SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
II. 2. Quoique vrai homme et véritable enfant des hommes, et par conséquent leur frère, la personne qu'on nomme Jésus se distingue de tous les autres hommes non seulement par la fonction sublime et unique indiquée par ce nom, mais par sa nature en tant que personne surhumaine, et qui plus est, en tant que personne divine.
(a) Ce caractère surhumain, divin, de la personne de Jésus-Christ est surtout énoncé par les trois noms qui ont passé dans le symbole apostolique et sur lesquels la personne du Christ est citée dans les Évangiles et les Épîtres des Apôtres comme objet de la révélation et de la foi, du culte et de l'adoration des fidèles. Ce sont les noms de Christ, (Oint ou Sacré, Saint de Dieu), Fils de Dieu, et Seigneur (ou Notre-Seigneur) ; ils contrastent avec les trois noms d'abaissement qui sont communs à Jésus-Christ et à nous : homme, fils de l'homme et frère des hommes, et qui sont opposés comme noms personnels à la dignité du sujet.
Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
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Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
Ces noms sont cités tantôt les trois ensemble, tantôt deux à deux, tantôt isolément. Ils s'expliquent et se précisent les uns les autres, de la même manière que les trois noms humains indiqués. Le nom de Christ, opposé à celui de « Fils de l'homme » marque la nature supérieure de la personne de Jésus en elle-même et dans sa constitution ; le nom de « Fils de Dieu » opposé à « Fils de l'homme », exprime l'origine de cet être supérieur et le rang de sa personne, en le mettant au même niveau que Dieu ; le nom de « Seigneur », enfin, par opposition à celui de « frère des hommes », désigne sa prééminence résultant des deux autres noms, sur les hommes et sur toutes les créatures.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
(a1) Le nom de « Christ » dans le langage non figuré des anges et des démons est remplacé par celui de « Saint » (Sanctum, τὸ ἅγιον) ou bien de « Saint de Dieu » (Luc 1:35 ; Marc 1:24, et Luc 4:34), ou plutôt de « Christ » ou « sanctifié », signifie que l'homme Jésus a été sanctifié de Dieu d'une façon éminente ou revêtu de la propre sainteté de Dieu, qu'en vertu de l'effusion en lui de toute la plénitude de la bonté divine infinie et immuable, il est aussi absolument saint et vénérable que Dieu lui-même. Aussi, le nom de Christ n'indique pas seulement que celui qui le porte a été sanctifié pour remplir un emploi au service de Dieu, qu'il a été consacré au sacerdoce et à la royauté ; ces dernières ne sont qu'une petite partie de la sainteté de son être, dont dépend non seulement son sacerdoce, mais aussi sa qualité adorable d'apôtre ; non seulement sa fonction royale, mais son autorité souveraine sur les créatures.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
(a2) Cette signification sublime du nom de « Christ » apparaît surtout dans le nom de « Fils de Dieu », qui joint l'onction ou la sanctification du Christ par Dieu à la génération en Dieu. Or, comme les Juifs incrédules n'attachaient pas au nom de Christ ce sens élevé, l'Écriture y joint d'ordinaire le nom de Fils de Dieu et Jésus lui-même fait remarquer que le premier comprend le second. Cf. §93 plus haut.
(a3) Le nom de « Seigneur », ou « Notre Seigneur », appliqué à Jésus, doit pareillement s'entendre dans le sens d'une autorité absolue sur les hommes et sur toutes les créatures : ce qui suffirait à le prouver, c'est qu'il est joint au terme de « Fils de Dieu » qui marque l'empire qui revient à ce Fils chargé par son Père de l'office de Rédempteur. Une autre raison principale, ce sont les textes de l'ancien Testament qui se rapportent au Christ en tant que « Seigneur ». Enfin, dans la bouche des fidèles, ce terme désigne l'objet de notre adoration. Moïse servait dans la maison de Dieu comme un étranger, tandis que Jésus-Christ sert comme un copropriétaire (Héb. 3:2 et suiv.), et Dieu l'a institué héritier de toutes choses, car le monde a été également fait par lui (Héb. 1:2 et Col. 1).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
Dans les révélations divines et relatives au caractère supérieur de la personne de Jésus, on ne rencontre que le nom de « Fils de Dieu ». Tels sont en particulier les deux témoignages identiques que Dieu le Père rend à Jésus lors du baptême au Jourdain (Matth. 2:17) et dans sa transfiguration sur le Thabor (Matth. 18:1 et suiv.). Ces deux révélations sont confirmées par les témoignages humains correspondants, en Jean 1:34 et 2 Pierre 1:17. Dans les confessions de foi exigées et approuvées par Jésus, le nom de Fils de Dieu est ordinairement joint à celui de Christ : "Christ, le Fils de Dieu" (Matth. 16:17, Jean 6:70 ; Jean 11:27). En l'évangile de Marc (8:29 ; cf. Matth. 16:17), on trouve "Vous êtes le Christ", et en Luc 19:20, on trouve "le Christ de Dieu" ce qui prouve que le nom de Christ renferme le sens de Fils de Dieu.
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
Dans les déclarations des démons, qui n'étaient pas des confessions de foi, les noms de Saint de Dieu et de Fils de Dieu alternent entre eux (Marc 1:24, 3:12 ; Luc 4:34). La substance de la doctrine publique des Apôtres et de la foi qu'ils exigent est clairement énoncée en Actes 9:20-22, Jean 20:31, 1 Jean 4:15 et 5:1-5 ; et Actes 2:36. En ce qui concerne la manière dont Jésus se justifie de son nom de "Fils de Dieu", consulter Matth. 22:41-46 et Luc 20:41-45 ; Jean 6:24 et suiv., avec Actes 4:27 et Héb. 5:7).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
(b) Comme les noms personnels de la dignité montrent que l'homme Jésus est une personne divine, ils lui assignent avant et par-dessus la possession de la nature humaine, la possession de la nature divine ; c'est uniquement comme possesseur de la nature divine, et par conséquent comme vrai Dieu, que la personne de Jésus peut être le Christ véritable, le Saint par excellence, le vrai Fils de Dieu et le maître absolu. Ajoutons que Jésus est expressément qualifié de Dieu au moins dans cinq passages (voy. liv. II, §93), et trois fois, avec une forte apposition, « vrai Dieu, grand Dieu, Dieu par-dessus tout » ; on lui attribue même, sans nulle restriction, les prédicats divins ; puis l'union, la société la plus intime, la plus complète, la plus universelle avec Dieu le Père. "Le Christ puissance (vertu) de Dieu et sagesse de Dieu" (Χριστὸν θεοῦ δύναμιν καὶ θεοῦ σοφίαν, 1 Cor. 1:24).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
Que si, malgré cela, Jésus lui-même et les Apôtres, en divers endroits, n'attribuent pas à Jésus les œuvres divines opérées par lui, mais au Père ou à l'Esprit de Dieu, ce n'est point parce que Jésus ne les aurait pas accomplies de lui-même et par ses propres forces, car Jésus affirme le contraire (Jean 6:19 et suiv.) ; c'est pour marquer qu'il tient son origine du Père, et pour faire de ces œuvres un témoignage divin en faveur de l'unité de l'homme Jésus avec Dieu le Père. "En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, si ce n’est ce qu’il voit faire au Père ; car tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement." (Jean 5:19).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
Il est donc manifeste qu'un seul et même sujet, Jésus ou le Christ, qui apparaît en dehors comme homme et fils de l'homme, est vraiment Dieu par le fond de son être. Cette identité est d'autant plus évidente que non seulement les prédicats divins sont attribués au sujet qui est appelé humain ; mais encore les prédicats humains au sujet désigné comme divin (voy. encore liv. II, §93). "Dieu n’a (même) pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous" (Rom. 8:32 ; cf. 1 Cor. 2:8 ; Actes 20:28 ; Col. 1:17, 18 ; et Héb. 1 et 2).
Re: Résumé de théologie dogmatique, Livre V : La Rédemption
SWS, Livre V, II, C1, §169, traduit par le chartreux a écrit :
II. 3. L'existence simultanée de la nature divine et de la nature humaine dans le même sujet a pour résultat que l'être du Christ est composé de deux natures, et qu'il existe un rapport tout à fait intime dans les deux natures mêmes. Ce rapport, l'Écriture Sainte le conçoit tantôt sous le point de vue d'une habitation corporelle de toute la plénitude de la divinité en Jésus-Christ, ou dans l'humanité du Christ ; tantôt comme une analogie de la réunion de la chair et de l'esprit dans l'homme naturel.
La divinité, comme pur esprit, est opposée à l'humanité comme chair, c'est-à-dire un composé imparfait de mental et de matière. "Car toute la plénitude de la divinité habite corporellement (σωματικος) en lui, 10 et vous avez tout pleinement (êtes remplis) en lui, qui est le chef de toute principauté et de toute puissance."(Col. 2:9-10 ; cf. 1:19). "En effet, le Christ aussi est mort une fois pour nos péchés (...) ayant été mis à mort quant à la chair (σαρκί), mais rendu à la vie quant à l’Esprit (Πνεύματι)" (1 Pierre 3:18 ; cf. Jean 6:24, etc.).
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