Poésies

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Abbé Zins
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Poésies

#1 Message par Abbé Zins » mer. 08 avr. 2020 18:08



Ci-gît poussière



Ci-gît au cimetière, au repos d'un dortoir,
Un corps, orgueil d'hier, d'humain ne voulant choir
Qui, réduit en poussière de façon provisoire,
Reverra la lumière au temps du Jour sans soir.

Sera-t-il glorieux, éclatant de blancheur,
Ou au contraire hideux, répugnant de noirceur ?
Selon que, Bienheureux, il sera au Seigneur,
Ou pauvre malheureux, réservé pour les pleurs.

Aux âmes de choisir, ou la vie ou la mort,
Tandis qu'elles ont loisir, en étant en leur corps,
D'oeuvrer pour l'avenir et de fixer leur sort,
De se donner plaisir ou savoir faire effort.

Penché sur cette tombe où règne le silence,
Où le vent souffle en trombe, où l'on médite et pense,
Du bas de cette combe, ayons donc souvenance
Que là où l'arbre tombe, il est en permanence.

Ci-gît dans la misère, déjà loin des mémoires,
Les restes d'un pauvre père, peut-être en Purgatoire,
Les restes d'une brave mère, ayant fait son devoir,
Le corps d'une âme chère, que l'on ne peut plus voir.

Que peut-on faire de mieux, surmontant la douleur,
Que de prier pour eux, avec humble ferveur,
Que de se montrer pieux, pour toucher le Sauveur,
Pour qu'Il ouvre les cieux, à eux, ses serviteurs.

Il nous faudra mourir pour parvenir au port,
Ce corps devra pourrir, avant de vivre encore ;
Notre âme devra sortir en la Charité d'or
De peur d'aller rôtir dans le lieu des remords.

Poussière devenue homme de belle maintenance,
Ayant goûté la pomme, souffre la déchéance ;
Mais ce n'est là qu'un somme, poussière à l'odeur rance,
Tu redeviendras homme, telle est notre espérance.

En ce corps vois le tien, c'est là ton sort d'humain ;
En le sien vois le rien que tu seras demain.
En le sien vois le tien, en le tien vois le sien,
Vois la mort qui s'en vient, et la vie qui revient :
Dieu de qui on le tient, la lui rendre saura bien.

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Abbé Zins
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Re: Poésies

#2 Message par Abbé Zins » sam. 11 avr. 2020 8:29



0 Vérité abandonnée !



0 Jésus délaissé, Jésus abandonné
Saint Jésus arrêté, Pieux Jésus garrotté,
Doux Jésus souffleté, Bon Jésus dépouillé,
Mon Jésus flagellé, Mon Jésus crucifié.

Où êtes-vous Saint Pierre ? quand on le met en bière ;
Pour vous, Il fit prière, aujourd'hui comme hier ;
Mais vous, jusque là fier, en avez fait litière,
Renié la Lumière, par peur d'une portière.

Dimanche on L'acclamait : Vive le Roi de paix !
Mardi on L'écoutait : Nul n'a ainsi parlé !
Jeudi on L'arrêtait : Quel mal ai-je donc fait ?
Vendredi Le clouait : A mort ! la Vérité.

Vérité crucifiée, crucifiante Vérité,
Par tous abandonnée, parce que humiliée ;
Vérité mal-aimée, puisqu'il faut L'imiter,
Vérité rejetée, de peur d'être accablés.

Mais au pied du Calvaire, se tient debout sa Mère,
Et ceux qui La vénèrent : Jean et les femmes amères ;
Là, entre ciel et terre, jusque là si colère,
Le larron, comme en chaire, supplie le Roi austère.

Vendredi : le tombeau, bien fermé par un sceau,
Samedi, sans un mot, on est caché bien clos.
Dimanche : le renouveau, réunion du troupeau,
Avant le feu nouveau, et le port du flambeau.

Vérité confessée, consolante Vérité,
Par beaucoup retrouvée, parce que glorifiée ;
Vérité bien-aimée, fidèles récompensés ;
Vérité témoignée, sans peur d'être mortifiés.

Saint Pierre se reprit, mais Judas se pendit :
Crains très fort toi qui fuis, que la grâce qui a lui,
Repoussée par ennui, ne se transforme en nuit :
Si le dégoût t'a pris, court bien vite à Marie !

Avant-hier : l'union, la Sainte Communion ;
Hier : la subversion, mais bonne réaction ;
Aujourd'hui : l'illusion, avec la défection,
Ou la résignation, avec l'immolation !

A Dieu appartient le temps de la Résurrection !



En la fête de saint Sylvestre Samedi 26 novembre 1988

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Abbé Zins
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Re: Poésies

#3 Message par Abbé Zins » ven. 17 avr. 2020 18:12



La faiblesse des bons



A ces hommes sans foi qui brisaient toutes Croix,
A ces bandits sans loi qui se voulaient sans Roi,
A ces coeurs sans émoi versant le sang à froid,
Le pays tout pantois obéissait sans joie.

Qui sonnera du cor à la France qui dort,
Ah ! quelle Jeanne encore sauvera de la mort
Un peuple dont le sort est livré aux plus forts,
Si de Dieu il n'implore pardon, aide et renfort !?

Que l'on sonne l'alarme, que tout le pays s'arme,
Qu'au lieu de simples larmes bataillent les gens d'armes,
Que dans l'église des Carmes cesse l'impie vacarme,
Que l'impiété désarme ! Allons ! Allons ! Aux armes !

Mais même s'il retentit, qui entendra ce cri ?
Qui osera dire oui, affronter tant d'ennuis,
Mille tout petits soucis, les dépits, le mépris,
Risquer d'être banni, peut-être même occis !?

Où êtes-vous, Géants !? Vous dressant d'un élan,
Courant sus en chantant sur les canons béants,
Sous la mitraille plongeant, d'un bond vous relevant,
Sabrant les desservants, les canons retournant !

0 nouveaux Macchabées de la guerre de Vendée !
N'est-ce que jus de navets le nouveau sang français ?
N'y a-t-il plus d'épée capable de se lever,
Pour suivre des aînés l'allant d'âmes bien nées !

La faiblesse des bons fait la force des démons
Les mesures demi-ton leur sont des concessions
Et des tentations on passe aux viles actions :
Il faut savoir dire non ! S'offrir sans restriction.

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Abbé Zins
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Re: Poésies

#4 Message par Abbé Zins » mar. 04 août 2020 20:08



Revue Sub Tuum Praesidium, n° 59 - 60 (Août - Septembre 1999)


4. L I A I S O N D E S L E C T E U R S



Chantons la belle Victoire


(En guise de détente : pour se rire d’eux (Ps. 2,4), nous aussi)


1. La Ruinepublique avait juré (bis)
Qu'il n’y ' aurait plus de bons Curés (bis)
Mais son coup a manqué,
Grâce aux insermentés !
et à nos gars’d’Vendée !

Refrain A (après 1, 2, 3) :

Chantons la belle Victoire,
Vive le son ! Vive le son !
Chantons la belle Victoire !
Vive le son des Carillons !

2. La Ruinepublique avait banni (bis)
La Religion de notre’ Patrie (bis)
Son plan a échoué :
Voilà tout restauré !

3. La Ruinepublique avait rêvé (bis)
Voir en Pie VI un dernier-né (bis)
Son rêve a avorté ! car Pie XII a régné !


4. La Contre-Eglise a occupé (bis)
Le Vatican, les Evêchés ! (bis)
Satan est déchaîné :
Car son temps est compté ! *

* cf. Apoc. 12,12 ; 20,3


Refrain B (après 4 et 5) :

Chantons la belle Victoire !
Que retentisse ! Que retentisse !
Chantons la belle Victoire !
Le son des trompettes Prophétiques !

5. Ce qui a été annoncé (bis)
Est maintenant réalisé (bis)
L’Eglise est éclipsée !
Mais’ a promesse d’éternité !


6. Bientôt le Christ sur les nuées ! (bis)
Jugera tous les révoltés,
Jugera tous les infiltrés !
Voilà le temps marqué à toute destinée !

Refrain C (après 6 et 7) :

Chantons la belle Victoire !
Que retentisse ! Que retentisse !
Chantons la belle Victoire !
Le son des trompettes Angéliques !

7. Tant pis ! tant pis !
Pour les mondains (bis)
Si ce refrain ne leur convient (bis)
Leur esprit pharisien en aura du chagrin !



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Laetitia
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Re: Poésies

#5 Message par Laetitia » mar. 06 avr. 2021 19:00



                                                                                                          La Résurrection.


Œuvres Complètes de Louis de Grenade a écrit :
….Je transcris les vers suivants de Lactance (1), qui sont bien propres, cher lecteur, à éveiller dans votre âme une vive joie spirituelle .

(1) Ces vers sont réellement de Venance Fortunat. Nous les avons corrigés d'après l'édition de Migne. Patrol., t. VII.


Tempora florigero rutilant distincta sereno,
Et majore poli lumine porta patet.
La terre resplendit de sérénité et de l'éclat des fleurs; le pôle est éclairé d'une lumière plus vive.
Altius ignivomum solem cæli orbita ducit,
Qui vagus oceanas exit et intrat aquas.
Sortant de l'Océan pour y rentrer, le soleil élève plus haut son disque enflammé.
Armatus radiis, elementa liquentia lustrans,
Hac in nocte brevi tendit in orbe diem.
Armé de ses rayons, parcourant l'élément liquide, en cette nuit il accélère son cours.
Splendida sincero producunt æthera vultu,
Lætitiamque suam sidera clara probant.
Les astres épurent les régions de l'air ; ils manifestent leur joie par leur éclat.
Terra ferax vario fundit munuscula cultu ;
Cum bene vernarit, reddit et annus opes.
La terre fait éclore dans son sein fécond mille dons variés, et, après la verdure, viennent les moissons.
Mollia purpureum pingunt violaria campum ;
Prata virent herbis, et micat herba comis.
La douce violette émaille la plaine empourprée ; les prés sont verdoyants, et l'herbe balance sa tige.
Paulatim subeunt stellantia lumina florum,
Floribus arrident gramina cuncta suis.
La prairie se décore peu à peu de couleurs étincelantes, et le gazon, avec ses fleurs, semble sourire.
Semine deposito late seges exilit arvis,
Spondens agricolæ vincere posse famem.
La semence une fois déposée, les moissons surgissent dans les guérets et promettent de satisfaire la faim du laboureur.
Caudice deserto lacrymat sua gaudia palmes ;
Unde merum tribuat, dat modo vitis aquam.
Sorti de la souche, le sarment verse des larmes qui font sa joie ; il donne une eau qui se changera en vin.
Cortice de matris tenera lanugine surgens,
Præparat ad partum turgida gemma sinum.
S'échappant de l'écorce de sa mère, le bourgeon, au doux velouté, se prépare à l'enfantement.
Subque hiemis tempus foliorum crine refuso,
Jam reparat viridans frondea tecta nemus.
Après que l'hiver a détruit le feuillage, la forêt renouvelle enfin son toit de verdure.
Constructura favos apis hinc alvearia linquens,
Floribus instrepitans poplite mella rapit.
Quittant la ruche pour construire ses gâteaux, l'abeille butine sur les fleurs, en bourdonnant, le miel parfumé.
Ad cantus revocatur avis, quæ carmine clauso
Pigrior hiberno frigore muta fuit.
L'oiseau, que l'hiver avait engourdi et rendu muet, a retrouvé ses chants ;
Hinc philomela suis attemperat organa cannis,
Fitque repercusso dulcior aura melo.
Ainsi Philomèle module ses accords, répétés mélodieusement par les échos.
Ecce renascentis testatur gratia mundi
Omnia cum Domino dona redisse suo.
Oui, la renaissance, le renouvellement du monde, atteste que tous les dons sont revenus avec leur Seigneur.
(à suivre)

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Re: Poésies

#6 Message par Laetitia » mer. 07 avr. 2021 11:12

Namque triumphanti post tristia tartara Christo,
Undique fronde nemus, gramina flore favent.
Dès que le Christ est sorti triomphant du tombeau, les bois se parent de feuillage, et les gazons, de fleurs.
Legibus inferni oppressis, super astra meantem
Laudent rite Deum lux, polus, arva, fretum.
Puisque les lois de l'enfer sont anéanties, lumière, astres, champs et mers, louez Dieu qui s'élève au -dessus des cieux.
Qui crucifixus erat, Deus ecce per omnia regnat ;
Dantque Creatori cuncta creata precem.
Le Crucifié règne partout; toutes les créatures envoient leur prière au Créateur.
Salve festa dies, toto venerabilis ævo,
Qua Deus infernum vicit et astra tenet.
Salut, jour à jamais vénérable, où Dieu a triomphé de l'enfer et a pris possession du ciel !
Mobilitas anni, mensum, lux alma dierum,
Horarum splendor, stridula cuncta favent.
Les vicissitudes de l'année, des mois, la clarté des heures célèbrent votre gloire ; tous les bruits murmurent vos louanges.
Hinc tibi silva comis plaudit, quoque campus aristis;
Hinc grates tacito palmite vitis agit.
En votre honneur, la forêt balance sa chevelure, et la plaine, ses épis; la vigne vous rend grâce en agitant ses pampres.
Hinc tibi nunc avium resonant virgulta susurro,
Has inter nimio passer amore canit.
Pour vous rendre hommage les buissons retentissent du gazouillement des oiseaux, entre lesquels se signale le passereau par son bruyant ramage.
Christe salus rerum, bone conditor, atque redemptor,
Unica progenies ex Deitate Patris ;
Ô vous, Créateur et Rédempteur,
unique rejeton de la divinité du Père ;
Irrecitabiliter manans de corde parentis,
Verbum subsistens, et Patris ore potens ;
Émanant d'une manière ineffable du cœur paternel, Verbe tout-puissant du Père ;
Æqualis, concors, socius cum Patre coævus,
Quo sumpsit mundus principe principium ;
Ne faisant qu'un avec lui ; Principe du monde ;
Æthera suspendis, sola congeris, æquora fundis,
Quæque locis habitant, quæ moderata vigent.
Vous suspendez les régions de l'air, vous consolidez le sol, vous créez des milieux habitables.

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Re: Poésies

#7 Message par Laetitia » jeu. 08 avr. 2021 15:42

Qui genus humanum cernens mersum esse profundo,
Utque hominem eriperes, es quoque factus homo.
Voyant le genre humain plongé dans le bourbier,
Vous vous êtes fait homme pour sauver l'homme.
Nec nostro tantum voluisti e corpore nasci,
Sed caro quæ nasci pertulit atque mori.
Vous avez voulu non-seulement naître de notre corps, mais prendre un corps sujet à naître et à mourir.
Funeris exequias pateris vitæ auctor et orbis,
Intras mortis iter dando salutis opem.
Auteur de la vie et de l'univers, Vous descendez dans la tombe; vous donnez le salut en marchant à la mort.
Tristia cessarunt infernæ vincula legis,
Expavitque chaos luminis ore premi.
Oui, les tristes liens qui nous attachaient à l'enfer sont rompus; le chaos a tremblé devant la lumière.
Depereunt tenebræ Christi fulgore fugatæ ;
Æternæ noctis pallia crassa cadunt.
La splendeur du Christ dissipe les ténèbres ; les voiles épais de l'éternelle nuit sont tombés.
Sollicitam sed redde fidem, precor, alma potestas;
Tertia lux rediit, surge sepulte meus.
Mais, ô Sauveur tout-puissant, chassez le doute ; le troisième jour est arrivé, levez -vous, auguste enseveli !
Non decet ut vili tumulo tua membra tegantur,
Non pretium mundi vilia saxa premant.
Il ne convient point que vos membres soient couverts par le tombeau, et que de viles pierres écrasent le prix qui a racheté le monde.
Indignum est, cujus clauduntur cuncta pugillo,
Ut tegat inclusum rupe vetante lapis.
La roche ne doit pas enfermer Celui qui tient tout dans sa main.
Lintea tolle, precor, sudaria linque sepulchro ;
Tu satis es nobis, et sine te nihil est.
Rejetez donc le linceul, je vous en supplie ; laissez le suaire au sépulcre ; vous êtes tout pour nous, et le reste sans vous n'est rien .
Solve catenatas inferni carceris umbras,
Et revoca sursum quidquid ad ima ruit.
Dissipez les ombres et brisez les chaînes de l'enfer ; relevez et sauvez du naufrage tout ce qui périt.

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Re: Poésies

#8 Message par Laetitia » ven. 09 avr. 2021 9:43

Redde tuam faciem, videant ut secula lumen ;
Redde diem, qui nos te moriente fugit.
Montrez votre adorable visage, pour que les siècles voient la lumière ; rendez le jour qui a disparu avec vous.
Sed plane implesti remeans pie victor Olympum ;
Tartara pressa jacent, nec sua jura tenent.
Certes, en arrivant triomphalement dans les cieux, Vous les avez bien remplis ; l'enfer est sous vos pieds, il a perdu ses droits.
nferus insaturabiliter cava guttura pandens ,
Qui raperet semper, fit tua præda, Deus.
Ce monstre insatiable a été détruit par vous, ô mon Dieu.
Eripis innumerum populum de carcere mortis,
Et sequitur liber, quo suus auctor abis.
Vous arrachez aux étreintes de la mort un peuple innombrable, qui vous suit librement où vous le conduisez.
Evomit absorptam pavide fera bellua plebem,
Et de fauce lupi subtrahit agnus oves.
Le monstre de la géhenne vomit en tremblant la multitude qu'il a engloutie, et un agneau arrache les brebis à la gueule du loup .
Hinc tumulum repetens post tartara carne resumpta Belliger ad cælos ampla trophæa refers.Ayant repris la chair en sortant de ce sombre séjour, Vous apportez au ciel les précieux trophées de votre victoire.
Quos habuit penale chaos, jam reddidit iste ;
Et quos mors peteret, hos nova vita tenet.
Ceux que l'affreux chaos, le séjour des peines, avait dévorés, il les rend, et ceux que la mort avait atteints, vivent d'une vie nouvelle.
Rex sacer, ecce tui radiat pars magna trophæi,
Cum puras animas sacra lavacra beant.
Divin Roi, voici que rayonne une grande portion de votre trophée : les ablutions saintes du baptême béatifient les âmes pures ;
Candidus egreditur nitidis exercitus undis,
Atque vetus vitium purgat in amne novo ;
Une armée, étincelante de blancheur, sort de l'onde sacrée ; un fleuve nouveau la purifie des vieilles souillures du vice.
Fulgentes animas vestis quoque candida signat,
Et grege de niveo gaudia pastor habet.
Ces belles âmes se font remarquer par une robe blanche (1), et un troupeau, blanc comme la neige, fait la joie du pasteur.
Additur hac felix concors mercede sacerdos,
Qui dare vult Domino dupla talenta suo ;
Douce récompense pour le prêtre plein de charité, qui veut rendre à son Seigneur un double talent !
Ad meliora trahens gentili errore vagantes,
Bestia ne raperet, munit ovile Dei.
Appelant au bien les malheureux plongés dans les erreurs du paganisme, il fortifie la bergerie de Dieu, de peur qu'elle ne soit la proie du loup.
Quos prius Eva nocens infecerat, hos modo reddit
Ecclesiæ pastor ubere, lacte, sinu.
Ceux que le péché d'Eve avait perdus, il les rend aujourd'hui aux mamelles, au lait, au sein de l’Église.
                                                                                  (1) Allusion au vêtement blanc donné aux baptisés le jour de Pâques.

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