Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

Message
Auteur
Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#101 Message par Abbé Zins » mar. 20 août 2019 19:55

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


9/


212. Commençons par répondre à la difficulté particulière soulevée dans l'objection, avant d'en tirer une leçon plus générale.


L'argumentation qu'elle met en avant l'était déjà au temps de saint Thomas, par ceux qui cherchaient à démontrer la priorité et supériorité de la vie active sur la vie contemplative.

Voici donc comment y répond le Docteur Angélique :


« Il faut dire qu'un sacrifice est offert à Dieu en esprit (spiritualiter), quand on lui offre un bien (aliquid).

Or parmi tous les biens (bona) dont l'homme dispose, celui que Dieu agrée le plus (maxime) pour lui être offert en sacrifice, est le bien de l'âme humaine.

Chacun doit donc offrir à Dieu :

1̊) sa propre âme, comme cela est exprimé en Eccli. 30,24 : « Fais miséricorde (miserere) à ton âme en plaisant à Dieu » ;

2̊) l'âme des autres, selon ce qui est dit en Apoc.22,17 : « Que l'on dise à celui qui écoute : Viens ».

Plus un homme unit étroitement à Dieu son âme ou celle d'autrui, plus son sacrifice plaît davantage à Dieu.

Il est donc plus agréable à Dieu que quelqu'un applique son âme et celles d'autrui à la contemplation qu'il ne l'applique à l'action.

En disant que nul sacrifice n'est plus agréable à Dieu que le zèle pour les âmes, le pape saint Grégoire n'entend donc pas donner à la vie active la préférence sur la vie contemplative, mais il montre qu'il est bien plus méritoire d'offrir à Dieu son âme et celles des autres que n'importe quel autre bien extérieur que ce soit.
» (2.2. 132,2 ad 3)


Ce qui nous ramène, en ce point précis, à la réponse à la première objection (n°145 ; cf. aussi n° 455).





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#102 Message par Abbé Zins » mer. 21 août 2019 20:43

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


9/


213. Quant à la résurgence contemporaine de cette erreur sous la forme de l'activisme dans l'apostolat, elle est dénoncée et réfutée d'une façon très enrichissante par le livre entier de Dom Chautard : « L'âme de tout apostolat ».

Livre déjà chaudement recommandé par le Pape saint Pie X qui s'en est inspiré dans son Exhortation au clergé (Haerent Animo du 4/8/1908), dont une des rééditions fut gratifiée d'un Autographe du Pape Benoît XV, et auquel le Pape Pie XII a fait allusion en écrivant :


« Nous ne pouvons omettre d'exprimer Notre inquiétude et Notre anxiété à ceux qui, à cause des circonstances particulières du temps, se sont trop souvent engouffrés dans le tourbillon de l'activité extérieure jusqu'à négliger le premier devoir du prêtre qui est le devoir de sa propre sanctification.

Nous avons déjà dit dans un document public (Lettre Cum proxime exeat, 1944) qu'ils doivent être ramenés dans une voie plus droite ceux qui présument que l'on peut sauver le monde par ce que l'on a justement nommé : l'hérésie de l'action ; l'action qui n'a pas son fondement dans l'aide de la grâce.»
(Encyclique Menti Nostrae, 23/9/1950)





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#103 Message par Abbé Zins » jeu. 22 août 2019 21:22

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


9/

214. « Hérésie des oeuvres » ; expression du Cardinal Mermillod citée par Dom Chautard, dont tout le livre est une riche réfutation.

Avant lui s'y était appliqué le R. P. Emmanuel, dans son remarquable et bref « Traité du ministère ecclésiastique », largement cité précisément sur ce sujet dans deux des premiers Sub Tuum (n° 2 p. 3 à 10 ; n° 3 p. 5 à 11).

Deux articles où il était déjà dit, entre autres, dans la conclusion :

« Si le catholique ne respecte pas le « Dieu premier servi ! » de sainte Jeanne d'Arc, sa vie chrétienne sera elle aussi dénaturée. S'il ne respecte pas l'ordre de la vie intérieure..., il ne tiendra pas, surtout dans la crise actuelle.

S'il fait passer les sacrements avant l'Auteur des sacrements qui est la Vérité, la Justice..., il ne saura point accepter la privation des sacrements quand cela sera nécessaire pour rester fidèle à la Vérité et à la Justice.»


Et dans la dernière phrase :

« Que chacun prenne donc une bonne fois, et renouvelle sans cesse, la décision d'aimer davantage le Dieu des consolations que les consolations de Dieu, de pratiquer vraiment l'amour de Dieu plus que tout ! » (S.T.P. n° 3 p. 11)






(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#104 Message par Abbé Zins » ven. 23 août 2019 21:27

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


9/

215. On peut même dire que les multiples inversions de finalités, ou les déformations attachant plus d'importance aux moyens qu'à la fin pour laquelle ils sont utiles ou nécessaires, constituent, du fait même de leur apparente insignifiance, un des principaux "Cheval de Troie" modernes dans la vie intérieure et spirituelle des fidèles.

Citons les principales : inversion des fins de la Liturgie, du Mariage, de la vie intérieure, de la Charité ; des objets du sacrement de l'Ordre ; sans oublier celle des fins ultimes, objet de ce double numéro spécial, qui de par son caractère ultime est la plus grave de toutes.

Dans la Liturgie, on fait passer la sanctification des fidèles avant la louange, l'hommage et la gloire à rendre à Dieu ; ce qui se transforme peu à peu en pain rompu pour un monde meilleur, qui n'est plus qu'un lien social privilégié en vue de la philanthropie ; à la mode et sur le modèle des banquets gastronomiques à buts sociaux des francs-maçons.

Dans le Mariage, on fait passer la sanctification mutuelle des époux avant la procréation et l'éducation des enfants ; ce qui se transforme peu à peu en recherche du libre épanouissement du couple, avec meurtre des enfants dans le sein maternel, à l'occasion, en vue de supprimer tout obstacle à l'hédonisme jouisseur des partenaires.






(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#105 Message par Abbé Zins » sam. 24 août 2019 21:28

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


9/

Dans la Vie intérieure, on fait passer la vie active avant la contemplation, les moyens d'union à Dieu avant l'union à Dieu, les sacrements avant la doctrine, l'étude avant la prière ou l'élévation de l'âme vers Dieu ; ce qui devient l'apostolat des plages, des bars et des "boîtes de nuit", la piété sensible et le sentimentalisme dévoyé préférant les dons de Dieu à leur divin Auteur, les "apparitions" et "messages" privés en tous genres à la doctrine très claire du Catéchisme, des Papes, des Pères et des saints Docteurs ; préférant ses avis et jugements personnels ou ceux de son "maître à penser" aux arguments d'autorité, aux saints canons et aux lois de Dieu et de l'Eglise ; préférant desservir en courant, sans guère prendre le temps de confesser et diriger, 50 centres de Messes, plutôt que 25 comme il faut, etc..

Dans le sacrement de l'Ordre, on fait passer le Corps Mystique du Christ avant son Corps Eucharistique ; ce qui devient la sacramentalité de l'épiscopat [*], les relations et l'entraide sociale avant tout, etc.




(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


[*] Il y a bien un élément, un ajout ontologique et sacramentel dans le sacre épiscopal, mais comme une perfection, l’établissement dans le plus haut degré du Sacrement de l’Ordre, non comme un autre “sacrement” qui en ferait un 8e, décentré du Corps Eucharistique de Notre Sauveur pour être centré sur Son Corps Mystique.

Il est d’autant plus étonnant que les modernistes aient tenu ceci à V 2, que leur nouveau pseudo “ordination épiscopale” s'inspire d'un rite grec de simple intronisation juridictionnelle d’un Patriarche déjà Evêque.

Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#106 Message par Abbé Zins » lun. 26 août 2019 19:52

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


9/

Dans la Charité, on fait passer le second Commandement avant le premier, soi-même et le prochain avant Dieu ; ce qui devient la Messe, les sacrements, les sacres, les saintes huiles et la communion avec de faux pontifes hérétiques et idolâtres à tout prix, le traditionalisme libre dans la secte conciliaire libre, l'expérience de la Tradition dans le Panthéon des fausses religions, l'union des "religions" et des peuples dans le respect des divergences, l'aide avant tout matérielle au "Tiers-Monde" et "l'inculturation", etc.


Enfin, quant à la fin des fins, en faisant passer les créatures avant le Créateur, le bien petitement participé avant le Souverain Bien ; ce qui devient le salut des âmes est la loi suprême, le bonheur des humains est la fin suprême, la recherche d'un "paradis" sur terre au lieu de celle du Ciel et surtout de Dieu.


Où l'on constate qu'une différence d'azimut qui n'est que légère au début, faisant encore marcher dans la même direction générale, s'écarte grandement au fil des kilomètres de la voie ; l'une des visées menant au sommet de la Montagne, et les autres le faisant manquer (cf. le dessin de saint Jean de la Croix, p. 3)



(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#107 Message par Abbé Zins » mar. 27 août 2019 18:57

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


10/

216. La majeure de l'argument exposé dans l'objection étant fausse (cf. n°200s), toute l'argumentation s'écroule par elle-même.

Il est bon cependant de souligner le lien profond qui existe entre le salut et la pratique de la charité sans laquelle il ne saurait être obtenu (cf. n° 309s), en rappelant qu'ils sont tous deux des éléments constitutifs de la fin ultime particulière de la loi donnée aux hommes par Dieu (cf. n° 200).

En outre, il faut souligner ce qui les distingue, et qui se trouve confondu dans l'énoncé de l'objection.

Comme nous venons de le rappeler, leur point commun regarde la finalité ultime particulière de la loi, autrement dit le terme d'arrivée auquel fait tendre la loi.

Mais tandis que la béatitude, la vie éternelle et le salut ne consistent qu'en ce terme ou cette arrivée, autrement dit en la possession définitive de l'union à Dieu, la sanctification ou justification et la pratique de la vertu de charité concernent à la fois le terme ou l'arrivée, et la tension vers ce terme ainsi que le moyen d'y parvenir.

En d'autres termes, ils sont à la fois le moyen et la fin ultime particulière ; cela, tout simplement, parce qu'ils sont une participation anticipée de la Vie même de Dieu, qui est le Principe et la Fin (cf. n° 184), « la Voie, la Vérité, et la Vie » (Jn. 14,6).


C'est pourquoi eux seuls tombent sous le précepte de la loi en tant que moyens : « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Mt. 5,48) ; « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu » etc. ;

tandis que les autres n'en sont l'objet qu'en tant que fin, et non en tant que moyen ;

ni directement en tant qu'actes à poser, mais seulement indirectement : en tant que qui veut la fin veut les moyens.



(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#108 Message par Abbé Zins » mer. 28 août 2019 22:03

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


11/


217. L'amour de Dieu plus que tout, qui est « le plus grand et le premier Commandement » (Mt. 22,38) au dire même du divin Maître, ne saurait nuire en rien, au véritable amour du prochain dont il est au contraire la source et la condition.

Par contre, l'amour porté au prochain peut être désordonné, précisément s'il n'est point ordonné à celui de Dieu plus que tout et ne s'y trouve subordonné.

C'est ce qu'explique clairement saint Augustin (Cité de Dieu L.15, ch. 22) :

« Toute créature, bonne en elle-même, peut être aimée bien ou mal : bien, si l'ordre est respecté ; mal, si l'ordre est perturbé.

Ce que j'ai exprimé brièvement par des vers, dans une louange du cierge (pascal) :

« Ces êtres sont vôtres, et ils sont bons, parce que vous les avez créés. Rien de nôtre n'est en eux sinon notre péché, quand, négligeant l'ordre, nous aimons au lieu de vous ce qui est créé par vous ».

Mais si le Créateur est aimé véritablement, autrement dit s'il est aimé lui-même et rien d'autre à sa place qui ne soit lui, il ne saurait être mal aimé.

Car l'amour lui-même doit être aimé de façon ordonnée, lui par lequel on aime bien ce qui doit être aimé, en sorte que soit en nous la vertu par laquelle on vit bien.

C'est pourquoi il m'apparaît que l'on peut donner comme brève et véridique définition de la vertu ces deux mots : l'ordre de l'amour.

D'où ce que chante dans le saint Cantique des cantiques l'Epouse du Christ qu'est la Cité de Dieu : « Il a ordonné (mis en ordre) en moi la charité » (Cant. 2,4).

C'est donc une fois renversé l'ordre de la charité, en d'autres termes de la dilection et de l'amour, que les fils de Dieu négligèrent Dieu et aimèrent les filles des hommes.»



(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#109 Message par Abbé Zins » jeu. 29 août 2019 17:17

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


11/


218. « L'amour de convoitise qui place sa fin dans les créatures tue totalement la charité, étant son poison, comme le dit saint Augustin (Conf. 10,29 ; L. 83 Quest., Q.36).

Il aboutit à faire moins aimer Dieu qu'il ne doit l'être par la charité, non pas en diminuant celle-ci, mais en la détruisant entièrement.

C'est dans ce sens qu'il faut comprendre ce que dit saint Augustin (ibid.) :

« Il vous aime moins, celui qui aime quelque chose en même temps qu'il vous aime »,

car il ajoute : « quelque chose qu'il n'aime pas pour vous ».

Ce qui n'a pas lieu dans le péché véniel mais seulement dans le péché mortel, car ce que l'on aime dans le péché véniel n'enlève pas l'inclination habituelle d'agir pour l'amour de Dieu, bien que cet acte s'en écarte.»

(Saint Thomas, 2.2. 24,10 ad 2)



(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Avatar de l’utilisateur
Abbé Zins
Messages : 2919
Inscription : sam. 07 oct. 2006 2:00

Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#110 Message par Abbé Zins » ven. 30 août 2019 21:57

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


11/

219. Il n'y a point contradiction mais hiérarchie, dans ces affections ; conformément à ces paroles de Notre divin Maître :

« Celui qui aime son père ou sa mère, son fils ou sa fille, plus que moi, n'est pas digne de Moi » (Mt. 10,37 ; cf. n° 128) :

« Car c'est Dieu qui s'exprime ainsi.

Or Dieu doit être aimé avant et plus (prae) que tous : « Je ne fais point acception de la personne d'un homme, et ne mets point l'homme à égalité avec Dieu » (Job 32,21).

Car Dieu est la Bonté même et doit donc être aimé davantage...

Le fils ne peut certes pas rendre à son père ce qu'il en a reçu. Mais ce que le fils reçoit de son père, il le reçoit avec plus d'abondance de Dieu. ..

L'homme reçoit donc bien davantage de Dieu qu'un fils ne reçoit de son père. Par conséquent, Dieu doit toujours être aimé davantage.» (Saint Thomas, in Mt. 10,37)


« Le Seigneur indique par ces paroles que celui qui fait passer l'amour fondé sur la consanguinité de la chair avant l'amour spirituel de Dieu, n'est point digne de l'union avec Dieu.» (Saint Raban Maur, in Mt. 10,37)


« Ceux, en effet, qui auront fait passer les affections familiales (domesticas) avant la dilection envers Dieu, seront indignes de l'héritage des biens futurs.» (Saint Hilaire, can. 10 in Mt.)




(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


Répondre

Revenir à « Vraie nature de la Charité »