Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

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chartreux
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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#121 Message par chartreux » lun. 05 nov. 2018 13:56

II.§883 a écrit :
Vous comprendrez par là le danger imminent où l'on se trouve à l'heure de la mort, et combien d'âmes périssent en ce moment auquel les mérites et les péchés des hommes commencent à produire leur fruit. Je ne vous déclare point le grand nombre de ceux qui se perdent, parce que, le connaissant et ayant un véritable amour pour le Seigneur, vous en mourriez de douleur ; mais vous devez savoir qu'en régle générale une bonne mort suit une bonne vie, et que dans les autres cas elle est fort incertaine, fort rare et fort chanceuse.

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#122 Message par chartreux » lun. 05 nov. 2018 13:59

II.§886 a écrit :
Tout le temps de la vie du plus heureux des hommes, saint Joseph, fut de soixante années et quelques jours. En effet, il épousa la très-pure Marie à trente-trois ans, et il en vécut un peu plus de vingt-sept en sa compagnie ; et quand le saint époux mourut, notre auguste Reine avait quarante-un ans six mois environ, puisque (comme je l'ai dit en la premiére partie, liv. II, chap. XXII) elle fut mariée à saint Joseph à l'âge de quatorze ans, lesquels, joints aux vingt-sept qu'ils vécurent ensemble, font quarante-un ans, plus le temps qui s'écoula depuis le 8 septembre jusqu'à l'heureuse mort du très-saint époux. La Reine du ciel se trouva à cet âge figée avec la même constitution et perfection naturelle qu'elle avait en sa trente-troisième année ; car elle ne baissa, ni ne vieillit, ni ne déchut jamais de cet état très-parfait, comme je l'ai marqué au chapitre XIII de ce livre.

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#123 Message par chartreux » lun. 05 nov. 2018 14:09

II.§895 a écrit :
Toute la perfection de la vie chrétienne rentre dans l'une des deux vies que l'Église connaît, c'est-à-dire l'active et la contemplative. (...) Elles sont bien figurées par les deux soeurs Marthe et Marie (Luc., 10:41-44), l'une dans le repos et les caresses, l'autre dans les soins et les agitations ; et aussi par les deux autres soeurs Lia et Rachel (Gen. 29:17), l'une féconde, mais laide et chassieuse ; l'autre belle et charmante, mais stérile au commencement. En effet, la vie active est plus fructueuse, quoique coupée par une foule d'occupations diverses au milieu desquelles elle se trouble, et elle n'a pas les yeux assez clairvoyants pour les élever aux choses célestes et pénétrer les mystères divins. D'un autre côté, la vie contemplative est très-belle, quoiqu'elle ne soit pas si féconde au commencement, parce qu'elle donne son fruit plus tard par le moyen de l'oraison et des mérites, qui présupposent une grande perfection, et un commerce avec Dieu assez étroit pour l'obliger d'étendre sa libéralité sur les autres âmes ; mais ces fruits sont ordinairement abondants en bénédictions, et toujours dignes d'une très-grande estime.
II.§896 a écrit :
L'accord de ces deux vies est le comble de la perfection chrétienne ; mais cet heureux assemblage est aussi difficile que nous l'avons remarqué dans l'histoire de Marthe et de Marie, de Lia et de Rachel, qui ne furent pas une seule personne, mais deux personnes diffèrentes, pour représenter chacune la vie qu'elle signifiait, parce qu'aucune des deux n'a pu les figurer à la fois, à cause de la difficulté qu'il y a pour un sujet de les réunir et de les réaliser simultanément avec une égale perfection. Et malgré tous les efforts que les saints ont faits pour surmonter cette difficulté, quoique la doctrine des maîtres spirituels aille au même but, malgré toutes les instructions des hommes apostoliques et des docteurs ; enfin, malgré les exemples des apôtres et des fondateurs des ordres religieux, qui ont tous tâché d'unir la contemplation à l'action autant qu'il leur était possible avec la grâce, ils ont toujours dû reconnaître que la vie active, par la multitude de ses applications aux objets inférieurs, partage et trouble le coeur, comme l'a dit à Marthe le Sauveur de nos âmes ; de sorte que, quelque effort que l'on fasse pour rentrer dans le recueillement et le calme afin de s'élever aux objets très-sublimes de la contemplation, on n'y saurait parvenir qu'à grand-peine pendant cette vie, et encore seulement par courts intervalles, à moins d'un privilège tout spécial du Tout-Puissant.
II.§897 a écrit :
L'auguste Marie fut la seule qui concilia ces deux vies au suprême degré de perfection, sans que sa très-haute et très-ardente contemplation fut empêchée par les oeuvres extérieures de la vie active. Empressée comme Marthe quoique sans aucun trouble, elle fut calme et sereine comme Marie , sans se livrer à un mol repos ; elle eut la beauté de Rachel et la fécondité de Lia ; elle seule accomplit dans la réalité ce que ces diffèrentes soeurs représentèrent dans la figure. Cette très-prudente Reine servait son époux malade et le nourrissait par son travail, aussi bien que son très-saint Fils, comme je l'ai marqué ; mais sa sublime contemplation n'en était ni interrompue ni embarrassée ; car notre grande Dame n'avait pas besoin de chercher la solitude pour rasséréner son cour pacifique, et s'élever librement au-dessus des plus hauts séraphins. Néanmoins, quand elle se vit privée de la compagnie de son époux , elle régla ses exercices de manière à ne s'occuper plus qu'au mystère de l'amour intérieur. Elle lut alors dans l'âme de son très-saint Fils que c'était sa volonté qu'elle modérât le travail corporel auquel elle avait consacré les jours et les nuits pour assister son saint malade, et qu'au lieu de s'y livrer comme par le passé, elle se joignit aux prières et aux oeuvres ineffables de l'adorable Sauveur.

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#124 Message par chartreux » lun. 05 nov. 2018 14:11

II.§898 a écrit :
Notre divin Seigneur lui découvrit aussi qu'il suffisait qu'elle travaillât seulement quelques heures de la journée pour se procurer le peu de nourriture qui leur était nécessaire ; parce qu'ils ne mangeraient plus à l'avenir qu'une seule fois par jour, et cela vers le soir ; car s'ils avaient gardé jusqu'alors un autre régime, ce n'était qu'à cause de l'amour qu'ils portaient à saint Joseph, et pour ne le point priver de la consolation de leur compagnie pendant les heures de ses repas. De sorte qu'à partir de cette époque, l'Homme-Dieu et sa très-sainte mère ne mangèrent qu'une seule fois, vers six heures du soir ; et bien souvent leur nourriture ne consistait qu'en du pain sec ; d'autres fois notre divine Dame y ajoutait des fruits, des herbes ou du poisson ; et c'était là le plus grand régal du Roi et de la Reine de l'univers. Et quoique leur tempérance fut toujours extrême, et leur abstinence admirable, depuis qu'ils se trouvèrent seuls ils les poussèrent encore plus loin, et ne s'accordèrent que le choix de leurs simples aliments et la régularité de l'heure à laquelle ils les prenaient. Quand ils étaient conviés à un festin, ils mangeaient un peu de tout ce qui leur était présenté, sans vouloir s'en excuser, commençant dés lors à pratiquer le conseil que le Seigneur lui-même devait donner ensuite à ses disciples pour le temps de leur prédication (Luc. 10:8). Notre auguste Princesse servait à genoux cette pauvre nourriture à son très-saint Fils, après lui avoir demandé la permission de la lui présenter; quelquefois elle la lui demandait aussi avec le même respect avant de l'apprêter, parce qu'elle était destinée à son Fils, qui était Dieu véritable.

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#125 Message par chartreux » mar. 06 nov. 2018 12:23

II.§909 a écrit :
La plupart des mystères qui se passèrent entre Jésus et Marie sont réservés pour être aux bienheureux dans le ciel le sujet d'une joie accidentelle, comme je l'ai marqué ailleurs. Les plus ineffables s'accomplirent dans le cours des quatre années qu'ils demeurèrent seuls dans leur maison après l'heureuse mort de saint Joseph, jusqu'à ce que cet adorable Seigneur commençât à prêcher.

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#126 Message par chartreux » mar. 06 nov. 2018 12:37

II.§920 a écrit :
Le feu de la divine charité, qui brulait dans le coeur de Jésus-Christ, était comme enfermé et contraint avec une espèce de violence jusqu'au temps marqué et opportun où il devait éclater en rompant le vase sacré de sa très-sainte humanité, on en ouvrant ce même coeur parle moyen de la prédication et des miracles dont les hommes devaient être les témoins. Et comme on ne saurait cacher le feu dans son sein, comme dit Salomon (Prov. 6:27), sans voir ses vêtements se consumer ; de même notre Sauveur découvrit toujours plus ou moins celui qu'il avait, dans son coeur, parce qu'il s'en échappait certaines étincelles qui brillèrent dans toutes les oeuvres qu'il fit dés l'instant de son incarnation : mais il était toujours comme couvert et comprimé en comparaison de l'incendie qu'il devait allumer, et des flammes immenses qu'il cachait. Cet adorable Seigneur était déjà arrivé à la parfaite adolescence, et, se trouvant dans sa vingt-septième année, il semble, selon notre manière de concevoir, qu'il ne pouvait plus tant résister à l'impétuosité de son amour, et au désir qu'il avait d'obéir promptement à son Père éternel et de sanctifier les hommes. Il fatiguait beaucoup, il priait, il jeunait, il se montrait plus souvent en public, et conversait davantage avec tes mortels ; il passait beaucoup de nuits entières en oraison dans les montagnes, et quelquefois il restait deux ou trois jours hors de sa maison sans rentrer auprès de sa très-sainte Mère.
II.§926 a écrit :
Notre divin Maître ajoutait plusieurs autres oeuvres d'une grande miséricorde à celles dont nous venons de parler, car il consolait les affligés , soulageait les misérables, visitait les malades, animait les lâches, donnait des conseils salutaires aux ignorants assistait ceux qui étaient à l'agonie ; il rendait secrètement la santé du corps à plusieurs, remédiait à de grandes nécessités, et conduisait tous ceux avec qui il conversait par les voies de la vie et de la paix véritable. Tous ceux qui l'abordaient ou l'écoutaient avec une pieuse intention et sans préjugés, étaient remplis de lumière et de dons de la puissante droite de sa divinité ; et il n'est pas possible de raconter les oeuvres admirables qu'il fit pendant ces trois années qui précédèrent son baptême et à sa prédication publique ; il faisait toutes ces oeuvres d'une manière très-secrète, de sorte que, sans découvrir qu'il fut l'auteur du salut, il le communiquait à un très-grand nombre d'âmes. L'auguste Vierge était présente à presque toutes ces merveilles, comme, témoin et coadjutrice très-fidèle du Maître de la vie ; et comme tout lui était découvert, elle coopérait à tout et en rendait de justes actions de grâces au nom de ces mêmes personnes favorisées de la divine miséricorde. Elle adressait des cantiques de louange au Tout-Puissant, elle priait pour les âmes, comme en connaissant l'intérieur et les besoins, et par ses prières elle leur procurait une foule de bienfaits. Elle-même en exhortait aussi plusieurs, elle les conseillait, les attirait à la doctrine de son Fils et leur annonçait la venue du Messie ; toutefois elle instruisait plus souvent les femmes que les hommes, exerçant à leur égard les mêmes oeuvres de miséricorde que son très-saint Fils pratiquait envers ces derniers.

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#127 Message par chartreux » jeu. 08 nov. 2018 16:56

II.§940 a écrit :
Considérez avec attention, ma très-chère fille, cette lamentable erreur des enfants des hommes, et débarrassez vos puissances, afin que vous pénétriez la différence qu'il y a entre Jésus-Christ et Bélial. Car la distance de l'un à l'autre est infiniment plus grande que celle du ciel à la terre. Jésus-Christ est la véritable lumière, le chemin assuré et la vie éternelle (Joan, 14:6) ; il aime constamment ceux qui le suivent, il leur promet la jouissance de sa vue et de sa compagnie ; et en cette jouissance le repos éternel, que l'oeil n'a point vu, que l'oreille n'a point ouï et que les hommes n'ont point conçu (Isa. 64:4). Lucifer n'est que ténébres, qu'erreur, tromperie, malheur et mort ; il abhorre ses sectateurs, il entraîne de toutes ses forces à tout ce qui est mal, et finira par les faire tomber dans les feux éternels et condamner à des supplices effroyables.

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#128 Message par chartreux » jeu. 08 nov. 2018 16:59

II.§962 a écrit :
J'ai raconté dans cette seconde partie quelques-unes des faveurs que l'auguste Marie fit à sa cousine sainte Élisabeth, et à saint Jean, étant en Égypte à l'époque où Hérode résolut de faire mourir les Innocents ; j'ai dit aussi que ce précurseur de Jésus-Christ demeura dans le désert après la mort de sa Mère, sans le quitter jusqu'au temps déterminé par la divine sagesse, menant une vie plus angélique qu'humaine, et ressemblant plus à un séraphin qu'à un homme terrestre. Sa conversation était avec les anges et avec le Seigneur de l'univers ; et dans ce saint commerce, qui occupait tousses moments, loin d'être jamais oisif, il continuait incessamment l'exercice du divin amour et des vertus sublimes qu'il avait commencé dans le sein de sa Mère, sans que la grâce fut en lui oisive un seul instant, et sans qu'il négligent de donner à ses oeuvres cette plénitude de perfection qu'il put leur communiquer par le secours de cette même grâce. Il ne fut non plus jamais distrait par les sens, qu'il avait détournés des objets terrestres, et qui sont ordinairement les fenêtres par où la mort, déguisée sous les images de la beauté trompeuse des créatures, entre dans l'âme. Et comme ce saint précurseur fut si heureux que d'être prévenu de la divine lumière avant que de jouir de celle du soleil matériel, il renonça par le secours de la premiére à tout ce que la seconde lui présentait ; de sorte que sa vue intérieure resta immobilement fixée sur le plus noble objet, sur l'être de Dieu et ses perfections infinies.
II.§963 a écrit :
Les faveurs que saint Jean obtint de la divine droite dans sa solitude sont au-dessus de tout ce que l'entendement humain peut concevoir ; et nous ne connaîtrons sa grande sainteté et ses très-excellents mérites que lorsque nous jouirons clairement de la vue du Seigneur, et que nous verrons la récompense qu'il en a reçue. Et comme il n'est pas du sujet de cette histoire de m'étendre sur ce que j'ai connu de ces mystères, et que les saints docteurs ont fait mention dans leurs écrits des hautes prérogatives du divin précurseur, je ne dirai ici que ce qui regardera directement notre auguste Maîtresse, de qui notre saint solitaire reçut les bienfaits les plus considérables. Ce n'en fut pas un petit que de lui envoyer sa nourriture par le ministère des anges, comme je l'ai dit ailleurs, jusqu'à ce qu'il eut atteint sa septième année. Dés cet âge jusqu'à celui de neuf ans, elle ne lui envoya que du pain, et à cette dernière époque ce bienfait de notre divine Dame cessa, parce qu'elle sut que, conformément aux désirs du saint lui-même, la volonté du Seigneur était qu'il vécut de racines, de sauterelles et de miel sauvage (Matth. 3:4). Telle fut la nourriture du Précurseur jusqu'à ce qu'il commençât à prêcher ; mais quoique l'auguste Vierge ne lui fournit plus de provisions, elle n'en continua pas moins à lui envoyer ses anges pour le visiter de sa part, pour le consoler, et pour lui donner connaissance soit de ses occupations, soit des merveilles que le Verbe incarné opérait. Toutefois, il ne recevait jamais qu'une visite semblable par semaine.

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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#129 Message par chartreux » jeu. 08 nov. 2018 17:02

II.§946 a écrit :
Le nouveau prédicateur, sortit du désert ayant un habit de peau de chameau et une ceinture de cuir sur les reins, sans aucune chaussure. Il avait le visage exténué, un air majestueux, une modestie admirable, une humble gravité, un courage invincible, un coeur enflammé de charité pour Dieu et pour les hommes. Ses paroles étaient vives, sévéres et ardentes comme des étincelles d'un foudre parti du puissant bras de Dieu et de son être immuable et divin ; il était doux aux humbles, terrible aux superbes, admirable aux anges et aux hommes, formidable aux pécheurs, horrible aux démons, et si éminent en son ministère, qu'il était comme l'organe du Verbe incarné, et tel qu'il fallait à ce peuple hébreu, endurci, ingrat et obstiné, gouverné par des magistrats idolâtres et conduit par des prêtres avares et orgueilleux, sans lumière, sans prophètes, sans piété, sans crainte de Dieu, après tant de châtiments et de calamités que ses péchés lui avaient attirés, pour lui ouvrir les yeux et le coeur dans ce misérable état, afin qu'il reconnut et reçut son Rédempteur et son Maître.

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Re: Extraits de "La Cité Mystique de Dieu"

#130 Message par chartreux » jeu. 08 nov. 2018 17:05

II.§948 a écrit :
J'eus un doute sur cet événement mystérieux, et je l'exposai à la mère de la Sagesse, en lui disant : " Reine du ciel, très-sainte entre les saints, et choisie entre toutes les créatures pour être la mère de Dieu, j'ai une difficulté, femme ignorante et grossiére que je suis, à propos de ce que je viens d'écrire ; et si vous me le permettez ; je vous la proposerai, mon auguste Princesse, qui êtes la Maîtresse de la Sagesse, et qui avez bien voulu par votre bonté exercer cet office envers moi, en dissipant mes ténébres, et en m'enseignant la doctrine de la vie éternelle et du salut. Mon doute vient de ce que j'ai appris, que non-seulement saint Jean, mais vous-même aussi aviez la croix en vénération, avant que votre très-saint Fils y mourut ; et cependant j'ai toujours cru qu'elle servait de potence pour punir les malfaiteurs, jusqu'à ce que notre rédemption eut été opérée sur le sacré bois, et que pour ce sujet elle était regardée comme ignominieuse et digne de mépris ; et d'ailleurs la sainte Église nous enseigne que la croix doit toute sa gloire à la mort que notre Seigneur Jésus-Christ y a soufferte, et au mystère de la rédemption du genre humain qu'il y a opéré."
II.§949 a écrit :
Ma fille, je répondrai avec plaisir à votre doute. Il est vrai que la croix était, comme vous dites, ignominieuse (Deut. 21:23) avant que mon Fils et mon Seigneur l'eut honorée et sanctifiée par sa passion et par sa mort, et c'est pour cela qu'on lui doit maintenant l'adoration que la sainte Église lui rend ; et si quelque personne, ignorant les mystères et les raisons que j'eus aussi bien que saint Jean, eut prétendu adorer la croix avant la rédemption dit genre humain, elle serait tombée dans l'erreur, et aurait commis une idolâtrie, parce qu'elle aurait adoré ce qu'elle savait n'être pas digne d'une véritable adoration. Mais nous eumes, nous, différentes raisons : l'une , c'est que nous envisagions avec une certitude infaillible ce que notre Rédempteur devait opérer sur la croix ; l'autre, c'est qu'avant d'achever ce grand oeuvre de la rédemption, il avait commencé sanctifier ce sacré signe par son attachement, lorsqu'il y priait et s'y offrait volontairement à la mort ; car le Père éternel avait accepté les oeuvres et la mort future ; de mon très-saint Fils par un décret et une approbation immuable ; et il est certain que la moindre action, le moindre contact du Verbe incarné étaient d'un prix infini ; or, c'est par ce contact qu'il sanctifia ce sacré bois, et qu'il le rendit digne d'honneur ; ainsi, quand je le révérais aussi bien que saint Jean , c'était en vue de ce mystère et de cette vérité, de sorte que nous n'adorions pas la croix pour elle-même ni dans le bois qui en faisait la matière, attendu qu'on ne lui devait point l'adoration de latrie, jusqu'à ce que la rédemption y eut été accomplie, mais nous considérions et honorions la représentation formelle de ce que le Verbe incarné y devait faire ; c'est lui qui était le terme où aboutissait le culte que nous rendions à la croix, et c'est aussi ce qui arrive maintenant pour le culte que lui rend la sainte Église.

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