que de voir des créatures imiter sa bonté en donnant de ce qu'elles ont et en se donnant elles-mêmes.
Si nous pouvions pénétrer bien avant dans le cœur de saint Joseph, nous y verrions d'incomparables merveilles de bonté. Ah ! si nous savions moins mal comment saint Joseph, si digne, par sa bonté et son amour, du Cœur de Jésus et du Cœur de Marie, donnait de ce qu'il avait et se donnait lui-même à ces deux Êtres bien-aimés ! Quel don de soi-même dans son mariage ! Quel don au Verbe Incarné et naissant ! Quel don quand il l'emporte en Égypte, quand il travaille et vit avec lui, pour lui, avec Marie et pour elle, à Nazareth !...
Pour mieux comprendre ce don, il faut songer aux vues spéciales de la Providence sur lui. Bien que la volonté divine, très respectueuse des volontés humaines, soit trop souvent contrariée à cet endroit, n'avez-vous jamais été touché d'admiration en songeant quelle bonté rencontre d'ordinaire autour de lui un enfant lorsqu'il apparaît en ce monde, dans le dénûment le plus complet, dans la faiblesse la plus désarmée ? La Providence invisible de Dieu l'entoure d'une providence visible par sa mère, par son père, et par d'autres êtres aimants et secourables.
Mais autour de la Famille par excellence, où un Dieu est l'Enfant, et la Vierge des vierges est la Mère, comment se révélera la bonté de la Providence ? Je dois me placer à ce point de vue si je veux me faire quelque idée de votre bonté, ô saint Joseph : vous êtes le Représentant le plus particulièrement choisi et préparé de cette bonté auprès du Fils de Dieu et de sa Mère virginale.
Pour que votre bonté fût exquise et profonde, dévouée autant que le méritaient Jésus et Marie, la Providence avait formé en vous un vrai cœur de père envers Jésus, un vrai cœur d'époux envers Marie. C'était en père le plus parfait que vous chérissiez Jésus. C'était en époux, et le plus divinement tendre et généreux, que vous aimiez Marie.
Toute bonté vraie représente, sans doute, la bonté divine, et pourrait, considérée du côté de Dieu, toucher, faire bondir souvent notre cœur. Mais jamais, personne, en dehors de Jésus et de Marie, n'a représenté la bonté divine comme vous. O Saint, qui êtes bon par-dessus tous les saints, montrez-vous envers moi, envers tout ce que j'aime, le Représentant de la bonté infinie.
Retenu par la loi de vie cachée et obscure que vous faisait la Providence, vous n'aviez pas beaucoup d'occasions de donner et de vous donner, vous-même à l'extérieur. Et pourtant, parmi ceux qui avaient quelque contact avec vous, il me semble que les âmes les plus délicates et les meilleures devaient être pénétrées, ravies de cette bonté si vraie où elles n'entrevoyaient pas l'ombre la plus légère d'égoïsme.
Quoiqu'elle ne se manifestât que d'une manière très discrète et avec réserve à l'égard des étrangers, il y avait cependant, je le crois, dans votre cœur de la bonté pour embrasser, comme vous le ferez un jour, par votre patronage universel, le monde entier, puisqu'il y a là de la bonté pour embrasser mille fois mieux que tous les mondes : un Dieu et la Mère de Dieu.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]O le meilleur des saints, je me jette à vos pieds, je me jette en vos bras, et vous demande, au nom de votre bonté envers Jésus et envers Marie, d'être bon, comme vous savez l'être, envers moi, envers l'Église.
Le plus bel aspect de la Nature, c'est ce qu'on a nommé l'Exemplarisme divin : tout dans le monde matériel et dans les âmes nous parle de Dieu, comme un portrait ou un symbole nous parle, d'une manière plus ou moins parfaite, de celui qu'il retrace ou du moins rappelle. Et qui ne voit pas ainsi partout dans le monde l'image ou les vestiges de la Divinité, n'a de la Nature qu'une connaissance misérable.
Ce sera un de nos ravissements au ciel, de voir, - bien mieux que dans les astres, - Dieu se réfléchir dans les anges et dans les saints, surtout en Marie, et en saint Joseph, par toutes les vertus, par tous les dons les plus parfaits du corps, du cœur, de l'âme.
Et dès Nazareth les anges admiraient en saint Joseph des reflets incomparables de la bonté, de la sagesse, de la vie de Dieu. Il est, après Marie, la plus parfaite image de notre Père céleste. Et en contemplant ses traits si suaves, si majestueux, si modestes, si vrais, ses vertus si dignes de Marie, de Jésus, de la Divinité, en implorant son ineffable bonté, son cœur miséricordieux si semblable aux Cœurs d'un Dieu Rédempteur et de Marie Corédemptrice, nous pouvons, mieux qu'à toute autre école des saints, apprendre à devenir « parfaits comme notre Père céleste » : par des vertus qui s'efforcent constamment d'imiter ses mœurs divines, et tout particulièrement par notre bonté, notre générosité à pardonner à ceux qui nous offensent ou nous font souffrir, par notre patience inaltérable, par notre infatigable dévouement, par notre zèle ardent et constant dans la prière, dans le travail et l'action...
[/quote]
à suivre
Le plus bel aspect de la Nature, c'est ce qu'on a nommé l'Exemplarisme divin : tout dans le monde matériel et dans les âmes nous parle de Dieu, comme un portrait ou un symbole nous parle, d'une manière plus ou moins parfaite, de celui qu'il retrace ou du moins rappelle. Et qui ne voit pas ainsi partout dans le monde l'image ou les vestiges de la Divinité, n'a de la Nature qu'une connaissance misérable.
Ce sera un de nos ravissements au ciel, de voir, - bien mieux que dans les astres, - Dieu se réfléchir dans les anges et dans les saints, surtout en Marie, et en saint Joseph, par toutes les vertus, par tous les dons les plus parfaits du corps, du cœur, de l'âme.
Et dès Nazareth les anges admiraient en saint Joseph des reflets incomparables de la bonté, de la sagesse, de la vie de Dieu. Il est, après Marie, la plus parfaite image de notre Père céleste. Et en contemplant ses traits si suaves, si majestueux, si modestes, si vrais, ses vertus si dignes de Marie, de Jésus, de la Divinité, en implorant son ineffable bonté, son cœur miséricordieux si semblable aux Cœurs d'un Dieu Rédempteur et de Marie Corédemptrice, nous pouvons, mieux qu'à toute autre école des saints, apprendre à devenir « parfaits comme notre Père céleste » : par des vertus qui s'efforcent constamment d'imiter ses mœurs divines, et tout particulièrement par notre bonté, notre générosité à pardonner à ceux qui nous offensent ou nous font souffrir, par notre patience inaltérable, par notre infatigable dévouement, par notre zèle ardent et constant dans la prière, dans le travail et l'action...
[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]TREIZIÈME ÉLÉVATION
Les divines Affinités de saint Joseph (avec tout le monde surnaturel).
Comme nous l'avons remarqué plus d'une fois : ce qui rend les saints plus ou moins dignes de notre vénération, de notre culte, ce sont leurs divines affinités : c'est-à-dire leurs affinités plus ou moins intimes, soit avec Dieu lui-même, soit avec le monde surnaturel. Saint Joseph a les affinités les plus intimes avec Dieu et avec la Mère de Dieu; il a, par là même, et, - bien qu'il paraisse au premier abord très obscur et très caché, - des affinités profondes, universelles, avec l'ordre surnaturel tout entier. Ces affinités avec le monde surnaturel, avec les patriarches ou avec les apôtres, avec les anges ou avec tous les hommes, ont pu tarder à être remarquées et admirées comme elles le méritent. Grâce au développement de la pensée et de la vie chrétiennes, il nous est plus facile de les méditer. Et les traits les plus importants de ces affinités suffiront à augmenter notre amour d'estime, de vénération, de dévouement envers lui.
O Saint, autrefois si caché et maintenant si glorieux, le moindre des saints et des anges pourrait me faire penser à vous, mais je veux me rappeler les sommets de l'ordre surnaturel, ce qui frappe le plus le regard dans le monde des saints et des anges; et ces pensées devraient donner des ailes à mon âme pour s'élever vers vous qui, tout près de Jésus et de Marie, m'apparaissez à part et au-dessus de toutes les légions des saints et de tous les chœurs des anges.
Je n'oublierai pas que vos rayonnements de sanctification égalent les rayonnements si glorieux de votre rôle. Votre vie, après celle de Marie, est la plus magnifique application de la grande loi de la Communion des saints.
Je sais qu'en vertu de cette loi la vie la plus cachée, la plus obscure, et en même temps la plus priante et la plus sacrifiée, peut avoir des répercussions, des flux et reflux très puissants jusqu'au bout du monde. Oh ! qui nous dira les circulations invisibles de la grâce par la prière, le sacrifice, la vie, la mort ! Qui nous donnera, ô incomparable Saint, d'entrevoir la fécondité de votre vie et de votre mort si voilées, dans le monde qui leur était contemporain, dans tous les siècles, dans l'éternité !
Âme qui vous désolez de votre inutilité apparente au fond d'un cloître, ou dans le cloître parfois plus pénible d'une vie murée par l'impuissance, par les souffrances, ou enchaînée par des entraves providentielles et indépendantes de votre volonté, si vous saviez quel bien vous pouvez faire, quel bien vous faites, rien qu'en aimant et en souffrant divinement !
Vous avez, ô saint Joseph, aimé divinement, mieux que les anges, souffert divinement, mieux que les saints. Votre amour a été à la hauteur de vos affinités avec Dieu et avec tout le monde surnaturel. Aussi, aucune existence, après celle de Marie, n'a été aussi puissamment rayonnante que la vôtre, aucune gloire dans le ciel n'est aussi bienfaisante que la vôtre envers ceux qui vous invoquent.[/quote]
à suivre
Les divines Affinités de saint Joseph (avec tout le monde surnaturel).
Comme nous l'avons remarqué plus d'une fois : ce qui rend les saints plus ou moins dignes de notre vénération, de notre culte, ce sont leurs divines affinités : c'est-à-dire leurs affinités plus ou moins intimes, soit avec Dieu lui-même, soit avec le monde surnaturel. Saint Joseph a les affinités les plus intimes avec Dieu et avec la Mère de Dieu; il a, par là même, et, - bien qu'il paraisse au premier abord très obscur et très caché, - des affinités profondes, universelles, avec l'ordre surnaturel tout entier. Ces affinités avec le monde surnaturel, avec les patriarches ou avec les apôtres, avec les anges ou avec tous les hommes, ont pu tarder à être remarquées et admirées comme elles le méritent. Grâce au développement de la pensée et de la vie chrétiennes, il nous est plus facile de les méditer. Et les traits les plus importants de ces affinités suffiront à augmenter notre amour d'estime, de vénération, de dévouement envers lui.
O Saint, autrefois si caché et maintenant si glorieux, le moindre des saints et des anges pourrait me faire penser à vous, mais je veux me rappeler les sommets de l'ordre surnaturel, ce qui frappe le plus le regard dans le monde des saints et des anges; et ces pensées devraient donner des ailes à mon âme pour s'élever vers vous qui, tout près de Jésus et de Marie, m'apparaissez à part et au-dessus de toutes les légions des saints et de tous les chœurs des anges.
Je n'oublierai pas que vos rayonnements de sanctification égalent les rayonnements si glorieux de votre rôle. Votre vie, après celle de Marie, est la plus magnifique application de la grande loi de la Communion des saints.
Je sais qu'en vertu de cette loi la vie la plus cachée, la plus obscure, et en même temps la plus priante et la plus sacrifiée, peut avoir des répercussions, des flux et reflux très puissants jusqu'au bout du monde. Oh ! qui nous dira les circulations invisibles de la grâce par la prière, le sacrifice, la vie, la mort ! Qui nous donnera, ô incomparable Saint, d'entrevoir la fécondité de votre vie et de votre mort si voilées, dans le monde qui leur était contemporain, dans tous les siècles, dans l'éternité !
Âme qui vous désolez de votre inutilité apparente au fond d'un cloître, ou dans le cloître parfois plus pénible d'une vie murée par l'impuissance, par les souffrances, ou enchaînée par des entraves providentielles et indépendantes de votre volonté, si vous saviez quel bien vous pouvez faire, quel bien vous faites, rien qu'en aimant et en souffrant divinement !
Vous avez, ô saint Joseph, aimé divinement, mieux que les anges, souffert divinement, mieux que les saints. Votre amour a été à la hauteur de vos affinités avec Dieu et avec tout le monde surnaturel. Aussi, aucune existence, après celle de Marie, n'a été aussi puissamment rayonnante que la vôtre, aucune gloire dans le ciel n'est aussi bienfaisante que la vôtre envers ceux qui vous invoquent.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]I - PRINCIPE GÉNÉRAL SUR LES AFFINITÉS DE SAINT JOSEPH AVEC LE MONDE SURNATUREL.
Nous avons vite fait de répéter matériellement le mot de l'Évangile : « Joseph Époux de la Vierge Marie de laquelle est né Jésus. » Mais il y a là des mondes insondables de grandeur, de gloire, de lumière. Si nous en voyions éclater toutes les conséquences dans l'ordre surnaturel !
Père, non pas par la chair, mais par le droit de son mariage virginal avec Marie, Protecteur et Père nourricier du Verbe Incarné Dieu Rédempteur du monde, du Verbe Incarné souverain Prêtre, du Verbe Incarné Roi des anges,des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des vierges : avons-nous songé un peu sérieusement à la place centrale et partout rayonnante que ce rôle donne à saint Joseph parmi les saints, parmi les anges ?
Époux de Marie, Reine, - grâce à son divin Fils, - de tous les anges, de tous les saints, de tous les hommes, du monde entier... et mère, pour tous les hommes, de la divine grâce : est-ce que ce titre, ce rôle ne dit pas encore des merveilles d'affinité avec tout le monde de la vie surnaturelle ? Comment ne rejaillirait-il pas de Jésus et de Marie sur le Chef de la Sainte Famille une dignité, une grandeur, des influences à part dans tout l'ordre surnaturel ?
Assurément, dans la Sainte Famille, que l'on a nommée la Trinité de la terre, saint Joseph a un rôle essentiellement différent du rôle de Marie, et cependant il fait réellement partie de la Sainte Famille, centre de toutes choses dans le monde créé, il en est le Chef.
Nous avons dit et nous redirons comment, grâce à sa virginité, gardienne et témoin angélique de celle de Marie, et digne d'elle, le Verbe, Sauveur du monde, s'incarne virginalement; comment, grâce à sa vigilance paternelle, il échappe aux dangers mortels et, grâce à ses travaux et à ses soins paternels, il grandit pour l'apostolat et le sacrifice.
Ainsi le monde entier est immensément redevable à saint Joseph : il lui est redevable de Marie Mère de Dieu Rédempteur, et de Dieu Rédempteur lui-même. L'Amour éternel n'a pas voulu que nous ayons sans saint Joseph ces ineffables Biens.
Et à quelque endroit du monde surnaturel que je me place, je vois toujours tout venir, en fait, de saint Joseph : non pas, sans doute, comme source, mais comme condition voulue par Dieu, et digne, par son amour, de ce retentissement et de cette influence jusqu'aux extrémités du monde surnaturel et dans les siècles des siècles.
O grand Saint, Chef de la Sainte Famille, de qui je vois dépendre, - il l'a ainsi voulu, - Jésus et, avec lui, toute grâce, toute gloire pour le monde, que nous sommes loin de comprendre votre association à Jésus et à Marie : association de vie, de gloire, et, - par la Communion des saints la plus spéciale - d'influence dans tout le monde surnaturel !
[/quote]
à suivre
Nous avons vite fait de répéter matériellement le mot de l'Évangile : « Joseph Époux de la Vierge Marie de laquelle est né Jésus. » Mais il y a là des mondes insondables de grandeur, de gloire, de lumière. Si nous en voyions éclater toutes les conséquences dans l'ordre surnaturel !
Père, non pas par la chair, mais par le droit de son mariage virginal avec Marie, Protecteur et Père nourricier du Verbe Incarné Dieu Rédempteur du monde, du Verbe Incarné souverain Prêtre, du Verbe Incarné Roi des anges,des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des vierges : avons-nous songé un peu sérieusement à la place centrale et partout rayonnante que ce rôle donne à saint Joseph parmi les saints, parmi les anges ?
Époux de Marie, Reine, - grâce à son divin Fils, - de tous les anges, de tous les saints, de tous les hommes, du monde entier... et mère, pour tous les hommes, de la divine grâce : est-ce que ce titre, ce rôle ne dit pas encore des merveilles d'affinité avec tout le monde de la vie surnaturelle ? Comment ne rejaillirait-il pas de Jésus et de Marie sur le Chef de la Sainte Famille une dignité, une grandeur, des influences à part dans tout l'ordre surnaturel ?
Assurément, dans la Sainte Famille, que l'on a nommée la Trinité de la terre, saint Joseph a un rôle essentiellement différent du rôle de Marie, et cependant il fait réellement partie de la Sainte Famille, centre de toutes choses dans le monde créé, il en est le Chef.
Nous avons dit et nous redirons comment, grâce à sa virginité, gardienne et témoin angélique de celle de Marie, et digne d'elle, le Verbe, Sauveur du monde, s'incarne virginalement; comment, grâce à sa vigilance paternelle, il échappe aux dangers mortels et, grâce à ses travaux et à ses soins paternels, il grandit pour l'apostolat et le sacrifice.
Ainsi le monde entier est immensément redevable à saint Joseph : il lui est redevable de Marie Mère de Dieu Rédempteur, et de Dieu Rédempteur lui-même. L'Amour éternel n'a pas voulu que nous ayons sans saint Joseph ces ineffables Biens.
Et à quelque endroit du monde surnaturel que je me place, je vois toujours tout venir, en fait, de saint Joseph : non pas, sans doute, comme source, mais comme condition voulue par Dieu, et digne, par son amour, de ce retentissement et de cette influence jusqu'aux extrémités du monde surnaturel et dans les siècles des siècles.
O grand Saint, Chef de la Sainte Famille, de qui je vois dépendre, - il l'a ainsi voulu, - Jésus et, avec lui, toute grâce, toute gloire pour le monde, que nous sommes loin de comprendre votre association à Jésus et à Marie : association de vie, de gloire, et, - par la Communion des saints la plus spéciale - d'influence dans tout le monde surnaturel !
[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]II - APPLICATION DU PRINCIPE AUX ANGES.
Qu'est-ce qui donne aux anges un prestige si imposant à nos yeux ? C'est leur nature supérieure, c'est leur puissance et leur activité prodigieuses, c'est leur majesté dont n'approche aucune majesté humaine.
Et ce qui les rend dignes d'un culte, c'est l'affinité que leur nature transfigurée par la vie divine, par la gloire éternelle, établit entre eux et Dieu.
Nous avons dit, dans la première Élévation de ce volume, les affinités divines communes à tous les anges; nous devons ici méditer rapidement les traits particuliers d'affinité divine de chaque chœur des anges, et méditer aussi comment ils se retrouvent en saint Joseph, et dans une éminente perfection...
Des écrivains pieux et savants ont analysé avec complaisance les affinités de saint Joseph avec les anges en général, avec chaque hiérarchie en particulier (Cf. Joan. A Carthag. : Serm. de Sanctitate S. Joseph..., Summa Jos., nn. 702 et s.; De Isolanis, Summula, nn. 767 et s.). Ces affinités leur ont fait nommer, plus d'une fois, saint Joseph un ange. Bien qu'il soit un homme, il est néanmoins dans des rapports plus immédiats, plus intimes, plus familiers, avec le Fils de Dieu et avec la Très Sainte Vierge, que les anges, et, à vrai dire, et par le côté des affinités divines, il est plus qu'angélique.
Qu'est-ce que la vie des anges ? C'est, dans la pureté la plus parfaite, la contemplation et le service de Dieu. Mais tous les anges n'ont pas eu avec l'Enfant Dieu et sa Mère des rapports, de contemplation et de service, aussi particuliers que saint Joseph : nous avons médité comment envers Jésus sa contemplation et son service sont ceux du père le plus aimant, - envers Marie, ceux d'un époux plus pur que les anges, et qui, en même temps, aime la Vierge des vierges, d'un amour conjugal incomparable. A aucun degré on ne peut, pour un pareil rôle et un pareil amour, songer aux anges, si élevés qu'ils soient.[/quote]
à suivre
Qu'est-ce qui donne aux anges un prestige si imposant à nos yeux ? C'est leur nature supérieure, c'est leur puissance et leur activité prodigieuses, c'est leur majesté dont n'approche aucune majesté humaine.
Et ce qui les rend dignes d'un culte, c'est l'affinité que leur nature transfigurée par la vie divine, par la gloire éternelle, établit entre eux et Dieu.
Nous avons dit, dans la première Élévation de ce volume, les affinités divines communes à tous les anges; nous devons ici méditer rapidement les traits particuliers d'affinité divine de chaque chœur des anges, et méditer aussi comment ils se retrouvent en saint Joseph, et dans une éminente perfection...
Des écrivains pieux et savants ont analysé avec complaisance les affinités de saint Joseph avec les anges en général, avec chaque hiérarchie en particulier (Cf. Joan. A Carthag. : Serm. de Sanctitate S. Joseph..., Summa Jos., nn. 702 et s.; De Isolanis, Summula, nn. 767 et s.). Ces affinités leur ont fait nommer, plus d'une fois, saint Joseph un ange. Bien qu'il soit un homme, il est néanmoins dans des rapports plus immédiats, plus intimes, plus familiers, avec le Fils de Dieu et avec la Très Sainte Vierge, que les anges, et, à vrai dire, et par le côté des affinités divines, il est plus qu'angélique.
Qu'est-ce que la vie des anges ? C'est, dans la pureté la plus parfaite, la contemplation et le service de Dieu. Mais tous les anges n'ont pas eu avec l'Enfant Dieu et sa Mère des rapports, de contemplation et de service, aussi particuliers que saint Joseph : nous avons médité comment envers Jésus sa contemplation et son service sont ceux du père le plus aimant, - envers Marie, ceux d'un époux plus pur que les anges, et qui, en même temps, aime la Vierge des vierges, d'un amour conjugal incomparable. A aucun degré on ne peut, pour un pareil rôle et un pareil amour, songer aux anges, si élevés qu'ils soient.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Et si vous allez parcourant chaque hiérarchie des anges : vous trouverez toujours leur rôle particulier dépassé par saint Joseph. La mission du premier chœur, composé par les Anges, est de manifester la bonté de Dieu aux créatures. La mission de saint Joseph, c'est de manifester la bonté de Dieu, non pas seulement aux créatures, mais au Fils de Dieu lui-même fait homme et à Marie, et par une bonté que les anges ne connaissent pas : la bonté la plus parfaitement paternelle, la bonté la plus parfaitement conjugale.
Si le rôle du second chœur, composé par les Archanges, c'est d'être la révélation de Dieu à l'égard des anges inférieurs et à l'égard des hommes, le rôle de saint Joseph est de redire Dieu à l'adorable Humanité de Jésus, de Jésus qui n'a point sans doute besoin de révélation et qui a voulu néanmoins avoir toujours sous les yeux un spectacle plus révélateur de Dieu que la vue des plus parfaits des anges, des hommes et des créatures inférieures : la vue de la bonté de son Père éternel réfléchie en la bonté paternelle de saint Joseph en même temps que dans la bonté maternelle de Marie.
Les Principautés sont l'image du gouvernement des créatures par Dieu. Vous êtes, ô saint Joseph, l'image du gouvernement de Dieu à l'égard du Roi et de la Reine de toutes les créatures. Le Roi du monde vous est soumis comme un Fils; la Reine des Vierges vous reconnaît pour son Époux et son Chef.
Les Puissances adorent spécialement la justice de Dieu, et représentent cet attribut redoutable : depuis le Paradis terrestre d'où elles chassent les rebelles, jusqu'au dernier jugement où elles banniront dans l'enfer tous les ennemis de Dieu, avec les démons. Mais il me semble que saint Joseph, bien qu'il ne soit pas chargé spécialement du rôle de la justice, est, comme la Sainte Vierge, bien autrement redoutable aux démons. Et c'est sublime de penser qu'un pauvre ouvrier soit si terrible à l'enfer et puisse défendre contre lui Jésus, Marie, l'Église, mieux que les Puissances angéliques. « Joseph Terreur des démons, Terror daemonum (Litanies approuvées), priez pour nous ».
Le chœur des Vertus représente la force de Dieu. Mais quand je vous regarde, ô grand Saint, et que je vous vois porter, non pas accidentellement, mais normalement, comme un père porte son enfant, Celui qui porte le monde, je vous admire plus, et vous salue avec plus de vénération que les Vertus des cieux.
Le chœur des Dominations adore et représente à nos yeux le domaine et l'autorité de Dieu sur les créatures. Et pourtant, ne doivent-elles pas, ces Dominations célestes, s'incliner devant un pauvre Ouvrier qui représente l'autorité de Dieu sur son Fils incarné et sur sa très sainte Mère ?
Les Trônes sont le repos de Dieu. Un pareil rôle à l'égard de la Divinité est bien sublime : des créatures en qui Dieu prend spécialement son repos ! Et voici pourtant un rôle plus sublime encore : saint Joseph est le Trône où le Fils de Dieu, non seulement comme Dieu, mais comme homme, se repose et se complaît, mieux que s'il était porté par les anges. Je ne vois rien de plus étonnant et de plus doux à contempler, après l'Enfant Jésus reposant dans les bras de sa Mère, que ce divin Enfant reposant dans les bras de son père virginal : car si, dans le ciel, le Verbe Incarné se complaît parmi les Trônes, c'est comme leur Roi, tandis qu'il se complaît entre les bras de saint Joseph comme un fils.
Les Chérubins sont spécialement des êtres de lumière. Dieu est la « Lumière même », et c'est Dieu Lumière que les Chérubins glorifient. Mais qu'est-ce que Jésus ? N'est-il pas la Lumière infinie incarnée ? Et il y a deux êtres qu'il initie à sa lumière mieux que tous les autres êtres : c'est Marie sa Mère virginale, et c'est Joseph, qu'en fils très aimant il enrichit de tous ses trésors les plus précieux; et il n'en est qu'un de plus précieux que la lumière, c'est l'amour.
Enfin, tout près de Dieu je vois les Séraphins, qui sont les représentants de l'Amour infini. La définition la plus belle qui puisse être donnée de la Divinité, c'est celle de saint Jean, lorsqu'il dit que Dieu est la charité même : Deus charitas est (I Joan. IV, 16). Si je prends ce mot de charité dans son sens le plus précis, cette définition m'apparaît plus belle encore. Qu'est-ce en effet que la charité ? C'est l'amour divin mutuel.
J'adore l'amour mutuel infiniment parfait au sein de la Divinité, mais j'admire presque autant que Dieu veuille lier avec nous un amour réciproque, une vraie amitié. De cette amitié les Séraphins sont très spécialement les représentants; et ils en jouissent les premiers. Combien l'amour mutuel entre Dieu et vous, ô saint Joseph, me semble plus admirable que l'amour mutuel entre Dieu et les Séraphins : car c'est un amour mutuel de père et de fils ! Et ainsi, en parcourant les célestes hiérarchies, des Anges aux Séraphins, je vois toujours votre rôle dépasser d'une manière éminente le rôle des anges. Je suis ému. - quand j'y songe plus vivement, - de penser qu'un ange est chargé de me garder, moi si petit et si pauvre. Et vous, ô saint Joseph, vous gardez un Dieu ! L'intimité d'un Séraphin avec Dieu me saisit d'admiration, mais j'éprouve une stupeur attendrie quand je vois une intimité de père et de fils, tendre, aimante au-delà de tout ce que je puis concevoir, entre vous et l'Enfant Jésus, et que je me dis : Cette intimité paternelle et filiale durera autant que l'éternité ![/quote]
à suivre
Si le rôle du second chœur, composé par les Archanges, c'est d'être la révélation de Dieu à l'égard des anges inférieurs et à l'égard des hommes, le rôle de saint Joseph est de redire Dieu à l'adorable Humanité de Jésus, de Jésus qui n'a point sans doute besoin de révélation et qui a voulu néanmoins avoir toujours sous les yeux un spectacle plus révélateur de Dieu que la vue des plus parfaits des anges, des hommes et des créatures inférieures : la vue de la bonté de son Père éternel réfléchie en la bonté paternelle de saint Joseph en même temps que dans la bonté maternelle de Marie.
Les Principautés sont l'image du gouvernement des créatures par Dieu. Vous êtes, ô saint Joseph, l'image du gouvernement de Dieu à l'égard du Roi et de la Reine de toutes les créatures. Le Roi du monde vous est soumis comme un Fils; la Reine des Vierges vous reconnaît pour son Époux et son Chef.
Les Puissances adorent spécialement la justice de Dieu, et représentent cet attribut redoutable : depuis le Paradis terrestre d'où elles chassent les rebelles, jusqu'au dernier jugement où elles banniront dans l'enfer tous les ennemis de Dieu, avec les démons. Mais il me semble que saint Joseph, bien qu'il ne soit pas chargé spécialement du rôle de la justice, est, comme la Sainte Vierge, bien autrement redoutable aux démons. Et c'est sublime de penser qu'un pauvre ouvrier soit si terrible à l'enfer et puisse défendre contre lui Jésus, Marie, l'Église, mieux que les Puissances angéliques. « Joseph Terreur des démons, Terror daemonum (Litanies approuvées), priez pour nous ».
Le chœur des Vertus représente la force de Dieu. Mais quand je vous regarde, ô grand Saint, et que je vous vois porter, non pas accidentellement, mais normalement, comme un père porte son enfant, Celui qui porte le monde, je vous admire plus, et vous salue avec plus de vénération que les Vertus des cieux.
Le chœur des Dominations adore et représente à nos yeux le domaine et l'autorité de Dieu sur les créatures. Et pourtant, ne doivent-elles pas, ces Dominations célestes, s'incliner devant un pauvre Ouvrier qui représente l'autorité de Dieu sur son Fils incarné et sur sa très sainte Mère ?
Les Trônes sont le repos de Dieu. Un pareil rôle à l'égard de la Divinité est bien sublime : des créatures en qui Dieu prend spécialement son repos ! Et voici pourtant un rôle plus sublime encore : saint Joseph est le Trône où le Fils de Dieu, non seulement comme Dieu, mais comme homme, se repose et se complaît, mieux que s'il était porté par les anges. Je ne vois rien de plus étonnant et de plus doux à contempler, après l'Enfant Jésus reposant dans les bras de sa Mère, que ce divin Enfant reposant dans les bras de son père virginal : car si, dans le ciel, le Verbe Incarné se complaît parmi les Trônes, c'est comme leur Roi, tandis qu'il se complaît entre les bras de saint Joseph comme un fils.
Les Chérubins sont spécialement des êtres de lumière. Dieu est la « Lumière même », et c'est Dieu Lumière que les Chérubins glorifient. Mais qu'est-ce que Jésus ? N'est-il pas la Lumière infinie incarnée ? Et il y a deux êtres qu'il initie à sa lumière mieux que tous les autres êtres : c'est Marie sa Mère virginale, et c'est Joseph, qu'en fils très aimant il enrichit de tous ses trésors les plus précieux; et il n'en est qu'un de plus précieux que la lumière, c'est l'amour.
Enfin, tout près de Dieu je vois les Séraphins, qui sont les représentants de l'Amour infini. La définition la plus belle qui puisse être donnée de la Divinité, c'est celle de saint Jean, lorsqu'il dit que Dieu est la charité même : Deus charitas est (I Joan. IV, 16). Si je prends ce mot de charité dans son sens le plus précis, cette définition m'apparaît plus belle encore. Qu'est-ce en effet que la charité ? C'est l'amour divin mutuel.
J'adore l'amour mutuel infiniment parfait au sein de la Divinité, mais j'admire presque autant que Dieu veuille lier avec nous un amour réciproque, une vraie amitié. De cette amitié les Séraphins sont très spécialement les représentants; et ils en jouissent les premiers. Combien l'amour mutuel entre Dieu et vous, ô saint Joseph, me semble plus admirable que l'amour mutuel entre Dieu et les Séraphins : car c'est un amour mutuel de père et de fils ! Et ainsi, en parcourant les célestes hiérarchies, des Anges aux Séraphins, je vois toujours votre rôle dépasser d'une manière éminente le rôle des anges. Je suis ému. - quand j'y songe plus vivement, - de penser qu'un ange est chargé de me garder, moi si petit et si pauvre. Et vous, ô saint Joseph, vous gardez un Dieu ! L'intimité d'un Séraphin avec Dieu me saisit d'admiration, mais j'éprouve une stupeur attendrie quand je vois une intimité de père et de fils, tendre, aimante au-delà de tout ce que je puis concevoir, entre vous et l'Enfant Jésus, et que je me dis : Cette intimité paternelle et filiale durera autant que l'éternité ![/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]III - APPLICATION DU PRINCIPE AUX HOMMES.
Pour ne rappeler que quelques traits, elles sont bien sublimes les affinités des plus privilégiés parmi les hommes avec Dieu (Cf. Joan. A Carthag. : ibid., nn. 693 et s.).
Quel rôle, par exemple, que celui du premier homme, établi, par Dieu même, Chef de toute la famille humaine ! Mais saint Joseph n'a-t-il pas un rôle beaucoup plus sublime ? Il est le Chef d'une famille bien plus précieuse que le genre humain : de la Sainte Famille, et, dans la Sainte Famille, le Chef de Celui qui est le Dieu, le Rédempteur, le Roi de tous les hommes; - le Chef et l'Époux de Marie : si, au premier homme, Dieu donna une compagne très parfaite, de quelle compagne plus parfaite il a établi saint Joseph le Chef !
J'admire, depuis Adam, une illustre lignée de Patriarches liés par le sang à Marie et à Jésus, lui préparant les voies, le désirant ardemment mais ils n'en voient que les ombres, les figures, et de bien loin. Vous, ô Joseph, vous lui êtes uni de si près et vous le voyez lui-même (ibid., n. 695) !...
Moïse, l'Ami de Dieu, et, de par Dieu, Chef de son peuple choisi, ne voit pourtant Dieu que par reflet... O Chef de la Sainte Famille, vous voyez le divin Enfant face à face et vous jouissez de lui avec une familiarité de père, que jamais les plus intimes amis de Dieu n'ont connue.
Les Prophètes ont entrevu quelques traits de l'image adorable du Messie; ô saint Joseph, vous l'avez contemplé, lui-même, vivant, sous vos yeux, entre vos bras...
Avec quel amour saint Jean-Baptiste montrait du doigt l'Agneau de Dieu ! Et vous portiez cet Agneau de Dieu sur votre cœur, comme un père son enfant.
Quels témoins de Jésus que les Apôtres : combien ardent d'amour et combien héroïquement zélé se montrera leur témoignage ! Et vous avez été un témoin plus parfait et plus aimant de Jésus et de Marie : vous avez témoigné en leur honneur avec un cœur de père, avec un cœur d'époux.
Pour Jésus, comme pour leur Roi, les Martyrs ont versé leur sang; ô saint Joseph, vous avez versé vos sueurs, et vous auriez versé d'un si grand cœur votre sang pour lui, comme un père pour son fils !
Les Docteurs ont développé la doctrine de Jésus. Quand on vous étudie, on trouve, ô Joseph, que vous êtes un livre plus lumineux et plus inspirateur d'amour pour Jésus et Marie que tous les livres des Docteurs.
Les Vierges se sont consacrées à lui et n'ont pas voulu d'autre amour que le sien. Vous n'avez pas eu d'autre amour que celui de Jésus et de Marie, et votre amour était un amour d'époux et de père parfaitement virginal.
Les chrétiens qui se sont sanctifiés dans le mariage ont mis, par son souvenir habituel, Jésus au centre de leur union. Jésus était entre vous si parfaitement chaste, et Marie Reine des Vierges, non seulement en souvenir, mais en personne, comme le lien adorable de votre union virginale.[/quote]
à suivre
Pour ne rappeler que quelques traits, elles sont bien sublimes les affinités des plus privilégiés parmi les hommes avec Dieu (Cf. Joan. A Carthag. : ibid., nn. 693 et s.).
Quel rôle, par exemple, que celui du premier homme, établi, par Dieu même, Chef de toute la famille humaine ! Mais saint Joseph n'a-t-il pas un rôle beaucoup plus sublime ? Il est le Chef d'une famille bien plus précieuse que le genre humain : de la Sainte Famille, et, dans la Sainte Famille, le Chef de Celui qui est le Dieu, le Rédempteur, le Roi de tous les hommes; - le Chef et l'Époux de Marie : si, au premier homme, Dieu donna une compagne très parfaite, de quelle compagne plus parfaite il a établi saint Joseph le Chef !
J'admire, depuis Adam, une illustre lignée de Patriarches liés par le sang à Marie et à Jésus, lui préparant les voies, le désirant ardemment mais ils n'en voient que les ombres, les figures, et de bien loin. Vous, ô Joseph, vous lui êtes uni de si près et vous le voyez lui-même (ibid., n. 695) !...
Moïse, l'Ami de Dieu, et, de par Dieu, Chef de son peuple choisi, ne voit pourtant Dieu que par reflet... O Chef de la Sainte Famille, vous voyez le divin Enfant face à face et vous jouissez de lui avec une familiarité de père, que jamais les plus intimes amis de Dieu n'ont connue.
Les Prophètes ont entrevu quelques traits de l'image adorable du Messie; ô saint Joseph, vous l'avez contemplé, lui-même, vivant, sous vos yeux, entre vos bras...
Avec quel amour saint Jean-Baptiste montrait du doigt l'Agneau de Dieu ! Et vous portiez cet Agneau de Dieu sur votre cœur, comme un père son enfant.
Quels témoins de Jésus que les Apôtres : combien ardent d'amour et combien héroïquement zélé se montrera leur témoignage ! Et vous avez été un témoin plus parfait et plus aimant de Jésus et de Marie : vous avez témoigné en leur honneur avec un cœur de père, avec un cœur d'époux.
Pour Jésus, comme pour leur Roi, les Martyrs ont versé leur sang; ô saint Joseph, vous avez versé vos sueurs, et vous auriez versé d'un si grand cœur votre sang pour lui, comme un père pour son fils !
Les Docteurs ont développé la doctrine de Jésus. Quand on vous étudie, on trouve, ô Joseph, que vous êtes un livre plus lumineux et plus inspirateur d'amour pour Jésus et Marie que tous les livres des Docteurs.
Les Vierges se sont consacrées à lui et n'ont pas voulu d'autre amour que le sien. Vous n'avez pas eu d'autre amour que celui de Jésus et de Marie, et votre amour était un amour d'époux et de père parfaitement virginal.
Les chrétiens qui se sont sanctifiés dans le mariage ont mis, par son souvenir habituel, Jésus au centre de leur union. Jésus était entre vous si parfaitement chaste, et Marie Reine des Vierges, non seulement en souvenir, mais en personne, comme le lien adorable de votre union virginale.[/quote]
à suivre
Re: Saint Joseph intime
[quote="Charles Sauvé, "Saint Joseph intime""]Pour finir, il est des analogies sur lesquelles un prêtre aime appuyer davantage, ce sont celles qui relient le rôle de saint Joseph avec le Sacerdoce. « Il était l'intendant de la maison de Dieu; les mêmes fonctions sont dévolues aux prêtres. Il était le dispensateur des dons de Dieu, les prêtres le sont également. Il était le gardien du pain de vie; c'est là leur plus grand privilège. Il touchait, il portait, il élevait, il abaissait le corps de Jésus-Christ; ne font-ils pas de même ? Si Jésus était soumis à saint Joseph, il l'est,et d'une manière plus admirable encore, à ses prêtres. S'il fut donné à Joseph de baiser Jésus, les prêtres ne seront peut-être pas admis au même honneur, mais ils baiseront la patène sur laquelle il reposait hier, et sur laquelle il reposera encore tout à l'heure. Si Joseph donna des soins de propreté à Jésus, s'il revêtit ses membres, les prêtres doivent, sous ce rapport, se contenter de laver les vases et les linges sacrés, d'envelopper son ciboire, de voiler son tabernacle et d'orner son trône couronné de fleurs. Qu'est-ce que l'exposition, la procession, la bénédiction, la communion, l'action d'ouvrir, de fermer le tabernacle et de porter le Saint-Sacrement aux malades, sinon autant de répétitions de ce que saint Joseph faisait pour l'enfant Jésus (P. Faber : Le Saint-Sacrement, t. I, p. 199) ? »
Ainsi, en contemplant saint Joseph, voyons-nous apparaître des analogies avec tout le monde surnaturel, avec les anges, avec les saints. Et ces affinités pourraient être étudiées entre chaque saint et saint Joseph, et nous verrions que, si chaque saint a eu pour mission d'imiter, d'honorer un trait de Jésus, saint Joseph a eu pour vocation de les reproduire tous. Celui qui l'appelait son père voulait se retrouver en lui, et retrouver aussi en lui son Père céleste (Joan. XIV, 7). Saint Joseph ombre du Père devait donc ressembler mieux que les saints, mieux que les anges, par l'âme, le cœur, la vie, à Jésus, à Dieu.
On croit qu'il est facile d'être pleinement attentif à ces mots : « Joseph Époux de Marie de laquelle est né Jésus. » Non, ce n'est pas facile. Et la preuve c'est que, peut-être, plus d'un lecteur aura été étonné de voir saint Joseph lui apparaître d'emblée au-dessus de tous les anges, des Séraphins eux-mêmes, par son rôle, par ses divines affinités avec Jésus.
Et pourtant, je vous le demande : est-ce que Jésus a jamais dit, est-ce qu'il peut dire à un Séraphin : « Mon Père ? » Est-ce que Marie a dit, est-ce qu'elle peut dire à un Séraphin : « Mon Époux ? » Et voilà ce que Jésus et Marie ont dit mille fois à Joseph, avec la sincérité et la vérité qui se trouvent toujours sur les lèvres du Fils de Dieu et de la Mère de Dieu.
Saint Joseph a reçu de Jésus, la Vérité même, de Marie, la plus vraie des créatures, des titres qui supposent de lui à Marie et à Jésus des affinités uniques, et qui n'iront pas sans des intimités, des grâces, des gloires, uniques aussi, soit sur la terre, soit dans le ciel.[/quote]
à suivre
Ainsi, en contemplant saint Joseph, voyons-nous apparaître des analogies avec tout le monde surnaturel, avec les anges, avec les saints. Et ces affinités pourraient être étudiées entre chaque saint et saint Joseph, et nous verrions que, si chaque saint a eu pour mission d'imiter, d'honorer un trait de Jésus, saint Joseph a eu pour vocation de les reproduire tous. Celui qui l'appelait son père voulait se retrouver en lui, et retrouver aussi en lui son Père céleste (Joan. XIV, 7). Saint Joseph ombre du Père devait donc ressembler mieux que les saints, mieux que les anges, par l'âme, le cœur, la vie, à Jésus, à Dieu.
On croit qu'il est facile d'être pleinement attentif à ces mots : « Joseph Époux de Marie de laquelle est né Jésus. » Non, ce n'est pas facile. Et la preuve c'est que, peut-être, plus d'un lecteur aura été étonné de voir saint Joseph lui apparaître d'emblée au-dessus de tous les anges, des Séraphins eux-mêmes, par son rôle, par ses divines affinités avec Jésus.
Et pourtant, je vous le demande : est-ce que Jésus a jamais dit, est-ce qu'il peut dire à un Séraphin : « Mon Père ? » Est-ce que Marie a dit, est-ce qu'elle peut dire à un Séraphin : « Mon Époux ? » Et voilà ce que Jésus et Marie ont dit mille fois à Joseph, avec la sincérité et la vérité qui se trouvent toujours sur les lèvres du Fils de Dieu et de la Mère de Dieu.
Saint Joseph a reçu de Jésus, la Vérité même, de Marie, la plus vraie des créatures, des titres qui supposent de lui à Marie et à Jésus des affinités uniques, et qui n'iront pas sans des intimités, des grâces, des gloires, uniques aussi, soit sur la terre, soit dans le ciel.[/quote]
à suivre
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