Ligne de conduite pour notre temps par l'abbé Demaris

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gabrielle
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#11 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 8:54


LE SACREMENT DE PÉNITENCE

Si les événements de la vie varient la position des fidèles, ils varient de même nos obligations ; autrefois, nous étions ces serviteurs qui avaient reçu cent talents : nous avions l’exercice paisible de notre religion.

Actuellement, nous n’avons qu’un seul talent, qui est notre cœur : faisons-le fructifier et notre récompense sera égale à celle que nous aurions reçue si nous en avions fait fructifier davantage.

Dieu est juste ; il ne demande pas de nous l’impossible ; mais parce qu’il est juste, il demande de nous la fidélité dans ce qui est possible.

Plein de respect pour les lois divines et ecclésiastiques, qui nous appellent au sacrement de pénitence, je dois vous dire qu’il est essentiel pour votre instruction et votre consolation que vous connaissiez bien ces circonstances afin de ne point prendre votre propre esprit pour celui de Dieu.

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gabrielle
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#12 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 8:55


CONFIANCE EN DIEU

Les circonstances où ces lois n’obligent pas sont celles où la volonté de Dieu se manifeste pour opérer notre salut, sans l’intermédiaire des hommes. Dieu n’a besoin que de lui pour nous sauver, quand il le veut. Il est la source de la vie et il supplée à tous les moyens ordinaires qu’il a établis pour opérer notre salut, par des moyens que sa miséricorde nous dispense selon nos besoins. C’est un père tendre qui, par des moyens ineffables, secourt ses enfants, lorsque, se croyant abandonnés, ils ne cherchent que lui et ne soupirent que pour lui.

Si dans le cours de notre vie nous avions négligé le moindre des moyens que Dieu et son Église ont établis pour nous sanctifier, nous aurions été des enfants ingrats ; mais si nous allions croire que dans des circonstances extraordinaires nous ne pouvons nous passer même des plus grands moyens, nous oublierions et nous insulterions la sagesse divine, qui nous éprouve et qui, en voulant que nous en soyons privés, y supplée par son esprit.

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#13 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 8:58


Explication des principes de Foi dans la privation des sacrements

Pour vous exposer, mes chers enfants, votre règle de conduite avec exactitude, je vais rapprocher de votre situation les principes de foi et quelques exemples de l’histoire de la religion, qui en développeront le sens et vous consoleront dans l’application que vous pourriez en faire.

Il est de foi que le premier et le plus nécessaire de tous les sacrements est le baptême : il est la porte du salut et de la vie éternelle ; cependant, le désir, le vœu du baptême, suffit en certaines occasions ; les catéchumènes qui étaient surpris par la persécution ne le recevaient que dans le sang qu’ils répandaient pour la religion. Ils trouvaient la grâce de tous les sacrements dans la confession libre de leur foi et ils étaient incorporés dans l’Église par le Saint-Esprit, lien qui unit tous les membres au chef.

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#14 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 9:00


Les sacrements renfermés dans la Croix

C’est ainsi que se sont sauvés les martyrs ; leur sang leur a servi de baptême : c’est ainsi que se sauveront tous ceux qui, instruits de nos mystères, désireront (selon leur foi) de les recevoir. Telle est la foi de l’Église : elle est fondée sur ce que saint Pierre dit : Qu’on ne peut refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit.

Quand on a l’esprit de Jésus-Christ, quand, par amour pour lui, nous sommes exposés à la persécution, privés de tout secours, accablés des chaînes de la captivité, quand on nous conduit à l’échafaud, nous avons alors tous les sacrements dans la croix. Cet instrument de notre rédemption renferme tout ce qui est nécessaire pour notre salut.

La tradition de l’Église dans ses plus beaux siècles, confirme cette vérité dogmatique.
Les fidèles qui ont désiré les sacrements, les confesseurs et les martyrs ont été sauvés sans le baptême et sans aucun des sacrements lorsqu’ils ne pouvaient les recevoir.
D’où il est aisé de conclure que nul sacrement n’est nécessaire dès qu’il est impossible de le recevoir : et cette conclusion est la foi de l’Église.

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#15 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 9:03


Le désir moyen de salut en temps de crise

Saint Ambroise regardait le pieux empereur Valentinien comme un saint, quoiqu’il fût mort sans baptême, qu’il avait désiré, mais qu’il n’avait pu recevoir. C’est le désir, c’est la volonté qui nous sauve » « Dans ce cas, dit ce saint docteur de l’Église, celui qui ne reçoit pas le sacrement de la main des hommes le reçoit de la main de Dieu. Celui qui n’est pas baptisé par les hommes l’est par la piété, l’est par Jésus-Christ.»

Ce que nous dit du baptême ce grand homme, disons-le de tous les sacrements, de toutes les cérémonies et de toutes les prières dans les moments actuels.

Celui qui ne peut se confesser à un prêtre, mais qui, ayant toutes les dispositions nécessaires au sacrement, le désire et en forme le vœu ferme et constant, entend Jésus-Christ qui, touché et témoin de sa foi, lui dit ce qu’il dit autrefois à la femme pécheresse : Allez, il vous est beaucoup pardonné, parce que vous avez beaucoup aimé.

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#16 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 10:03


LA CROIX ARME SUPREME CONTRE LES SCRUPULES

Saint Léon dit que l’amour de la justice contient en soi l’autorité apostolique ; en cela il exprime la foi de l’Église. L’application de cette maxime a lieu pour tous ceux qui, comme nous, sont privés du ministère apostolique par la persécution qui éloigne ou incarcère les vrais ministres de Jésus-Christ, dignes de la foi et de la piété des fidèles. Elle a lieu surtout si nous sommes frappés par la persécution : la croix de Jésus-Christ ne laisse point de tache quand on l’embrasse et qu’on la porte comme il faut.

Ici, au lieu de raisonnements, écoutons le langage des saints. Les confesseurs et martyrs d’Afrique, écrivant à saint Cyprien, disaient hardiment qu’on revenait la conscience pure et nette des tribunaux où on avait confessé le nom de Jésus-Christ ; ils ne disaient pas qu’on y allait avec une conscience pure et nette, mais qu’on en revenait avec une conscience pure. Rien ne fait taire les scrupules comme la croix !

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#17 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 10:05


Confiance aveugle en la miséricorde de Dieu

Entourés des extrémités qui sont les épreuves des Saints, si nous ne pouvions confesser nos péchés aux prêtres, confessons-les à Dieu. Je sens, mes enfants, votre délicatesse et vos scrupules : qu’ils cessent et que votre foi et votre amour pour la croix augmentent. Dites-vous à vous-mêmes et, par votre conduite, dites à tous ceux qui vous verront ce que disait saint Paul : Qui me séparera de la charité de Jésus-Christ ? (Saint Paul aux Romains, 8-35)

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#18 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 10:14


LA CONFESSION PUBLIQUE ET SON MÉRITE


De ce que je viens de dire, il vous est aisé de voir une grande vérité, bien propre à vous consoler et à vous donner du courage : c’est que votre conduite est une vraie confession (Quel bonheur pour les fidèles de pouvoir confesser Jésus-Christ par la voix de leur exemple !…) devant Dieu et devant les hommes.

Si la confession doit précéder l’absolution, ici votre conduite doit précéder les grâces de sainteté ou de justice que Dieu nous dispense, et c’est une confession publique et continuelle.

La confession est nécessaire, dit saint Augustin, parce qu’elle renferme la condamnation du péché ; ici, nous le condamnons d’une manière si publique et si solennelle qu’elle est connue de toute la terre, et cette condamnation qui est cause que nous ne pouvons approcher d’un prêtre, n’est-elle pas plus méritoire qu’une accusation de péché particulière et faite en secret ? N’est-elle pas plus satisfactoire et plus édifiante ?

La confession secrète de nos péchés au prêtre nous était peu, et celle que nous faisons aujourd’hui est soutenue par le sacrifice général de nos biens, de notre liberté, de notre repos, de notre réputation et peut-être même de notre vie !

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#19 Message par Abbé Zins » sam. 05 sept. 2015 10:15

gabrielle a écrit :
LA CONFESSION PUBLIQUE ET SON MÉRITE


De ce que je viens de dire, il vous est aisé de voir une grande vérité, bien propre à vous consoler et à vous donner du courage : c’est que votre conduite est une vraie confession (Quel bonheur pour les fidèles de pouvoir confesser Jésus-Christ par la voix de leur exemple !…) devant Dieu et devant les hommes.

Si la confession doit précéder l’absolution, ici votre conduite doit précéder les grâces de sainteté ou de justice que Dieu nous dispense, et c’est une confession publique et continuelle.

La confession est nécessaire, dit saint Augustin, parce qu’elle renferme la condamnation du péché ; ici, nous le condamnons d’une manière si publique et si solennelle qu’elle est connue de toute la terre, et cette condamnation qui est cause que nous ne pouvons approcher d’un prêtre, n’est-elle pas plus méritoire qu’une accusation de péché particulière et faite en secret ? N’est-elle pas plus satisfactoire et plus édifiante ?

La confession secrète de nos péchés au prêtre nous était peu, et celle que nous faisons aujourd’hui est soutenue par le sacrifice général de nos biens, de notre liberté, de notre repos, de notre réputation et peut-être même de notre vie !
Ce passage est un des plus importants, sinon le plus, de toute cette tonifiante élévation et démonstration de M. l'Abbé Demaris !

Il y fait passer, comme il se doit, l'intérêt de Dieu, de sa gloire, de la confession publique de la Foi et de la Vérité, avant l'intérêt personnel, le salut individuel.

Ici on touche déjà à un point essentiel qui se recoupera avec la vraie nature de la Charité !

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#20 Message par gabrielle » sam. 05 sept. 2015 10:18


LA PLUS UTILE DES CONFESSIONS POUR L'ÉGLISE : CELLE DE LA VÉRITÉ

La confession que nous faisons au prêtre n’était guère utile qu’à nous, au lieu que celle que nous faisons à présent est utile à nos frères et peut servir à toute l’Église.

Dieu nous fait, tout indignes que nous sommes la grâce de vouloir se servir de nous pour montrer que c’est un crime énorme d’offenser la vérité et la justice, et notre voix sera d’autant plus intelligible que nous souffrirons de plus grands maux avec plus de patience.

Notre exemple dit aux fidèles qu’il y a plus de mal qu’on ne pense à faire ce que l’on exige de nous.

Nous ne nous confessons pas d’un péché, mais nous confessons la vérité, ce qui est la confession la plus noble et la plus nécessaire dans les circonstances présentes.

Nous ne confessons pas nos péchés en secret : nous confessons la vérité en public !

Nous sommes persécutés, mais la vérité n’est point captive et nous avons cette consolation, dans l’injustice que nous souffrons, que nous ne retenons point la vérité de Dieu dans l’injustice, comme dit l’Apôtre des nations, et que nous apprenons à nos frères à ne l’y point retenir.

Enfin, si nous ne confessons point nos péchés, l’Église les confesse pour nous.

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