Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

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chartreux
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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#91 Message par chartreux » lun. 08 oct. 2018 15:48

II,§578 a écrit : Entre les privilèges les plus excellents et les bienfaits les plus rares que reçut l'auguste Marie, le premier et le fondement de tous les autres, ce fut d'être la mère de Dieu. Le second, d'avoir été conçue sans péché. Le troisième, de jouir maintes fois, dans le cours de sa vie, de la vision béatifique. Au quatrième rang vient la faveur permanente qui lui permettait de discerner nettement l'intérieur de l'âme très-sainte de son Fils et toutes ses opérations, afin de les imiter.
II,§582 a écrit : J'ai voulu, ma très-chére fille, vous dire tout cela, afin que vous soyez informée de toutes choses, et que vous ne receviez ni les dons ni les honneurs humains comme s'ils vous appartenaient, et encore moins lorsque ce sont des personnes distinguées par leur pouvoir et par leur qualité qui vous les font. Conservez votre liberté intérieure, et gardez-vous de faire parade de ce qui ne vaut rien, et qui ne peut vous justifier devant Dieu. Si l'on vous donne quelque chose, ne dites jamais : On m'a donné, ou je viens de recevoir tel présent ; mais dites que le Seigneur l'a envoyé pour la communauté, et faites qu'elle prie sa Majesté pour celui qui a servi d'instrument à sa miséricorde. Vous le pouvez même nommer, afin qu'on le prie en particulier, et qu'on ne frustre point la personne qui fait l'aumône, de son intention. Vous ne devez pas non plus la recevoir par vous-même, car cela trahirait une espèce de cupidité, mais par celles qui sont destinées à cet office. Et si vous êtes obligée, à cause de la charge de supérieure que vous exercez, de remettre l'aumône (après l'avoir reçue dans le monastère) à la religieuse qui doit en faire profiter la communauté, que ce soit avec des marques d'indifférence et des réflexions qui prouvent que vous n'y êtes pas attachée. Cela ne vous dispensera point, bien entendu, de témoigner votre gratitude au très-Haut et à l'auteur du bienfait, tout en vous en reconnaissant indigne. Il faut aussi que vous fassiez les remerciements convenables, en qualité de supérieure, quand on apportera quelque chose aux autres religieuses, en veillant avec soin à ce qu'aussitôt tous les membres de la communauté y aient part, sans jamais rien retenir pour vous. Ne regardez point avec curiosité ce qui arrive au monastère, afin que les sens n'y prennent aucune vaine satisfaction, et ne soient point portés à souhaiter de tels présents, car la nature, fragile et remplie de passions, tombe à chaque pas en une foule de fautes auxquelles on fait fort peu d'attention. Il ne faut pas se fier à cette nature corrompue, parce qu'elle veut toujours plus qu'elle n'a, sans dire jamais c'est assez, et que plus elle reçoit plus elle convoite.

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#92 Message par chartreux » lun. 08 oct. 2018 15:58

II,§587 a écrit : Notre auguste Reine usait par décence d'une chaussure qui lui couvrait les pieds et lui tenait lieu de bas. Elle était faite d'une certaine plante dont les pauvres se servaient, comme du chanvre ou de la mauve, et quoiqu'elle fut tissue d'une manière grossiére et capable de résister à la fatigue, elle était pourtant fort propre et fort honnête.
II,§592 a écrit : La sainte Vierge et Joseph arrêtèrent le même soir ce qu'ils avaient à faire. Et la très-prudente Dame l'avertit d'aller porter incontinent les dons des Rois au Temple afin de les offrir sans bruit, ainsi que les aumônes et les offrandes doivent être faites : elle le pria d'acheter en retournant les tourterelles qu'ils devaient offrir publiquement le lendemain avec l'Enfant Jésus (Luc 2:24). Tout cela fut exécuté par saint Joseph selon les souhaits de notre Princesse. De sorte qu'étranger et peu connu, il put donner la myrrhe, l'encens et l'or à celui qui recevait les dons dans le Temple, sans qu'on songe à remarquer quel était celui qui avait déposé une si grande aumône. Il eut pu s'en servir pour acheter l'agneau que les plus riches présentaient avec les premiers-nés (Levit. 12:6) ; mais il ne le fit pas parce que, s'ils eussent publiquement offert les mêmes dons que les riches, cela ne se serait point accordé avec l'extrême simplicité de leur mise. Il n'était pas non plus convenable qu'ils s'écartassent en rien de la pauvreté et de l'humilité, eut-ce été avec une intention pieuse et honnête, parce que la mère de la Sagesse nous a enseigné en toutes choses la perfection (Eccles. 24:24), aussi bien que son très-saint Fils, qui voulut naître, vivre et mourir pauvre (Matth. 8:20).

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#93 Message par chartreux » ven. 12 oct. 2018 16:24

II.§614 a écrit :
J'ai reçu l'explication de la concordance qu'il y a entre les deux évangélistes saint Matthieu et saint Luc sur ce mystère ; car comme ils écrivirent tous avec l'assistance et sous l'inspiration du Saint-Esprit, chacun d'eux connaissait par la même inspiration ce que les trois autres écrivaient et ce qu'ils omettaient. De là vient que par la divine volonté ils écrivirent tous quatre parfois les mêmes choses de la vie de notre Seigneur Jésus-Christ et de l'histoire évangélique, et que dans d'autres endroits les uns ont raconté ce que les autres avaient omis, comme on le voit dans l'Évangile de saint Jean et des autres aussi. Saint Matthieu décrivit l'adoration des rois et la fuite en Égypte (Matth. 2:1, sqq.), que saint Luc ne décrivit pas. Et celui-ci décrivit la circoncision, la présentation et la purification (Luc, 2:21 sqq.), que saint Matthieu avait omises. Ainsi, de ce que saisit Matthieu, ayant raconté le départ des rois mages de Bethléem, dit incontinent que l'Ange ordonna à saint Joseph de fuir en Égypte (Matth. 2:13), sans parler de la présentation, il ne s'ensuit pas que l'Enfant-Dieu n'ait pas été présenté auparavant, car il est certain que cette présentation eut lieu après le départ des mages et avant la fuite en Égypte, comme le raconte saint Luc (Luc 2:22, sqq.). De même, quoique saint Luc écrive immédiatement après la présentation et la purification, qu'ils se rendirent à Nazareth (Ibid., 39), on ne doit pas inférer de là qu'ils ne soient allés auparavant en Égypte; car il est hors de doute qu'ils y allèrent, comme le rapporte saint Matthieu (Matth. 2:24), quoique saint Luc se taise sur ce point ; et il n'a point parlé de cette fuite, ni avant, ni après, parce qu'elle était déjà racontée par saint Matthieu. De sorte qu'elle arriva incontinent après la présentation, et avant le retour de la sainte Vierge et de Joseph à Nazareth. Et comme saint Luc ne devait pas écrire ce voyage, il fallait bien, pour suivre le fil de son histoire, qu'il racontât leur retour à Nazareth immédiatement après la présentation. Que s'il dit qu'après avoir accompli les prescriptions de la loi, ils retournèrent en Galilée (Luc 2:39), il ne nie pas pour cela le voyage qu'ils firent en Égypte; mais il continue le récit, en omettant la fuite qu'ils furent obligés de faire pour éviter la persécution d'Hérode. Et l'on infère même du texte de saint Luc que leur retour à Nazareth eut lieu après leur voyage d'Égypte, puisqu'il dit (Luc 2:40) que l'Enfant croissait et se fortifiait ; étant rempli de sagesse, et que la grâce se montrait en lui : ce qui ne pouvait pas être avant qu'il eut achevé les années de l'enfance, par conséquent avant le retour d'Égypte, époque à laquelle il était dans un âge où l'on aperçoit ordinairement dans les enfants le principe de l'usage de la raison.

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#94 Message par chartreux » ven. 12 oct. 2018 16:34

II.§616 a écrit :
On ne doit pas non plus être surpris de ce qu'Il [Dieu] permit la mort des innocents qu'Hérode fit égorger (Matth. 2:16). S'il ne jugea pas convenable de l'empêcher par un miracle, c'est que, cette mort leur acquit la vie éternelle et une abondante récompense ; cette vie valant sans comparaison plus que la temporelle, que l'on doit sacrifier et perdre pour celle-là ; et si tous ces enfants eussent vécu et fussent morts d'une mort naturelle, peut-être tous n'auraient-ils pas été sauvés. Les oeuvres du Seigneur sont justes et saintes en toutes choses, quoique nous ne pénétrions pas maintenant les raisons de leur équité ; mais nous les connaîtrons en lui quand nous le verrons face à face.

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#95 Message par chartreux » ven. 12 oct. 2018 16:39

II.§623 a écrit :
Sainte Élisabeth leur dépêcha aussitôt une personne en toute diligence, et leur fit parvenir par cette même voie une provision de vivres, de l'argent et de quoi faire des langes à l'Enfant, prévoyant le besoin qu'ils en pourraient avoir dans un pays étranger. Ce messager les trouva dans la ville de Gaza, distante de Jérusalem d'environ vingt heures de chemin, située sur le bord de la riviére de Besor, assez près de la Méditerranée, et sur la route qui conduit de la Palestine en Égypte.
II.§624 a écrit :
Ils se reposèrent deux jours dans cette ville, parce que saint Joseph se sentit assez fatigué, aussi bien que la petite monture qui portait notre grande Reine. Ils congédièrent de là le domestique de sainte Élisabeth , après que saint Joseph lui eut recommandé de ne découvrir à personne l'endroit où il les avait trouvés. Mais le Seigneur prit un plus grand soin de prévenir cet inconvénient ; car il ôta à cet homme le souvenir de ce que saint Joseph lui avait recommandé de taire, de sorte qu'il ne se souvint que de la réponse qui il devait rapporter à sa maîtresse Élisabeth. La charitable Marie partagea avec les pauvres les présents qu'elle en avait reçus, car celle qui en était la mère ne les pouvait pas oublier; et de l'étoffe que sa cousine lui envoya elle fit un voile pour couvrir l'Enfant-Dieu, et un manteau pour saint Joseph propre à la fatigue du chemin et à l'injure du temps.

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#96 Message par chartreux » ven. 12 oct. 2018 16:44

II.§628 a écrit :
Et quoique, par son impénitence, il [Hérode] ait fini par se perdre et se damner, il n'en est pas moins vrai que son châtiment n'est pas aussi rigoureux que si mon très-saint Fils n'avait pas prié pour lui. Je tâchai d'imiter cette conduite et tout ce qu'elle renferme de sa miséricorde et de sa mansuétude incomparable ; car, en agissant de la sorte, mon divin Fils et mon Maître me montrait déjà ce qu'il devait enseigner dans la suite par ses exemples, par ses paroles, et par une pratique plus éclatante de l'amour des ennemis (Matth. 5:44 ; Luc 23:34)

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#97 Message par chartreux » ven. 12 oct. 2018 16:54

II.§638 a écrit :
Ceux qui possèdent les richesses espèrent en elles, et ceux qui ne les ont pas les souhaitent (Prov. 28:8). Les uns tâchent de les acquérir par les moyens les plus injustes ; les autres se confient en la puissance des grands, ils les flattent et les applaudissent (Ps. 145:3) : de sorte que le Seigneur en trouve très-peu qui méritent les favorables effets de sa providence, qui espèrent en elle, et qui le reconnaissent pour le bon Père, qui prend soin de ses enfants, qui les nourrit, et les conserve sans en laisser aucun dans la nécessité.
II.§639 a écrit :
C'est cet aveuglement qui donne au monde un si grand nombre de partisans, qui l'a infecté d'avarice et de concupiscence, contrairement à la volonté du Créateur, et qui a trompé les hommes sur cela même qu'ils désiraient ou qu'ils devaient désirer ; car tous avouent communément qu'ils ne désirent les richesses et les biens temporels que pour satisfaire à leurs besoins ; et ils ne le disent que parce qu'ils ne devraient pas demander autre chose. Mais en fait, la plupart mentent, car ils souhaitent le superflu, et non point le nécessaire, afin de le faire servir aux pompes du monde plutôt qu'aux besoins de la nature. Que si les hommes ne désiraient que ce qui leur est véritablement nécessaire, il y aurait folie de leur part à mettre leur confiance en de faibles créatures, et non pas en Dieu, qui étend son ineffable providence jusque sur les petits des corbeaux (Ps. 146:9), comme si leurs croassements étaient autant de voix qui invoquassent le secours de leur Créateur.

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#98 Message par chartreux » ven. 12 oct. 2018 17:01

II.§643 a écrit :
Or l'Enfant Jésus arriva avec sa mère et saint Joseph aux endroits habités de l'Égypte. Et lorsque le divin Enfant, porté sur les bras de l'auguste Marie, entrait dans une bourgade, il levait les yeux au ciel, et, les mains jointes, priait le Père éternel, et lui demandait le salut de ses habitants esclaves du démon. Et usant aussitôt de sa puissance divine sur ces malins esprits qui animaient les idoles, il les précipitait dans les ténébreux abîmes ; de sorte qu'ils tombaient avec la rapidité de la foudre dans les derniéres profondeurs des cavernes infernales. Au même instant, les idoles, les temples, les autels de l'idolâtrie s'écroulaient avec fracas. La cause de ces prodigieux effets était connue à notre divine Dame, qui accompagnait par ses prières celles de son très-saint Fils, comme coopératrice universelle du salut du genre humain. Saint Joseph voyait aussi que toutes ces merveilles venaient du Verbe incarné, et rempli d'une sainte admiration, il l'en louait et l'en bénissait. Mais quoique les démons sentissent la force du pouvoir de Dieu, ils ne savaient pourtant pas d'où sortait une telle vertu.
II.§645 a écrit :
Les paroles de notre divine Dame étaient si douces, si éloquentes et si efficaces, ses manières si aimables, et les effets de ses entretiens si salutaires, que le bruit de l'arrivée de nos saints voyageurs se répandait, et faisait qu'on s'empressait de les venir voir. Et comme la prière du Verbe incarné opérait en faveur des Égyptiens, et qu'elle leur obtenait de très-grandes grâces, cela joint à la ruine des idoles, leur causait une émotion incroyable, et changeait les coeurs, au point qu'on voyait beaucoup de gens se convertir à la connaissance du vrai Dieu, et faire pénitence de leurs péchés, sans savoir d'où leur venait un changement si avantageux. Jésus et Marie passèrent par plusieurs bourgs de l'Égypte, et ils faisaient partout des merveilles, chassant les démons, non-seulement des idoles, mais aussi de plusieurs corps, guérissant un grand nombre de malades, éclairant les coeurs de diverses personnes, et notre auguste Princesse et saint Joseph enseignaient le chemin de la vérité et de la vie éternelle. Par ces bienfaits temporels, qui touchent ordinairement le peuple ignorant et grossier, plusieurs étaient attirés à aller ouïr les instructions de salut.

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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#99 Message par chartreux » sam. 13 oct. 2018 15:01

II.§648 a écrit :
Lucifer fut fort troublé, devoir précipiter tant de démons dans l'enfer par une nouvelle vertu à leur égard ; et, enflammé de fureur, il vint sur la terre pour y découvrir la cause de cette nouveauté. Il passa par tous les endroits, de l'Égypte ou les temples, les autels et les idoles avaient été renversés ; et étant arrivé à Héliopolis, qui était une plus grande ville, et où par conséquent la ruine de son empire avait été plus notable, il tâcha d'examiner avec beaucoup d'attention toutes les personnes qui l'habitaient. Et il n'y remarqua rien dont il put se préoccuper, sinon que la très-pure Marie y était arrivée : car il ne fit aucun cas de l'Enfant Jésus, le regardant comme les autres enfants sans nulle différence, parce qu'il ne le connaissait point. Mais comme il avait été si souvent vaincu par les vertus et par la sainteté de la prudente mère et Vierge, il conçut de nouvelles craintes ; quoiqu'il ne la crut pas assez puissante pour lui avoir causé un si grand dommage, il résolut cependant de la persécuter de nouveau ; et de se servir pour ce dessein de ses ministres d'iniquité.
II.§649 a écrit :
Il retourna aussitôt dans l'enfer, et y ayant convoqué un conciliabule de princes des ténébres, il leur apprit la ruine des idoles et des temples d'Égypte ; car quand les démons en sortirent, ils furent précipités par le pouvoir divin d'une manière si subite, si ignominieuse et si pénible, qu'ils ne s'aperçurent pas de ce qui arrivait aux idoles et aux autres lieux qu'ils abandonnaient. Mais Lucifer les ayant informés de tout ce qui se passait, et que son empire allait être détruit dans toute l'Égypte, il leur dit qu'il ne comprenait point la cause de sa ruine, parce qu'il n'avait trouvé dans tout ce pays que la femme son ennemie (c'est ainsi que le dragon appelait l'auguste Marie), et qu'il ne croyait point que sa vertu, quoiqu'il la connut extraordinaire fut assez forte pour produire des effets tels qu'ils venaient d'éprouver dans cette occasion ; qu'il déterminait néanmoins de lui faire une nouvelle guerre, et qu'ils devaient tous s'y préparer. Les ministres de Lucifer répondirent qu'ils étaient prêts à lui obéir ; et voulant le consoler dans son furieux désespoir, ils lui promirent la victoire, comme si leurs forces eussent pu s'égaler à leur présomption.
II.§650 a écrit :
Plusieurs légions sortirent ensemble de l'enfer, et allèrent en Égypte, où la Reine du ciel se trouvait, se persuadant que s'ils la vainquaient ils répareraient leurs pertes par ce seul triomphe, et recouvreraient tout ce que le pouvoir de Dieu leur avait ôté dans ce misérable royaume, parce qu'ils soupçonnaient qu'elle était l'instrument dont Dieu se servait pour opérer ces merveilles. Or, comme ils voulurent s'en approcher pour la tenter selon leurs intentions diaboliques, ils furent bien surpris de se voir dans l'impossibilité de le faire, et forcés de s'arrêter à une distance de plus de deux mille pas, parce qu'une vertu divine les empêchait secrétement de s'avancer, et leur faisait en même temps sentir qu'elle venait de l'endroit où notre auguste Princesse se trouvait. Et quoique Lucifer et les autres ennemis s'obstinassent à poursuivre leur dessein, ils étaient toujours plus affaiblis et comme arrêtés par de très-fortes chaînes, dans lesquelles ils se démenaient sans pouvoir aller où était cette invincible Dame, qui voyait tout cela par la puissance du même Dieu qu'elle portait dans ses bras. Mais Lucifer, s'obstinant dans cette lutte inégale, fut soudainement précipité cette fois encore, avec tous ses ministres d'iniquité, dans les profondeurs de l'abîme. Cette nouvelle défaite, si humiliante, tourmenta et inquiéta vivement le dragon. Et comme cela lui était arrivé plusieurs fois depuis l'incarnation, ainsi que nous l'avons dit, il se demanda si le Messie n'était pas venu au monde. Mais comme le mystère lui était caché, et qu'il supposait que le Messie apparaîtrait avec éclat, il restait dans sa perplexité ; et cette incertitude le remplissait de fureur : de sorte que plus il s'acharnait à découvrir la cause de sa douleur, plus elle lui échappait, et moins il la trouvait.

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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#100 Message par chartreux » mar. 16 oct. 2018 18:17

II.§653 a écrit :
Le souvenir qui se perpétua en plusieurs endroits de l'Égypte, des merveilles que le Verbe incarné y fit, peut avoir donné lieu à divers auteurs d'écrire, les uns, que nos saints voyageurs séjournèrent dans telle ville, les autres, dans telle autre. Mais tous leurs témoignages peuvent être considérés comme exacts et se concilier si on les rapporte à des époques diffèrentes, auxquelles la sainte famille demeura à Hermopolis, à Memphis ou Babylone d'Égypte, et à Matarieh , puisqu'elle s'arrêta non-seulement dans ces villes, mais aussi dans plusieurs autres. Ce qui m'a été révélé, c'est qu'après y avoir passé, elle arriva à Héliopolis et qu'elle y fixa son séjour, parce que les saints anges qui les conduisaient dirent à notre divine Reine et à saint Joseph qu'ils devaient s'arrêter en cette ville, où le Seigneur voulait, outre la ruine des idoles et de leurs temples, que leur présence y causa comme dans les autres endroits, opérer d'autres merveilles pour sa gloire et pour le salut de plusieurs âmes, afin que les habitants de cette ville (qui était appelée, selon l'heureux pronostic de son nom, ville du Soleil ) , vissent le Soleil de justice et de la grâce (Malach. 4:2) , et qu'ils en fussent beaucoup mieux éclairés qu'ils ne l'étaient du soleil matériel. Ayant donc reçu cet avis, ils s'y arrêtèrent, et aussitôt qu'ils y furent arrivés, saint Joseph alla chercher un logement, offrant d'en payer le juste prix ; et le Seigneur lui fit trouver une maison pauvre, mais suffisante pour leur habitation, et un peu éloignée de la ville, comme la Reine du ciel le souhaitait.
(à suivre)

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