Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

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chartreux
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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#61 Message par chartreux » jeu. 03 mai 2018 14:42

II.§219 a écrit : Sainte Élisabeth connut au même moment le mystère de l'incarnation, la sanctification de son fils ; la fin et les mystères de cette nouvelle merveille. Elle connut aussi la pureté virginale et la dignité suprême de l'auguste Marie. En cette occasion, la divine Reine étant toute absorbée dans la vision de ces mystères et de la Divinité qui opérait en son très-saint Fils, fut toute divinisée et remplie de la lumière des dons auxquels elle participait. Sainte Élisabeth la vit dans cette majesté ; elle vit aussi comme à travers la glace la plus transparente le Verbe humanisé dans le sein virginal, comme dans une couche d'un cristal ardent et animé. L'instrument efficace de tous ces admirables effets, ce fut la voix de la très-pure Marie, aussi forte et aussi puissante que douce aux oreilles du très-Haut; toute cette vertu était comme émanée de celle qu'eurent ces puissantes paroles : Fiat mihi secundum verbum tuum (Luc., 1, 38), par lesquelles elle attira le Verbe éternel du sein du Père dans son entendement et dans ses sacrées entrailles.

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#62 Message par chartreux » sam. 05 mai 2018 10:08

II.§226 a écrit : Quand l'heure arriva pour les deux saintes femmes de sortir de leur retraite, sainte Élisabeth s'offrit elle-même comme esclave à la Reine du ciel ; elle mit toute sa famille à son service et toute sa maison à sa disposition ; elle la pria d'accepter pour son oratoire une chambre où elle même avait l'habitude de vaquer à l'oraison, comme le lieu le plus tranquille et le plus propre aux pieux exercices. La divine Princesse l'accepta avec d'humbles remerciements, et se proposa de s'en servir pour s'y recueillir et pour y prendre son repos ; et dès lors personne n'y entra que les deux saintes cousines. Notre aimable Reine s'offrit à son tour de servir et d'assister sainte Élisabeth comme sa servante, lui disant que c'était un des principaux motifs de la visite qu'elle lui faisait. Oh! quelle amitié si douce, si sincère et si inséparable, resserrée par le plus fort lien de l'amour divin ! Je vois que le Seigneur est admirable, de découvrir le grand mystère de son incarnation à trois femmes plutôt qu'à aucun autre du genre humain : la première fut sainte Anne, comme nous avons dit en son lieu ; la seconde fut à la Fille et la mère du Verbe, la très-pure Marie ; la troisième fut sainte Élisabeth et son fils avec elle ; mais comme il était alors dans le sein de sa mère, on ne le prend pas pour une autre personne : d'où l'on peut inférer que ce qui semble folie en Dieu surpasse toute la sagesse des hommes, comme dit saint Paul (I Cor., I, 25).
II.§227 a écrit : Notre divine Reine et sa cousine Élisabeth sortirent de leur retraite à l'entrée de la nuit ; après y avoir demeuré un assez long temps, la très-sainte Vierge vit Zacharie qui était devenu muet ; elle lui demanda sa bénédiction comme au prêtre du Seigneur, et le saint la lui donna. Mais quoiqu'elle ne put le voir dans cet état sans ressentir une affectueuse pitié, comme elle savait le mystère que cette affliction renfermait, elle ne s'empressa pas de lui procurer le remède ; néanmoins elle pria pour lui. Sainte Élisabeth, qui connaissait le bonheur du très-chaste époux joseph (que lui-même ignorait), le traita avec beaucoup d'estime et de vénération, et le combla des plus tendres prévenances. Après que le saint eut demeuré trois jours dans la maison de Zacharie, il demanda permission à sa divine épouse de s'en retourner à Nazareth, la laissant en la compagnie de sainte Élisabeth, afin qu'elle l'assistât dans ses couches. Il prit congé avec promesse de revenir chercher notre aimable Princesse quand elle le ferait avertir. Sainte Élisabeth lui offrit quelques présents, le priant de les accepter et de les porter à sa maison ; mais il n'en voulut recevoir que fort peu de chose, et cela à cause de ses vives instances, parce que l'homme de Dieu n'était pas seulement amateur de la pauvreté, mais il était aussi d'un coeur magnanime et généreux. Ensuite il prit le chemin de Nazareth avec la petite monture qu'il avait empruntée. Étant arrivé à sa maison, il y fut servi, dans l'absence de son épouse, par une de ses parentes et voisines qui avait le soin de leur porter les choses nécessaires du dehors lorsque notre très-sainte Dame s'y trouvait.

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#63 Message par chartreux » sam. 12 mai 2018 15:01

II.§255 a écrit : Il y avait dans cette maison une servante d'un très-mauvais naturel, chagrine, colère, toujours prête aux jurements et aux imprécations. Elle fatiguait ses maîtres par son humeur hautaine, et elle était si fort assujettie au démon par tous ces vices et par plusieurs autres désordres, que ce tyran l'entraînait sans peine dans toute sorte de dérèglements funestes. Il y avait environ quatorze ans qu'une bande de démons l'accompagnait sans la quitter un moment, pour s'assurer la proie qu'ils prétendaient faire de son âme. Les ennemis de notre salut ne s'en éloignaient que quand elle était en la présence de la Maîtresse de l'univers; parce que, comme j'ai dit ailleurs, la vertu de notre Reine les tourmentait, surtout depuis qu'elle portait dans son sein virginal le Seigneur tout-puissant et le Dieu des armées (Ps. XXIII, 10). Et comme cette servante ne ressentait plus les mauvais effets de cette méchante compagnie lorsque ces cruels persécuteurs de nos âmes étaient forcés de la quitter par la présence de la très-sainte Vierge, qui lui procurait des faveurs toutes nouvelles, elle commença à s'attacher par une vive affection à sa restauratrice. Elle cherchait à l'assister avec un tendre empressement, à lui rendre mille petits services, et à se ménager le plus de temps possible pour se trouver auprés de notre divine Princesse, qu'elle regardait avec respect ; car parmi ses inclinations dépravées, elle en avait une bonne : c'était une certaine compassion naturelle pour les pauvres et pour les personnes humbles, à qui elle souhaitait même de faire du bien.
II.§256 a écrit : La divine Princesse, pénétrant les inclinations de cette femme, l'état de sa conscience, le péril de son âme, et les mauvais desseins des démons à son égard, tourna les yeux de sa miséricorde, et la regarda avec une affection de mère. Et quoique cette charitable Reine sut que cette obsession des démons était le juste châtiment des péchés de cette femme, elle dit néanmoins des prières pour elle, et lui obtint le pardon, la guérison et le salut. Elle commanda incontinent à ces esprits rebelles, par la puissance qu'elle avait, d'abandonner cette créature et de ne plus la troubler ni la molester. Et comme ils ne pouvaient résister à l'autorité de notre invincible Princesse, ils cédèrent et s'enfuirent pleins de terreur, ignorant la cause du pouvoir de l'auguste Marie ; mais ils conféraient ensemble, partagés entre l'admiration et l'indignation, et ils disaient : Quelle est cette femme qui a sur nous un empire si extraordinaire ? D'où lui vient ce pouvoir exorbitant qui lui permet de faire tout ce qu'elle veut ? Les ennemis conçurent à cette occasion une nouvelle rage contre celle qui leur écrasait la tête (Gen., III, 15). Mais cette heureuse pécheresse fut délivrée de leurs mains ; et notre aimable Maîtresse l'avertit, la corrigea, lui enseigna le chemin du salut, adoucit son coeur revêche, et changea son mauvais naturel. Et elle persévéra toute sa vie dans cet heureux changement, reconnaissant qu'elle en était redevable aux charitables soins de notre seule Reine, bien qu'elle ne pénétrât point le mystère de sa dignité; ainsi elle fut humble, reconnaissante, et elle finit sa vie saintement.

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#64 Message par chartreux » sam. 12 mai 2018 20:02

II.§257 a écrit :
Il y avait près de la maison de Zacharie une autre femme qui n'était pas mieux morigénée que cette servante, et à cause du voisinage, elle avait coutume d'y entrer pour s'entretenir avec les domestiques de sainte Élisabeth. Elle vivait dans le libertinage, sans se soucier de conserver l'honnêteté, et comme elle apprit l'arrivée de notre grande Reine dans cette ville, sa modestie et sa retenue , elle dit par une espèce de légéreté et de curiosité : " Qui est cette étrangére que nous venons de recevoir pour voisine, et dont la sainteté et la vie solitaire font tant de bruit? " Poussée par ce vain et impatient désir de connaître les nouvelles et les nouveautés, qui n'est que trop ordinaire à ces sortes de personnes, elle tâcha de voir notre divine Dame, pour observer sa mise et son air. Cette curiosité était impertinente et oisive dans son but, mais les effets n'en furent point inutiles ; car cette femme, ayant satisfait son désir, se trouva si fort touchée de la présence et de la vue de l'auguste Marie, qu'elle fut à l'instant toute changée, et transformée en un être nouveau. Elle n'eut plus les mêmes inclinations, et sans connaître la puissance de l'agent, elle subit son efficace influence; ses yeux versèrent des torrents de larmes, et son coeur fut percé d'une intime douleur de ses péchés. Cette heureuse femme, pour n'avoir que regardé avec une attention curieuse la mère de la pureté virginale, reçut en échange la vertu de chasteté, elle fut délivrée de ses mauvaises habitudes et de ses inclinations sensuelles. Alors elle se retira abîmée dans cette douleur, pour pleurer les désordres de sa vie. Elle sollicita dans la suite le bonheur de voir et d'entretenir la mère de la grâce ; cette charitable Reine voulut bien l'accueillir, pour l'affermir dans sa conversion, elle qui savait parfaitement ce qui venait d'arriver, et qui portait dans son sein la source même de la grâce, de la sainteté et de la justification, en vertu de laquelle l'avocate des pécheurs opérait. Elle la reçut avec une affection maternelle, elle lui donna de sages avis, et l'instruisit à la pratique de la vertu, de sorte qu'elle la laissa saintement renouvelée, et fortifiée pour persévérer dans le bien.

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#65 Message par chartreux » sam. 12 mai 2018 20:02

II.§258 a écrit :
Notre grande Reine fit un très-grand nombre de bonnes oeuvres et de conversions aussi admirables que celles-là, mais toujours en les cachant des ombres du silence et du secret. Elle sanctifia toute la famille de sainte Élisabeth et de Zacharie par sa conversation ; elle augmenta la perfection de ceux qui étaient justes, et leur acquit de nouveaux dons et de nouvelles faveurs ; elle justifia et éclaira par son intercession ceux qui ne l'étaient pas, et l'amour respectueux que tous avaient pour elle, les lui soumit avec tant de force, que chacun à l'envi s'empressait de lui obéir, et de la reconnaître pour sa Mère, pour son asile et pour sa consolatrice dans toutes ses nécessités. Sa seule vue produisait tous ces effets, qui lui coutaient fort peu de paroles, bien qu'elle ne refusât jamais celles qui étaient nécessaires dans de telles occasions. Comme elle pénétrait le secret des coeurs et l'état des consciences, elle appliquait à chacun le remède le plus convenable. Le Seigneur lui manifestait quelquefois si ceux qu'elle voyait étaient du nombre des élus ou des réprouvés. Mais cette connaissance produisait dans son coeur des effets admirables d'une très-parfaite vertu ; car elle donnait mille bénédictions aux justes et aux prédestinés (ce qu'elle fait encore maintenant du haut du ciel), et le Seigneur la félicitait de la joie qu'elle eu recevait, et de son côté, elle le priait avec des instances incroyables de les conserver dans sa grâce et dans son amitié. Quand elle voyait quelqu'un dans le péché, elle intercédait du plus profond de son coeur pour sa justification, et ordinairement elle l'obtenait ; que s'il était réprouvé, elle pleurait avec beaucoup de douleur, et elle s'inclinait en la présence du très-Haut pour la perte de cette image et de cet ouvrage de la Divinité, et elle faisait de très-ardentes oraisons, des offrandes particulières et des actes d'une humilité sublime, afin qu'aucun autre ne tombât dans ce malheur déplorable ; de sorte que nous pouvons dire qu'elle était une pure flamme de l'amour divin, qui se trouvait dans un mouvement perpétuel, et qui ne cessait jamais d'opérer de grandes choses.

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#66 Message par chartreux » mar. 12 juin 2018 18:03

II.§265 a écrit : Après cela, les deux mères des deux plus saints fils qui aient jamais été au monde, se retirèrent dans l'oratoire de la divine Princesse, et s'y étant mises en oraison, elles présentèrent leurs demandes au Très-Haut. Pendant ce temps-là notre auguste Reine fut ravie en extase, où elle connut par une nouvelle lumière, le mystère, la vie et les mérites du précurseur saint Jean, et la mission qu'il devait remplir préparant par sa prédication les voies du coeur des hommes (Matth., III, 3 ; Marc., I, 3 ; Luc., III, 4 ; Joan., I, 13) à recevoir leur Rédempteur et leur Maître ; mais de tous ces grands mystères elle ne découvrit à sainte Élisabeth que ce qu'il était convenable qu'elle sut. Elle connut aussi la grande sainteté de sa cousine, qu'elle mourrait dans peu de temps, et que sa mort arriverait après celle de Zacharie. Notre miséricordieuse mère présenta sa parente au Seigneur avec le tendre amour qu'elle lui portait; elle le pria de l'assister à sa mort, et elle lui représenta les désirs qu'elle avait qu'elle se trouvât à la naissance de son fils. Pour ce qui est de demeurer dans la maison de Zacharie, la très-prudente Vierge n'en fit aucune demande, parce qu'elle comprit aussitôt par la divine science dont elle était éclairée qu'il n'était ni convenable ni conforme à la volonté du très-Haut qu'elle demeurât toujours dans la maison de sa cousine, comme celle-ci le souhaitait.

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#67 Message par chartreux » mer. 13 juin 2018 16:32

II.§270 a écrit : L'heure arriva où devait paraître l'étoile avant-courrière du Soleil de justice et du jour si désiré de la loi de grâce. Il était déjà temps que le grand prophète du Très-Haut, qui surpassait tous les autres prophètes, vint au monde pour préparer nos coeurs et nous montrer du doigt l'Agneau (Joan., V, 35 ; Luc., I, 76 ; VII, 26 ; I, 17; Joan., I, 29) qui devait le réparer et le sanctifier. Avant que cet heureux enfant sortit du sein maternel, le Seigneur lui manifesta que l'heure de sa naissance s'approchait, et qu'il allait voir le jour commun et entrer dans la carrière ouverte à tous les mortels. Le saint enfant avait le parfait usage de la raison, il était éclairé de la lumière divine et de la science infuse, que lui avait communiquées la présence du Verbe incarné ; à leur clarté il vit et reconnut qu'il venait prendre port sur une terre maudite et toute couverte d'épines dangereuses (Gen., III, 17), et mettre les pieds dans un monde rempli de pièges et parsemé d'écueils, où beaucoup faisaient naufrage et périssaient malheureusement.

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#68 Message par chartreux » sam. 16 juin 2018 14:51

II.§271 a écrit : Le sublime enfant hésitait pour ainsi dire à naître, en suspens entre cette connaissance et l'accomplissement de la loi naturelle et divine. Car d'un côté les causes naturelles avaient épuisé leur action et donné à la formation successive du corps le plus parfait développement, de sorte qu'il était naturellement forcé de naître, et il comprenait, il sentait que le sein maternel allait bientôt le congédier. D'ailleurs l'efficace de la nature était ici secondée par la volonté expresse du Seigneur qui l'appelait à la vie. D'un autre côté, il considérait les périls redoutables de la carrière dans laquelle il devait s'engager, et, partagé entre la crainte et l'obéissance, il semblait tantôt s'arrêter de frayeur, tantôt s'avancer avec zéle. Il eut voulu résister, il eut voulu obéir, et il se disait :
Où vais-je m'exposer au hasard de perdre Dieu ? Comment entrerai-je dans la conversation des mortels, dont tant s'égarent et perdent, avec la raison , le chemin de la vie. Il est vrai que je suis dans les ténèbres, étant encore dans le sein de ma mére; mais je m'en vais passer dans d'autres bien plus dangereuses. Je me suis trouvé comme emprisonné dés que j'ai reçu la lumière de la raison ; mais l'élargissement et la liberté des mortels m'affligent davantage. Allons pourtant dans le monde, puisque vous le voulez, Seigneur : car le mieux est toujours de faire votre volonté. Que si ma vie et mes facultés peuvent, ô puissant Roi, être employées à votre service, cela seul suffit pour me faciliter ma sortie et pour me faire commencer avec joie la course de mes jours. Donnez-moi, Seigneur, votre bénédiction, afin que je passe dans le monde.

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#69 Message par chartreux » sam. 16 juin 2018 15:10

II.§271 a écrit : Avant de raconter le très-heureux accouchement de sainte Élisabeth, et afin d'accorder le temps dans lequel il arriva avec le texte des sacrés évangélistes, je suis bien aise que l'on sache que la grossesse de cette admirable conception dura neuf mois moins neuf jours (Luc 1:39) ; car en vertu du miracle qui rendit féconde la mère stérile, le corps qu'elle avait conçu fut perfectionné dans cet espace de temps, et il se trouva au terme de sa naissance ; et quand l'archange Gabriel dit à la sainte Vierge que sa cousine Élisabeth était dans le sixième mois de sa grossesse, il faut entendre qu'il n'était pas encore accompli, parce qu'il y manquait environ huit à neuf jours. J'ai dit aussi dans le chapitre XVI que notre divine Daine partit le quatrième jour après l'incarnation du Verbe pour aller voir sainte Élisabeth ; et c'est parce que la chose n'arriva pas immédiatement après, que saint Luc dit que la très-pure Marie partit en ces jours pour s'en aller promptement dans les montagnes (Luc 1:39) ; et ils employèrent quatre autres jours dans leur voyage, comme nous l'avons dit au même endroit.
II.§272 a écrit : On doit aussi remarquer que quand le même évangéliste dit que la très-pure Marie demeura près de trois mois dans la maison d'Élisabeth (Ibid., 56.), il ne leur manqua que deux à trois jours pour être accomplis; parce que le texte de l'Évangile a été en tout fort ponctuel. Et selon cette supputation, il faut nécessairement inférer que notre auguste Maîtresse ne se trouva pas seulement à la naissance de saint Jean, mais aussi à la circoncision, et à la détermination de son nom mystérieux, comme je m'en vais le dire. Car en comptant huit jours après l'incarnation du Verbe, on trouve que notre Dame et saint Joseph arrivèrent à la maison de Zacharie le 2 avril, d'après notre manière de supputer les mois solaires, et ils arrivèrent sur le soir. Ajoutant maintenant trois autres mois moins deux jours, qui commencent à courir du 3 avril, on atteint, comme terme de cette période, le 1er juillet, qui est le huitième jour de la naissance de saint Jean, et celui de la circoncision ; et la très-sainte Vierge partit le lendemain matin, pour s'en retourner à Nazareth. Et bien que l'évangéliste saint Luc raconte le retour de notre Reine dans sa maison , avant l'accouchement de sainte Élisabeth (Ibid. 56-57), il n'eut pas lieu avant, mais après, le texte sacré anticipant le récit du retour de la divine Marie pour achever tout ce qui la regardait, et pour poursuivre ensuite l'histoire de la naissance du précurseur sans interrompre le récit de son discours, et c'est ce qui m'a été déclaré, afin que je l'écrivisse.

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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#70 Message par chartreux » lun. 18 juin 2018 10:29

II.§280 a écrit : Un secret que je vous découvre, c'est qu'il y a des démons choisis par Lucifer et spécialement chargés d'attendre les religieux et les religieuses quand ils sortent de leur retraite, et de les attaquer alors par toutes sortes de tentations pour tâcher de les abattre. Ceux-là n'entrent pas facilement dans les chambres, parce qu'il n'y a pas tant d'occasions de parler, de voir, et d'user mal des sens, ce en quoi ils trouvent d'ordinaire leur proie, à laquelle ils s'attachent comme des loups carnassiers. Et c'est pour ce sujet qu'ils sont enragés de voir les religieux dans la retraite et le recueillement, parce qu'ils désespèrent de les vaincre , tant qu'ils ne les surprennent point parmi les dangers de la conversation humaine.

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