Prophétie de Saint Remy

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Si vis pacem
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Prophétie de Saint Remy

#1 Message par Si vis pacem » mar. 23 janv. 2007 23:27

Louis-Hubert Remy, le jeudi 21 décembre à 8:58, à cet endroit : http://gestadei.bb-fr.com/La-Monarchie- ... e-t535.htm a écrit:

Oui très nombreux furent les saints, les bienheureux, les saintes âmes qui ont prophétisé et parlé du Grand Monarque et du Grand Pape.

Des livres ont été écrits à ce sujet et donnent toutes les références. Notre abbé ne doit pas les connaître, puisqu'il s'est borné à critiquer notre ami le Marquis de La Franquerie.

Qu'il se reporte à :
- Voix Prophétiques de l'abbé Curicque ;
- Bénédictions et Malédictions de Jean Vaquié ;
- Veillez et priez de Michel Servant ;
- Serait-ce vraiment la fin des temps ?, d'Elie Daniel, abbé Paulin Giloteaux, prêtre parisien éminent comme en parle la RISS rose n° 11 du 1/11/1929 p. 340
Cet abbé Giloteaux était aussi savant que notre abbé contradicteur.
- Guerre et Révolution du baron de Novaye
- Demain ?... du même auteur
- La perspective des Grands Evénements de Michel de Savigny
- etc. etc.

Saint Remy, Hincmar, sainte Hildegarde, la Mère du Bourg, le bienheureux Amadio au XVIè, le Bienheureux Tomasuccio,au même siècle, la religieuse de Belley, Bernard de Bushs, Merlin Joachim, la Bienheureuse Catherine de Racconigi, Maître Noël Olivarius, saint Patern, Marie des Terreaux, Werdin d'Otrante au XIIIè, Jean de Vatiguerro, Bernard de Bustis au XVè, l'abbé Souffrand, saint François de Paule, Michel Pirus, Mgr Makarios, et tant d'autres ont parlé du Grand Pape et du Grand Monarque.

Alors ramener tout à certains auteurs douteux du XIXè qui ont affabulé sur le comte de Chambord prouve l'incompétence ou pire : la malhonnêteté.
Les auteurs et les titres sont évoqués ... mais les textes font toujours défaut !!!

Permettez-moi alors de commencer par la première prophétie énoncée : celle de Saint Remy.

Le premier ouvrage cité, Les Voix Prophétiques de l'abbé Curicque, nous en parle et la cite en ces termes :
[quote="Curicque – "Voix prophétiques", Paris, 1872, Tome II, page 549-551"]
I. — Texte de la prophétie.

Les anciens recueils de prophéties donnent comme venant de saint Augustin la prédiction qui annonce à la nation franque de glorieuses destinées jusqu'à la fin du monde. Le texte s'en trouve en effet rapporté dans les oeuvres du savant évêque d'Hippone, au tome VI de l'édition des Bénédictins, Livre de l'Antéchrist qui se trouve rangé dans l'appendice. Mais la seule lecture de ce livre ruine cette supposition par la base. On attribue généralement aujourd'hui le Livre de l'Antéchrist au célèbre Alcuin, l'ami et le maître de Charlemagne.

Quant à la prophétie qui nous occupe, les auteurs les plus anciens et les plus graves à la fois en font honneur à saint Remi, archevêque de Reims. L'un de ses successeurs, le célèbre Hincmar, dit qu'elle fut faite à Clovis à la veille de son baptême.

Nous en donnons le texte traduit en français, d'après l'auteur du grand Pape et du grand Roi (1).

« Apprenez, mon fils, dit saint Remi à Clovis, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l'Église romaine, qui est la seule véritable Église du Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes de la terre et il embrassera toutes les limites de l'Empire romain, et soumettra tous les autres royaumes à son sceptre; il durera jusqu'à la fin des temps; il sera victorieux et prospère tant qu'il restera fidèle à la foi romaine et ne commettra pas un de ces crimes qui ruinent les nations; mais il sera rudement châtié toutes les fois qu'il sera infidèle à sa vocation.»


II. — Traditions qui s'y rapportent.

La tradition non interrompue de tous les siècles, justifiée d'ailleurs par les faits de l'histoire, a constaté l'authenticité de cette prophétie, depuis Bède le vénérable, au VIe siècle, jusqu'à Baronius au XVIIe. La prophétie de saint Remi, devenue même fameuse en Orient, est entrée dans les traditions musulmanes qui portent qu'un grand Roi de la monarchie française viendra, avant la fin du monde, mettre fin à l'empire des Turcs, tant sera étendue sa puissance.

Raban Maur, archevêque de Mayence au IXe siècle, cite cette prophétie dans les termes suivants (2) :

« Nos principaux docteurs s'accordent pour nous annoncer que, vers la fin des temps, un des descendants des Rois de France règnera sur tout l'antique Empire romain, et qu'il sera « LE PLUS GRAND DE TOUS LES ROIS DE FRANCE ET LE DERNIER DE SA RACE.» « Doctores nostri dicunt quod usus ex regibus Francorum Romanum imperium ex integro tenebit qui in novissimo tempore erit, et ipse maximus et omnium regum ultimus. » Il parle ensuite d'une tradition moins générale et moins authentique, quand il ajoute « qu'après avoir eu un règne des plus glorieux, il ira à la fin à Jérusalem, sur le mont des Oliviers, déposer sa couronne et son sceptre, et que c'est ainsi que finira le saint Empire romain et chrétien : Postquam regnum suum feliciter gubernaverit, ad ultimum Hierosolymam veniet et in monte Oliveti sceptrum et coronam deponet. Hie erit finis et consummatio Romanorum christianorumque imperii.»


(1) – Chapitre II, Traditions et Prophéties françaises, page 44.
(2) – Le grand Pape et le grand Roi, page 47.

[/quote]

Je constate, à propos, que l'auteur du premier ouvrage cité par monsieur Louis-Hubert Remy comme référence, l'abbé Curicque, semble
... ramener tout à certains auteurs douteux du XIXè qui ont affabulé sur le comte de Chambord ...
à savoir l'auteur de l'ouvrage intitulé Le grand Pape et le grand Roi que monsieur l'abbé Zins nomme le sourcier (cf : http://www.micael.byethost7.com/viewtop ... &t=30#p100 )

Faut-il donc écarter le premier témoin cité par monsieur Louis-Hubert Remy pour son
... incompétence ou pire : [s]a malhonnêteté.

Si vis pacem
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Re: Prophétie de Saint Remy

#2 Message par Si vis pacem » jeu. 25 janv. 2007 23:30

Je vous livre ici, en comparaison, le texte d'Hincmar, tiré de sa Vita S. Remigii telle que nous la donnent les Bollandistes (les vrais !) :
Acta sanctorum, octobris tomus I, pp. 145-146 a écrit :
57 - […] Die vero passionis Domini, quem Parasceven usus ecclesiasticus vocat, pridie scilicet antequam baptismi gratiam rex et populus ejus percepturi erant, cum sanctus Remigius et venerabilis conjux regis Rothildis pro regis et populi ejus salute in oratione pernoctarent, Episcopus in domo ante altare sanctae Mariae multas effundens lacrimas, et regina in oratorio sancti Petri juxta domum regiam ; expleta oratione, Pontifex ad hostium regii cubiculi pulsaturus accessit, ut videlicet per alta silentia noctis aliis curis regi absoluto liberius posset committere sacra mysteria verbi.

58 - Quem hostiis apertis cubicularii regis reverenter suscipiunt, et cum honore debito usque ad penetralia regis introducunt. Sed et rex alacriter ei obviam prosilivit, eumque amplexatus, cum ipso et venerabili conjuge in oratorium beatissimi Apostolorum principis Petri, quod, ut diximus, cubiculo regis contiguum erat, processit. Cumque illi tres, Pontifex scilicet et rex atque regina, dispositis sedilibus consedissent, circumstantibus quibusdam clericis, qui cum Pontifice venerant, et familiaribus regis atque reginae, et sanctus Praesul regem monitis instrueret salutaribus, ac Euangelicis disciplinis imbueret, ad confirmandam verae fidei praedicationem, per sanctum depromptam Pontificem etiam visibiliter ostendere Dominus voluit, quod fidelibus cunctis promisit : {i]Ubi sunt duo vel tres congregati in nomine meo, ibi sum in medio eorum[/i]; repente lux tam copiosa totam replevit ecclesiam, ut claritatem solis evinceret; et cum luce vox pariter audita est dicentis : Pax vobis : ego sum, nolite timere; manete in dilectione mea.

59 - Et post haec verba lux, quae advenerat, recessit, et incredibilis suavitatis odor in eadem domo remansit, ut patenter ostenderetur, illuc Autorem lucis et pacis atque suavitatis venisse, quem nemo eorum, qui aderant, praeter Episcopum, propter fulgorem luminis timore perculsi, intueri valuerunt; tantaque claritatis gloria Pontificem sanctum perfudit, ut splendor ex eo procedens plus conspicuam domum, in qua sedebant, reddiderit, quam lucernarum lumina ibidem lucentia. Rex itaque ac regina pedibus se sancti Sacerdotis prosternunt, et cum magno pavore ac gemitu consolationem ejus requirunt, et quid sibi ad utilitatem atque salutem pertinens esset agendum, cum magna expetunt devotione, parati audire et opere complere, quod a sancto Pontifice discerent.

60 - Nam lumen, quod eos exterius perfudit, etiam interius illuminavit, et ad quaerendum salubre consilium incitavit. Delectabantur nam­que in verbis illis, quae audierant, licet exterriti essent de luminis claritate. At vero Vir sanctus, sancta repletus sapientia, coepit eos instruere, hanc esse visionis divinae atque angelicae consuetudinem, ut in adventu suo terreant corda mortalium, sed subsequenti consolatione demulceant praecedentem timorem, instruens eos ex auctoritate sanctarum Scripturarum, quomodo singulis, quibus apparuerunt, et in primordio apparitionis incusserint videntibus se timorem, sed post per gratiam consolationis gratissimam eorum cordibus praebuere laetitiae hylaritatem. Cumque jam sanctus Vir eos de talibus sufficienter instruxisset, prophetico repletus spiritu cuncta, quae eis, vel semini eorum, eventura erant, praedixit.

61 - Qualiter scilicet successura eorum posteritas regnum esset nobilissime propagatura atque gubernatura, et sanctam Ecclesiam sublimatura omnique Romana dignitate regnoque potitura, et victorias contra aliarum gentium incursus adeptura, nisi forte a bono degenerantes viam veritatis relinquerent, et diversos vitiorum fuerint secuti anfractus, quibus negligi Ecclesiastica solet disciplina, et quibus Deus offenditur ; ac per hoc regna solent subverti atque de gente in gentem transferri. Quod de Moyse scriptum legimus, quia splendida facta est facies ejus, dum respiceret in eum Dominus, hoc et in beatum Remigium luce splendida illustratum factum fuisse audivimus; quoniam sicut Moyses legislator populo veteri erat a Domino constitutus, ita et beatus Remigius Euangelicae gratiae lator populo in proximo per fontem baptismatis innovando extitit munere Christi electus cc.
Nous pouvons le lire aussi, notamment, dans les ouvrages suivants :

- Patrologie Latine, tome 125, col. 1159, § 37
- Dom Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France, tome III, p. 376
- Monumenta Germaniae Historiae, Scriptorum rerum merovingicarum, tome III, p.296

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Paulus
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Re: Prophétie de Saint Remy

#3 Message par Paulus » ven. 26 janv. 2007 1:11

Si quelqu'un peut me donner qq infos sur l'abbé Curicque, je suis preneur.

Je veux du détail, mais surtout une conclusion : c'est un bon ou c'est un mauvais (je n'ai plus le temps de finasser ...).

Merci.

Paulus

Si vis pacem
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Re: Prophétie de Saint Remy

#4 Message par Si vis pacem » ven. 26 janv. 2007 13:07

Paulus a écrit :Si quelqu'un peut me donner qq infos sur l'abbé Curicque, je suis preneur.

Je veux du détail, mais surtout une conclusion : c'est un bon ou c'est un mauvais (je n'ai plus le temps de finasser ...).

Merci.

Paulus
Paulus,

Je vous prie de me pardonner, mais votre question me semble mal posée. En effet, le problème, ici (comme bien souvent), n'est pas, pour ma part, de savoir si telle personne est bonne ou mauvaise ; la question essentielle en l'espèce, repose sur le fait de déterminer qui de la raison ou de la passion l'emporte sur un sujet tel que celui-ci.

Ce dossier est là pour essayer d'y voir un peu plus clair, vous comprendrez alors que je ne puis mettre la charrue avant les boeufs en donnant une conclusion sans avoir auparavant donné les pièces nécessaires à un juste jugement pour une personne honnête.

Si vis pacem
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Re: Prophétie de Saint Remy

#5 Message par Si vis pacem » ven. 26 janv. 2007 19:11

Peut-être estimerez-vous que ma réponse ne convient pas ...

Je me permettrai alors de vous conseiller la lecture de ce message de monsieur Louis-Hubert Remy : http://gestadei.bb-fr.com/Actualite-de- ... s-t723.htm

Il nous cite la lettre de Mgr Pie en tête de l'ouvrage de l'abbé Curicque :
Monsieur l'abbé,
Je vous remercie de l'envoi que vous m'avez fait de vos deux éditions (la seconde et la troisième) des Voix Prophétiques.
La première épître aux Thessaloniciens a posé la règle en cette matière : "Ne méprisez pas les prophéties : éprouvez tout ; retenez ce qui est bon".
Ces paroles serviront de flambeau à vos lecteurs
; et, là où le discernement ne leur semblera pas possible, ils attendront la lumière qui jaillira des événements.
Croyez, Monsieur l'abbé, à mon sincère dévouement en N.-S.
L.-E., Ev. de Poitiers
Je crois pour ma part ne pas avoir dit, ni fait autre chose, alors continuons à passer au crible, nous n'en retiendrons que ce qui est bon ! Ainsi, toujours en accord avec Mgr Pie, "ces paroles (de l'Apôtre) [auront servies] de flambeau aux lecteurs", dont je suis moi-même.

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Re: Prophétie de Saint Remy

#6 Message par Si vis pacem » sam. 27 janv. 2007 1:21

Continuons donc notre quête ...
Curicque – [i]Voix prophétiques[/i], Paris, 1872, Tome II, page 550 a écrit : La tradition non interrompue de tous les siècles, justifiée d'ailleurs par les faits de l'histoire, a constaté l'authenticité de cette prophétie, depuis Bède le vénérable, au VIe siècle, jusqu'à Baronius au XVIIe. La prophétie de saint Remi, devenue même fameuse en Orient, est entrée dans les traditions musulmanes qui portent qu'un grand Roi de la monarchie française viendra, avant la fin du monde, mettre fin à l'empire des Turcs, tant sera étendue sa puissance.

Raban Maur, archevêque de Mayence au IXe siècle, cite cette prophétie dans les termes suivants (2) :

« Nos principaux docteurs s'accordent pour nous annoncer que, vers la fin des temps, un des descendants des Rois de France règnera sur tout l'antique Empire romain, et qu'il sera « LE PLUS GRAND DE TOUS LES ROIS DE FRANCE ET LE DERNIER DE SA RACE. » Doctores nostri dicunt quod usus ex regibus Francorum Romanum imperium ex integro tenebit qui in novissimo tempore erit, et ipse maximus et omnium regum ultimus. » Il parle ensuite d'une tradition moins générale et moins authentique, quand il ajoute « qu'après avoir eu un règne des plus glorieux, il ira à la fin à Jérusalem, sur le mont des Oliviers, déposer sa couronne et son sceptre, et que c'est ainsi que finira le saint Empire romain et chrétien : Postquam regnum suum feliciter gubernaverit, ad ultimum Hierosolymam veniet et in monte Oliveti sceptrum et coronam deponet. Hie erit finis et consummatio Romanorum christianorumque imperii. »


(2) – Le grand Pape et le grand Roi, page 47.
Curicque – [i]Voix prophétiques[/i], Paris, 1872, Tome II, page 549-551 a écrit : Les anciens recueils de prophéties donnent comme venant de saint Augustin la prédiction qui annonce à la nation franque de glorieuses destinées jusqu'à la fin du monde. Le texte s'en trouve en effet rapporté dans les oeuvres du savant évêque d'Hippone, au tome VI de l'édition des Bénédictins, Livre de l'Antéchrist qui se trouve rangé dans l'appendice. Mais la seule lecture de ce livre ruine cette supposition par la base. On attribue généralement aujourd'hui le Livre de l'Antéchrist au célèbre Alcuin, l'ami et le maître de Charlemagne.
Voici donc la "prophétie" du pseudo Augustin (aux dires mêmes de l'abbé Curicque) :
Saint Augustin (Patrologie Latine Tome XXXVII) Tome VI, col. 1133 a écrit :
Tempus quidem quando Antichristus veniat, vel quando dies judicii apparere incipiat, Paulus in Epistola ad Thessalonicenses dicens (1), Rogamus vos per adventum Domini nostri Jesu Christi, manifestat eo loco ubi ait : Quoniam nisi venerit discessio primum, et revelatus fuerit homo peccati, filius perditionis (II Thess. II, 1, 3), etc. Scimus enim quoniam post regnum Graecorum, sive etiam post regnum Persarum, ex quibus unumquodque suo tempore magna gloria viguit, et maxima potentia floruit, ad ultimum quoque post caetera re­gna regnum Romanorum coepit (2), quod fortissimum omnium regnorum superiorum fuit, et omnia regna terrarum sub dominatione sua habuit, omnesque populorum nationes Romanis subjacuerunt, et eis sub tributo servierunt. Inde ergo dicit apostolus Paulus, Antichristum non antea in mundum esse venturum, nisi venerit primum discessio ; hoc est, nisi discesserint omnia regna a Romano imperio, cui prius subdita erant. Hoc autem tempus nondum advenit ; quia licet videamus Romanum imperium ex maxima parte jam destructum, tamen quamdiu reges Francorum duraverint, qui Romanum imperium tenere debent, Romani dignitas ex toto non peribit ; quia in regibus suis stabit. Quidam vero doctores nostri dicunt, quod unus ex regibus Francorum Romanum imperium ex integro tenebit, qui in novissimo tempore erit, et ipse erit maximus, et omnium regum ultimus : qui postquam regnum suum feliciter gubernaverit, ad ultimum Jerosolymam veniet, et in monte Oliveti sceptrum et coronam suam deponet (hic erit finis et consummatio Romanorum christianorumque imperii) : statimque, secundum sententiam praedictam apostoli Pauli, Antichristum dicunt adfuturum.

(1) – Mss., demonstrat dicens, Nisi venerit, etc.
(2) – In Ms. Regio, incipiet; et mox, erit... habebit... subjacebunt … servient.
De quels docteurs nous parle-t-on ici ?

De celui-ci :
Bède le Vénérable (Patrologie Latine, Tome XC) - Tome I, col. 1184-1185 a écrit :

[...]

Post haec vero surget alius rex per H, nomine ; et de ipso H praecedent duodecim H et erit de genere Longobardorum et Teutonicorum, et regnabunt per annos centum. Tunc post eum exsurget rex H nomine, Salicus de Francia. Tunc initium dolorum erit, qualis non fuit ab initio saeculi. Et erunt in diebus ipsius multae pugnae et tribulationes multorum et sanguinis effusio, et terrae motus per civitates et regiones, et terrae multae captivabuntur, et non erit qui inimicis resistat, quia Dominus iratus erit in terra. Roma in persecutione et gladio expugnabitur, et erit deprehensa in manu ipsius regis. Et erunt homines rapaces, cupidi, tyranni, odientes, pauperes, opprimentes insontes, et dominatores exterminii captivabuntur; et non in terra qui pro eis resistat et eruat eos, propter malitis eorum et cupiditates. Et tunc exsurget rex nomine H animo constans. H ille idem constans erit rex Rom. Et Graecorum ; hic statura grandis, aspectu decorus, vultu splendidus, atque per singula membrorum lineamenta decenter compositus, et ipsius regnum CXXII annis terminabitur. In illis ergo diebus erunt divitiae magnae, et terra abundanter dabit fructum suum, ita ut tritici modium denario uno venundetur, modium vini denario uno et modium olei denario uno. Et ipse rex Scripturam habebit ante oculos, dicentem : Rex Rom. Omne sibi vindicat regnum Christianorum. Omnes ergo insulas et civitates paganorum devastabit, et universa idolorum templa destruet, et omnes paganos ad baptismum convocabit, et per omnia templa crux Christi Jesu erigetur. Tunc namque praeveniet Aegyptus Aethiopiam munus dare Deo. Qui vero crucem Jesu Christi non adoraverint, gladio punientur. Et cum completi fuerunt CXXII anni, Judaei convertentur ad Dominum, et erit ab omnibus sepulcrum ejus gloriosum. In diebus illis salvabitur Israel, et habitavit confidenter...
Peut-être de celui-là :
Raban Maur (Patrologie Latine Tome CXII) Tome VI, col. 1507-1508 a écrit :

B. Rabani Mauri Archiep. Mogunt. Operum Pars III.

PROPHETIA DE FRANCIS.

(Vide inter Opera sancti Augustini, tom. VI, col. 1133.)
A moins que ce ne soit plutôt de ces deux autres :
Alcuin (Patrologie Latine, Tome CI), col.1296 a écrit :

ADSONIS

ABBATIS MONASTERII DERVENSIS

LIBELLUS DE ANTICHRISTO

AD GERBERGAM REGINAM


[...]

Sicut in sibyllinis versibus habemus, tempore praedicti redis, cujus nomen erit C. rex Romanorum totius imperii, statura grandis, aspectu decorus, vultu splendidus, et per singula membrorum lineamenta compositus decenter, erunt divitiae magnae, et terra dabit fructum suum, ita ut tritici modius denario uno venundetur, vini et olei similiter. Tunc exsurgent ab Aquilone spurcissimae gentes, quas Alexander rex inclusit in Goch et Magoch. Haec sunt viginti duo [Ms. Reg., duodecim] regna, quorum numerus est sicut arena maris. Quod cum audierit Romanorum rex, convocato exercitu debellabit eos, et prosternet eos usque ad internecionem. Hic semper habebit prae oculis Scripturam ita dicentem : Rex Romanorum omne sibi vindicet regnum terrarum. Omnes ergo insulas et civitates devastabit, et universa idolorum templa destruet, et omnes paganos ad baptismum convocabit, et per omnia templa crux Christi erigetur : Judaei etiam tunc convertentur ad Dominum. In diebus illis salvabitur Juda, et Israel habitabit confidenter (Jerem. XXIII, 16). Impletis autem centum duodecim [Ms. Reg., duodecim, om. centum] regni ejus annis veniet Hierusalem et ibi, ut dictum est, deposito diademate relinquet Deo Patri et Filio ejus Christo Jesu regnum Christianorum, et erit sepulcrum ejus gloriosum...
Ouf !

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Si vis pacem
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Re: Prophétie de Saint Remy

#7 Message par Si vis pacem » lun. 12 févr. 2007 21:51

Le marquis de la Franquerie dans son livre sur "La Mission Divine de la France" a écrit :

LE BAPTISTÈRE DE REIMS


Le miracle auquel on ne veut plus croire existe à l'état permanent : c'est notre histoire. On peut dire avec l'Abbé Vial (1) que
« Lourdes, La Salette, Pontmain, Notre-Dame des Victoires, etc,... ne sont que les avant-derniers anneaux d'une longue chaîne de miracles qui va du Baptistère de Reims, où est née la France, à la Basilique du Sacré-Cœur où elle ressuscitera, en passant par les cycles bénis de saint Bernard, de saint Louis, de Jeanne d'Arc, du Curé d'Ars » ; nous ajouterons aussi de sainte Thérèse de I'Enfant Jésus.

Saint Remy et le baptistère de reims sont pour la france ce que moïse et le sinaï furent pour le peuple juif.
Le 19 décembre 1907, à l'Archevêque de Reims, Monseigneur Luçon, nouvellement promu Cardinal, saint Pie X déclarait (2) :
« Reims conserve la source baptismale d'où est sortie toute la France Chrétienne, et elle est justement appelée pour cela le Diadème du Royaume. C'était une heure ténébreuse pour l'Église de Jésus-Christ. Elle était d'un côté combattue par les Ariens, de l'autre assaillie par les Barbares; elle n'avait plus d'autre refuge que la prière pour invoquer l'heure de Dieu. Et l'heure de Dieu sonna à Reims, en la fête de Noël 496. Le baptême de Clovis marqua la naissance d'une grande nation : la tribu de Juda de l'ère nouvelle, qui prospéra toujours tant qu'elle fut fidèle à l'orthodoxie, tant qu'elle maintint l'alliance du Sacerdoce et du Pouvoir public, tant qu'elle se montra, non en paroles, mais en actes, la Fille aînée de l'Église ».

Dans la nuit de Noël 496, à minuit, au jour anniversaire et à l'heure même de Sa naissance, le Christ lors de la naissance spirituelle de notre France et de nos Rois voulut par un miracle éclatant affirmer la mission divine de notre Pays et de la Race Royale de Mérovée, au moment même où saint Remy va proclamer cette mission au nom du Tout-Puissant, pour sanctionner solennellement les paroles divinement inspirées de Son ministre. A minuit, alors que le Roi, la Reine et leur suite sont là,
« soudain, raconte Hincmar, Archevêque de Reims, une lumière plus éclatante que le soleil inonde l’Eglise ! le visage de l’évêque en est irradié ! en même temps retentit une voix : la paix soit avec vous ! c'est moi! n'ayez point peur ! persévérez en ma dilection ! (3) »

Quand la voix eut parlé, ce fut une odeur céleste qui embauma l'atmosphère.
« Le Roi, la Reine, toute l'assistance épouvantés, se jetèrent aux pieds de saint Remy qui les rassura et leur déclara que c'est le propre de Dieu d'étonner au commencement de Ses visites et de réjouir à la fin. « Puis soudainement illuminé d'une vision d'avenir, la face rayonnante, l'œil en feu, le nouveau Moïse s'adressant directement à Clovis, Chef du nouveau Peuple de Dieu, lui tint le langage identique quant au sens de l'ancien Moïse à l'Ancien Peuple de Dieu :
«apprenez, mon fils, que le royaume de france est prédestiné par Dieu à la défense de l’Eglise romaine qui est la seule véritable Eglise du Christ.
«ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes.
«et il embrassera toutes les limites de l'empire romain !
«et il soumettra tous les peuples à son sceptre !
«il durera jusqu’à la fin des temps !
«il sera victorieux et prospère tant qu'il sera fidèle à la foi romaine.
«mais il sera rudement châtié toutes les fois qu'il sera infidèle à sa vocation (4)».

Au IXè siècle, Raban Maur, Archevêque de Mayence, a rendu public le passage suivant qui aurait été prononcé également par saint Remy à la fin de son allocution :
« vers la fin des temps, un descendant des rois de france régnera sur tout l'antique empire romain. il sera le plus grand des rois de france et le dernier de sa race. Après un règne des plus glorieux, il ira à Jérusalem, sur le mont des oliviers, déposer sa couronne et son sceptre, et c'est ainsi que finira le saint empire romain et chrétien (5)».

Commentant cette magnifique vision d'avenir, l'Abbé Vial écrit :
«La prophétie comprend quatre points :

1° La vocation de la France : elle est le Soldat de Dieu !
2° Sa gloire future : elle sera sans égale !
3° Sa durée : celle de l'Eglise.
4° La sanction divine : récompense ou châtiment uniques au monde, comme sa gloire ».

Et il ajoute en note :

« Bien remarquer que la prophétie est faite directement à la race, à la postérité, à la famille royale, «semini, generi regio, posteritati» comme si la race était aussi inséparable de la France que la France est inséparable de l'Eglise ».


(1) - Abbé Vial, op. cit. p. 62, sans oublier les apparitions de la rue du Bac et de Pellevoisin.
(2) - Bulletin du Diocèse de Reims, 28 déc. 1907, p. 621.
(3) - Migne : Patr. Lat. T. CXXV, p. 1159 et 1160.
Hincmar : Vita Sancti Remigii, Cap. XXXVI et suivants. Bibl. Nat. A, 112 à 329.
(4) - Migne. Patr. Lat. CXXXV, p. 51 et suivantes
Flodoard : Historia Ecclesiæ Remensis. Lib. 1, cap. XIII. Bibl. Nat. A. 112 à 329.
(5) - Voir : Bloc Catholique, mars-avril 1923, n° 187, p. 51 : Les Francs, peuple élu de Dieu, par le Marquis de la Vauzelle.
Je m'étonne, à ce stade, de constater un procédé pour le moins étonnant.

En effet, si le marquis cite ses sources quant à Hincmar et Flodoard, on s'interroge sur l'absence de celles-ci quant à Raban Maur.

Rien ne semble justifier cela, sachant que les oeuvres de cet auteur figurent, elles aussi, dans la Patrologie Latine (Tomes CVII-CXII).

Ne serait-ce pas parce que Migne nous renvoie, lors de la consultation du tome VI (tome CXII de la Patrologie) des oeuvres de Raban Maur (col. 1507-1508) (ainsi que nous l'avons cité dans notre message précédent) ... à Saint Augustin !!!

Il semble y avoir comme un malaise ...

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Laetitia
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Re: Prophétie de Saint Remy

#8 Message par Laetitia » mar. 13 févr. 2007 20:30

Tout ceci est un peu confus.

Pour résumer :

Si je comprends bien, il s'agit d'une prophétie datant de 496 (?) de saint Rémy archevêque de Reims, dont une partie aurait été rapportée au IX siècle par Hincmar (806-882) archevêque de Reims, et l'autre partie par Raban Maur, archevêque de Mayence (780-856).
Au IXè siècle, Raban Maur, Archevêque de Mayence, a rendu public le passage suivant qui aurait été prononcé également par saint Remy à la fin de son allocution...
Pourquoi Raban Maur rend public ce passage et non Hincmar ?

Pourquoi ce conditionnel aurait été ?

Si vis pacem
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Re: Prophétie de Saint Remy

#9 Message par Si vis pacem » mer. 14 févr. 2007 19:17

Laetitia,

Pour répondre à votre première question, il faut nous rappeler que la citation du marquis
Au IXè siècle, Raban Maur, Archevêque de Mayence, a rendu public le passage suivant qui aurait été prononcé également par saint Remy à la fin de son allocution :
« vers la fin des temps, un descendant des rois de france régnera sur tout l'antique empire romain. il sera le plus grand des rois de france et le dernier de sa race. Après un règne des plus glorieux, il ira à Jérusalem, sur le mont des oliviers, déposer sa couronne et son sceptre, et c'est ainsi que finira le saint empire romain et chrétien (5)».
se retrouve dans Le Grand Pape et le Grand Roi du sourcier (page 46-47), dans Serait-ce vraiment la fin des temps ? d'Elie Daniel (p 367), dans Demain, du Baron de Novaye (p. 49) etc ...

Cependant ...

Cependant, il ne s'agit nullement de précision - rendue publique par Raban Maur, Alcuin, Bède le Vénérable, Saint Augustin, Alboin ou qui que ce soit d'autre - à ce
qui aurait été prononcé également par saint Remy à la fin de son allocution
Non ...

Il s'agit tout simplement d'un passage tiré d'un ouvrage du Xè siècle ayant pour titre De ortu et tempore antichristi plus couramment connu sous le nom de De Antichristo ayant pour auteur le moine Adson, devenu par la suite abbé de l'abbaye de Montier-en-Der.

Il fut composé à l'intention de la reine Gerberge, épouse de Louis IV d'Outremer, désireuse de
Dom Cellier dans son Histoire générale des auteurs ecclésiastiques, tome 12, p. 885 a écrit :... s'instruire sur ce qu'on devait croire de l'antéchrist, de son pouvoir, de ses persécutions et de son origine

[...]

Adson composa là dessus un traité, qu'il adressa à la reine. Les voeux qu'il fait dans son épître dédicatoire pour la félicité temporelle et éternelle de cette princesse, de son mari et de leurs enfants, est une preuve qu'il l'écrivit avant le quinzième d'octobre de l'an 954, auquel ce prince mourut

[...]

C'est sur cette épître que l'on est enfin convenu de l'auteur du traité de l'antéchrist, attribué tantôt à saint Augustin, tantôt à Raban Maur, et quelquefois à Alcuin ...

Les bénédictins de Saint-Maur étudiant le De Antichristo nous précisent que :
Histoire Littéraire de la France par les Bénédictins de la Congrégation de St Maur, pp. 479-480 a écrit :
ADSON, Abbé DE MONTIER-EN-DER, X siècle.



Ce traité a été si fameux dans les siècles destitués de critique, qu'on en a voulu faire remonter l'honneur jusqu'à S. Augustin, d'autres seulement jusqu'à Alcuin, ou à Raban Maur, entre les écrits desquels il se trouve imprimé. Mais ceux qui l'avoient lu, tel qu'il est parmi les oeuvres d'Alcuin, pouvaient éviter cette fausse attribution (p. 1211-1216). On y voit cités en effet, non seulement S. Augustin même et S. Jerôme, mais encore le Pape S. Gregoire le Grand ; et quiconque est versé dans la lecture des ouvrages d'Alcuin et de Raban, s'aperçoit que l'Auteur du traité en question y a fondu presque tout le dix-neuvième chapitre du III livre de la foi de la Trinité par Alcuin, et plusieurs choses du second chapitre du XXII livre de Raban sur S. Paul. Enfin la découverte de la préface, ou épître dédicatoire de ce traité à la Reine Gerberge, en a fait connaître le véritable auteur, qui y est nommé, comme on l'a dit.

Il y en a plusieurs éditions, mais toutes différentes les unes des autres (Aug. t.6. app. p. 243-246, Alcuin pp.1209-1216, Rab. M. t.6 pp.277-279), ce qui montre la variété des manuscrits. Le texte de celles qui en ont été faites avec les oeuvres de S. Augustin, est plus entier en divers endroits, que celui qu'on en a inséré parmi les écrits de Raban. Ce dernier contient réciproquement sur la fin, des choses qui ne se trouvent pas dans l'autre; et l'on en a emprunté de quoi compléter l'édition qui est dans l'appendice du VI volume de S. Augustin. L'édition la plus entière est celle que du Chesne en a donnée entre les écrits d'Alcuin, sur deux manuscrits de la bibliothèque du Roi, dont l'un appartenait alors à celle de M. de Thou. Dans l'un et l'autre, ce traité porte pour titre : La vie de l'Antéchrist, à Charlemagne. Ce qui a fait croire qu'il pouvait avoir été adressé à ce Prince (Alcuin p. 1214), est un des endroits qui se lisent dans cette édition, et qui manquent dans les autres, où le nom du Roi de tout l'empire Romain au temps dont il y est parlé, selon les Sybilles qui y sont citées, est désigné par un C majuscule, et sa figure représentée à peu près comme celle de ce Monarque.

La petite préface de l'Auteur manque à toutes ces éditions, et par conséquent dans la plupart des manuscrits. C'est ce qui est cause de toutes les variations où sont tombés les copistes, en attribuant l'écrit à divers auteurs étrangers (Du Chesne t.2. p.844). Du Chesne l'eut trouvée dans la suite, mais imparfaite, l'a publiée à la fin des lettres de Gerbert. Les derniers éditeurs de S. Augustin - (Aug. t.6. add. et corr.) ont recouvré depuis un exemplaire plus complet, et l'ont donnée à leur tour tout à la fin du XI volume de leur édition.

La fameuse, mais insipide Prophétie touchant les Rois de France, se trouve dans les trois éditions du traité, que nous venons de marquer. Seulement les premiers mots qu'on va mettre en italique, ne se lisent pas dans l'édition parmi les œuvres de Raban. Voici les termes dans lesquels est conçue cette espèce de Prophétie (p.1213). L'Auteur ayant montré, que l'Antechrist ne paraîtra point, qu'auparavant n'ait précédé l'apostasie prédite par l'Apôtre ; c'est-à-dire, comme il l'explique lui-même, avant que tous les royaumes du Monde se soient séparés de l'empire Romain, auxquels ils étaient auparavant assujettis. Il ajoute :
« Mais ce temps n'est point encore venu; car bien que nous voyons l'empire Romain détruit pour la plus grande partie, cependant tandis que les François auront des Rois, qui doivent tenir cet empire, sa dignité ne tombera pas entièrement, parce qu'elle se soutiendra dans leurs Rois. Nos docteurs nous apprennent en effet, c'est notre Ecrivain qui continue, qu'un Roi de France possèdera dans les derniers temps l'empire Romain entier, et qu'il sera le plus grand et le dernier de tous les Rois. Qu'après avoir sagement gouverné son royaume, il ira en dernier lieu à Jérusalem, et qu'il déposera son sceptre et sa couronne sur le Mont des Oliviers. Telle sera la fin, continue l'Auteur, telle sera la destruction de l'empire des Romains et des Chrétiens. »

M. l'Abbé le Beuf (t.2 p. 41, not.) observe, que cette pompeuse Prophétie ne se lit point dans un exemplaire du traité, qui se trouve à la bibliothèque de l'abbaye de S. Victor à Paris. Il en conjecture, qu'il y a eu deux ouvrages différents sur cette matière. Cette différence ne doit apparemment s'entendre que du plus ou du moins ; car l'exemplaire qui est imprimé dans Alcuin, contient beaucoup plus de choses que les autres, et il est néanmoins le même pour le fonds.

Nous avons dit ailleurs, qu'on avait prêté à Raban la prétendue Prophétie qu'on vient de lire, et nous avions conjecturé, qu'elle pouvait faire partie d'un recueil de révélations qu'on supposait à cet Archevêque. Mais nous sommes maintenant persuadés, qu'on ne la lui a prêtée, non plus qu'à S. Augustin, qu'en conséquence de la fausse attribution du traité où elle se trouve, qu'on a faite à l'un et à l'autre.
Dom Ceillier, quant à lui, conclut :
Dom Cellier dans son Histoire générale des auteurs ecclésiastiques, tome 12, p. 886 a écrit : … A la fin du traité [de l'Antéchrist], Adson s'adresse encore à la reine Gerberge, pour lui témoigner sa soumission à ses ordres. Cette clause manque dans quelques éditions. Elle sert, comme l'épître dédicatoire, à prouver la fausseté de l'intitulé des deux manuscrits sur lesquels ce traité a été imprimé parmi les oeuvres d'Alcuin ; ils portent l'un et l'autre :La Vie de l'Antéchrist, à Charlemagne.

Nous pouvons donc en déduire que :

1° - La soi-disante précision de Raban Maur est reconnue depuis des lustres et jusqu'à présent comme étant d'Adson et de nul autre.
2° - Cette "Prophétie" n'a donc ABSOLUMENT rien à voir avec le texte de Saint Remy.

Si vis pacem
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Re: Prophétie de Saint Remy

#10 Message par Si vis pacem » sam. 17 févr. 2007 13:09

Arrivé à ce stade de notre étude sur la "prophétie de Saint Remy" telle que nous la donne l'abbé Curicque, le marquis et consorts, nous pouvons avancer une première conclusion :

Il n'y a, tel que l'exposent ces personnes, une quelconque allusion à un grand monarque temporel dans la "prophétie" de saint Remy tirée de la Vita S. Remigii d'Hincmar, tout comme il n'y a pas de complément de Raban Maur ou d'un autre. Car, ainsi que nous l'avons exposé, la soi-disante précision de Raban Maur au texte d'Hincmar sort en droite ligne d'un ouvrage d'Adson qui le signe, lui même, par son épître introductive à la Reine Gerberge.

Alors ... venir, au XIX ème ou au XXème siècle, sans aucune preuve sérieuse, affirmer péremptoirement (suite au sourcier) que Raban Maur aurait rendu public tel ou tel passage inédit de Saint Remy, relève, au mieux, du roman. A moins que l'on puisse prouver son dire.

Quoiqu'il en soit ... Le De Antichristo d'où sort la précision qu'aurait rendu public Raban Maur, ne peut en aucune façon, nous l'avons vu, lui être attribué.

Une preuve supplémentaire peut être apportée par Migne lui même, qui dans le tome CI, consacré à Alcuin, introduit ce texte par un monitum praevium qui confirme l'étude des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur citée plus haut :
Patrologie latine, tome 101, col. 1289-1290 a écrit : ADSONIS, ABBATIS DERVENSIS LIBELLUS DE ANTICHRISTO.

526 MONITUM PRAEVIUM.

CI. D. Andreas Quercetanus hune libellum, ex cod. ms. viri illustris Jacobi Augusti Thuani, Operibus beati Alcuini sub titulo : Vita Antichristi ad Carolum Magnum, inseruit p. 1209, nihil haesitans, fetum esse nostri scriptoris genuinum. Et huic certe opinioni astipulari videtur codex Regius Parisiensis, notatus num. 4411, qui eumdem libellum cum hac repraesentat inscriptione : Incipit Vita Antichristi ad Carolum Magnum ab Alcuino edita, prout testantur celeberrimi Operum sancti Augustini editores in Appendice tomi VI, pag. 722. Favet quoque Joannes Baleus Anglus, qui Centuria II Scriptorum Britanniae inter beati Alcuini scripta recenset Librum unum de Antichristo ad Carolum, cujus initium sit : Imprimis illud praecipue.

Verum nemo eruditorum ferme nunc dubitat quin ille tractatus, sicut olim ex incuria et neglecta Grisi a librariis sancto Augustino, loco supra citato, et Rabano Mauro, tom. VI Oper., pag. 177, ita etiam beato Alcuino falso fuerit ascriptus ; verus vero illius auctor sit Adso monachus et abbas monasterii Dervensis (Montier-en-Der). In hanc sententiam eruditos traxit detecta deinceps, et ab ipso du Chesnio, tom. II Script. Hist. Franc., pag. 844, edita epistola dedicatoria ipsius Adsonis ad Gerbergam reginam Ludovici transmarini uxorem ; quam epistolam pleniore in posthac dederunt San-Mauriani, tom. XI S. Aug., inter Addenda et Corrigenda. In hac siquidem epistola celebris ille abbas (Vide tom. VI Hist. Lit. Franciae, pag. 471 et seqq.) aliis variis scriptis cla­rus ; sese auctorem nominat, et quaestionibus Gerbergae regine, quid de Antichristi impietate, potestate, persecutione et generatione credendum sit, respondere se profitetur. Illi ergo tanquam viro probo ac pio fides adhibenda ; et credendum est hocce opusculum, antequam illi Adso manum admoveret, hoc est, ante saec. X nondum exstitisse. Quo vero errore contigerit ut idem libellus nunc sancto Augustino, nunc Rabano Mauro tribueretur, non indiget multa inquisitione : norunt enim eruditi qui veteres codices scrutari et elucubrare consueverunt, multoties diversorum scriptorum opuscula commisceri in uno volumine, quod ob primarium opus ibi descriptum, unius cujusdam celebris scriptoris praefert nomen, reliquis inscriptione destitutis et quasi per appendicem adjectis, cujus rei multa exempta afferre possemus, nisi esset notissima.

Quod vero beatum Alcuinum nostrum attinet, singulare quoddam factum errori ac suppositioni occasionem dedisse putamus. Exstat ille libellus in cod. Vaticano 6444 pergameno in-4° saec. XIII, nec non in altero Palatino 345, chartaceo in fol. sœc. XV, et in utroque attribuitur Albuino, inscriptus tamen non regi Carole, sed Eriberto Coloniensi episcopo. Eidem certe, sed sub nomine Albini magistri tribuitur in bino codice cartusiae Axspacensis in Austria saec. XV, sub hoc titulo : Albinus magister Heriberto Coloniensi archiepiscopo, de adventu Antichristi. Vides quomodo fieri potuerit ut a veteribus, iisque incautis descriptoribus confunderetur ob vicinitatem, reor, nominis Albuinus cum Albino magistro, seu Alcuino, quamvis multo antiquiori, tamen notiori.

Albuinus ille eremitam (1) se nominat seu reclusum monasterii olim celeberrimi Gorziensis (Gorze) in agro Metensi, qui etiam textus S. Scripturae et SS. Patrum de virtutibus instruentes collegit, illudque opusculum eidem Erimberto archiepiscopo Coloniensi inscripsit , quod adhuc latet in bildiotheca canonicorum regularium Tongrensium ; epistolam vero illi praemissam edidit D. Martene, tom. I Ampl. Collect. vet. Script., pag. 360, quae ibi legi potest. Altera vero epistola priori in multis similis in codd. Vaticanis praefixa habetur opusculo de Antichristo, quae plane una cum eodem opusculo deprompta est ex Adsonis tractatu. Ita enim sonat : « Eriberto Co­loniensi episcopo Albuinus suorum servorum ultimus, gloriam et pacem sempiternam. Ex quo, Domine Pater, misericordiae vestrae gratiam promerui, semper vobis in omnibus fidelis fui. Unde quamvis indignae sint apud Deum orationes meae, tamen pro vobis semper Dei nostri misericordiam ex oro, ut vos faciat, post hanc vitam secum feliciter regnare. Igitur quia pium studium habetis Scripturas audire et frequenter loqui de nostro redemptore ; sive etiam scire de Antichristi impietate et persecutione, nec non et potestate ejus et generatione, sicut mihi servo vestro dignati estis praecipere : volui vobis aliqua scribere de Antichristo, et ex parte certum reddere, quamvis apud vos habeatis satis prudentissimos viros et valde necessarios nostro tempore. Igitur de Antichristo scire volentes primo notabilis, quare sic vocatus sit, etc. » Et ita pergit, uti apud Adsonem legitur, nisi quod in nonnullis differat, quae suo loco notamus.

Ne porro cuipiam ex lecta bac epistola dubium subrepat , an non libellus hic de Antichristo Albuino potius eremitae quam Adsoni sit tribuendus, tempora scripte utriusque epistolae discernenda sunt. Albuinus libellum istum misit ad Heribertum archiepiscopum Coloniensem ; ergo non ante annum 999, quo is ad eamdem sedem archiepiscopalem promotus fuit (2). Adso vero illum misit ad Gerbergam reginam, vivente adhuc seniore seu marito suo Ludovico scilicet, pro cujus et filiorum incolumitate divitiam in misericordiam se semper. Exorare profitetur. Scripsit ergo Adso hunc tractatum ante annum 954, quo Ludovicus Transmarinus mortuus est die IV Idus Septembris (3). Scripsit vivente adhuc Roricone episcopo Laudunensi, quem in fine laudat, et qui sedem illam conscendit anno 949, obiit vero anno 976 (4) : Ex quibus luce clarius apparet, Albuinum et libellum et ipsam epistolam ab Adsone mutuasse ; simul tamen occasionem erroris posteriorihus scriptoribus praebuisse, ut Albuino Albinum seu Alcuinum substituerent ; posthac vero, cum in ipso opuscolo mentio fieret cujusdam regis Romanorum, statura grandis, aspectu decori, vultu splendidi et per singula membrorum lineamenta decenter compositi, cujus nomen a littera C incipit, id quidam forte de Carolo Magno interpretarentur, et opusculum ad illum missum fuisse nimis confidenter effarentur et scriberent. Caeterum libellus iste compilatus est ex sententiis sancti Augustini, lib. xx de Civ. Dei, cap. 11 , etc.; tract. 2 in cap. II epist. S. Joan. ad Parthos ; Rabani Mauri lib. XXII in Apost. , cap. 2 ; et ex ipsius Alcuini libro III de Trin. , cap. 29. Consule, si placet, quae scribit D. Rivet tom. VI Hist. Lit. Franciae , pag. 477 et seqq. Sequimur hoc loco editionem D. Quercetani , tanquam pleniorem, et addimus ex aliis editionibus ac codd. mss. lectiones quasdam differentes.

(1) Sanderus, Bibl. ms., part. I, pag. 156.
(2) Rupertus Tuitiensis in Vita S. Herib. , cap. 1 , num. 1; Act. SS. , tom. II Martii , pag. 476.
(3) Frodoardus in Chron. ad hunc annum.
(4) D. Ceillier, Hist. Gén. des Auteurs sacrés, tom. XIX , pag. 700 ; Auctores Hist. Litt. Franciae tom. VI, pag. 43 , num. 58.

Nous pourrions citer encore bon nombre d'études sur le sujet considérant comme un fait évident qu'Adson est l'auteur de ce texte.

Je me permettrai de citer deux auteurs du XXème :

Le premier, Paul Pradel de Lamase, sous le pseudonyme de Paul de Charliac, signait en 1904 une petite brochure d'une cinquantaine de pages intitulée : L'antéchrist du moine Adson et les origines des prophéties modernes. Bien que défendant la "thèse" du grand monarque il lui est évident (le titre de son opuscule en fait foi) que ce texte, soit disant précision de Raban Maur est en fait d'Adson.

Le second, Daniel Verhelst, signait, quant à lui, en 1973, un texte intitulé La préhistoire des conceptions d'Adson concernant l'antéchrist.

* * * * *

Pour finir sur ce point, il est intéressant de constater ici la manière dont s'est produit cette supercherie.

Le sourcier, en 1872, introduit la question du grand monarque dans la prophétie de saint Remy, dans les termes suivants :
Raban Maur, d'abord abbé de Fulde, en 822, et ensuite archevêque de Mayence, disait déjà depuis plus de mille ans ... vers la fin des temps, un descendant des rois de france régnera sur tout l'antique empire romain. il sera le plus grand des rois de france et le dernier de sa race. Après un règne des plus glorieux, il ira à Jérusalem, sur le mont des oliviers, déposer sa couronne et son sceptre, et c'est ainsi que finira le saint empire romain et chrétien ...
en précisant cependant :
Le moine Adson répète cette tradition antique au X° siècle ...
Curicque, quant à lui (citant allègrement ... notre sourcier en éliminant définitivement la référence à Adson) nous explique :
Raban Maur, archevêque de Mayence au IX° siécle, cite cette prophétie [celle de saint Remy] dans les termes suivants ... idem ...
Le baron de Novaye, en 1905 dans Demain nous cite Curicque de la manière suivante :
Une autre partie de cette prophétie [celle de saint Remy], citée par Raban Maur, archevêque de Mayence au IX°, est celle-ci ... idem ...
Enfin tout proche de nous, le marquis, nous explique quant à lui qu'
Au IXè siècle, Raban Maur, Archevêque de Mayence, a rendu public le passage suivant qui aurait été prononcé également par saint Remy à la fin de son allocution ... idem ...
* * * * *

Nous en concluons donc que la partie de la "prophétie" dite de saint Remy, concernant le grand monarque, (soit environ le tiers de celle-ci) telle que nous la rapporte le marquis, n'est pas de ce saint mais bien d'Adson, moine vivant au X° siècle.

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