Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

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Abbé Zins
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Re: Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?

#131 Message par Abbé Zins » mer. 25 sept. 2019 20:33

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


14/

240. De tout cela découle que, en ayant choisi un moyen de fait gravement illégitime (1) en vue de ce qu'il estime être le salut des âmes, la bonne intention n'excusant point l'écart de la loi de Dieu et de l'Eglise (cf. n° 191), ce n'est nullement saint Paul qu'a imité Mgr. Lefebvre mais les filles de Lot, qui, en vue de ce qu'elles croyaient être le salut du genre humain, puisqu'elles pensaient que le déluge de feu tombé du ciel sur la Pentapole était universel et avait fait périr tous les humains en dehors d'elles-mêmes et de leur père, commirent un abominable péché (cf. Gen. 19,30-38 ; et Sub Tuum n° 4 p. 25).


[ (1) En ces circonstances exceptionnelles, illégitimes seulement à cause des fausses raisons mises en avant s’opposant à la doctrine et constitution de la Sainte Eglise, en prétendant notamment pouvoir s’opposer en cela à l’autorité pontificale légitime ; comme démontré dans STP n° 12 de juin 1988. ]




(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#132 Message par Abbé Zins » jeu. 26 sept. 2019 19:03

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


15/ 241. Avec cette objection et la suivante, la directrice de "La Voie" revient peu à peu (dans son n° 16) vers le bon ordre des fins ultimes, en subordonnant le salut des âmes à la Gloire de Dieu.

Ce qu'elle accentue encore davantage par la suite, en arrivant ainsi à l'énoncé de la bonne solution (mais sans vraiment l'adopter en esprit, puisqu'elle ne corrige malheureusement pas pour autant l'erreur de départ et continue à la professer dans le numéro ou tiré-à-part double qui a fait suite à celui de ses objections) :


« Nous ne cherchons pas le prochain pour notre utilité, mais nous l'aimons et désirons son salut pour l'amour, pour l'honneur et pour la gloire de Dieu...

Dieu n'est pas aimé de nous principalement pour nous-mêmes, encore que toute notre âme tende vers la félicité que Lui seul peut nous donner, mais II est aimé en tout premier lieu parce qu'Il est la Vérité..., la Bonté suprême .. , la Beauté .. , la Vie même ..» (La Voie n° 16, p. 51)






(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#133 Message par Abbé Zins » ven. 27 sept. 2019 19:28

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


15/

242. Enoncé de la vraie solution qui se trouve néanmoins mêlé d'une imprécision favorisant le non-rejet de l'erreur précédente, puisque ce passage commence par cette phrase :

« A vrai dire, il n'y a pas de différence entre l'amour que nous avons de la gloire de Dieu, du salut des âmes et de l'exaltation de la sainte Eglise ».


Etant donné le contexte erroné, il convient de distinguer ainsi :

Si l'on veut dire : pas de différence, dans le sens qu'il s'agit des éléments distincts d'une même cause finale (cf. n° 127, 171s) et d'une même charité (cf. n° 222) : cela est juste ;

si on le dit dans le sens d'une absence de distinction et d'ordre hiérarchique entre ces éléments : cela est faux, comme nous n'avons cessé de le démontrer dans les réponses précédentes (entre autres, n° 127, 171s, 217s, 229s).





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#134 Message par Abbé Zins » sam. 28 sept. 2019 19:51

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


15/

243. C'est justement en cette idée de lien essentiel, voire de relative dépendance, entre la glorification de Dieu et le salut des âmes, que se situe encore la part d'erreur contenue dans cette objection.

Point que nous avons déjà (n° 4-6) montré faux.

Car bon gré, mal gré (cf. Phil. 2,9-10 ; Eph. 1,21 ; Ps. 109,I-3 ; I Cor. 15,25-26 ; n° 33, 174), Dieu sera glorifié en toutes ses créatures raisonnables, comme II l'est par celles qui n'ont pas d'esprit, puisque

« Dieu ordonne la peine des damnés à la gloire de sa justice » (Saint Thomas, 1.2. 79,4 ad 1).


Ce que saint louis-Marie Grignon de Montfort exprime poétiquement dans la strophe 14 de son Cantique 51 (Oeuvres Compl. Ed. Seuil p. 1245) :


« Il montre au ciel sa gloire
En terre sa douceur
En enfer sa rigueur
Et partout sa victoire.»





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#135 Message par Abbé Zins » lun. 30 sept. 2019 18:42

Revue Sub Tuum Praesidium, n ̊ 15 - 18 (Avril - Octobre 1989)


3. Actualité doctrinale



Le salut est-il la fin suprême de l'homme ?



RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


15/

244. Il est pourtant vrai que, d'une manière accidentelle, la glorification de Dieu par rapport à nous, et non en Lui-même, est liée au salut des âmes ;

en ce sens que sa Gloire accidentelle apparaîtra beaucoup plus dans l'incommensurable Béatitude que sa Miséricorde aura accordée aux Elus, que dans les indicibles tourments auxquels sa Justice aura soumis les damnés.

Contrairement à ce qu'affirmait implicitement cette proposition d'Eckart condamnée comme hérétique :

« Dans toute oeuvre, même mauvaise ; mauvaise, dis-je, tant quant à la peine qu'à la faute ; la gloire de Dieu est manifestée et brille également » (D.B. 504).


C'est de cette plus grande Gloire accidentelle dont il est question en Jn. 17,1-4, et c'est aussi cette plus grande Gloire accidentelle de Dieu que nous implorons dans la première demande du Pater (cf. n° 35,37s), qui s'augmente par chaque acte de vertu et par chaque cérémonie légitime, qui doit être le premier but de nos intentions.





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#136 Message par Abbé Zins » mar. 01 oct. 2019 18:49

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RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


15/

245. La glorification de Dieu ne s'obtient donc pas essentiellement et exclusivement par le salut des âmes, même si celui-ci contribue principalement à la Gloire accidentelle de Dieu.

Sinon, il faudrait dire que Notre Seigneur et Sauveur n'a pas pleinement glorifié son Père, puisqu'Il n'a pas sauvé toutes les âmes.

Or Notre Sauveur a pleinement glorifié son Père, non seulement en sauvant toutes les âmes qui devaient l'être, seuls se perdant eux-mêmes (0s. 13,9) parmi ses disciples les fils de perdition (Jn. 17,12), mais aussi en soumettant ces derniers et tous les impies aux rigueurs de la Justice divine (Ps. 109,1 ; Mt. 25,41 ; cf. n° 5, 33, 174, 243).





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#137 Message par Abbé Zins » mer. 02 oct. 2019 18:47

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RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


16/ 246. Et par là est aussi répondu à l'objection suivante, pour laquelle on peut également se reporter à la réponse ad 7/, n° 177s.


(Après cette réponse à la dernière des objections inspirées du n° 16 de "La Voie", qu'il nous soit permis en passant de remercier sincèrement Mle D. du grand service qu'elle nous a ainsi rendu pour mieux éclairer ce sujet si délicat.

Que son souhait à notre encontre (La Voie tiré-à-part d'avril 1989 sur les soc. secr. p. 8), devienne nôtre en sa faveur : « qu'une fois éclairée par Dieu elle s'empresse de rejeter son erreur ».

Puisse-t-elle avoir l'intelligence de ne voir en ce souhait amical que nous ne faisons du reste que lui retourner, ou plus exactement en cette prière que nous adressons à Dieu en sa faveur, ni faiblesse, ni hypocrisie.

En ce second cas, nous lui répondrions alors avec ces paroles adressées par Bossuet à Fénelon :

« M. de Cambrai ne croit pas que l'on puisse porter dans ses entrailles ceux qu'on reprend pour l'amour de la vérité, ni les pleurer autrement que par des larmes artificieuses pour les déchirer davantage.» (Relation sur le Quiétisme, sect. 8).)





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#138 Message par Abbé Zins » jeu. 03 oct. 2019 19:21

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RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


17/ 247. Il faut d'abord préciser ce qui suit, avec saint Thomas :

« Tant que dure la vertu d'espérance, c'est par une même espérance que l'on espère la béatitude pour soi et pour les autres.

Mais une fois l'espérance éteinte pour les Bienheureux, ils espèrent bien la béatitude pour les autres, non cependant par vertu d'espérance mais plutôt par amour de charité.

De même que celui qui a la charité pour Dieu, aime le prochain en raison de cette même charité ;

et pourtant quelqu'un peut aimer le prochain sans avoir la vertu de charité, mais selon un amour différent.» (Saint Thomas, 2.2. 18,2 ad 3)


Ainsi en est-il donc pour Dieu et les Bienheureux, qui désirent le salut des viateurs que nous sommes, non en raison d'une vertu d'espérance qu'ils n'ont pas ou plus, mais par amour de charité.

Quant à notre espérance, elle est rattachée ou non à la vertu de charité, selon qu'elle est ou non informée par cette dernière.


(Pour ce qui est des expressions : charité parfaite ; charité imparfaite, dans le sens où elles sont couramment employées par les auteurs modernes, nous verrons plus loin (n° 286s) ce qu'il convient d'en dire.)





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#139 Message par Abbé Zins » sam. 05 oct. 2019 18:02

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RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


17/

248. Ceci précisé, il faut dire en outre que désirer notre salut et celui du prochain ne se rattache à la charité que si nous ne désirons pas notre salut avant tout, mais seulement après le bien même de Dieu et parce que telle est sa divine Volonté (cf. n° 51).

En effet, désirer avant tout notre salut et celui du prochain se rapporterait à l'amour le plus grand que nous pourrions avoir exclusivement, et donc de soi désordonnément, pour nous-mêmes et le prochain, mais non à la charité qui se rapporte essentiellement à Dieu.





(*) Pour relire l'objection avant la réponse, il suffit de cliquer sur le lien mis au n° 1/ ou suivant qui y renvoie ; puis, pour revenir lire la réponse, il faut cliquer sur la flèche en haut tout à gauche afin de revenir en arrière.


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#140 Message par Abbé Zins » mer. 09 oct. 2019 19:24

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RÉPONSES AUX OBJECTIONS : (*)


17/

249. Dieu, par contre, nous aimant parfaitement nous-mêmes, désire certes pour nous le salut, et bien plus que nous ne le désirons nous-mêmes :

« Vous ne désirez pas votre bonheur comme il désire votre salut, ce qu'il nous a fait voir par bien des exemples » (S .J. Chrysostome, hom. sur la Parabole des dix mille talents) ;

mais s'aimant davantage Lui-même, comme II se le doit, Lui qui est la Bonté même ou le Souverain Bien, la Vérité, la Justice, la Sainteté, la Vie éternelle, Il préfère, et cela nécessairement (cf. S. Th. C.G. 1,80,74) par essence ou nature, sa propre perfection à celle de ses créatures, conformément à ce que dit saint Bernard (serm. 16 in Cant.), cité par le Vénérable Louis du Pont (De la perfect. du chrétien en tous ses états, tr. 3 ch. 3) :

« Car celui qui se dit Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, s'appelle aussi le Dieu des vengeances, Dieu Juste et Fort, terrible en ses conseils envers les enfants des hommes, dont le nom est Dieu zélateur ou jaloux :

tu penses, par aventure, que celui qui est jaloux de ton bien, comme Père et Bienfaiteur, ne sera point jaloux du sien, comme Seigneur et Créateur, en maintenant son honneur et sa souveraineté ? »
;

permettant que celles de ses créatures raisonnables qui ne L'aiment point plus que tout, ce que sa Perfection se doit de ne pas tolérer, ne soient pas sauvées mais damnées.


Car, comme le dit saint Thomas (3. 86,3 obj. 5 et ad 5), si « Dieu aime le pécheur quant à sa nature, il le hait quant à sa faute. ..

(Car) la dilection par laquelle Dieu aime la nature de l'homme (pécheur) n'est point ordonnée au bien de la gloire pour lequel l'homme est empêché par tout péché mortel ».


L'Enfer étant, du reste, l'envers de son Amour,

car « l'Amour est fort comme la mort, et la jalousie, dure comme l'Enfer » (Cant. 8,6),

car « l'abîme appelle l'abîme » (Ps. 41,8),

l'Amour gratuit appelle l'amour gratuit ;

le rejet, le rejet (cf. n° 69).





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