SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
Mais ces diverses formes ne représentent que les côtés ou les aspects différents d'un seul composé, car le principe unitif de toutes, c'est l'unité de l'hypostase ou personne. Mais on peut aussi, on doit même, en dehors de l'union hypostatique, envisager le composé du corps et de l'âme en une seule nature comme une forme ou une espèce particulière de composition essentiellement distincte de celle-là ; car sans elle, le Christ posséderait bien en soi trois substances, mais non deux natures complètes.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
En ce qui regarde le nombre des éléments unis, leur diversité et la double espèce de composition, l'être total du Christ est plus composé, c'est-à-dire plus richement que n'importe quel être naturel, et surtout que l'homme naturel. Mais il faut dire aussi sous un autre rapport, notamment en ce qui est de la réunion de la nature humaine avec l'hypostase divine, ou avec la nature divine, qu'il est moins composé, que l'homme, ou que d'autres êtres naturels, ou plutôt qu'il ne l'est pas du tout en ce sens. Chez ces derniers en effet, la composition n'est pas seulement une réunion quelconque d'éléments divers pour achever un seul être total ; c'est aussi une réunion d'éléments destinés à être les parties proprement dites d'un tout, car chaque élément, en vertu de son union avec un autre, est perfectionné par celui-ci on lui-même et dans sa nature, et achevé en une nature complète ; il dépend donc plus ou moins de lui. Or, en Jésus-Christ, l'élément divin ne saurait devenir ainsi la partie d'un tout, puisqu'il demeure en lui-même un tout absolu, et que l'élément humain n'est pas lui-même une partie proprement dite. En Jésus-Christ, la composition est une composition pure, parce que les éléments y conservent parfaitement leur nature et ne sont pas confondus.
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SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
De même qu'on doit dire en général que Jésus-Christ est un être composé, on peut dire aussi, en tant que cet être est indépendant, et indépendant comme personne, par conséquent un être personnel et hypostatique : Jésus-Christ est une hypostase ou une personne composée. On ne dit pas volontiers que le Christ est une personne non seulement divine, mais humaine, quoique cette expression, dans le sens de « personne de l'humanité » soit absolument correcte. Mais il serait tout à fait inexact, ou du moins très-équivoque, d'appeler le Christ une double personne, parce qu'il a un double mode d'existence.
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SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
II. Bien que le composé en Jésus-Christ soit absolument unique en son genre, il offre une grande analogie avec le plus parfait de tous les composés naturels, avec l'homme. Le premier Adam était dans les vues de Dieu le type du second Adam, Jésus-Christ. Ce type se présente dans le premier Adam sous un double aspect, suivant qu'on le considère comme homme naturel ou comme homme surnaturellement parfait.
Comme homme naturel, Adam était un composé personnel d'esprit et de chair, et par là le lien substantiel du monde spirituel et du monde matériel, et le chef né de ce dernier. Vis-à-vis de lui, Jésus-Christ est un composé personnel d'esprit et de chair dans un sens plus élevé, car son esprit est divin, c'est l'esprit par excellence, et sa chair est animée par un esprit créé ; il est donc le lien substantiel entre Dieu et le monde total, et partant le chef-né de ce dernier.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
Comme homme surnaturellement parfait, le premier Adam possédait aussi l'esprit divin et il était par là le représentant de l'unité non seulement des deux mondes créés, mais aussi de l'unité du monde avec Dieu. Ainsi envisagé, le premier Adam était, selon saint Irénée, composé de trois substances, ainsi que Jésus-Christ, la chair, l'âme et l'esprit ; il n'était pas, lui non plus, un homme purement terrestre ou animal, mais un homme céleste et spirituel.
Or le second et nouvel Adam possède tout cela d'une manière beaucoup plus parfaite. Il possède l'esprit divin ou l'esprit par excellence, c'est-à-dire la substance divine, non comme le premier Adam, par grâce et en vertu d'une union morale étrangère à la constitution de son être ; il la possède de nature et dans une unité substantielle ; elle appartient intrinsèquement à la constitution de son être, il est donc homme-esprit, non pas seulement comme un homme rempli et animé de l'esprit de Dieu, mais comme un homme qui est lui-même esprit divin et vivifiant (1 Cor. 15:45).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
En Adam, les trois substances sont unies de telle sorte que la chair est le premier composé, auquel est d'abord adjointe l'âme puis l'esprit. En Jésus-Christ, l'esprit est au contraire le premier élément, et la chair ne s'y joint que par l'entremise de l'âme. De plus, tandis qu'en Adam l'union hypostatique et naturelle de la chair avec l'âme, de même qu'elle est naturellement la première, est aussi tellement intime et solide que l'union des deux avec l'esprit n'est ni une union naturelle, ni une union hypostatique, et peut être détruite par le péché sans préjudice de la première, c'est le contraire en Jésus-Christ : l'union pure et pleinement hypostatique de l'esprit avec l'âme et la chair, de même qu'elle est naturellement la première, est aussi tellement intime et solide que la réunion de la chair avec l'âme, considérée en elle-même, est une simple unité de nature, et non une unité hypostatique ; elle peut être dissoute par la mort sans préjudice de la réunion des deux avec l'esprit. De plus, Jésus-Christ étant lui-même un esprit divin, et non pas seulement le représentant de l'union surnaturelle du monde avec Dieu, mais son principe.
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SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
Jésus-Christ est enfin et surtout le plus parfait antitype du premier Adam en ce que, par sa constitution particulière, il réalise d'une façon beaucoup plus élevée, d'une façon absolument parfaite, l'idée de l'homme comme image extérieure et visible de Dieu. Chez lui en effet, la forme visible et corporelle ne renferme pas seulement une image créée de Dieu, mais son image consubstantielle et incréée ; cette image, par la manière dont elle prend possession de la nature humaine et l'élève à la communauté de son être, représente infiniment mieux la puissance souveraine et vivifiante de Dieu sur toute la création qui ne peut le faire l'image créée en dominant un corps et en le vivifiant.
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SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
III. Comme le composé du Verbe incarné consiste en une double nature, on ne saurait l'exprimer par un simple nom de nature ; il faut au contraire que chaque expression qui caractérise son être propre, rappelle sa double nature, et cependant nous n'avons pas seulement pour désigner cette double nature des expressions composées comme Dieu-Homme, nous avons aussi un nom simple, qui s'applique aux deux natures dont il s'agit ici et à la constitution spéciale du Verbe incarné. C'est le nom de Christ. En se rattachant à la doctrine des Pères, il est aisé de montrer que, en sa qualité de nom d'essence, il contient en germe, toute la doctrine relative à la personne du Sauveur et répand sur elle la plus vive lumière.
Pour le comprendre, il faut partir de cette idée que le nom de Christ, Oint, indique que le sujet auquel il s'applique est l'oint absolu par excellence, ce qui le prouve surtout, c'est que l'onction exprime directement et en première ligne, non pas une onction sensible, ni même une simple onction morale, ou une qualité morale, mais une onction spirituelle et substantielle, ou la substance la plus spirituelle qui existe, la substance divine. Cette substance peut seule, à côté des autres substances spirituelles, avoir le caractère d'une onction.
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SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
Sans doute, en un certain sens, les simples créatures sont également ointes par la substance divine quand elles reçoivent la sainteté surnaturelle, mais lorsqu'il s'agit de l'Oint par excellence, cette onction n'est pas seulement matérielle, elle est encore formelle et substantielle. Le Christ est appelé l'Oint tout d'abord et absolument parce qu'il est constitué en "vertu de l'onction d'une nature créée par la substance divine du Verbe ou qu'il résulte d'une pareille onction". Or, comme le Christ résulte d'une onction substantielle et est constitué par elle, il est encore l'oint absolu, en ce que l'onction ou la substance divine est déjà renfermée dans la constitution de son être. Il n'est donc pas oint par une onction différente de lui ; il l'est de lui-même par suite de sa nature et de son essence : il n'a pas seulement l'onction en soi, il est lui-même l'onction ; c'est lui qui se la donne. Ce dernier sens est expliqué dans ces paroles : « Mon nom est une huile répandue » (Cant. cant. 1:2).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §175, traduit par le chartreux a écrit :
D'après cela, le nom de Christ exprime tout d'abord la vraie divinité du sujet à qui il est donné, car il ne peut s'y joindre lui-même ou être oint par lui-même sans posséder la divinité. Quant au substratum de l'onction, c'est une nature créée, et plus spécialement la nature humaine, c'est-à-dire une nature charnelle et spirituelle ; puisque l'onction, dans la langue de l'Écriture et des Pères, signifie d'une part une onction de la chair par l'esprit, et, d'autre part une onction de l'esprit ou de l'âme spirituelle par le Saint-Esprit. De plus, l'idée d'onction implique que la nature de l'onction, comme celle de son substratum, est une nature distincte et complète en son genre ; non seulement aucune des deux natures ne doit être changée par l'onction, mais l'onction ne doit ni gagner ni perdre en oignant un substratum, tandis que le substratum de l'action est perfectionné par celle-ci au-delà de sa nature.
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