Padre Pio soulageant les souffrances de Jésus ?

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JCL
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Padre Pio soulageant les souffrances de Jésus ?

#1 Message par JCL » dim. 29 déc. 2019 19:48

Padre Pio a dit avoir eu une vision de Jésus dans laquelle Il lui disait que ses souffrances soulageaient les Siennes, n'est-ce pas contraire au fait doctrinal que maintenant au ciel Jésus , Dieu,ne peut plus souffrir d'aucune façon ?
Ce qui est une des caractéristiques je crois de la divinité ,
ce qui du reste pose le même genre de problème avec d'autres apparitions et certains versets pris à la lettre, exprimant les tristesses et déceptions de Dieu devant les péchés persistants de ses créatures et spécialement de celles qui sont à priori spécialement "les siennes".
(Du reste n'en est il pas de même des saints au ciel, pour ce qui est de l'impassibilité ?)

Est-ce donc à comprendre simplement "ad-hominem"?
Ou bien s'agit il des souffrances du passé ,de la Passion, qui auraient été soulagées par anticipation ?

(Et comment Dieu qui sait tout de toute Éternité, des avant tout les temps ,pourraient Il s'affliger comme quelqu'un qui découvre l'inconstance d'un ami, s'étonner ,au sens littéral et humains ,des survenues des infidélité et crimes des peuples et des hommes dans le temps?)

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Abbé Zins
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Re: Padre Pio soulageant les souffrances de Jésus ?

#2 Message par Abbé Zins » dim. 29 déc. 2019 21:45

JCL a écrit :
dim. 29 déc. 2019 19:48
Padre Pio a dit avoir eu une vision de Jésus dans laquelle Il lui disait que ses souffrances soulageaient les Siennes, n'est-ce pas contraire au fait doctrinal que maintenant au ciel Jésus , Dieu,ne peut plus souffrir d'aucune façon ?
Ce qui est une des caractéristiques je crois de la divinité ,
ce qui du reste pose le même genre de problème avec d'autres apparitions et certains versets pris à la lettre, exprimant les tristesses et déceptions de Dieu devant les péchés persistants de ses créatures et spécialement de celles qui sont à priori spécialement "les siennes".
(Du reste n'en est il pas de même des saints au ciel, pour ce qui est de l'impassibilité ?)

Est-ce donc à comprendre simplement "ad-hominem"?
Ou bien s'agit il des souffrances du passé ,de la Passion, qui auraient été soulagées par anticipation ?

(Et comment Dieu qui sait tout de toute Éternité, des avant tout les temps ,pourraient Il s'affliger comme quelqu'un qui découvre l'inconstance d'un ami, s'étonner ,au sens littéral et humains ,des survenues des infidélité et crimes des peuples et des hommes dans le temps?)
Et encore une tentative d'insinuer une contradiction là où il n'y en a pas !

Ceci ne vous dit rien ? : Saul ! Saul ! Pourquoi ME persécutes-tu ? (Act. 9,4)

Et cela, venant du même Saul devenu Paul après sa conversion ? : Je complète en ma chair ce qui manque à la Passion du Christ pour Son Corps qu'est l'Eglise. (Col. 1,24)

Et encore ceci : Tout ce que vous faites au plus petit d'entre les Miens, c'est à Moi que vous le faites. (Mt. 25,40)

De même, quand Notre Dame qui est en la Béatitude Céleste se montre pleurant sur les malheurs de l'Eglise Militante en la Montagne de La Salette, Elle montre qu'Elle fait siennes les épreuves et douleurs du Corps Mystique de Son Divin Fils.

Il vous faut donc méditer sur ce qu'est la compassion, que l'emploi d'infirmier doit ou devrait connaître comme du pain quotidien.

JCL
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Re: Padre Pio soulageant les souffrances de Jésus ?

#3 Message par JCL » lun. 30 déc. 2019 11:54

Donc Jésus et les saint du ciel peuvent souffrir ,sous un certain rapport, compassionnel avec ceux qui sont encore dans les tribulations terrestres et jusqu'à la consommation totale et absolument finale des siècles ?

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Laetitia
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Re: Padre Pio soulageant les souffrances de Jésus ?

#4 Message par Laetitia » lun. 30 déc. 2019 18:38


Ne savez-vous donc pas que Notre Seigneur a eu dès le premier instant la Vision Béatifique et une science parfaite ?!

Et pourtant, c'est dès le commencement de sa vie ici-bas qu'Il voulu commencé à souffrir, comme nous l'explique Bourdaloue dans ce remarquable sermon sur la Nativité :
...Ce fut là, ce fut dans l'étable de Bethléem, que, brûlé de zèle pour les intérêts de Dieu, il termina les anciens sacrifices, et, comme souverain prêtre de la loi de grâce, il en établit un nouveau : là que, la crèche lui servant d'autel, il fit à Dieu pour la première fois l'oblation solennelle de sa personne : là, comme porte le texte sacré, que son humanité lui tenant lieu de tabernacle, d'un tabernacle vivant, qui n'avait point été fait par les mains des hommes, mais qui était l'ouvrage du Saint-Esprit, il parut non plus avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang ; et, pour parler en termes plus simples, là qu'il se mit en devoir d'être déjà l'agneau de Dieu, cet agneau sans tache qui devait satisfaire à la justice divine par lui-même, et aux dépens de lui-même. 

Dieu ne voulait plus de toutes les autres victimes; mais ce corps tendre et délicat, dont il avait revêtu son Fils unique, était la vraie hostie qu'il attendait depuis tant de siècles. Or la voilà enfin cette hostie pure, sainte, digne de Dieu , la voilà qui commence à être immolée. Ainsi les Pères de l'Eglise l'ont-ils conçu, et ainsi Tertullien s'en expliquait-il, quand il nous donnait cette excellente idée de Jésus-Christ : A partu virgineo effectus hostia ; un Sauveur aussitôt sacrifié qu'il est né, aussitôt offert à son Père qu'il est sorti du sein de sa mère. Car ne vous imaginez pas, dit saint Chrysostome, que l'immolation de cet agneau de Dieu ait été la dernière action de sa vie, ou du moins qu'elle n'ait été que la dernière. Si c'est par là qu'il voulut finir, ce fut aussi par là qu'il voulut commencer; c'est-à-dire, s'il acheva son sacrifice sur la croix, il en consacra les prémices dans la crèche.
Oui, ... ce fut dans sa sainte nativité que ce Verbe fait chair commença le sacrifice qu'il devait consommer au Calvaire.

En effet, que nous apprend autre chose cet état pauvre où il se réduit, cet état humble où il paraît, cet état souffrant où il naît, sinon qu'il vient faire pénitence pour nous, et nous apprendre à la faire ? Ecoutez ceci, Chrétiens. Je dis nous apprendre à la faire, car c'est aujourd'hui que Dieu veut que nous concevions une haute idée, une idée juste de cette sainte vertu ; en voici le signe, en voici la mesure et le modèle. Un Dieu humilié et anéanti, un Dieu pleurant et versant des larmes, un Dieu souffrant.  Oui, dit saint Chrysostome, couché dans la crèche, il faisait pénitence pour nous , parce qu'il savait que nous étions incapables de la faire sans lui ; et que notre pénitence, sans la sienne, nous eût été absolument inutile, puisqu'elle eût été indigne de Dieu... 

Puis citant saint Bernard :
...si Jésus-Christ naissant pleure dans la crèche, il ne pleure pas comme les autres enfants,  ni  par le même   principe que les autres enfants : Plorat quippe Christus, sed non ut cœteri, aut certe non quare cœteri. Les autres enfants pleurent par faiblesse, et celui-ci pleure par raison, pleure par amour et par compassion; les autres pleurent leurs propres misères, et celui-ci pleure les nôtres; les autres pleurent parce qu'ils portent la peine du péché, et celui-ci parce qu'il vient détruire le péché, et l'effacer par ses larmes.

Or ces larmes d'un Dieu, ..., me causent tout à la fois et de la douleur et de la honte : Porro lacrymæ istæ, Fratres, et dolorem mihi pariant, et pudorem. De la honte, quand je considère que le Fils unique de Dieu a compati à mes maux, qu'il en a été si vivement touché, et que j'y suis moi-même si insensible; quand je fais réflexion qu'un Dieu a pleuré sur moi, et que je ne pleure pas sur moi-même ; au contraire, que je soutiens avec une affreuse indolence, avec une tranquillité et un endurcissement monstrueux, le souvenir de mon péché, dont je devrais faire la matière éternelle de mon repentir et de mes pleurs. De la douleur, quand je pense qu'après avoir fait pleurer Jésus-Christ dès son berceau, je lui en donne encore tous les jours de nouveaux sujets; que, pouvant le consoler par la réformation de ma vie, j'insulte, pour ainsi dire, à ses larmes par mes désordres ; et qu'au lieu qu'il a prétendu détruire le péché et l'anéantir, je le fais revivre dans moi et régner avec plus d'empire que jamais.

... O duritia cordis mei ! 0 dureté de mon cœur ! jusqu'à quand résisteras-tu à la charité d'un Dieu, à la pénitence d'un Dieu, au zèle d'un Dieu, et au zèle d'un Dieu pour toi-même ? Cœur de pierre ! quand t'amolliras-tu, et quand deviendras-tu ce cœur de chair que Dieu promettait à ses serviteurs, c'est-à-dire ce cœur tendre pour ton Dieu, ce cœur sensible aux impressions de son amour, aux mouvements de sa grâce et aux intérêts de sa gloire ?

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