formation à l'humilité du chanoine Beaudenom

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Alexandre
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TROISIEME MEDITATION

IIIè Exercice: Du désir excessif de l'estime

Premier point: Nature et force de cette tendance.
Deuxième point: Désordre qu'elle peut introduire.
Troisième point: Folie où elle peut entraîner.

Préparation pour la veille:_Demain je me mettrai bien en face de cette disposition facilement dominante; j'en sonderai les dangers et aussi les côtés misérables. Ne serais-je point victime de ce désir excessif de l'estime? Voici quelques-uns des caractères qui le signalent: Trouble ou du moins préoccupation causée par la crainte du blâme._ Selon les cas: joies ineptes ou tristesses démesurées._ Selon les natures: découragements, irritation, envie, jalousie, dénigrement, etc... Que de petitesses il entraîne, que de bassesses il autorise, que de faussetés il inspire! Je dois le redouter parce qu'il démoralise; je dois le surveiller parce qu'il est vivace, et que, seules, les grandes vertus y échappent.
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Alexandre
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MEDITATION

Prélude: Comme dans la méditation précédente, demander la grâce d'une vive lumière et d'une grande sincérité de conviction.

I. Nature et force de cette tendance:

Le désir de l'estime ne saurait se confondre avec le sentiment de l'estime de soi .
On le rencontre, en effet, chez des personnes qui se reconnaissent peu de valeur, et bien des gens acceptent volontiers qu'on leur prête des qualités qu'ils n'ont pas. D'autre part, certains hommes, pleins d'eux-mêmes, dédaignent l'opinion d'autrui.
Le désir de la louange est donc une forme spéciale de l'orgueil. "La douceur de la gloire est si grande, dit Pascal, qu'à quelque chose qu'on l'attache, même à la mort, on l'aime. Nous perdons encore la vie avec joie, pourvu qu'on en parle... Nous sommes si présomptueux, que nous voudrions être connu de toute la terre, et si vains, que l'estime de 5 ou 6personnes qui nous entourent nous amuse et nous contente."
Cette tendance apparaît chez le petit enfant, et c'est, selon Platon, "la dernière robe que l'on dépouille."

II. Désordres que peut entraîner cette tendance:

Un amour raisonnable et paisible de l'estime des hommes n'est point un vice; il est quelquefois un secours personnel et un stimulant à des actes utiles. C'est pourquoi on peut donner des louanges pour encourager.
Au fond, tout bien mérite l'estime; le désordre consiste soit à l'aimer plus que le bien, soit à la désirer au delà du mérite, soit à la rechercher avec empressement.
Que poursuit l'homme dominé par l'amour de la louange? Est-ce le bien? Non, mais l'éclat qu'il projette. Il déplace ainsi le but; et, au lieu de tendre au devoir pour lui-même, il y tend pour sa récompense accidentelle.
L'homme vain sera serviable, généreux... Mais pour le paraître._Méconnu, il perd tout élan: l'approbation était son appui. Alors l'abattement et l'irritation se succèdent, comme les crises différentes d'un même mal. L'abattement veut le plonger dans l'inaction du découragement, l'irritation lui crie de briser les obstacles, et elle sera plus délicate dans ses conseils sur le choix des moyens.
Au reste, le succès ne produit pas un moindre désordre. l'homme vain, entouré d'estime, se redresse et s'épanouit. Il respire plus largement, comme pour mieux aspirer les éloges. L'illusion l'environne d'un nuage, et l'appréciation exacte des choses qui lui échappe.
Il sera facilement imprudent et "s'évanouira" dans sa folie.
est-il méchant? Non; et pourtant on le voit dur. est-il injuste? pas davantage; et pourtant il marche cruellement sur les droits du prochain: il ne les a pas vus. est-il faux? Non; et pourtant il change d'opinion, d'attitude, de langage selon les personnes; il est tour à tour arrogant ou flatteur selon les cas; il ira jusqu'à employer d'hypocrites formules d'humilité. Il ne voit que son but: occuper une plus grande place dans l'estime des autres. Tout cela se fait avec une tranquille inconscience.

III. Folie de cette tendance égarée:

Si, en pratique, la réalité des choses nous tient éloigné de ces excès, plongeons nos regards au fond de notre intérieur, et voyons ce qui s'y passe.
Rêves creux et interminables, où l'imagination nous porte à des actions d'éclat, à des succès étonnants._ Situation où se révèlent des qualité supérieures que nous possédions à l'état latent: nous entendons déjà des murmures approbateurs; nous voyons des visages animés d'enthousiasme; nous jouissons de la surprise de tous et de la nôtre... ce sont des rêves, nous le savons; mais ils caressent notre passion. c'est une jouissance, et nous l'aimons, faute de réalité. A certains moments de réveil lucide, on s'écrie: je suis fou!
Cet amour vain de la louange est en effet une folie, folie douce souvent, dont on sourit quand elle s'étale; folie redoutable parfois quand ses erreurs nous perdent. ah! quel besoin de voir clair en nous-mêmes! Quel besoin de cette formation! Quel besoin d'humilité!
Examinons les mobiles qui nous ont dirigés dans les circonstances importantes de la vie, ceux qui nous animent aujourd'hui dans nos actes ordinaires.
Envisageons surtout la cause vraie de nos joies et de nos tristesses. Ne serait-ce pas trop souvent l'approbation ou la défaveur?
Scrutons notre conduite. Ne donnons-nous pas nos sympathies à ceux qui nous flattent; et si nous supposons que telle personne nous estime peu, ne sommes-nous pas facilement à son égard hostiles et injustes? Concevons un grand désir d'humilité, en constatant qu'elle nous manque, et l'équilibre moral avec elle.

Résolution: me redire plusieurs fois aujourd'hui: si l'on savait autour de moi combien je suis avide d'estime!
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Alexandre
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CONCLUSION ET SYNTHESE DES MEDITATIONS PRECEDENTES

A l'analyse des deux tendances qui portent à l'exaltation du moi, faisons succéder l'étude du rôle de l'humilité dans leur direction; nous constaterons que, sans elle, la vertu chrétienne ne peut ni s'établir, ni durer, et que le châtiment de l'orgueil sort de l'orgueil lui-même.

I.-L'estime de soi porte à faire fonds sur ses idées, sur ses ressources, sur sa volonté. Or qu'arrive-t-il si cette confiance est excessive?
Qu'elle détermine des erreurs de conduite et qu'elle amène des déceptions? Assurément, mais c'est peu. Le plus grave, c'est qu'elle tend à obscurcir la notion du besoin de Dieu, et c'est là plus qu'une erreur, plus qu'une simple faute, c'est immense danger, car une telle attitude implique la négation implicite de la grâce.
Sous l'influence de cette disposition, l'orgueilleux ne songe pas à consulter Dieu et à implorer son secours pourtant nécessaire. Aveuglé par l'esprit propre, il ne voit ni le fait, ni surtout l'odieux de cet étrange oubli.
Cet égarement, qui naît d'un sentiment vicieux, est responsable des désastres qu'il entraîne parfois.
Cette analyse se résume en la formule suivante: Dieu par sa grâce est le principe de la vertu. L'orgueilleux pense et agit comme s'il était lui-même le principe.

II.- Le désir excessif de l'estime s'oppose également à la vertu, quoique d'une autre manière; il s'attaque pourtant, lui aussi, au droit de Dieu.
En effet, Dieu n'est pas seulement le principe de nos actes vertueux, il doit en être encore la fin.
La vue de nos intérêts, même légitime, n'est que secondaire.
Que devient cette préoccupation sainte dans une âme où règne le désir excessif de l'estime des autres? Si l'on a tant à coeur de réussir, c'est qu'on veut l'honneur du succès; et si l'on souffre tant d'un échec, c'est qu'il rabaisse.
Que d'efforts, que de sacrifices, n'a point provoqués la recherche d'une position plus brillante, d'une distinction honorifique, d'une simple louange peut-être; or, au milieu de tout ce tumulte d'espérances et de craintes personnelles, rien pour Dieu! Des actes inspirés par de tels motifs auraient beau être, par eux-mêmes, bons et bienfaisants, ils ne sont ni surnaturels, ni même vertueux au vrai sens du mot. Que dire d'une vie dirigée presque entièrement par de tels mobiles?...

Cette seconde analyse se résume, elle aussi, dans une courte formule: Dieu doit être la fin dernière de nos actes; l'orgueilleux l'oublie et l'écarte en ne se préoccupant que de soi._ Il lui fait encore une autre injure: celle de préférer à son estime, l'estime vaine des créatures.
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Alexandre
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Suite de l'analyse précédente:

III._Pour châtier l'orgueilleux, Dieu n'a qu'a le livrer à lui-même: cette conséquence ressort lumineuse des notions qui précèdent. En effet, de lui-même, l'homme déchu tend au mal; or, s'il n'est pas retenu par le secours de Dieu, il y descend tôt pou tard, et il s'y enfonce toujours davantage, selon la loi, parfaitement applicable au monde moral, de l'accélération des vitesses. Nous développerons en son lieu cette vérité.
Un tel orgueil, ainsi châtié, est rare parmi les chrétiens qui conservent avec Dieu quelques rapports, à plus forte raison, parmi les âmes pieuses. Craignons néanmoins un orgueil moindre qui ne laisserait pas d'appeler de justes punitions: sécheresse persistante, insuccès, tristesses, fautes, hélas! où Dieu laisse tomber.
Ce genre de châtiment vise spécialement l'estime propre, quand elle est démesurée; le désir excessif de l'estime trouve plutôt le sien dans la joie qu'il cherche et qui le fuit. Il commence par la préoccupation et finit par la déception. ce désir est toujours plus étendu que les objets qu'il peut atteindre; et, plus obtient, plus il devient avide. De son côté, Dieu se sentant oublié, se détourne. Le plus grand châtiment qu'il puisse infliger est la soustraction de ses grâces. Que ne se contente-t-il de semer de l'amertume sur nos joies humaines, et de nous rendre malheureux dans nos vaines recherches; un jour, sans doute, la faim ramènerai l'enfant prodigue à la maison paternelle!

IV._Le rôle de l'humilité se dégage maintenant avec une netteté parfaite: elle est la vérité et l'ordre (ordre, justice: termes équivalents)

La vérité est que Dieu est le principe de tout bien et non pas nous-mêmes.
L'ordre est que Dieu doit être la fin de tous nos actes et non pas nous-mêmes.
Si Dieu est le principe de tout bien, mon devoir consiste à vivre sous son entière dépendance; s'il est la fin obligée de tous mes actes, mon devoir est de les orienter tous vers sa plus grande gloire.

En tant que principe, Dieu est la loi et demande l'obéissance; en tant que fin , il est le motif souverain, et il exige la pureté d'intention.
Que peut-il faire d'un être qui se soustrait à sa propre loi, et se détourne de sa fin?...
Nous allons retrouver, pour nous en pénétrer, ces mêmes notions, plus largement développées.

suite: "l'humilité fondement des vertus"
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Alexandre
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QUATRIEME MEDITATION

IVè exercice: L'humilité fondement des vertus

Premier point: Du fondement des vertus.
Deuxième point: Pureté d'intention.
Troisième point: Confiance en Dieu.

Préparation pour la veille:

J'envisagerai cette vérité en elle-même, car ici le but n'est pas tant de m'examiner que de m'instruire. S'instruire est le premier pas vers le bien que l'on poursuit. Je veux donc me mettre en face de cette maxime reçue: l'humilité est le fondement des vertus. Est-elle bien vraie? Comment l'entendre? Jusqu'où va sa portée? Par quelles dispositions pratiques se traduit-elle?_Jusqu'ici ne l'ai-je pas acceptée de confiance sans en avoir pénétré la raison d'être? L'imperfection de mon humilité ne tient-elle pas, en partie, au vague de mes idées sur ce point et au manque de conviction qui en résulte?
O mon Dieu, des lumières: les vôtres;_des craintes: celles que je dois avoir! Mais par dessus tout, la volonté de faire humble!
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Alexandre
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MEDITATION

Prélude: demander la grâce de bien comprendre les rapports étroits de l'humilité avec les vertus chrétiennes.

I.Du fondement de la vertu._ La vertu est un ensemble de bonnes dispositions et de forces acquises qui, nous maintenant dans la pratique du bien, constitue notre grandeur morale._C'est pourquoi on l'a comparée à un édifice.
Tout édifice, pour durer, doit reposer sur des fondements solides. Celui de la vertu, nous l'avons vu plus haut, n'est autre que Dieu principe et fin de la vie spirituelle.Or la vertu qui lui reconnaît ce rôle et en assure l'exercice, c'est l'humilité: c'est elle, en effet, qui le considère comme principe premier de nos actes vertueux et comme objet final de nos intentions.
Au contraire, l'estime de soi, quand elle est déréglée, porte l'orgueilleux à compter sur ses propres forces et à s'attribuer le bien qu'il fait. D'autre part, le désir excessif de l'estime, l'entraîne à considérer en toute chose ce qui lui rapportera le plus de considérations et d'éloges.
En dernière analyse, le fondement des actes moraux est dans le mobile qui les détermine; le mobile en est l'âme. Or, en réfléchissant, nous reconnaissons que si nos actes humains, pris en général, peuvent avoir des mobiles très variés, il n'en est pas de même de nos actes vertueux.
Ces derniers sont commandés pratiquement, ou par le désir de plaire à Dieu, ou par le désir de nous attirer l'estime des hommes. L'amour des jouissances, par exemple, ne produisit jamais de vertu,même apparente.
L'orgueilleux met sa complaisance en lui-même et, jusque dans la vertu, il recherche sa propre excellence.
La lutte est donc, ô mon Dieu, entre vous et mon orgueil. Ma vertu reposera-t-elle sur vous qui êtes la force, ou sur moi qui suis la défaillance innée? Le mouvement de ma vie s'orientera-t-il vers votre gloire à procurer, ou vers ma vaine gloire à satisfaire? Serez-vous mon Dieu, ou serais-je mon idole?
Une vérité lumineuse se dégage de cette constatation: l'orgueil est le rival de Dieu, l'orgueil est le moi se substituant à Lui._Cet état se présente sous deux aspects et peut se traduire par ces deux formules: je compte sur moi. J'agis pour moi.
Je compte sur moi, sur mon savoir-faire, sur mes résolutions, sur ma force: parole de folie, puisque sans Dieu je ne puis rien._J'agis pour moi. parole de de désordre et d'injustice, Dieu devant être l'objet final de tout ce qu'il a créé.
Le contraire de cette prétention détestable se traduit lui aussi par deux formules, celles-là douces et fécondes: Je compte sur Dieu; j'agis pour Dieu! C'est la confiance en Dieu; c'est la pureté d'intention.

II. Confiance en Dieu_"Je compte sur Dieu." C'est le propre de l'humilité de nous montrer avec évidence notre dépendance en tout ordre de choses. Sans Dieu nous ne pouvons rien, et, pour tous les actes surnaturels, sa grâce nous est absolument nécessaire.
Nous méditerons bientôt ces vérités; contentons-nous, en ce moment, de les admettre, et tirons-en cette conséquence nécessaire: compter sur soi serait folie. Or, cette folie, et celle de l'orgueil.
La grâce nous étant indispensable, Dieu dans sa sagesse, doit exiger que nous nous présentions pour la recevoir avec les dispositions qui conviennent à notre impuissance; aussi a-t-il fait de l'humilité la condition de ses dons.
L'humilité, envisagée à ce point de vue, c'est la défiance de soi-même. Or cette défiance quand elle est vertu, se tourne comme instinctivement vers Dieu par la confiance:" je me connais, et je vois que je ne puis rien,; je connais Dieu, et je sais qu'avec lui je peux tout. Plus je me sens petit, faible, entraîné au mal, plus je sens grandir en moi le besoin de la confiance."

III.Pureté d'intention._"J'agis pour Dieu", telle est sa formule. c'est l'ordre, c'est la sagesse, c'est le bien, _c'est graviter vers l'être infini par qui tout existe... c'est donner ma note dans le concert universel qui le glorifie..., c'est prendre ma vraie place dans le plan de bonté qu'il a formé._Dieu n'eût -il pas de droits qu'il reste le Bien suprême, éminemment digne d'amour, et je serais un insensé, si je n'en faisais pas le but de tous mes actes.
Or l'orgueil m'en détourne, alors même qu'il se réduit à n'être qu'un orgueil pratique.
Sans faire de soi une idole dans le sens absolu du mot, on peut tout ramener à soi en fait ou en désir. On n'exclut pas Dieu formellement, mais on le laisse en dehors de ses intentions.
On sort ainsi du plan éternel, on perd l'orientation véritable, on se fait errant et déplacé dans la création.
C'est l'humilité qui assure la pureté d'intention. Elle nous dégage de l'obsession de nous-mêmes et nous tient à notre rang. L'âme vraiment humble confesse volontiers les droits de Dieu et les respecte. Elle en fait la règle de sa vie; si elle s'en éloigne, elle le remarque et revient sur ses pas. cette pureté d'intention est pour elle un besoin et la "lumière qui est en elle éclaire" tous ses actes.
Heureuse l'âme parfaitement humble, qui vit aux desseins d'un père tout-puissant! Elle veut out ce qu'il veut, elle aime tout ce qu'il aime._Elle subit les épreuves du dehors, les délaissements du dedans, avec les mêmes sentiments,car elle n'en saurait avoir d'autres...
Combien l'âme orgueilleuse est loin de ces dispositions, et qu'elle est à plaindre! Car il est écrit:" tout ce que mon Père n'a point planté sera arraché."
La pureté d'intention et la confiance en Dieu sont donc filles d'humilité. La pureté d'intention dirige, la confiance anime, et ensemble,elles font l'avancement, qui peu à pu amène à la perfection... Dieu, qui est ici-bas leur objet poursuivi, sera au ciel leur objet possédé.

Résolution_ Ne pas me faire un besoin de l'estime des hommes, m'élever au désir de celle de dieu: elle peut suffire, elle doit dominer.
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Résolution_ Ne pas me faire un besoin de l'estime des hommes, m'élever au désir de celle de Dieu: elle peut suffire, elle doit dominer.
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CINQUIEME MEDITATION

Vè exercice: Vertu viciée dans sa formation par un orgueil inconscient

Premier point: Le fait et ses causes.
Deuxième point : Signe indicateur.

Préparation pour la veille.
1/Dans la méditation de demain, je me livrerai à un examen rétrospectif; je remonterai au temps de ma formation; je scruterai le mobiles qui m'ont porté au bien; je rechercherai les influences extérieures qui m'y ont peut-être maintenu._Je mettrai d'un côté tout ce qui était pur, désintéressé, animé de la vue de Dieu; et de l'autre, tout ce qui l'altérait, plus ou moins consciemment, le désir de l'estime et la complaisance en moi-même.
O mon Dieu! éloignez-moi de moi-même afin que je me trouve placé à la juste distance qui permet de bien voir. Faites surgir en ma mémoire tels et tels de ces petits détails qui reconstituent tout un passé. De grâce, s'il y eut beaucoup d'orgueil dans la préparation de ma vie pieuse, faites-le moi enfin connaître, sentir et abhorer.
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Prélude: Prier Dieu de projeter une vive lumière sur mon passé, afin que je sache si mon humilité est sincère et solide.

I.-Le fait et les causes._Il y a des vertus formées sous l'influence plus ou moins active d'un orgueil inconscient. Il y a même beaucoup de ces vertus... La mienne est peut-être de ce nombre?... Quoi! L'orgueil m'aurait aidé plus ou moins à m'établir dans les dans les habitudes de la piété, et je ne l'aurais pas senti?!... On parle souvent d'un orgueil caché, d'un orgueil qui se dissimule... Je ne songeais pas que je pouvais en être la victime! Et pourtant mon relâchement, mes fautes, ne viendraient-elles pas de ce que mes vertus reposaient, pour une large part, sur ce fondement faux et fragile de l'orgueil?... O mon âme, soit attentive, et prie.

Avons-nous jamais bien suivi les conséquences de ces deux observations psychologiques: l'homme est essentiellement imitateur; l'homme subit l'influence des milieux et s'y adapte. Essayons d'en faire l'application à la période de notre formation.
De quelles personnes avons-nous été entourés alors? quelles idées régnaient dans le lieu où nous vivions? Etait-ce une maison d'éducation, un séminaire, un noviciat? Il suffit de dire: c'était un entourage choisi, un milieu de piété. Rien n'y étais plus en honneur que la vertu. On parlait avec admiration des actes héroïques des Saints. on traitait avec vénération les personnes en qui apparaissait un rayon de sainteté. Livres, entretiens, tout encourait à à développer cette heureuse impression!
Oh! comme nous estimions ces choses! comme nous portions envie à ceux qui nous édifiaient!
Etaient-ils purs, absolument purs, tous ces sentiments, qui, à la vérité, nous excitaient au bien?! Faudrait-il une analyse très rigoureuse pour y découvrir quelque alliage? Le désir d'entrer dans ce mouvement honoré de l'estime commune, n'était-il pas pour beaucoup dans l'ardeur qui nous poussait?
Le contentement au service de Dieu n'empruntait-il rien au contentement de soi; et surtout à la conscience plus ou moins claire de la place que nous occupions dans l'esprit des autres?... Ah! qui sondera ce mystère que Dieu seul connaît?

Notre humilité d'alors n'était-elle pas elle-même inspirée par l'orgueil, du moins en partie?
Rien n'est plus facile à concevoir que cette possibilité.
Dans le milieu dont nous parlons, on estime et on admire par dessus tout cette vertu. On la reconnaît comme capitale. Il est presque impossible de n'en point prendre les formes extérieures, de n'en point adopter les expressions, et jusqu'à une sorte de sentiment intime. Se croire humble, suffisamment humble, est un besoin.

Cette humilité peut sans doute être vraie, car de telles influences favorisent merveilleusement sa croissance; mais elle peut, et très facilement, n'être qu'une humilité factice.
Une âme naturellement orgueilleuse prendra le change, et de l'humilité qui marche devant elle, elle n'aura suivi qu'une auréole.

Encore une fois, qui sondera ce mystère que Dieu seul connaît?

II. Signes indicateurs._Le divin Maître a dit:" Vous jugerez l'arbre par ses fruits."
Demandons la réponse au développement de notre vie.
Lorsqu'après notre formation, nous avons changé de milieu, cette belle ardeur n'est-elle point tombée? Le zèle pour la perfection, et particulièrement pour l'humilité, ne s'est-il pas éteint? Ce résultat ne s'est-il pas produit bien vite et sans grande résistance?... Aucune secousse particulière ne s'est fait sentir.
Et pourtant ce nouveau milieu contenait encore, quoiqu'en moindre proportion, l'estime et l'admiration des mêmes choses...
Mais il était saturé d'idées toutes différentes; et, trop fidèles à la loi de notre nature si pliable, nous nous sommes adaptés à ce nouveau milieu, de la façon la plus favorable à notre amour-propre.
Un autre signe également caractéristique, c'est notre attitude en face des contradictions, des insuccès, des injustices, du dédain plus ou moins éprouvé._Trouble, tristesse, préoccupations: voilà le fait d'une vertu imparfaite, reposant plus ou moins sur l'orgueil._Découragement réel, colère, animosité, jalousie, révolte: voilà le signe d'un orgueil très profond et qui nous domine.
Notre humilité n'était donc que de surface! ses sentiments n'étaient donc que des sentiments appris!... Si elle eût été vraie et foncière, elle nous eût inspiré le calme et la résignation, peut-être même ce contentement supérieur et cette joie des grandes âmes qu'éprouvaient les Apôtres, battus de verges: "Ibant gaudentes."
Merci, ô mon Dieu, de ce vif rayon de lumière plongeant au fond de ma vie... L'avouerai-je? Il me blesse par sa clarté... Je souffre... Je me demande si tout en moi n'est pas à refaire.. Mon apparente vertu ne serait-elle pas le simple effet du milieu où je vis encore?... Que serais-je si tout changeait autour de moi: position, occupations, personnes?... A la pensée de cet isolement moral, je me sens un extrême besoin de me cacher dans votre sein, car vous m'apparaissez comme mon seul refuge!... O mon Dieu, créez en moi une âme nouvelle, cette fois bien humble! "multi humiliatis umbram, pauci veritatem sequuntur, de l'humilité beaucoup poursuivent l'ombre, peu la réalité.", dit saint Jérôme.

Résolution:Me demander, à l'occasion, si j'aurais le même tenue, la même affabilité, le même zèle; si nul autre que Dieu ne devait s'en apercevoir et m'en savoir gré.
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SIXIEME MEDITATION

VI Exercice:[b] Humilité, gardienne des vertus[/b]

Premier point: Humilité, sel qui réserve de la corruption.
Deuxième point: Lumière qui dissipe les illusions.

Préparation pour la veille:_ Si notre vertu est fondée, du moins en partie, sur un orgueil inconscient, l'édifice est bâti sur le sable: le péril de ruine n'est que trop constant._ Si elle est établie sur Dieu, rassurons-nous pour le passé, mais ne soyons pas sans crainte pour l'avenir, car l'orgueil peut détruire l'édifice le plus solidement construit.
"Celui qui, sans humilité, s'enrichit de vertus, dit saint Jérôme, ressemble à l'homme qui porterait au vent une mobile poussière. Qui sine humilitate vertutes congregat, quasi in ventum pulverem portat." Oh! que de vents violents soufflent autour de nous; et en quel danger ne sont pas nos fugitives résolutions!
Saint Antoine, effrayé par une vision qui lui montrait le monde rempli de pièges, s'écria: " Seigneur, comment s'en préserver? _ Par l'humilité", lui fut-il répondu.
L'humilité, qui est la base des vertus, en est aussi la gardienne et pour les mêmes raisons: elle fait de Dieu le principe et le fin de nos actes. L'orgueil se les attribue injustement et ruine l'édifice. Cette vérité, toute la tradition l'enseigne; nous la répétons à notre tour; mais si c'est là une maxime reçue, est-ce chez nous une conviction véritable? Ressentons-nous une impression de crainte, quand nous constatons que, si nous ne sommes pas positivement des orgueilleux, nous ne sommes pas non plus des humbles?
L'humble éprouve, à toute occasion, le besoin de Dieu, de son indulgence comme de son secours. Il éprouve, à la vue de sa misère et de sa faiblesse, l'impression d'un homme qui marche avec une blessure: tout mouvement la rend douloureuse.
Qu'une vertu est bien gardée par une telle humilité! ô mon Dieu, qu'elle devienne la mienne!
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