Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

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chartreux
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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#51 Message par chartreux » mer. 04 avr. 2018 11:36

II.§128 a écrit : Les trois personnes divines, par suite de leur union inséparable, descendirent toutes avec le Verbe, qui seul devait s'incarner. Tous les membres de la milice céleste sortirent avec le Seigneur Dieu des armées, remplis d'une force invincible et d'une splendeur admirable. Et bien qu'il ne fut pas nécessaire de débarrasser le chemin, parce que la Divinité pénètre toutes choses, qu'elle occupe tous les espaces et que rien ne la saurait arrêter, néanmoins les lieux matériels, pour témoigner à leur Créateur leur profond respect, s'ouvrirent tous aussi bien que les éléments qui leur sont inférieurs; les étoiles augmentèrent et renouvelèrent leur lumière, la lune, le soleil et les autres planètes avancèrent leur cours pour rendre hommage à leur Seigneur, et pour assister à la plus grande de ses merveilles.
II.§129 a écrit : Les mortels ne connurent point cette émotion ni ce renouvellement de toutes les créatures, tant parce que la chose arriva de nuit, que parce que le même Seigneur voulut qu'elle fut seulement manifestée aux anges, qui, initiés à des mystères aussi sublimes que vénérables, le louèrent avec un surcroît d'admiration : car ces mystères cachés aux hommes, encore éloignés de ces merveilles et de ces bienfaits, ravissaient les esprits célestes, auxquels alors il était seulement enjoint d'en bénir et glorifier l'auteur. Le très-Haut fit naître pourtant au même moment dans le coeur de quelques justes une impression de joie extraordinaire et inaccoutumée, et ils en furent si doucement frappés, qu'ils y donnèrent tous une attention toute particulière. Ils conçurent du Seigneur des pensées plus grandes que jamais ; plusieurs furent instinctivement portés à attribuer ce qu'ils ressentaient d'insolite à la venue du Messie, qui devait racheter le monde ; mais ils tinrent tous la chose secrète, parce que, par une disposition expresse de la puissance divine, chacun croyait en être le seul favorisé.
II.§130 a écrit : Les autres créatures eurent aussi part à ce renouvellement. Les oiseaux redoublèrent leur chant, les plantes augmentèrent leur odeur, et les arbres leurs fruits ; enfin toutes les créatures ressentirent en elles quelque changement favorable. Mais ceux qui éprouvèrent la joie la plus vive furent les saints pères et les justes, habitant les limbes, où l'archange saint Michel fut envoyé pour leur donner des nouvelles si agréables, qui furent pour eux un grand sujet de consolation.

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#52 Message par chartreux » jeu. 05 avr. 2018 14:46

II.§131 a écrit : L'archange Gabriel, accompagné d'une multitude innombrable d'anges ayant tous une forme humaine d'un éclat et d'une beauté incomparables à proportion de leur élévation entra sous les traits que j'ai dépeints au chapitre précédent, dans la petite chambré où la très-pure Marie était en prière ; c'était un jeudi, à sept heures du soir et à l'entrée de la nuit. La Princesse du ciel l'apercevant le regarda avec une modestie et avec une retenue admirable, et ce ne fut qu'autant qu'il fallait pour reconnaître en lui l'ange du Seigneur. Elle ne l'eut pas plutôt reconnu, qu'elle voulut avec son humilité ordinaire se prosterner à ses pieds, mais le saint ambassadeur ne le voulut pas permettre, au contraire il lui fit lui-même une profonde révérence comme à sa Reine et Maîtresse, en laquelle il adorait les divins mystères de son Créateur ; il savait d'ailleurs que dès ce jour-là les anciennes coutumes que les hommes avaient d'adorer les anges comme Abraham le fit (Gen., XXVIII, 2.), étaient changées ; parce que la nature humaine étant élevée à la dignité de Dieu en la personne du Verbe, les hommes étaient en même temps adoptés pour ses enfants et pour compagnons, ou frères des mêmes anges, comme celui qui ne voulut pas recevoir l'adoration de l'évangéliste saint Jean, le lui dit (Apoc., XIX, 10).
II.§135 a écrit : Le saint archange informa la très-pure Marie par ces raisons et par plusieurs autres, dissipant par l'autorité des anciennes promesses et des prophéties de l'Écriture le trouble que son ambassade lui avait causé, aussi bien que par la foi et par la connaissance qu'elle avait, de toutes ces choses et du pouvoir infini du très-Haut. Mais comme notre auguste Reine surpassait les anges même en sagesse, en prudence et en sainteté, elle différait sa réponse pour la donner avec autant de solidité qu'elle la donna, parce qu'elle fut telle que l'exigeait le plus grand des prodiges de la puissance divine.

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#53 Message par chartreux » sam. 07 avr. 2018 13:19

II.§137 a écrit : Et lorsqu'elle eut conféré avec elle-même et avec l'ambassadeur céleste sur la grandeur de mystères si hauts et si divins, lorsqu'elle fut bien pénétrée de l'objet de l'ambassade qu'elle recevait, son très-pur esprit fut ravi et absorbé dans l'admiration, dans le respect et dans un très-ardent amour de Dieu. A la suite de ces mouvements si vifs et de ces affections si véhémentes, et comme par leur effet naturel, son très-chaste coeur fut comme étreint et pressé par une force qui lui fit distiller trois gouttes de son très-pur sang dans son sein virginal, où le corps de notre Seigneur Jésus-Christ fut conçu et formé d'elles par l'opération et par la vertu du Saint-Esprit, de sorte que le coeur de la très-pure Marie a réellement et véritablement fourni, à force d'amour, la matière dont la très-sainte humanité du Verbe fut formée pour notre rédemption. Et tout cela arriva au moment où elle prononçait avec une humilité ineffable (ayant la tête un peu inclinée et les mains jointes) ces paroles qui furent le commencement de notre réparation : Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum (Luc., I, 38).
II.§138 a écrit : Ce fiat, si doux aux oreilles de Dieu et si favorable pour nous, ayant été prononcé, quatre choses furent opérées dans un instant. La première fut le très-saint corps de notre Seigneur Jésus-Christ, qui fut formé de ces trois gouttes de sang que le coeur de la sacrée Vierge fournit. La seconde fut la création de la très-sainte âme du même Seigneur, car elle fut aussi créée. La troisiéme fut l'union de l'âme et du corps du Sauveur, union qui donna a son humanité toute la perfection dont elle était capable. Enfin la quatrième fut l'union hypostatique de la Divinité en la personne du Verbe avec l'humanité, qui par cette union devint le suppôt de l'incarnation ; de sorte que Jésus-Christ fut formé Dieu et homme véritable, pour être notre Seigneur et notre Rédempteur. Cette merveille arriva un vendredi, vingt-cinquième de mars, à la pointe du jour, dans l'année de la création du monde 5199, selon que l'Église romaine, inspirée par le Saint-Esprit, le raconte dans le Martyrologe, et à la même heure que notre Père Adam fut formé. Cette supputation est la véritable, et c'est ce qui m'a été déclaré, l'ayant demandé par ordre de l'obéissance. Conformément à cela, le monde fut créé dans le mois de mars, qui répond au commencement de la création ; et parce que les oeuvres du très-Haut sont toutes parfaites et achevées (Deut., XXXII, 4), les plantes et les arbres sortirent de la main de sa divine Majesté avec leurs fruits, et ils ne les eussent jamais perdus si le péché n'eut altéré et corrompu toute la nature, comme je le dirai, s'il plait à Dieu, dans un autre traité ; et je ne le dis pas présentement parce qu'il n'est pas nécessaire à celui-ci.

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#54 Message par chartreux » sam. 28 avr. 2018 17:38

II.§180 a écrit : Notre Reine ne fut pas plutôt sortie de cette extase, qui lui arriva au moment de la conception du Verbe incarné, qu'elle se prosterna à terre, et l'adora dans son sein comme nous avons dit au chapitre XIIème, paragraphe 152. Elle continua cette adoration pendant toute sa vie, la commençant chaque jour à minuit ; elle y faisait pour l'ordinaire plus de trois cents génuflexions quand elle se trouvait libre, mais surtout pendant les neuf mois de sa divine grossesse.

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#55 Message par chartreux » lun. 30 avr. 2018 15:18

II.§185 a écrit : Il arrivait parfois que, pour lui donner quelque soulagement sensible, plusieurs petits oiseaux venaient la visiter par le commandement du Seigneur ; et, comme s'ils eussent connu leur Maîtresse, ils la saluaient en voltigeant autour d'elle et en lui faisant un agréable concert ; ils attendaient sa bénédiction pour prendre ensuite congé d'elle. Cela arriva en particulier aussitôt qu'elle eut conçu le Verbe divin, comme si, après que les anges l'eurent félicitée de sa dignité, les chantres de la nature eussent voulu l'en féliciter à leur tour. La Reine des créatures commanda ce jour-là à diverses espèces d'oiseaux qui se trouvaient avec elle de reconnaître leur Créateur, et de lui chanter des louanges en reconnaissance de l'être qu'ils en avaient reçu et de leur conservation. Ils obéirent incontinent à leur Maîtresse ; ils renouvelèrent leur chant, remplissant l'air d'une très-douce harmonie, et voltigeant jusqu'à terre, ils firent la révérence au Créateur et à sa Mère, qui le portait dans son sein. Ils se présentaient souvent à elle avec des fleurs dans leurs becs, et ils les laissaient tomber entre ses mains, attendant ensuite qu'elle leur commandât de chanter ou de se taire, selon sa volonté. Il arrivait aussi qu'ils venaient dans des temps rigoureux se mettre sous la protection de leur divine Maîtresse ; elle les recevait avec plaisir, et les nourrissait avec la tendre sollicitude que lui inspirait leur innocence, glorifiant le Créateur de toutes choses en ces petits animaux.

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#56 Message par chartreux » mar. 01 mai 2018 14:36

II.§201 a écrit : Or les très-chastes époux Marie et Joseph, ayant laissé la maison de leurs parents et oublié leur peuple (Ps. XLIV, 11.), se mirent en chemin pour aller à la maison de Zacharie dans les montagnes de Judée, qui étaient à vingt-sept lieues de Nazareth ; une grande partie de la route était âpre et rude pour une jeune femme si frêle et si délicate. L'unique ressource qu'elle eut contre des fatigues si au-dessus de ses forces était un petit animal, dont elle se servit durant tout le voyage. Il n'avait été pris que pour son service et pour son soulagement, néanmoins la plus humble et la plus modeste des créatures en descendait souvent, et priait son époux Joseph de partager les peines et les commodités, et de se reposer lui-même de temps en temps, en y montant à son tour. Ce que le discret époux ne voulut jamais faire, mais pour condescendre en quelque chose aux prières de la divine Dame, il permettait qu'elle fut de temps en temps à pied avec lui, autant qu'il lui semblait que son tempérament délicat le pouvait souffrir sans une trop grande fatigue. Ensuite le saint lui disait avec beaucoup de respect, de ne point refuser ce petit soulagement, et la Reine du ciel obéissait en se remettant sur sa monture.

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#57 Message par chartreux » mar. 01 mai 2018 14:38

II.§207 a écrit : Durant le trajet qu'ils parcoururent en quatre jours, nos saints voyageurs n'exercèrent pas seulement les vertus qui ont Dieu pour objet et beaucoup d'autres intérieures, mais ils pratiquèrent aussi plusieurs actes de charité envers le prochain, parce que notre charitable Dame ne pouvait pas être oisive en présence de ceux qui avaient besoin de secours. Ils ne trouvaient pas partout le même accueil ; parce que quelques-uns, laissés dans leur naturelle inadvertance, les congédiaient avec rusticité : d'autres, mus de la divine grâce, les recevaient avec plaisir et amour. Mais la mère de la miséricorde ne refusait à personne celle qu'elle pouvait exercer en sa faveur ; c'est pourquoi elle n'en laissait échapper aucune occasion ; et si elle pouvait décemment visiter ou chercher les pauvres, les malades et les affligés, elle les secourait et les consolait, ou bien elle les guérissait de leurs maladies. Je ne m'arrête point à raconter tous les faits de ce genre. Je dirai seulement l'heureuse rencontre qu'une pauvre fille malade eut de notre grande Reine dans un village par où elle passait, au premier jour de son départ. La charitable Princesse la vit, et, touchée de compassion de l'état dangereux dans lequel elle était, se servit de son pouvoir, et, comme Maîtresse des créatures, elle commanda à la fiévre de quitter cette fille, et aux humeurs de reprendre leur cours et leur tempérament naturel. Grâce à ce commandement et à la très-douce présence de la très-pure Marie, le corps de la malade se trouva aussitôt dans une parfaite santé, et son âme dans un meilleur état : elle vécut ensuite fort saintement, parce qu'elle ne perdit jamais le souvenir de sa bienfaîtrice ; elle en conserva toujours l'image dans son imagination, et elle lui porta toute sa vie un amour intime, quoiqu'elle ne revit plus notre divine Princesse, et que ce miracle ne fut point divulgué.

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#58 Message par chartreux » mar. 01 mai 2018 14:48

II.§208 a écrit : Le quatrième jour de leur voyage ils arrivèrent à la ville de Juda, qui était le lieu où Élisabeth et Zacharie demeuraient. C'était le nom propre de cette ville, où les parents de saint Jean se trouvaient alors, et c'est pour cela que l'évangéliste saint Luc l'appelle Juda (Luc., I, 89.), quoique la plupart des commentateurs de l'Évangile aient cru que ce n'était pas son nom propre, mais qu'elle le tirait de cette province qu'on appelait Juda ou Judée, comme l'on appelait aussi pour cette raison montagnes de Judée celles qui de la partie australe de Jérusalem s'étendent vers le midi. Mais ce qui m'a été manifesté, est que la ville était appelée Juda, et que l'évangéliste la nomme par son propre nom , bien que les docteurs aient pris communément pour le nom de Juda celui de la province où elle se trouvait. Cela vient de ce que cette ville, appelée Juda, fut ruinée quelques années après la mort de notre Seigneur Jésus-Christ; et comme les commentateurs n'en ont trouvé nulle part aucune mention, ils ont cru que saint Luc, par le nom de Juda, avait entendu la province et non point le lieu; et c'est à cela qu'il faut attribuer les diverses opinions sur la difficulté de savoir qu'elle était la ville où se fit la visitation.
II.§209 a écrit : Et parce qu'il m'a été ordonné de déclarer plus exactement cet article à cause de la nouveauté que l'on y peut trouver ; ayant fait ce que l'obéissance m'a prescrit à cet égard, je dis que la maison de Zacharie et d'Élisabeth où la visitation se fit, fut dans le même endroit où maintenant ces mystères divins sont honorés par les fidèles qui habitent les saints lieux de la Palestine, et par les pélerins qui y vont satisfaire leur dévotion. Et bien que la ville de Juda, où la maison de Zacharie se trouvait, ait été ruinée, le Seigneur ne permit point que l'on perdit entièrement la mémoire de lieux si vénérables, témoins de tant de mystères et consacrés par les pas de la très-pure Marie, de notre Seigneur Jésus-Christ, de Jean-Baptiste et de ses saints parents. Ainsi les anciens fidèles qui firent construire ces églises et qui réparèrent les lieux saints, furent éclairés, indépendamment du flambeau de la tradition, d'une lumière divine, pour connaître la vérité dans tous ces cas, afin que la mémoire de mystères si admirables fut renouvelée, et que les fidèles eussent dans la suite le bonheur de les adorer, confessant la foi catholique dans les lieux sacrés de notre rédemption.

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#59 Message par chartreux » mar. 01 mai 2018 14:49

II.§210 a écrit : Il faut remarquer, pour confirmer ce point, que le démon ayant reconnu, au moment de la mort de Jésus-Christ, que cet adorable Seigneur était Dieu et rédempteur des hommes, travailla avec nue fureur incroyable à en effacer la mémoire de la terre des vivants, comme dit Jérémie (Jerem., XI, 19.), aussi bien que celle de sa très-sainte Mère. Ainsi il fit en sorte que la sainte croix une fois fut cachée et enterrée, une autre fois prise et emportée en Perse, et dans cette même vue il fit que plusieurs des lieux saints furent ruinés et abolis. De là vint que les anges transportèrent si souvent la sainte maison de Lorette, parce que le même dragon qui persécutait cette divine Dame (Apoc., XII, 13.) avait déjà excité les esprits des habitants du pays à la destruction complète du sanctuaire dans lequel s'est opéré le très-haut mystère de l'incarnation. Or, c'est par les mêmes machinations de l'ennemi que l'ancienne ville de Juda tomba en ruine, tant à cause de la négligence de ses habitants qui l'abandonnèrent successivement, que par suite de divers accidents et calamités qui lui arrivèrent ; mais le Seigneur ne permit point que la maison de Zacharie fut entièrement ruinée, à cause des mystères qui y avaient été célébrés.
II.§211 a écrit : Cette ville était éloignée, comme j'ai dit, de vingt-sept lieues de Nazareth, et environ de deux lieues de Jérusalem, dans cette partie des montagnes de Judée où le torrent de Sorec a sa source. après la naissance de saint Jean, et quand la très-pure Marie et son saint époux eurent pris congé pour sen retourner à Nazareth, sainte Élisabeth eut une révélation divine qui lui apprit qu'un désastre effroyable frapperait bientôt les enfants de Bethléem et des environs (Matth., II,16.). Et bien que cette révélation fut faite dans ces termes vagues et généraux qui ne précisaient et ne spécifiaient rien, elle détermina la mère de saint Jean à se retirer avec son mari Zacharie à Hébron, distante de Jérusalem d'environ huit lieues. Les saints y allèrent, parce qu'ils étaient riches, nobles, et qu'ils avaient des maisons et des biens non-seulement en Juda et en Hébron, mais en plusieurs autres endroits. Et quand notre Reine et saint Joseph, fuyant la cruauté d'Hérode, partirent pour l'Égypte (Matth., II, 14.) (quelques mois après la naissance du Verbe, qui eut lieu après celle de Jean-Baptiste), alors sainte Élisabeth et Zacharie habitaient à Hébron ; et Zacharie mourut quatre mois après que notre Seigneur Jésus-Christ fut né, et dix après qu'Élisabeth eut mis. son fils au monde. J'en ai dit assez pour éclaircir ce doute ; ainsi la maison où la visitation a eu lieu n'était ni à Jérusalem , ni à Bethléem , ni à Hébron , mais en la ville qu'on appelait Juda. Et c'est ce que j'ai découvert par la lumière du Seigneur, aussi bien que les autres mystères de cette divine histoire, et l'ayant ensuite demandé une autre fois à l'ange, pour obéir à de nouveaux ordres, il me le déclara de nouveau.

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#60 Message par chartreux » jeu. 03 mai 2018 14:38

II.§215 a écrit : Sainte Élisabeth avait accompli le sixième mois de sa grossesse, et le précurseur futur de notre Seigneur Jésus-Christ était dans la prison du sein maternel, lorsque la très-sainte mère Marie arriva à la maison de Zacharie. La condition du petit corps de Jean était dans l'ordre naturel, et beaucoup plus parfaite que celle des autres, à cause du miracle qui se fit dans la conception d'une mère stérile, et parce que Dieu lui destinait la plus grande sainteté qu'il y eut entre les enfants des hommes (Matth., XI, 11). Mais son âme, était alors plongée dans les ténébres du péché qu'elle avait contracté en Adam, comme les autres enfants de ce premier et commun Père du genre humain. Et comme, par la loi commune et générale, les mortels ne peuvent recevoir la lumière de la grâce qu'après avoir reçu celle du soleil matériel, c'est pour cela qu'en suite du premier péché que l'on contracte, avec la nature, le sein maternel nous sert comme d'une prison ou d'un cachot, d'autant que nous sommes coupables en notre Père et chef Adam (Rom., V, 12.). Notre Seigneur Jésus-Christ voulut devancer, au profit de son grand prophète et précurseur, l'heure de ce grand bienfait, en lui accordant par anticipation la lumière de la grâce et la justification six mois après que sainte Élisabeth l'eut conçu, afin que sa sainteté fut privilégiée, comme devait être l'office de précurseur et de baptiste.
II.§216 a écrit : Après le premier salut que la très-pure Marie fit à sa cousine Élisabeth, elles se retirèrent toutes deux en particulier, comme j'ai dit à la fin du chapitre précédent. Et dans cette retraite la mère de la grâce salua de nouveau sa parente (Luc., I, 40.), et lui dit Dieu vous garde, ma très-chère cousine et sa divine lumière vous communique la grâce et la vie. A ces paroles de la très-sainte Vierge, Élisabeth fut remplie du Saint-Esprit (Ibid., 41), et son intérieur fut si fort éclairé qu'elle connut dans un instant de très-hauts mystères et de très-profonds secrets. Ces effets et ceux que l'enfant ressentit en même temps dans le sein de sa Mère, résultèrent de la présence du Verbe incarné dans celui de Marie, où, se servant de la voix de sa très-sainte mère comme d'un instrument, il commença d'user de la puissance que le Père éternel lui donna, pour sauver et justifier les âmes, en qualité de leur restaurateur (Matth., IX, 6). Et comme il exerçait cette puissance en tant qu'homme, ce petit corps adorable, quoiqu'il ne fut conçu que depuis huit jours (chose merveilleuse), ne laissa pas que de se mettre dans ce même sein virginal , en une posture humble pour prier le père ; et dans cette prière il demanda la justification de son précurseur futur ; et la très-sainte Trinité la lui accorda.

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