SWS, Livre VI, C1, §220 a écrit :
II. Maintenant que nous avons suffisamment confirmé le réel pouvoir de ces facultés humaines dans la sphère naturelle, il nous reste à voir ce que ces pouvoirs valent dans la sphère surnaturelle. Mais cela a déjà été traité dans le traité sur le surnaturel (§143), auquel nous renvoyons le lecteur. Voir aussi les définitions de l'Église contre le pélagianisme, à la section précédente.
Résumé de théologie dogmatique, Livre VI : La Grâce
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SWS, Livre VI, C1, §220 a écrit :
La nécessité de la grâce pour accomplir des actes contribuant au salut, que ce soit avant ou après la justification, est physique, absolue et inconditionnelle. En a besoin l'homme qui est encore dans l'état de nature, pour s'élever au surnaturel. En a besoin le pécheur pour effacer la faute du péché mortel, pour tourner son esprit et sa volonté vers Dieu et pour obtenir la rémission du châtiment éternel. En a besoin, enfin, le juste, pour accomplir ses actes salutaires. Le juste, en effet, bien qu'il ait la grâce habituelle, n'en reste pas moins sujet à cette loi générale qu'aucune créature n'agit sans la coopération de Dieu. Quand l'habitude se traduit en actes, Dieu coopère suivant le caractère de l'habitude, soit surnaturellement, soit en fournissant de la grâce actuelle. De plus, il y a une nécessité particulière liée à la faiblesse de la condition humaine, même chez les enfants adoptifs de Dieu. Eux aussi doivent prier : "Ne nous induisez pas en tentation", parce que "l'esprit est fort, mais la chair est faible" (Matth. 26:41).
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SWS, Livre VI, C1, §221 a écrit :
Section 221. La perséverance finale.
I. La persévérance finale met en jeu deux facteurs : l'un, interne, est la conservation de la grâce, et l'autre, externe, est la mort qui saisit l'individu lorsqu'il est en état de grâce (Matth. 10:22 ; Apoc. 2:10). Une telle préservation de la grâce jusqu'à l'instant de la mort est un privilège ou don spécial de Dieu, distinct de la coopération divine dans l'ordre naturel ou surnaturel, et également distinct de la somme des grâces communes associées à l'état de justice et accordées à tous les justes. Ce n'est pourtant pas une grâce habituelle ou habituelle plus efficace que les autres, mais un soin particulier de la divine Providence disposant les choses de façon à ce que la mort saisisse le juste quand il est en état de grâce sanctifiante. Cet heureux résultat peut être amené par divers moyens : la vie peut être raccourcie pour éviter une chute dans un péché mortel, ou au contraire allongée pour laisser un temps de repentir ; des tentations peuvent être supprimées, ou bien des soutiens supplémentaires peuvent être accordées pour les surmonter.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VI : La Grâce
SWS, Livre VI, C1, §221 a écrit :
II. Au deuxième concile d'Orange, l'Église a défini contre les semi-pélagiens la nécessité d'une assistance divine particulière pour la persévérance finale. "Les nés de nouveau et les sanctifiés ont besoin pour atteindre une bonne fin et pour persévérer dans le bien, de toujours implorer l'aide de Dieu" (can. 3). Le concile de Trente (sess. 6, can. 22) dit anathème à ceux qui prétendent "que le justifié soit peut persévérer dans la justice sans un secours spécial de Dieu, soit ne le peut pas avec ce secours".
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VI : La Grâce
SWS, Livre VI, C1, §221 a écrit :
Le raisonnement confirme la doctrine des conciles. La volonté humaine est indécise et oscille sans cesse entre le bien et le mal. Les habitudes vertueuses infuses fortifient la volonté, mais ne suppriment pas son penchant vers le mal. Il est donc besoin d'une assistance divine particulière pour persévérer dans la bonté. L'Écriture nous exhorte ainsi à "opérer votre salut avec crainte et tremblement. " (Phil. 2:12), à "veiller et prier de peur que nous entrions en tentation", car "nous avons ce trésor dans des vases de terre (d’argile), afin que la grandeur appartienne à la puissance (vertu) de Dieu, et non pas à nous" (2 Cor. 4:7). Nous pouvons avoir "la confiance que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la perfectionnera jusqu’au jour du Christ Jésus" (Phil. 1:6). Le bon moment pour la mort sera aussi fixé : "Le juste a plu à Dieu et en a été aimé, et il a été enlevé (transféré) du milieu des pécheurs parmi lesquels il vivait. 11 Il a été enlevé, de peur que la malice ne transformât son esprit, et que les apparences trompeuses ne séduisissent (déçoivent) son âme" (Sag. 4:10-11). Cf. nos sections plus haut sur la prescience de Dieu (§80) et sa providence (§116).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VI : La Grâce
SWS, Livre VI, C1, §222 a écrit :
Section 222. La grâce et les péchés véniels.
I. Il nous reste encore un point à éclaircir concernant la vie de grâce. Les pélagiens tenaient qu'une vie parfaite et sans péché était possible par les seules forces de notre nature. Pour eux, la "perfection de justice" incluait l'impeccabilité et la non-sujétion à la concupiscence. Cette doctrine a été réfutée par S. Augustin, condamnée par le deuxième concile de Milève, et condamnée encore par le concile de Trente : "Si quelqu'un dit que l'homme une fois justifié ne peut plus pécher ni perdre la grâce, et que donc celui qui tombe et pèche n'a jamais été vraiment justifié : ou, au contraire, qu'il peut dans toute sa vie éviter tous les péchés, même véniels, à moins que ce soit par un privilège spécial de Dieu, comme l’Église le tient au sujet de la bienheureuse Vierge : qu'il soit anathème" (sess. 6 can. 23).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VI : La Grâce
SWS, Livre VI, C1, §222 a écrit :
II. Ces péchés que même les justes ne peuvent éviter ne sont pas des péchés mortels, destructeurs de la vie de grâce. Ce sont des écartements légers de la volonté de la voie étroite de la perfection, qui suffisent à distraire l'esprit pendant un instant vers la créature, mais qui ne suffisent pas à la détourner de l'amour de Dieu et de son prochain : par exemple des paroles vaines, des pensées vaines, etc. Certains péchés qui sont mortels de soi peuvent devenir véniels par l'absence de propos délibéré ; car aucun péché, si grave qu'il soit matériellement, ne peut être mortel s'il est commis avec une connaissance de cause ou un propos délibéré incomplets. Pris individuellement, aucun péché véniel n'est absolument inévitable. L'impossibilité d'éviter tous les péchés véniels collectivement n'est pas physique, mais morale ; autrement dit, il est tellement difficile de les éviter tous que, connaissant les voies (mores) de l'homme, nous pouvons être certains qu'il chutera en quelques façons s'il est laissé à lui-même.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VI : La Grâce
SWS, Livre VI, C1, §222 a écrit :
II. 1. Éviter tous les péchés mortels ou véniels n'est possible que par un privilège spécial, distinct des forces naturelles à qui Pélage attribuait un tel pouvoir ; distinct aussi de la grâce habituelle, qui ne rend pas les justes impeccables ; distinct enfin de la grâce habituelle et de la grâce de persévérance, qui ne sont pas incompatibles avec le péché véniel. Ce privilège est "spécial" par ce qu'il crée une exception à la règle générale : personne ne mène une vie parfaitement sans péché.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VI : La Grâce
SWS, Livre VI, C1, §222 a écrit :
II. 2. L'impossibilité morale d'une vie parfaitement impeccable tient à la faiblesse de notre nature et aux multiples occasions de péché qui nous encerclent. Cela passe très-certainement notre entendement d'être constamment sur le qui-vive de manière à ne jamais tomber dans aucune de ces occasions. De plus, il est raisonnable d'estimer qu'à supposer que la chose fût faisable, le résultat ne serait pas proportionné à l'effort. Les péchés véniels ne font pas perdre la grâce habituelle et ne méritent pas la damnation éternelle, et sont aisément pardonnés. Cf. Einig, De Gratia, thes. 10.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre VI : La Grâce
SWS, Livre VI, C2 a écrit :
Chapitre 2. La justification.
Dans le présent chapitre, nous nous proposons d'expliquer comment la grâce, principe d'une vie nouvelle, prend possession de l'âme humaine, et la transfère de l'esclavage du péché au royaume des fils adoptifs de Dieu. Les théologiens et le concile de Trente nomment ce processus "justification". Le sens étymologique est "rendre juste", c'est-à-dire remettre les choses en ordre entre l'homme et Dieu et entre l'homme et lui-même, ou encore réétablir l'ordre originellement institué entre Dieu et l'homme. La grâce sanctifiante était le fondement et la "fontaine de vie" de cet ancien ordre des choses. La question "comment l'homme est-il justifié" se ramène donc à "Comment la grâce sanctifiante est-elle conférée à l'homme ?" Un lecteur qui a bien lu la deuxième partie du Livre III, et particulièrement le §149, peut répondre de lui-même à cette question. Nous n'aurons donc plus à ajouter ici que l'enseignement de l'Église sur (a) la préparation de la justification ; (b) son caractère essentiel, contraire aux inventions des réformés ; (c) certains de ses effets et (d) le caractère méritoire des œuvres des justifiés. La sixième session du concile de Trente sera notre guide tout au long de cet exposé.
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