XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

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Abbé Zins
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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#11 Message par Abbé Zins » jeu. 08 oct. 2020 20:45



Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

L’autorité souveraine de l’Ecriture, il la proclamait éloquemment en paroles et en fait.

Dès que s’élevait une controverse, il recourait à la Bible comme au plus riche arsenal et en tirait des témoignages, arguments très solides et absolument irréfutables.

c’est ainsi qu’il répondit, avec une clarté dénuée de recherche, à Helvidius qui niait la virginité perpétuelle de la Mère de Dieu :

« Comme nous admettons ce que dit l’Ecriture, nous rejetons ce qu’elle ne dit pas. Si nous croyons que Dieu est né d’une Vierge, c’est que nous le lisons dans l’Ecriture ; et si nous nions que Marie ne soit pas restée vierge après l’enfantement, c’est que l’Ecriture ne le dit point.» (Adv. Helv. 19).

Et c’est avec les mêmes armes qu’il se promet de défendre avec la plus grande vigueur contre Jovinien la doctrine catholique sur l’état de virginité, la persévérance, l’abstinence et la valeur méritoire des bonnes œuvres :

« A chacune de ses assertions, je ferai tous mes efforts pour opposer les textes de l’Ecriture ; j’éviterai ainsi qu’il aille se plaindre à tous les échos que je l’ai vaincu plus par mon éloquence que par la force de la vérité.» (Ep. 49)

Dans la défense qu’il écrivit de ses ouvrages contre le même hérétique, il ajoute :

« il semblerait qu’on l’ait supplié de me rendre les armes, alors qu’il ne s’est laissé prendre qu’à contre-cœur et en se débattant aux filets de la vérité.»

Sur l’ensemble de l’Ecriture, nous lisons encore dans son commentaire sur Jérémie, que la mort l’empêcha d’achever :

« Ce n’est point l’erreur des parents ni des ancêtres qu’il faut suivre, mais bien l’autorité des Ecritures et la volonté du maître qui est Dieu.» (In Jer. 9,12s)

Et voici en quels termes il décrit à Fabiola la méthode et l’art de combattre l’ennemi :

« Une fois versée dans les Divines Ecritures, armée de ses lois et témoignages, qui sont les liens de la vérité, tu marcheras à tes ennemis, tu les enlaceras, les enchaîneras et les ramèneras captifs ; et de ces adversaires et prisonniers d’hier tu feras de libres enfants de Dieu.» (Ep. 78)


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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#12 Message par Abbé Zins » ven. 09 oct. 2020 19:37




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

Mais Saint Jérôme enseigne que l’inspiration divine des Livres Saints et leur souveraine autorité comportent comme conséquence nécessaire, la préservation et l’absence de toute erreur et tromperie ; ce principe, les plus célèbres écoles d’Occident et d’Orient le lui avaient donné comme transmis par les Pères et communément reçu.


Aussi bien, comme il venait d’entreprendre, sur l’ordre du Pape Damase, la révision du Nouveau Testament, certains « esprits à courte vue » lui reprochaient amèrement d’avoir tenté, « au mépris de l’autorité des anciens et de l’opinion du monde entier, de faire certaines retouches aux Evangiles », il se contenta de répondre qu’il n’était pas assez simple d’esprit ni assez lourdement naïf pour penser qu’une parcelle des paroles du Seigneur eût besoin d’être corrigée ou ne fût pas divinement inspirée (Ep. 27).


Commentant la première vision d’Ezéchiel sur les quatre Evangiles, il remarque :

« Celui-là ne trouvera pas étrange tout ce corps et ces dos parsemés d’yeux, qui s’est rendu compte que du moindre détail des Evangiles jaillit une lumière dont le rayonnement éclaire le monde au point que tel détail même qu’on croit négligeable et vulgaire rayonne de tout l’éclat majestueux de l’Esprit-Saint.» (In Ez. 1,15s)


Or, ce privilège qu’il revendique ici pour les Evangiles, il le réclame, en chacun de ses commentaires, pour toutes les autres « paroles du Seigneur » et en fait la loi et la base de l’interprétation catholique ; tel est, d’ailleurs, le critérium qu’emploie Saint Jérôme lui-même pour distinguer le vrai du faux prophète :

« Car la parole du Seigneur est vérité et, pour lui, dire et réaliser, c’est tout un » (In Mich. 2,11s ; 3,5s ; 4,1s), et il n’est pas permis d’accuser l’Ecriture de mensonge (In Jer. 21,35s) ni même d’admettre dans son texte ne fût-ce qu’une erreur de nom (In Nah. 1,9 ; Ep. 57).



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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#13 Message par Abbé Zins » lun. 12 oct. 2020 20:19




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

Au reste, le Saint Docteur ajoute qu’il « ne traite pas de la même façon les Apôtres et les autres écrivains », c’est-à-dire les auteurs profanes ;

« ceux-là disent toujours la vérité ; ceux-ci, comme il arrive aux hommes, se trompent sur certains points » (Ep. 82) et bien des affirmations de l’Ecriture qui paraissent incroyables ne laissent pas d’être vraies (Ep. 72) ;

dans cette « parole de vérité » on ne saurait découvrir de choses ou d’affirmations contradictoires, « aucune discordance, aucune incompatibilité » (Ep. 18 ; 46) ;

par conséquent, « si l’Ecriture contenait deux données qui paraîtraient s’exclure, l’une et l’autre » resteraient « vraies », « en dépit de leur diversité » (Ep. 36).


Fortement attaché à ce principe, s’il lui arrivait de rencontrer dans les Saints Livres des contradictions apparentes, Jérôme concentrait tous ses soins et les efforts de son esprit à résoudre la difficulté ;

jugeait-il la solution encore peu satisfaisante, il reprenait, quand l’occasion s’en présentait, et sans se décourager, l’examen de cette difficulté, sans arriver toujours à la résoudre parfaitement.


Jamais, du moins, il n’imputa aux écrivains sacrés la moindre imposture : « Je laisse cela aux impies, tels Celse, Porphyre, Julien.» (Ep. 57)


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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#14 Message par Abbé Zins » mar. 13 oct. 2020 18:24




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

Il était en cela pleinement d’accord avec Saint Augustin : celui-ci, lisons-nous dans une de ses lettres à Saint Jérôme lui-même, portait aux seuls Livres Saints une si respectueuse vénération qu’il croyait très fermement que pas une erreur ne s’est glissée sous la plume d’aucun de leurs auteurs ;

aussi, s’il rencontrait dans les Saintes Lettres un passage qui parût contraire à la vérité, loin de crier au mensonge, il en accusait une altération du manuscrit, une erreur de traduction, ou de sa part une totale inintelligence.


A quoi il ajoutait : « Et je sais, mon frère, que tu ne juges point différemment ; je ne m’imagine pas, veux-je dire, le moins du monde que tu désires voir tes ouvrages lus dans les mêmes dispositions d’esprit que ceux des Prophètes et des Apôtres : douter que ceux-ci soient exempts de toute erreur serait un crime.» (Ep. 116)


Cette doctrine de Saint Jérôme confirme donc avec éclat en même temps qu’elle explique la déclaration où Notre prédécesseur Léon XIII, d’heureuse mémoire, formulait solennellement la croyance antique et constante de l’Eglise en l’immunité parfaite qui met l’Ecriture à l’abri de toute erreur :

« Il est si impossible que l’inspiration divine soit exposée à un danger d’erreur, que non seulement la moindre erreur en est exclue essentiellement, mais que cette exclusion et cette impossibilité sont aussi nécessaires qu’il est nécessaire que Dieu, Souveraine Vérité, ne soit l’auteur d’aucune erreur, fût-ce la plus légère.»


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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#15 Message par Abbé Zins » mer. 14 oct. 2020 21:10




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

Après avoir reproduit les définitions des Conciles de Florence et de Trente, confirmées par celui du Vatican, Léon XIII ajoute :

« La question ne change en rien du fait que l’Esprit-Saint s’est servi des hommes comme d’instruments pour écrire, comme si quelque erreur avait pu échapper, non pas, il est vrai, à l’Auteur principal, mais aux rédacteurs inspirés.

En effet, Lui-même les a, par Son action surnaturelle, à ce point excités et poussés à écrire, à ce point assistés pendant la rédaction, qu’ils concevaient avec justesse, voulaient rapporter fidèlement et exprimaient parfaitement et avec une exactitude infaillible tout ce qu’Il leur ordonnait d’écrire, et cela seulement : s’il en avait été autrement, Il ne serait pas Lui-même l’Auteur de la Sainte Ecriture tout entière.» (Enc. Providentissimmus Deus.)

Ces paroles de Notre prédécesseur ne laissaient place à aucun doute ni à aucune hésitation.

Hélas ! Vénérables Frères, il ne manqua pas néanmoins, non seulement au dehors, mais même parmi les enfants de l’Eglise Catholique et — déchirement plus cruel encore à Notre cœur — jusque parmi les clercs et les maîtres des sciences sacrées, des esprits qui, avec une confiance orgueilleuse en leur propre jugement, repoussèrent ouvertement ou attaquèrent sournoisement sur ce point le Magistère de l’Eglise.

Certes, Nous approuvons le dessein de ceux qui, désireux pour eux-mêmes et pour les autres de déblayer de ses difficultés le texte sacré, recherchent, avec l’appoint de toutes les données de la science et de la critique, de nouvelles façons et méthodes de les résoudre ; mais ils échoueront lamentablement dans leur entreprise s’ils négligent les directions de Notre prédécesseur et s’ils outrepassent les bornes et limites précises indiquées par les Pères.

Or, l’opinion de certains modernes ne s’embarrasse nullement de ces prescriptions et de ces limites : distinguant dans l’Ecriture un double élément, élément principal ou religieux, élément secondaire ou profane, ils acceptent bien que l’inspiration porte sur toutes les propositions et même sur tous les mots de la Bible, mais ils en restreignent et limitent les effets, à commencer par l’immunité d’erreur et l’absolue véracité, au seul élément principal ou religieux.

Selon eux, Dieu n’a en vue et n’enseigne personnellement, dans l’Ecriture, que ce qui touche à la religion : pour le reste, qui a rapport aux sciences profanes et n’a d’autre utilité pour la doctrine révélée que de servir comme d’enveloppe extérieure à la vérité divine, Dieu le permet seulement et l’abandonne à la faiblesse de l’écrivain.

Il devient tout naturel dès lors que, dans l’ordre des questions physiques, historiques et autres semblables, la Bible présente d’assez nombreux passages qu’il n’est pas possible de concilier avec les progrès actuels des sciences.

Il se trouve des esprits pour prétendre que ces opinions erronées ne s’opposent en rien aux prescriptions de Notre prédécesseur : n’a-t-il pas déclaré qu’en matière de phénomènes naturels l’auteur sacré a parlé selon les apparences extérieures, donc susceptibles de tromper ?


Allégation singulièrement téméraire et mensongère, comme le prouvent manifestement les termes mêmes du document pontifical.

L’apparence extérieure des choses, a fort sagement déclaré Léon XIII après Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin, doit entrer en ligne de compte ; mais ce principe ne saurait autoriser contre les Saintes Lettres le moindre soupçon d’erreur ; la saine philosophie tient, en effet, pour certain que, dans la perception immédiate des choses qui constituent leur objet propre de connaissance, les sens ne se trompent nullement.

De plus, après avoir écarté toute distinction et toute possibilité d’équivoque entre ce qu’on appelle l’élément principal et l’élément secondaire, Notre prédécesseur montre clairement la très grave erreur de ceux qui estiment que « pour juger de la vérité des propositions il faut sans doute rechercher ce que Dieu a dit, mais plus encore peser les motifs qui l’ont fait parler ».

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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#16 Message par Abbé Zins » jeu. 15 oct. 2020 21:27




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

Léon XIII enseigne en outre que l’inspiration divine atteint toutes les parties de la Bible, sans sélection ni distinction aucune, et qu’il est impossible que la moindre erreur se soit glissée dans le texte inspiré :

« Ce serait une faute très grave de restreindre l’inspiration à certaines parties seulement de la Sainte Ecriture ou d’admettre que l’auteur sacré lui-même se soit trompé.»


La doctrine de l’Eglise, confirmée par l’autorité de Saint Jérôme et des autres Pères, n’est pas moins méconnue par ceux qui pensent que les parties historiques des Ecritures s’appuient non point sur la vérité absolue des faits, mais seulement sur leur vérité relative, comme ils disent, et sur la manière générale et populaire de penser.

Ils ne craignent pas de se réclamer, pour soutenir cette théorie, des paroles mêmes du Pape Léon XIII, qui aurait déclaré qu’on peut transporter dans le domaine de l’histoire les principes admis en matière de phénomènes naturels.

Ainsi, de même que dans l’ordre physique les écrivains sacrés ont parlé suivant les apparences, de même, prétend-on, quand il s’agissait d’événements qu’ils ne connaissaient point, ils les ont relatés tels qu’ils paraissaient établis d’après l’opinion commune du peuple ou les relations inexactes d’autres témoins ; en outre, ils n’ont pas mentionné les sources de leurs informations et n’ont pas personnellement garanti les récits empruntés à d’autres auteurs.

A quoi bon réfuter longuement une théorie gravement injurieuse pour Notre Prédécesseur en même temps que fausse et pleine d’erreur ?

Quel rapport y a-t-il, en effet, entre les phénomènes naturels et l’histoire ?

Les sciences physiques s’occupent des objets qui frappent les sens et doivent dès lors concorder avec les phénomènes tels qu’ils paraissent ; l’histoire, au contraire, écrite avec des faits, doit, c’est sa loi principale, cadrer avec ces faits tels qu’ils se sont réellement passés.

Comment, si l’on admettait la théorie de ces auteurs, sauvegarderait-on au récit sacré cette vérité, pure de toute fausseté, à laquelle Notre Prédécesseur déclare, dans tout le contexte de sa Lettre, qu’il ne faut point toucher ?

Quand il affirme qu’il y a intérêt à transporter en histoire et dans les sciences connexes les principes qui valent pour les sciences physiques, il n’entend pas établir une loi générale et absolue, il indique simplement une méthode uniforme à suivre pour réfuter les objections fallacieuses des adversaires et défendre contre leurs attaques la vérité historique de la Sainte Ecriture.


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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#17 Message par Abbé Zins » ven. 16 oct. 2020 20:30




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

Si seulement les partisans de ces nouveautés s’en tenaient là !

Ne vont-il point, pour défendre leur opinion, jusqu’à se réclamer du Docteur dalmate ?

Saint Jérôme, à les en croire, aurait déclaré qu’il faut maintenir l’exactitude et l’ordre des faits historiques dans la Bible « en prenant pour règle non la réalité objective, mais l’opinion des contemporains » et que telle est la loi propre de l’histoire. (In Jer. 13,15s ; in Mt. 14,8 ; adv. Helv. 4.)

Qu’ils s’entendent bien à déformer, pour les besoins de leur cause, les paroles du Saint Docteur !

Sa véritable pensée ne peut faire doute pour personne : il ne dit pas que dans l’exposé des faits l’écrivain sacré s’accommode d’une fausse croyance populaire à propos de choses qu’il ignore, mais seulement que, dans la désignation des personnes et des objets, il adopte le langage courant.

Ainsi, quand il appelle Saint Joseph père de Jésus, il indique lui-même clairement dans tout le cours de son récit comment il entend ce nom de père.

Dans la pensée de Saint Jérôme, la « vraie loi de l’histoire » demande au contraire que, dans l’emploi des dénominations, l’écrivain s’en tienne, tout danger d’erreur écarté, à la façon générale de s’exprimer ; car c’est l’usage qui est l’arbitre et la règle du langage.

Eh quoi ! notre Docteur va-t-il mettre les faits que raconte la Bible sur le même pied que les dogmes que nous devons croire de nécessité de salut ?

De fait, voici ce que nous lisons dans son commentaire de l’Epître à Philémon : « Pour moi, voici ce que je dis : Un tel croit au Dieu Créateur ; cela ne lui est pas possible, tant qu’il ne croit pas à la vérité de ce que contient l’Écriture au sujet de ses saints.»


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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#18 Message par Abbé Zins » sam. 17 oct. 2020 21:22




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

Et il termine une fort longue série de citations tirées de l’Ancien Testament en disant :

« Quiconque refuse d’ajouter foi à tous ces faits et aux autres sans exception rapportés au sujet des saints ne pourra croire au Dieu des saints.» (In Philem. 4.)

Saint Jérôme est donc en complet accord avec Saint Augustin, qui, ramassant pour ainsi dire le sentiment commun de toute l’antiquité chrétienne, écrivait :

« Tout ce que la Sainte Ecriture nous atteste au sujet d’Enoch, d’Elie et de Moïse, elle que les sûrs et vénérables témoignages de la véracité placent au faite suprême de l’autorité, tout cela nous le croyons. .. Si donc nous croyons que le Verbe est né de la Vierge Marie, ce n’est point qu’Il n'eût d’autre moyen de prendre une véritable chair et de se manifester aux hommes (comme le prétendait Faustus), mais c’est que nous le lisons ainsi dans cette Ecriture à laquelle nous devons ajouter foi sous peine de ne pouvoir ni demeurer Chrétiens ni nous sauver.» (S. Aug. Contra Faustum 26,3s,6s)

Il est encore un autre groupe de déformateurs de l’Ecriture Sainte : Nous voulons dire ceux qui, par abus de certains principes, justes du reste tant qu’on les renferme dans certaines limites, en arrivent à ruiner le fondement de la véracité des Ecritures et à saper la doctrine catholique transmise par l’ensemble des Pères.

S’il vivait encore, Saint Jérôme dirigerait à coup sûr des traits acérés contre ces imprudents qui, au mépris du sentiment et du jugement de l’Eglise, recourent trop aisément au système qu’ils appellent système des citations implicites ou des récits qui ne seraient historiques qu’en apparence, prétendent découvrir dans les Livres Saints tels procédés littéraires inconciliables avec l’absolue et parfaite véracité de la Parole Divine, et sur l’origine de la Bible professent une opinion qui ne va à rien de moins qu’à en ébranler l’autorité ou même la réduit à néant.


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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#19 Message par Abbé Zins » lun. 19 oct. 2020 21:07




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Enseignement de Saint Jérôme sur la sublimité des Saintes Ecritures :

Benoît XV a écrit :

Que penser maintenant de ceux qui, dans l’explication des Evangiles, s’attaquent à leur autorité tant humaine que divine, amoindrissent celle-là et détruisent celle-ci ?

Discours, action de Notre Seigneur Jésus- Christ, rien, pensent-ils, ne nous est parvenu dans son intégrité et sans altération, malgré le témoignage de ceux qui ont consigné avec un soin religieux ce qu’ils avaient vu et entendu ; ils ne voient là — surtout pour ce qui est du quatrième Evangile — qu’une compilation comprenant, d’une part, des additions considérables dues à l’imagination des Evangélistes, et, d’autre part, un récit de fidèles d’une autre époque ; finalement, ces courants issus d’une double source ont aujourd’hui si bien mêlé leurs eaux dans le même lit qu’on n’a absolument aucun critérium certain par quoi les distinguer.

Ce n’est pas ainsi que les Jérôme, les Augustin et les autres Docteurs de l’Eglise ont compris la valeur historique des Evangiles, dont « celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est vrai, et il sait qu’il dit vrai, afin que vous aussi vous croyiez » (Jn. 19,35).

Aussi bien, après avoir reproché aux hérétiques, auteurs d’évangiles apocryphes, d’avoir « visé plus à bien ordonner le récit qu’à établir la vérité historique » (In Mt. Prol.),

Saint Jérôme ajoute par contre, en parlant des Livres canoniques : « Personne n’a le droit de mettre en doute la réalité de ce qui est écrit.» (Ep. 78 ; cf. in Mc. 1,1)

Ici encore, il était de nouveau d’accord avec Saint Augustin, qui disait excellemment en parlant des Evangiles : « Ces choses vraies ont été écrites en toute fidélité et véracité à Son sujet, afin que quiconque croit à Son Evangile se nourrisse de vérité au lieu d’être le jouet de mensonges.» (S. Aug. Contra Faustum 26,8)

Vous voyez dès lors, Vénérables Frères, avec quelle ardeur vous devez conseiller aux enfants de l’Eglise de fuir avec le même soin scrupuleux que les Pères cette folle liberté d’opinion.

Vos exhortations seront suivies dans la mesure où vous aurez convaincu les clercs et les fidèles confiés par l’Esprit-Saint à votre garde de l’idée que Saint Jérôme et les autres Pères de l’Eglise n’ont puisé cette doctrine sur les Saints Livres nulle part ailleurs qu’à l’école du Divin Maître Jésus-Christ.




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Re: XVIe Centenaire du trépas de Saint Jérôme (Encyclique Spiritus Paraclitus)

#20 Message par Abbé Zins » mar. 20 oct. 2020 20:48




Extrait de la Lettre encyclique de Sa Sainteté Benoît XV du 15 septembre 1920
SPIRITUS PARACLITUS, à l’occasion du XVe centenaire du trépas de Saint Jérôme.


Exemple de l’usage des Saintes Ecritures par le Divin Maître :

Benoît XV a écrit :

Lisons-nous, en effet, que Notre Seigneur ait eu une autre conception de l’Ecriture ?

Les formules « Il est écrit » et « il faut que l’Ecriture s’accomplisse » sont sur Ses lèvres un argument sans réplique et qui doit clore toute controverse.

Mais insistons plus à loisir sur cette question.

Qui ne sait ou ne se souvient que dans Ses discours au peuple, soit sur la montagne voisine du lac de Génésareth, soit dans la synagogue de Nazareth et dans sa ville de Capharnaüm, le Seigneur Jésus empruntait au texte sacré les points principaux et les preuves de Sa doctrine ?

N’est-ce pas là qu’Il puisait des armes invincibles pour Ses discussions avec les pharisiens et les sadducéens ?

Qu’Il enseigne ou qu’Il discute, Il produit des textes et comparaisons tirés de toutes les parties de l’Ecriture, et Il les produit comme des autorités qui doivent nécessairement faire foi : c'est ainsi, par exemple, qu’Il se réfère indistinctement à Jonas et aux habitants de Ninive, à la reine de Saba et à Salomon, à Elie et à Elisée, à David, à Noé, à Loth, aux habitants de Sodome et à la femme même de Loth (Cf. Mt. 12,39-42 ; Lc. 17,26-29,32, etc.).

Quel témoignage rendu à la vérité des Saints Livres que Sa solennelle déclaration : « Un seul iota ou un seul trait de la Loi ne passera pas, que tout ne soit accompli » (Mt. 5,18) et cette autre : « L’Ecriture ne peut être dissoute » (Jn. 10,35) ; aussi « celui qui aura violé un de ces moindres commandements et appris aux hommes à faire de même sera le moindre dans le Royaume des Cieux.» (Mt. 5,19)

Avant de rejoindre Son Père dans le Ciel, Il voulut pénétrer de cette doctrine les Apôtres qu’Il allait bientôt laisser ici-bas ; c’est pourquoi « Il leur ouvrit l’esprit, pour leur faire comprendre les Ecritures, et leur dit : Ainsi il est écrit et ainsi il fallait que le Christ souffrit, qu'Il ressuscitât des morts le troisième jour » (Lc. 24,45s).


La doctrine de Saint Jérôme sur l’excellence et la vérité de l’Ecriture est donc, pour tout dire en un mot, celle du Christ Lui-même.



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